L'Antéchrist en islam (Al Dajjâl) par Souhayl. A

Publié le par José Pedro

L'Antéchrist en islam (Al Dajjâl) par Souhayl. A
L'Antéchrist en islam (Al Dajjâl) par Souhayl. A

L'islamisme est un courant de pensée musulman, essentiellement politique, apparu au xxe siècle. L'usage du terme depuis sa réapparition dans la langue Française à la fin des années 1970a beaucoup évolué. Il peut s'agir par exemple, du « choix conscient de la doctrine musulmane comme guide pour l’action politique »– dans une acception que ne récusent pas certainsislamistes –, ou encore, selon d'autres, une « idéologie manipulant l'islam en vue d'un projet politique : transformer le système politique et social d'un État en faisant de la charia, dont l'interprétation univoque est imposée à l'ensemble de la société, l'unique source du droit ». C'est ainsi un terme d'usage controversé.

 

PARIS CAPITALE DU DAJJAL

 
 
 
 
 
 

L'Antéchrist en Islam


« Tout ce que je peux te dire maintenant est que le monde desFaranjis est devenu le monde du Dajjâl, le Brillant, le Trompeur. As-tu déjà entendu parler de la prédiction de notre saint Prophète, selon laquelle dans les derniers temps la plupart des habitants du monde suivront le Dajjâl... »


« Le Dajjâl, qui sera borgne mais doué de pouvoirs mystérieux à lui concédés par Dieu. Il entendra de ses oreilles ce qui se dit aux coins les plus éloignés de la terre et verra de son oeil unique des choses se produisant à des distances infinies ; il volera autour de la terre en quelques jours, amassera des trésors d'or et d'argent qu'il fera soudainement surgir du sol, fera tomber la pluie et croître les plantes à son commandement, tuera et ramènera à la vie, de telle sorte que ceux dont la foi est faible croiront qu'il est Dieu Lui-même et se prosterneront devant lui en adoration. Mais ceux dont la foi est forte liront sur son front en lettres de feu: négateur de Dieu. » (Le Dajjâl/Antéchrist vu par Muhammad Assad - Le chemin de la Mecque)


Ces paroles, pourraient à priori paraître fantaisistes si elles étaient prises au premier degré. En revanche, prisent au sens symbolique des mots, elles constituent surtout une parabole qui décrie fort bien notre époque actuelle.


Ne vivons-nous pas en effet dans une civilisation où la technologie a pris une part réellement prédominante dans nos vies ? Il est maintenant possible pour l’homme de se déplacer à des vitesses prodigieuses aux quatre coins de la planète, dont d’ailleurs chaque recoin est constamment balayé par les milliers de satellites et radars tournant en orbite autour de la Terre. Les extractions des ressources de la planète, se font maintenant avec des moyens de plus en plus complexes, et dans le cas du pétrole il est aujourd’hui possible d’atteindre des profondeurs jusqu’à lors inaccessibles pour récupérer le précieux or noir si indispensable à l'économie mondiale. Et nous ne parlons même pas des avancées phénoménales en médecine qui permettent de réanimer et maintenir en vie des personnes qui étaient auparavant condamnées à la mort.


L’homme moderne n’est-il pas réellement en adoration devant ses propres découvertes, et ses propres inventions « prodigieuses », au point de ne plus rien entrevoir au-delà de la matière et du sensible et d’avoir érigé de ce fait la science pratique en véritable dogme religieux ?


En inventant chaque jour des machines de plus en plus sophistiquées, l’homme moderne pense contribuer à augmenter son bien être en dominant la matière et la nature. Il crée également chaque jour de nouveaux besoins, et aussi de nombreux problèmes.


De nos jours il apparaît de plus en plus comme une évidence que les dérives matérialistes de l'univers technologique mènent incontestablement le monde à sa ruine. Sur le plan de l'individu, nul doute aussi que le scientisme absolutiste, le matérialisme consumériste ou la négation de la religion; de la spiritualité sans parler de l'individualisme moderne dans toutes ses formes sont à l'origine de tous les maux qui assombrissent l'âme contemporaine. La crise existentielle que subie cette dernière aboutie de nos jours à un nihilisme négationniste qui dépouille la vie humaine de tout sens transcendant.


A un autre point de vue, l'attitude de dépendance de l’homme vis-à-vis de ses inventions si caractéristique de l’Occident peut sans aucune hésitation être assimilée à une forme d’idolâtrie. L’homme moderne ne cherche plus à se rapprocher de Dieu, à aller vers le centre de la roue pour atteindre cette « invariable milieu » auquel fait référence la sagesse extrême orientale, mais tout au contraire à s’en éloigner en se dispersant dans la périphérie du cercle des illusions, dans la multiplicité de l’action profane, pour se rapprocher de son nouveau « veau d’or » ; le progrès technologique, le rejet de la religion et la fascination par l’occulte sont la preuve de la dégénérescence de notre civilisation, spirituellement borgne et outre-hédoniste, qui avance à grand pas de son terme qui aboutira à sa dissolution totale.


N’est-ce pas là une analogie possible avec la fin des temps telle qu’elle nous est décrite dans le monde de la Tradition et plus spécifiquement par l’eschatologie musulmane ? Ou pour formuler autrement, l'époque de décadence spirituelle dans laquelle nous vivons ne contient-elle pas tout les ingrédients nécessaires à l’apparition de cette incarnation ultime du mal qu’est l’Antéchrist, en arabe el Massij e-dajal ?


On a ainsi, parmi les nombreuses paroles du prophète Muhammad (PBSL) concernant les signes annonçant la fin des temps, rapporté ce hadith qui fait référence à l’abandon de la spiritualité et son remplacement progressif par le matérialisme :


« Empressez vous de faire les bonnes actions, car il y aura des troubles comme des fragments de la nuit ténébreuse, l'homme se lèvera le matin croyant et sera le soir incrédule capable de vendre sa religion pour des futilités de la vie présente ». (rapporté par Moslim)


« Les gens pieux disparaîtront les uns après les autres et il ne restera que des gens sans plus de valeur que l’ivraie ou la pelure des dattes sèches » (Rapporté par Ahmad et Boukhari)


Un autre hadith célèbre, concerne lui la liquidation de plus en plus accélérée et tant visible de nos jours, des bonnes moeurs et des valeurs morales : « Les femmes seront dévêtues tout en étant habillées ». (Hadith rapporté par Ahmad et Al-Hâkim).


Une autre caractéristique significative de la chute effective du monde moderne, est le détournement progressif des symboles traditionnels et religieux dans un but purement subversif, comme dans le domaine politique (avec l’utilisation de la svastika par les Nazis pensant exploiter par là à leurs fins son effet apaisant, voir hypnotique sur les foules), ainsi que pour un but subliminal souvent à valeur marchande ou sentimentale (comme le symbole de la génération « Peace and Love » lancé par des stars de la chanson comme John Lennon, alors que ce dernier représente clairement une croix renversée et brisée. Ce symbole soi disant pacifiste n'en dit que trop sur les pensées de son instigateur, le célèbre chanteur des Beatles, qui n'a jamais caché sa haine du christianisme et son admiration du satanisme à travers l'oeuvre de l'occultiste Aleister Crowley.)


Ceci nous amène d’ailleurs à parler d’un autre problème inhérent à cette diffusion rapide du satanisme dans notre société depuis ces dernières décennies. Diffusion si visible notamment dans l'univers artistique et culturel. La banalisation du libertinage dans l’art moderne, l’introduction des messages subliminaux dans la musique contemporaine, sans parler de l’apologie du meurtre et du suicide dans le hard rock ou l’incitation à la haine et à la dépravation, fond de commerce des nouveaux genres de musiques contemporaines comme le Rap ou le RnB, sont autant d'entreprises subversives qui participent dans le cadre d'un plan "diabolique", qui apparait à mesure que l'on avance dans cette "modernité". On peut y voir alors une forme de dessein de plus en plus ostensible et délibéré, dont le déploiement est destiné non seulement à décourager toute tentative de transmission des vraies valeurs à la jeunesse, mais également à provoquer en elle instinctivement dès l'enfance une répugnance notoire envers le bien et une "pré-suggestion" envers le mal qui devient du coup quelque chose de tout à fait banal pour ne pas dire de "normal".


Tout ces signes, qui tendent à se confirmer et à s’amplifier de plus en plus, ne sont d’après l’eschatologie musulmane que des évènements irréversibles préfigurant l’arrivée du Dajjâl sur Terre. Ce personnage maléfique qui viendra parafer cette époque de fin des temps akhir a-zamanpréfigurera également la fin d'un cycle pour l’humanité. Ainsi le recul de la vraie spiritualité, le développement du libertinage, du sentimentalisme vulgaire, et la montée en puissance de l’occultisme ne peuvent qu’accélérer ce processus de dissolution et concourir à l’avènement de cet « homme nouveau » si cher aux néo-spiritualistes et aux adeptes du « new age ». Ce même type d'homme dont sera issu sans doute l’Antéchrist.


La description physique du Dajjâl par la tradition prophétique (Sunnah) fut d’ailleurs particulièrement bien détaillée. Et le prophète Muhammad (PBSL) de son vivant, qui mit en garde à travers de nombreux hadith sa communauté contre l'influence pernicieuse de cet être démoniaque :« il aura une apparence tout à fait humaine : celle d’un homme jeune, de taille moyenne et borgne de l’œil droit (1). Cependant il possédera le pouvoir de faire de nombreux prodiges (2) et sera par là même la tentation la plus grande envoyée par Dieu depuis la création d’Adam, jusqu’au jugement Dernier. »


La tradition musulmane enseigne aussi que l'Antéchrist apparaîtra en Orient, et il est intéressant de relever que son portrait physique "défaillant" n'est pas seulement propre à l'islam ; il concorde également avec celle que décrivent d'autres traditions antérieures à l'islam (3).


Il est donc temps de prendre conscience que ce que l'on nous avance comme étant un âge d'avancée ou de progrès phénoménaux n'est en réalité qu'une époque de régression spirituelle qui s'apparente à une chute abyssale de l'homme (4). Que la civilisation moderne qui a poussé l'« intérêt » pour le profane et la négation de principes à un point inégalé dans l'histoire de l'humanité, court irrémédiablement à sa perte. Ainsi le désordre et le chaos que nous observons actuellement ne peuvent que s'accentuer, prélude de l'arrivée imminente du règne du Dajjâl : « Demandez à Allah dans votre invocation de fin de prière (Tashahhud) de vous protéger contre le châtiment de la géhenne, contre le châtiment dans la tombe, contre les tentations inhérentes à la vie et à la mort et contre la tentation de l’Antéchrist ». (Rapporté par Abou Horaira)


(1) Ce dernier est d’ailleurs décrit par le prophète de Dieu (PBSL) comme semblable à un grain de raisin « flottant » (c'est-à-dire qui s’élève au-dessus des autres grains sur la grappe).
(2) La Tradition rapporte qu’il posséderait des rivières et des montagnes de pain, qu’il marchera à la vitesse de la pluie poussée par le vent, et qu’il possédera son propre Paradis (semblable à l’Enfer) et son propre Enfer (semblable au Paradis).
(3) Dans le panthéisme nordique et dans la mythologie égyptienne, Odin et Horus, ayant tout deux perdus un œil, possèdent de multiples pouvoirs, et étant tout les deux considérés comme des divinités distinguées dans ses religions.
(4) Se référer à nos chroniques précédentes à ce sujet et notamment celle intitulée : « L'Occident et la religion ».