Juppé/ Sarkozy : Agissons pour la FRANCE. Examen comparatif PLAN C

Publié le par José Pedro

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Juppé/ Sarkozy : l’édredon et le jeu de quilles. Petit examen comparatif. Agissons pour la FRANCE.

 

J’ai souvent exprimé ici mon allergie à Sarkozy . Mais j’avoue que face à la situation qui se dessine pour 2017, je suis assez perplexe.

- premier constat : la gauche est dans les choux. La probabilité que le candidat socialiste, quel qu’il soit, se qualifie pour le second tour est infime.

- deuxième constat : Le Pen est très haut dans les sondages et elle sera très probablement qualifiée pour le second tour et très probablement en tête au premier tour, et on comprend l'exaspération des Français qui rejettent le système actuel de ni gauche, ni droite mais un UMPSS.

- troisième constat : le candidat de la droite a de très fortes chances de l’emporter au second tour face à Marine Le Pen, dans la mesure où ce n'est pas SARKOZY.

Vraisemblablement par 55 à 60 % contre 45 à 40 %. Si c'est SARKOSY nous auront LE PEN car le ral le bol des Français est à son sommet. Et le rejet de HOLLANDE et de SARKOZY vont jouer à Fond, avec un 58% pour Marine LE PEN et 42% pour les restes de la France.

- quatrième constat : La primaire au sein de l’UMP et de la droite élargie désignera comme candidat de la droite celui qui sera très certainement le futur président de la République selon l'UMP: SARKOZY si rien ne change à l'UMPSS.

- cinquième constat : Fillon est dans les choux. Indépendamment de ses déboires récents, il n’a jamais réussi à s’imposer. C’est un velléitaire qui voulait conquérir Paris mais qui n’a pas tenté sa chance, qui voulait prendre le parti mais qui a finalement renoncé, qui avait des convictions sociales mais qui les a abandonnées pour un programme thatchérien.

Donc le futur président de la République sera soit Alain Juppé s'il se présente seul devant les Français au premier tour, en prenant ce risque , soit Marine le PEN. Qu’en attendre ? Qu’en espérer ? Laissons de côté les hypothèques judiciaires qui frappent Sarkozy : certaines sont bénignes, d’autres sont plus graves mais incertaines, un coup de main de la Magistrature pourrait aider ce choix, s'il le font rapidement, comme c'est leur intention. Si Sarkozy est rattrapé par les affaires, Alain Juppé deviendra président (c’est d’ailleurs son pari, parce qu’à l’applaudimètre, il ne part pas gagnant). Mais prenons l’hypothèse où Sarkozy se débarrasse de ses affaires, voire en tire parti en se posant en victime. Alors LE PEN, JUPPE ou SARKOZY au premier tour?

 

Marine LE PEN pourrait toujours être première, et les clans Alain JUPPE second, Hollande troisième et Sarkozy quatrième, car seul le noyeau dur de l'UMP le soutient. Dans l'ordre 32% LE PEN, 26% JUPPE, 22% HOLLANDE , 16% SARKOZY.

 

Sur le plan de la personne et de ce qu’elle incarne : Alain Juppé est une tête bien pleine et bien faite : Il est à la fois le représentant de la technocratie française (ENA) et du pouvoir intellectuel (Normale-Sup). Il a une élégance et une prestance naturelles. Il s’exprime avec distinction et représente une France respectable dans les instances internationales.

 

Sur le plan de la politique intérieure : Alain Juppé se positionne sur un projet plus centriste, moins identitaire et sécuritaire que Nicolas Sarkozy. Mais dans les faits, on sait aujourd’hui que Sarkozy, même s’il est fort en gueule, ne pratique pas une politique très différente de celle que prône Juppé, ni même Hollande d’ailleurs : le nombre d’immigrés entrant en France et les conditions d’accueil qui leur sont faites sont les mêmes sous Sarkozy, sous Hollande et ce qu’ils seraient probablement sous Juppé.

 

Sur le plan international : Juppé a amorcé sous Balladur et Chirac et parachevé sous Sarkozy la réintégration de la France dans les organes de commandement de l’Otan. Il a soutenu une plus forte intégration de nos armées désormais totalement otanisées. Il a considérablement réduit le format de nos armées. La France sous Juppé serait certainement un allié sérieux, souvent complaisant à l’égard des USA, manifestant parfois une certaine indépendance . On peut prédire que Juppé sera moins atlantiste toutefois que Hollande, mais ils seront assez éloignés l’un et l’autre d’une vision de la France à l’avant-garde des remises en cause de l’ordre (ou du chaos) établi par les USA.

 

Sur le plan économique et européen : Sur le papier, il ne remet en cause la doxa de la politique de l’offre, l’adhésion à la politique déflationniste imposée par l’Euroland. Il est fidèle à l’Euro, sauf si celui-ci tombe tout seul, ce qui est pratiquement la certitude. On suppose que marine LE PEN ne sera jamais en tête du second tour.

 

Sur le papier, sa politique est très peu différente de celle de François Hollande. Après l’éteignoir de toute ambition nationale et de renouveau incarné par Hollande, il faut s’attendre à une France qui se planque au chaud et qui s’ankylose mollement avec Juppé .

 

Pourtant, les  choix ne sont pas les mêmes. Rien d’exaltant dans cette alternative. Nous venons de vivre une séquence de douze ans de recul pilotés par la droite et par la gauche. Avec Juppé nous sommes certains à 100% d’en reprendre pour 5 ans ou 7ans s'il montre qu'il est un Gaulliste authentique, rien ne bougera, rien ne se passera, sinon un lent déclin ponctué de quelques crises.

 

Dans la situation politique inédite à laquelle nous sommes confrontés, il est donc quasi certain qu’avec Alain Juppé, la France prolonge encore cinq ans l’expérience du hollandisme mou par la politique de l’édredon (on se planque au chaud et on s’endort mollement), on en profite pour tout remettre à plat et de mettre en place la LAOSOPHIE  et de faire le Plan C d'Etienne CHOUARD.