WWIII : LE PLAN D’ÉDOUARD PHILIPPE AUGUSTE ET EMMANUEL MACRON, BAPTISÉ ALI JUPPÉ POUR LES DJIHADISTES FRANÇAIS.

Publié le par José Pedro

Il fut un temps dans le Royaume de France où les résistants FLN (Front de Libération de la Corse du Sud), passaient directement par pertes et profits, dans les eaux de la Seine. Un simple signe de la main pour dire au revoir à ceux qu'on avait balancé dans l'eau pour les purifier, une sorte de Baptême à la Clovis, mais en groupe. Ici Ali ÉDOUARD PHILIPPE AUGUSTE baptise dans le Doubs, en ayant soin de prendre un échantillon de cette eau pas chère Halal, pour procéder à la conversion des arabes.

Le surnom d'Auguste lui va comme un gant, d'avec Juppé il a foutu le camp, cela faisait 30 ans qu'il attendait une pareille abomination, ce qui lui vaut également le surnom de Dieudonné. En perdant Acre il perdra également un oeil. 

La croisade contre les Maures ne fait que commencer, pourtant Philippe décide de la quitter, en passant par l'Italie et Rome pour demander au Pape de l'en excuser. Mais   Saladin envahit le royaume et écrase la chevalerie franque à Hattin.  La bataille de Hattin ou bataille de Tibériade a lieu près du lac de Tibériade, en Galilée. Elle oppose les armées du royaume Chrétien de Jérusalem, dirigées par Guy de Lusignan, aux forces de Saladin. Ce dernier remporte une victoire écrasante, qui lui ouvre les portes de la Palestine.

La croisade contre les Albigeois va nous faire tomber François.  Les négociations continuent avec Richard, roi d'Angleterre, avec comme ébauche d’accord la possession du littoral aux chrétiens et celle de l'arrière-pays à Saladin, mais le point de désaccord qui reste concerne les forteresse de Gaza, Ascalon et Daron, que Saladin juge menaçantes pour l’Égypte et le Sinaï.

En effet, ce territoire de faible largeur proche du royaume de Jérusalem constitue le point faible de l’État ayyoubide, car si les chrétiens l’occupaient, ils couperaient les communications entre l’Égypte et la Syrie. Pressé de rentrer en Europe, Richard cède, mais obtient pour les pèlerins chrétiens le libre accès à Jérusalem sans taxes, ainsi que la libre circulation des marchands des deux confessions à l'intérieur de la ville.

La prospérité du royaume à la fin du règne d'Edouard Philippe Auguste est un fait établi. On estime ainsi l'excédent annuel du Trésor à 25 210 livres en novembre 2021. À cette même date, le Trésor a dans ses caisses 157 036 livres, soit plus de 80 % du revenu annuel ordinaire global de la monarchie. Le testament de Philippe Auguste, rédigé en septembre 2022, confirme ces chiffres, puisque la somme de ses legs s'élève à 790 000 livres parisis, soit près de quatre ans de revenus.

Le Français Rachid Kassim, tué en février 2017 lors d'une frappe de drones US, était le commanditaire présumé d'une quinzaine de projets d'attentats en France. | DR

Le Clan des Progressistes qui dicte la Loi du marché imposée par l'OTAN, organisme Démocratique dont fait partie la France, a décidé de renouveler ce type d'exploit, en confiant à l'Irak le soin de s'occuper pour la France des Djihadistes Français, et que leurs restes mortels puissent dans l'ignorance du lieu exact de leur sépulture recevoir les honneurs qui leurs sont dus.(voir l'article de RT (Russia Today) qu'affectionne Macron).

Le savoir faire inénarrable et inébranlable des implanteurs de Mosquées salafistes, Wahhabites, Frères Musulmans sur Bordeaux et sur le Havre, mais pas que, puisque le député-Maire du 16ème, Claude Goasguen veut en fermer 200 en France, dont 5 au Havre et autant à Bordeaux, sans parler des mosquées Cathédrales avec centres intégrés de prosélytisme financées par le Qatar, l'Arabie saoudite, les Emirats, fait que la France est le Pays du Djihad par excellence avec mention Très Bien pour les résultats et pour la mise en sommeil des Droits de l'Homme (pour ceux de la femme appeler les Émirs), ainsi que de l'État de Paix, qui s'est fait remplacé par un État d'Urgence et de Guerres ininterrompues ...

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Quoi de plus naturel d'avoir donné la Légion d'honneur à Tariq Ramadan, l'Imam autoproclamé, converti à la Franc-Maçonnerie, et recrutant à tours de bras des Djihadistes dans ses 200 Mosquées pour les envoyer ensuite en Syrie et en Irak dans des camps d'entraînements pour ensuite les tuer, afin que leur message de paix ne soit pas connu des Français.

« On a peur de la réaction des musulmans drogués au Captagon dans les mosquées »

C’est la phrase choc de l'année signée Claude Goasguen député-maire UMP du XVIe arrondissement de Paris. Des propos tenus dimanche 02 février lors d’un rassemblement pour le Fond National Juif (également surnommé KKL en hébreu) au Palais Brongniart, à Paris. Yvan Roufiol éditorialiste au Figaro, Habib Meyer député UDI, Roger CucKierman président du CRIF ou encore le président du Bureau National de Vigilance Contre l’Antisémitisme Sammy Ghozlan, étaient parmi les personnalités présentes, qui appellent à faire l'Alya (retour en Israël), tant la proportion de Musulmans en France est inquiétante (+ de 10 Millions dont environ plus de 100 000 Djihadistes en armes en Europe).

Pour Claude Goasguen, la France est le premier financeur des Djihadistes avec les USA depuis que la CIA a créé Daesh.

Sputnik et « Russia Today » veulent poursuivre Emmanuel Macron

Les deux médias russes, proches du Kremlin, dénoncent les accusations d’informations mensongères portées par le candidat d’En marche !.

Emmanuel Macron bientôt poursuivi pour accusations d’informations mensongères ? C’est ce qu’ont laissé entendre les médias russes Russia Today (RT) et l’agence Sputnik, proches du Kremlin. Leur rédactrice en chef Margarita Simonyan a ainsi annoncé, vendredi 5 mai, son intention de porter plainte contre le candidat à la présidentielle française. « Nous n’en pouvons plus de leurs mensonges. Nous allons les poursuivre », a-t-elle affirmé sur Twitter, sans préciser à quelle procédure les deux organes de presse avaient l’intention de recourir.

En février, M. Macron avait dénoncé des « attaques répétées » sur son site de campagne émanant notamment d’Ukraine, ainsi que la propagation de rumeurs ou de « propos infamant » à son endroit par les sites internet publics Sputnik et RT en français. Le porte-parole du chef de file du mouvement En marche !, Benjamin Griveaux, avait lui directement mis en cause Moscou, l’accusant d’avoir « choisi ses candidats » et notamment Marine Le Pen, la représentant du Front National. Le Kremlin avait catégoriquement démenti ces accusations, affirmant n’avoir « jamais eu l’intention de gêner les affaires intérieures d’un pays ».

PARIS (NOVOpress via Bulletin de réinformation) – La logique de nos gouvernants est décidément imparable !
En août 2012, Manuel Valls impose les démantèlements de camps insalubres des Roms. Mais il impose également « un diagnostic social » l’obligation de proposer des « solutions d’hébergement et d’insertion aux populations concernées. »

Si l’on traduit ces formules de novlangue, cela donne : chaque Rom expulsé de sa caravane jugée insalubre sera logé aux frais de l’Etat, donc à vos frais à l’hôtel ou dans un logement social. Et si les préfets ne leur trouvent pas rapidement une solution ? Ils paieront 75 € par jour et par personne d’astreinte. Le préfet du Rhône a ainsi été condamné pour ne pas avoir tout de suite relogé quelques familles Roms il y a quelques jours.

C’est le serpent qui se mord la queue :

Les campements Roms sont tous jugés insalubres et le gouvernement a deux solutions : soit il verse 75 € par jour et par personne aux Roms, soit il leur fournit l’hôtel… dans tous les cas, les populations Roms vivant en France touchent un joli pactole. Qu’on ne s’étonne donc pas du trou abyssal de nos finances, car cela fait 2250 euros par mois, et 27 000 euros par an et par personne…

A ce propos après une hausse très importante des prélèvements obligatoires entre 2012 et 2013, le collègue de Manuel Valls, le ministre de l’Economie Pierre Moscovici, a annoncé hier une nouvelle hausse de ces prélèvements en 2014, de 6 milliards d’euros, pour l’instant…

Le 17 octobre 1961 alors que la guerre d’Algérie touche à sa fin,
le FLN appelle à une manifestation pacifique dans les rues de Paris
pour dénoncer le couvre-feu raciste imposé quelques jours plus tôt aux Algériens et par extension à tous les Maghrébins (obligation d’être sans cesse isolé, et interdiction aux travailleurs algériens de sortir de 20h30 à 5h30, les cafés tenus par des musulmans doivent fermer à 19h...). Cette manifestation rassemble environ 30.000 personnes.

Début de la manifestation pacifique le 17 octobre 1961 à Paris

Le préfet de police de Paris, Maurice Papon, qui a reçu carte blanche des plus hautes autorités, dont de Gaulle, lance, avec 7.000 policiers, une répression sanglante. Il y aura 11.730 arrestations, et peut-être beaucoup plus de 200 morts, noyés ou exécutés, parmi les Algériens.

Ce crime au coeur de l’État français n’a toujours pas été reconnu officiellement alors même que les partisans de la Nostalgérie prônent la promotion de l’oeuvre positive française durant la colonisation dans les programmes scolaires !!! [1]

Le 27 octobre 1961, Claude Bourdet, alors conseiller municipal de Paris et aussi journaliste à "France-Observateur", avait interpellé le préfet de police, Maurice Papon, en plein conseil municipal de Paris sur l’exactitude des faits qui se lisaient dans la presse parisienne, à savoir le repêchage dans la Seine de 150 cadavres d’Algériens depuis le 17 octobre 1961 entre Paris et Rouen.

« Monsieur le Préfet de Police »

Intervention de Claude Bourdet au Conseil municipal de Paris, le 27 octobre 1961

Les silences de Monsieur Maurice Papon

 
 
Claude Bourdet

« J’en viens d’abord aux faits. Il n’est guère besoin de s’étendre. Parlerai-je de ces Algériens couchés sur le trottoir, baignant dans le sang, morts ou mourants, auxquels la Police interdisait qu’on porte secours ? Parlerai-je de cette femme enceinte, près de la place de la République, qu’un policier frappait sur le ventre ? Parlerai-je de ces cars que l’on vidait devant un commissariat du quartier Latin, en forçant les Algériens qui en sortaient à défiler sous une véritable haie d’honneur, sous des matraques qui s’abattaient sur eux à mesure qu’ils sortaient ? J’ai des témoignages de Français et des témoignages de journalistes étrangers. Parlerai-je de cet Algérien interpellé dans le métro et qui portait un enfant dans ses bras ? Comme il ne levait pas les bras assez vite, on l’a presque jeté à terre d’une paire de gifles. Ce n’est pas très grave, c’est simplement un enfant qui est marqué à vie !

Je veux seulement mentionner les faits les plus graves et poser des questions. Il s’agit de faits qui, s’ils sont vérifiés, ne peuvent pas s’expliquer par une réaction de violence dans le feu de l’action. Ce sont des faits qui méritent une investigation sérieuse, détaillée, impartiale, contradictoire.

D’abord, est-il vrai qu’au cours de cette journée, il n’y ait pas eu de blessés par balle au sein de la Police ? Est-il vrai que les cars radio de la Police aient annoncé au début de la manifestation dix morts parmi les forces de l’ordre, message nécessairement capté par l’ensemble des brigades... et qui devait donc exciter au plus haut point l’ensemble des policiers ? C’était peut-être une erreur, c’était peut-être un sabotage, il faudrait le savoir ; et peut-être, d’autre part, n’était-ce pas vrai. C’est pour cela que je veux une enquête.

 

De même, est-il vrai qu’un grand nombre des blessés ou des morts ont été atteints par des balles du même calibre que celui d’une grande manufacture qui fournit l’armement de la Police ? Qu’une grande partie de ces balles ont été tirées à bout portant ? Une enquête dans les hôpitaux peut donner ces renseignements. Il est clair que ce n’est pas n’importe quelle enquête et que ceux qui la feraient devraient être couverts par son caractère officiel et savoir qu’ils ne risqueraient rien en disant la vérité.

Et voici le plus grave : est-il vrai que dans la « cour d’isolement » de la Cité, une cinquantaine de manifestants, arrêtés apparemment dans les alentours du boulevard Saint-Michel, sont morts ? Et que sont devenus leurs corps ? Est-il vrai qu’il y a eu de nombreux corps retirés de la Seine ? Dans les milieux de presse, et pas seulement dans les milieux de la presse de gauche, dans les rédactions de la presse d’information, on parle de 150 corps retirés de la Seine entre Paris et Rouen. C’est vrai ou ce n’est pas vrai ? Cela doit pouvoir se savoir. Une enquête auprès des services compétents doit permettre de le vérifier. Cela implique, ai-je dit, non pas une enquête policière ou administrative, c’est-à-dire une enquête de la Police sur elle-même, mais une enquête très large, avec la participation d’élus.

L’essentiel 

J'en viens maintenant au propos qui est pour moi l’essentiel : celui qui vous

concerne directement, Monsieur le Préfet de Police. Mon projet n’est pas de clouer au pilori la Police parisienne, de prétendre qu’elle est composée de sauvages, encore qu’il y ait eu bon nombre d’actes de sauvagerie. Mon projet est d’expliquer pourquoi tant d’hommes, qui ne sont probablement ni meilleurs, ni pires qu’aucun de nous, ont agi comme ils l’ont fait. Ici je pense que, dans la mesure où vous admettrez partiellement ces faits, vous avez une explication. Elle a d’ailleurs été donnée tout à l’heure : elle réside dans les attentats algériens, dans les pertes que la Police a subies.

Il s’agit seulement d’expliquer, sur le plan subjectif, l’attitude de la Police, cette explication est, en partie, suffisante. Nous nous sommes inclinés assez souvent ici sur la mémoire des policiers tués en service commandé pour le savoir, mais cela n’explique pas tout. Et surtout, ces explications subjectives ne suffisent pas. Le policier individuel riposte lorsqu’il est attaqué, mais il faut voir les choses de plus loin. Ce qui se passe vient d’une certaine conception de la guerre à outrance menée contre le nationalisme algérien. Ici on peut me répondre : « Auriez-vous voulu que nous laissions l’ennemi agir librement chez nous ? Et même commettre des crimes impunément ? » Sur ce plan, la logique est inévitable : l’ennemi est l’ennemi ; il s’agit de le briser par tous les moyens, ou presque. Mais l’ennemi répond alors de la même façon, et on arrive là où nous sommes aujourd’hui. Il était impossible qu’il y ait une guerre à outrance en Algérie et qu’il ne se passe rien en France. Mais ce que je dis - et cela me semble vérifié pour tout ce qu’on a dit ici, à droite, sur la puissance du FLN en France, et sur la menace qu’il représente -, c’est qu’il aurait pu rendre la situation infiniment plus grave qu’il ne l’a rendue.

La guerre à outrance

Les dirigeants algériens ont agi non pas en vertu de sentiments d’humanité mais dans leur propre intérêt, parce qu’ils voulaient pouvoir organiser les Algériens en France, parce qu’ils voulaient « collecter » comme on l’a dit et cela, vous le savez bien, en général beaucoup plus par le consentement que par la terreur. Il y avait là aussi, probablement, l’influence d’un certain nombre de cadres algériens, en particulier de ces cadres syndicaux de l’UGTA, très enracinés dans le mouvement syndical français, très proches de la population métropolitaine, hostiles au terrorisme. Ce sont malheureusement eux, justement, parce qu’ils étaient connus, repérés, voyants, qui ont été les premiers arrêtés, souvent déportés en Algérie, et on ne sait pas malheureusement, vous le savez, ce que ceux-là sont devenus.

Vous répliquerez qu’il y a eu, dès le début de la guerre, des règlements de compte entre Algériens, des liquidations de dénonciateurs, etc., c’est-à-dire des crimes que la Police ne pouvait pas tolérer, quelle que fût sa politique. Oui, mais il y a, pour la Police, bien des façons d’agir et dans les premiers temps, on n’a pas vu se produire, du côté policier, les violences extrêmes qui sont venues ultérieurement. Ce que je dis, c’est qu’à un certain moment, on a estimé que cette action de la Police ne suffisait pas.

On a estimé qu’il fallait qu’à la guerre à outrance menée contre le FLN en Algérie corresponde la guerre à outrance menée contre le FLN en France. Le résultat a été une terrible aggravation de la répression, la recherche par tous les moyens du « renseignement », la terreur organisée contre tous les suspects, les camps de concentration, les sévices les plus inimaginables et la « chasse aux ratons ».

Je dis, Monsieur le Préfet de Police, que vous-même avez particulièrement contribué à créer ainsi, au sein d’une population misérable, épouvantée, une situation où le réflexe de sécurité ne joue plus. Je dis que les consignes d’attentats contre la Police étaient bien plus faciles à donner dans un climat pareil de désespoir. Je dis que même si de telles consignes n’existaient pas, le désespoir et l’indignation suffisaient souvent à causer des attentats spontanés, en même temps qu’à encourager ceux qui, au sein du FLN, voulaient en organiser. Je dis qu’on a alimenté ainsi un enchaînement auquel on n’est pas capable de mettre fin.

Est-il vrai ?

Je pense, Monsieur le Préfet de Police, que vous avez agi dans toute cette affaire exactement comme ces chefs militaires qui considèrent que leur propre succès et leur propre mérite se mesurent à la violence des combats, à leur caractère meurtrier, à la dureté de la guerre. C’était la conception du général Nivelle au cours de l’offensive du Chemin des Dames, et vous savez que l’Histoire ne lui a pas été favorable. C’est cette conception qui a été la vôtre à Constantine et celle que vous avez voulu importer dans la région parisienne, avec les résultats que l’on sait. Maintenant, vous êtes pris à votre propre jeu et vous ne pouvez pas vous arrêter, même en ce moment, à une époque où la paix paraît possible. La terreur à laquelle la population algérienne est soumise n’a pas brisé la menace contre vos propres policiers, bien au contraire. J’espère me tromper, j’espère que vous n’aurez pas relancé, d’une manière encore pire, l’enchaînement du terrorisme et de la répression.

Car, enfin, il n’était pas condamnable, il était excellent que le FLN cherche, lui, à sortir de cet engrenage par des manifestations de rue, des manifestations dont un grand nombre de gens ont dit qu’elles étaient, à l’origine, pacifiques. Nous aurions dû comprendre, vous auriez dû comprendre, que c’était là l’exutoire qui permettrait au désespoir de ne pas se transformer en terrorisme. Au lieu de cela, vous avez contribué à créer une situation pire. Vous avez réussi, et peut-être certains s’en félicitent-ils, à dresser contre les Algériens, il faut le dire, une partie importante de la population parisienne qui ne comprend pas évidemment pourquoi ces Algériens manifestent. Elle n’est pas algérienne, cette population, elle ne vit pas dans les bidonvilles, sa sécurité de tous les instants n’est pas menacée par les harkis, etc. Alors, évidemment, « que viennent faire dans les rues ces Algériens ? Leur attitude est incompréhensible ! »

Je dis, Messieurs les Préfets, mes chers collègues, que loin de chercher à réprimer l’agitation politique des Algériens, nous devons dans cette perspective de négociation, de paix, qui s’ouvre enfin, même si c’est trop tard - nous devons chercher à légaliser l’activité politique des Algériens en France. Il faut que leur action politique s’effectue au grand jour, avec des organisations légales, donc contrôlables, avec des journaux que l’on puisse lire. Nous devons leur laisser d’autres moyens que ceux du désespoir.

Monsieur le Préfet de Police, cela suppose que vous, vous changiez d’attitude. Ici je suis obligé de vous poser une question très grave. Je vous prie, non pas de m’en excuser, car vous ne m’en excuserez pas, mais de comprendre qu’il est difficile, pour un journaliste qui sait que son journal sera saisi, si quoi que ce soit déplaît un peu trop à la Police ou au gouvernement, d’écrire un article sur ce sujet. Mais quand ce journaliste est conseiller municipal, il a la possibilité de venir dire ces choses à la tribune et de les dire sans ambages.

Voici ma question : est-il vrai qu’au mois de septembre et d’octobre, parlant à des membres de la Police parisienne, vous ayez affirmé à plusieurs reprises que le ministre de la Justice avait été changé, que la Police était maintenant couverte, et que vous aviez l’appui du gouvernement ? Si c’était vrai, cela expliquerait, en grande partie, l’attitude de la Police au cours de ces derniers jours. Si ce n’est pas vrai, tant mieux. De toute façon, d’ici quelques années, d’ici quelques mois, quelques semaines peut-être, tout se saura, et on verra qui avait raison. Et si j’avais eu tort aujourd’hui, je serais le premier à m’en féliciter. »

- Extrait du livre “Mes batailles” de Claude Bourdet (Ed. In Fine, 1993) pages 161/167 et aussi paru dans la revue France-Observateur du 2 novembre 1961 -

Même si Papon a été débouté de la plainte déposée contre lui, tous ces faits, tout ces massacres ont été complètement avérés au cours du procès, cependant aujourd’hui le gouvernement français ne les a toujours pas officiellement reconnus.

Voir cet article du popouri sur le 17 octobre 1961

C’est Alexis Violet qui a écrit à la peinture sur le pont : "ICI ON NOIE LES ALGÉRIENS". Voir l’article : "Alexis Violet, un rebelle de toujours"

Site du 17 octobre 1961 contre l’oubli

Notes

[1Le massacre a finalement été reconnu par un communiqué de presse de l’Elysée du 17 octobre 2012. Une proposition de loi a été déposée le 18 octobre 2011 mais n’a pour l’instant reçu aucune suite.

  • Le 24 mars 2006 à 05:36

    Je suis né le16/11/1961à Bagneux, un mois avant, mon père Belgacem
    était a cette manifestation, a été tabassé et est rentré le visage démoli
    2 jours plus tard, ma mère angoissée a vécu ces 2 jours comme la fin
    de sa vie. Je peut imaginer une femme qui attend un enfant ne voyant
    pas sont mari rentrer doit endurer.

Mossoul

L’élimination des djihadistes français au Levant: un sujet qui fâche

© REUTERS/ Thaier Al-Sudani
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Maxime Perrotin
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Le Wall Street Journal affirme que les forces spéciales françaises sous-traiteraient à l’armée irakienne l’élimination de djihadistes français à Mossoul. Une information qu’élude la France, contrairement à ses alliés anglo-saxons, affirmant cibler en Syrie et en Irak des lieux et non des personnes spécifiques. Pourquoi une telle gêne?

Pourquoi l'élimination des djihadistes français en Syrie et en Irak reste-t-elle un tel tabou en France? C'est indirectement la question que pose le Wall Street Journal (WSJ). En effet, dans une étude publiée lundi 29 mai, le quotidien américain affirme — témoignages de militaires irakiens à l'appui — que Paris transmettrait des informations à Bagdad afin que l'armée irakienne puisse cibler et éliminer à Mossoul des ressortissants français ayant rejoint les rangs de Daech. Des informations préalablement récoltées par les forces spéciales françaises. Ces potentielles révélations semblent en tout cas gêner les autorités françaises, à commencer par l'hôtel de Brienne, qui a refusé de se prononcer sur le sujet.

 

Gérard Chaliand, géopoliticien et spécialiste des conflits irréguliers, tient à se montrer prudent concernant cette information du WSJ, insistant sur le fait qu'on ignore si elle est exacte. Il décrit notamment un « climat général de désinformation », même entre alliés, rappelant les « accusations infondées » apparues à l'encontre de la France lorsque celle-ci ne s'était pas rangée du côté des États-Unis à l'occasion de l'invasion de l'Irak.

 

Une situation délicate de la France vis-à-vis de ses partenaires anglo-saxons qu'évoque également Alexandre Vautravers, chercheur associé au Geneva Centre for Security Policy (GCSP), expert en terrorisme, résolution des conflits et droit international. Celui-ci rappelle le secret inhérent à la mission des forces spéciales. Des unités d'élite, officiellement présentes en Irak uniquement pour former et encadrer les forces irakiennes et kurdes.

« C'est une situation qui est en zone grise par rapport à la ligne politique du gouvernement français, particulièrement vis-à-vis des États-Unis et récemment de la Russie, puisque le Président français — il y a moins de 48 heures — a promis aux deux présidents, américain et russe, que les bottes françaises ne se trouvaient pas dans la région. »

Cependant, au-delà de l'étendue des missions menées par la France sur le théâtre irakien, la gêne de Paris serait surtout d'ordre légal. En effet, même si le terrorisme islamiste — tout particulièrement Daech — incarne l'antithèse absolue des valeurs prônées par la France, ces combattants, en étant des cibles militaires, tombent sous le coup du droit de la guerre, les fameuses conventions de Genève, même si Daech n'est pas un État ni une armée régulière.

« À partir du moment où ces terroristes, ces personnes radicalisées, ont rejoint une force armée, en l'occurrence Daech, ils sont considérés comme des combattants dans une guerre et donc effectivement considérés, traités en tant que combattants, c'est-à-dire ce sont des buts militaires », explique Alexande Vautravers.

Des considérations légales qui peuvent interpeller, notamment sur la capacité du droit humanitaire international à appréhender l'évolution des formes de combat dans notre monde moderne. En effet, à titre d'exemple, les Américains n'ont aucune difficulté à passer outre les conventions de Genève lorsqu'ils emploient des drones, notamment dans l'élimination de leurs citoyens suspectés de terrorisme, non sans causer d'importants dommages collatéraux en territoire étranger.

L'action française en la matière est plus modeste: en tout début d'année, Soren Seelow, journaliste au Monde, estimait à « au moins 8 » le nombre de djihadistes français éliminés de manière « ciblée », dont sept revendiqués par l'armée américaine, dans les environs de Rakka.

 

Il n'en reste pas moins que ces éliminations posent problème en France « parce qu'après les familles peuvent demander des comptes » résume le journaliste et spécialiste des mouvements djihadistes Wassim Nasr, sur le plateau de France 24. Il évoque de plus une autre dimension de ces ciblages: la large proportion de cas « judiciarisés » des djihadistes français. Face à cela, le journaliste rappelle les deux approches en vigueur dans les pays occidentaux: dans les pays anglo-saxons, ce type d'éliminations ciblées est pleinement assumé, quitte à ressortir les dossiers judiciaires pour justifier leur élimination.

 

Dans le cas de la France, le sujet demeure tabou, la ligne étant, du côté des autorités françaises, de se défendre de cibler des individus, mais des lieux. Des lieux où pourraient donc se trouver des djihadistes français. Une approche que semble valider la réaction de Christophe Castaner, porte-parole du gouvernement. Interrogé mercredi sur cette étude, il se contentera de répondre par une mise en garde « effrayante », pour reprendre le qualificatif d'Associated Press, à l'adresse des djihadistes français: « Je le dis à tous les combattants qui rejoignent Daech et qui vont à l'étranger pour mener la guerre, mener la guerre c'est prendre des risques, et qu'ils assument leurs risques. »

Gérard Chaliand ne dit pas autre chose quand il affirme:

« Sur le terrain syrien il n'y a aucun cadeau à faire aux islamistes locaux qu'ils soient français ou qu'ils ne soient pas français. […] Je ne vois pas de toute façon de perspective de ramener vifs des gens qui se sont très largement montrés comme des adversaires résolus ».

Les éliminations ciblées, évoquées par le WSJ, pourraient bien relancer le débat sur les « exécutions extrajudiciaires », terme habituellement employé dans le cas des frappes de drones américaines et évoqué en France en octobre 2015. Le champ d'action de l'opération Chammal venait d'être élargi au territoire syrien et l'annonce de frappes françaises ayant pu éliminer des djihadistes français provoquait alors un tollé. Une polémique qui s'éteindra un mois plus tard, lorsque 130 personnes seront tuées dans une série d'attentats à Paris.

 

L'élimination ciblée de djihadistes français reste cependant un tabou… mais un tabou qui peut en cacher un autre. En effet, si les autorités françaises luttent directement sur le terrain contre la menace terroriste que représente Daech pour nos sociétés, seule une petite partie des 230 djihadistes français morts au Levant ont été tués plus ou moins directement par la France.

 

Il n'en reste pas moins que ce sont près de 700 Français qui combattraient aujourd'hui dans les rangs de « Daech », soit un quart des effectifs européens de l'organisation terroriste, selon Loïc Garnier, chef de l'Unité de coordination de la lutte antiterroriste, dans une interview au Figaro en début d'année.

700 individus radicalisés, dont une part de combattants aguerris, insensibilisés aux tueries, qui grâce à leur nationalité française, peuvent à tout moment rentrer en France. Existe-t-il un autre moyen de s'en protéger efficacement que de les éliminer avant qu'ils en risquent de frapper sur notre sol? Si la solution est tentante du point de vue de l'efficacité pour certains, elle est pour d'autres difficilement défendable d'un point de vue moral. Les démocraties ont elles les moyens, sans se renier, de lutter contre le terrorisme? Un nœud gordien qui ne risque pas d'être tranché de sitôt. Au moment de son interview, Loïc Garnier estimait le nombre de ces «revenants» sur le sol national à 200.

 

Lire aussi:

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Syrie: les positions des djihadistes et de l'opposition démêlées?
 
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Damas a écrit 90 lettres à l’Onu sur les armes chimiques des djihadistes, toutes ignorées

ZONE MILITAIRE OPEX 360.COM

Les forces spéciales françaises font plus qu’appuyer les troupes irakiennes à Mossoul


 

 

 

 

 

En savoir plus sur http://www.opex360.com/2017/05/30/les-forces-speciales-francaises-font-plus-quappuyer-les-troupes-irakiennes-mossoul/#GRvPD8idexk8E8pI.99

Les forces spéciales françaises envoyées dès 2014 dans le nord de l’Irak ont la mission de former et d’appuyer les troupes irakiennes, en particulier les combattants du Kurdistan irakien (Peshmergas), lesquels sont actuellement en première ligne face à l’État islamique (EI ou Daesh) dans la région de Mossoul.

La présence des commandos français en Irak se veut discrète, même si, toutefois, fin 2016, a fait l’objet d’une série de reportages diffusés par la presse (Le Figaro Magazine, France24, Europe1, etc…). Ces derniers ont mis en lumière le rôle tenu par les hommes du Commandement des opérations spéciales (COS).

En décembre, un officier de liaison a ainsi expliqué à Didier François, l’envoyé spécial d’Europe1, que les forces spéciales français ont apporté aux combattants kurdes irakiens « un appui très concret sur un certain nombre d’objectifs ennemis clairement identifiés sur lesquels nous avions travaillé dans les moindres détails. » Et un capitaine d’ajouter : « Ce sont les Peshmergas qui combattent, pas nous. Nous, on est là pour les appuyer avec nos moyens techniques, avec nos renseignements. »

Seulement, d’après un reportage du Wall Street Journal, le rôle de ces commandos ne s’arrêterait pas là. Sur la foi de témoignages recueillis auprès d’officiers irakiens et d’anciens responsables français, le quotidien affirme que les forces spéciales françaises ont fourni aux troupes antiterroristes irakiennes (ICTS, Iraqi Counter Terrorism Service) l’identité et les photographies d’une trentaine de jihadistes qualifiés de « high-value targets » (cibles de grande valeur).

« Un nombre inconnu de citoyens français ont été tués par l’artillerie et les forces terrestres irakiennes en utilisant les coordonnées de localisation et d’autres renseignements fournis par les [commandos] Français », ont affirmé, au Wall Street Journal, des commandants irakiens.

Ces informations sur les jihadistes français de l’EI sont collectées par une équipe d’une quarantaine d’opérateurs du COS, lesquels disposent de mini-drones et de moyens de renseignement électronique. En outre, ces militaires recueillent les preuves « physiques » sur le terrain et s’attachent à vérifier les correspondances ADN avec les combattants de Daesh recherchés.

Un haut responsable de la police irakienne a ainsi montré au le Wall Street Journal une liste de 27 individus recherchés en France en raison de leur appartenance présumée à l’EI. « Les forces spéciales françaises ont commencé à diffuser le document au début de l’offensive de Mossoul l’année dernière. Il est mis à jour au fur et à mesure que les hommes sont tués », a-t-il dit.

Un autre responsable irakien a confié que les militaires français sont « particulièrement préoccupées par les spécialistes des armes chimiques » de Daesh ayant travaillé sur le campus de l’université de Mossoul.

Pour résumer, les forces spéciales cherchent les jihadistes français et confient aux troupes irakiennes le soin de les éliminer afin de les empêcher de revenir en France, où ils seraient susceptible de commettre des attentats. Agir de la sorte évite les polémiques sur les « exécutions extra-judiciaire ».

Le quotidien américain a sollicité le ministère français de la Défense pour avoir des détails sur cette opération. Une porte-parole [Valérie Lecasble?] a refusé de faire le moindre commentaire. « Les forces françaises travaillent en étroite coopération avec leurs partenaires irakiens et internationaux » et combattent les jihadistes « indépendamment de leur origine nationale », a-t-elle seulement dit.

En janvier, alors qu’il était ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian avait été très clair à ce sujet. « Parlons simple : ce sont nos ennemis, ils veulent nous tuer. (…) Nous nous battons contre un ennemi qui veut nous tuer. Et donc nous ciblons cet ennemi, en conservant les principes fondamentaux du droit des conflits armés qui nécessitent la précaution maximum concernant les atteintes aux vies civiles », avait-il dit.

Et d’ajouter : « Quand un chef militaire décide de combattre la France, avec des hommes armés, quelle que soit sa nationalité, tchétchène, belge, allemande, tunisienne, ou française, c’est notre ennemi. Donc, on le tape, donc on le cible. »

Photo : (c) Ministère de la Défense

Les Salafistes et Djihadistes, les frères Musulmans qui reçoivent la Légion d'honneur par ... Ali Juppé, c'est dégueulasse!

La France se serait entendue avec l'Irak pour que soient éliminés tous les djihadistes français

La France se serait entendue avec l'Irak pour que soient éliminés tous les djihadistes français© Stringer Source: Reuters
Image d'illustration : un hélicoptère de l'armée irakienne à Husaybah, dans la province d'Anbar (ouest)

Paris Match révèle que la France a passé un accord tacite avec les forces de sécurité irakiennes, que les journalistes ont rencontrées, les engageant à faire en sorte que les djihadistes français partis en Irak ne reviennent jamais dans l'Hexagone.

Dans un article daté du 16 juin, Paris Match annonce s'être entretenu avec des responsables des forces de sécurité irakiennes, qui lui ont fait des révélations détonantes. Selon ceux-ci, Paris aurait passé un accord avec Bagdad, afin que les djihadistes français partis combattre en Irak, ne puissent jamais revenir sur le sol français.

Exclusif - Djihadistes français: "Notre objectif est de les tuer"

Paris Match||Mis à jour le 
Six portraits de djihadistes français sortis des fichiers d'Ali le photographe de l'Etat islamiqueDR

Aucun militant français de l'Etat Islamique ne doit revenir vivant en France. C'est ce que confirment les responsables des forces de sécurité irakiennes que Paris Match a rencontrés.

Six portraits de djihadistes français sortis des fichiers d'Ali le photographe de l'Etat islamiqueNous avons un accord tacite avec les Français. Nous arrivons à une phase de combat où il est hors de question que des hommes de Daesh puissent fuir et arriver dans un autre pays. Nous éviterons, autant que faire se peut, qu’un Français puisse sortir vivant de Mossoul. Notre objectif est encore une fois de les tuer afin qu’aucun homme de Daesh ne puisse s’enfuir», raconte ainsi le général Abdelghani Al-Assadi, commandant du contre-terrorisme irakien.

« Il y a déjà plusieurs mois que nous savons que des "chasseurs français" traquent les djihadistes français. Ils disposent de moyens sophistiqués et ont des spécialistes en traçabilité, lecture et écoute des ­communications», ajoute pour sa part le major général Najim Abdullah Al-Jibouri, commandant en chef des opérations pour la libération de la ville de Mossoul. 

Dans une enquête publiée le 29 mai, déjà, le Wall Street Journal expliquait que la France faisait appel à l’armée irakienne pour éliminer les djihadistes francophones (français et belges) combattant pour Daesh en Irak, notamment à Mossoul.

Selon le magazine allemand Der Spiegel, qui lui aussi a évoqué le sujet dans un article fin mai, les soldats irakiens auraient déjà tué un certain nombre de ces cibles sur la base de renseignements et de coordonnées GPS fournis par la France.

Lire aussi : Base d'Evreux : l'ex-soldat radicalisé reconnaît avoir envisagé une attaque au nom de l'EI

Criminaliser le salafisme et interdire les organisations liées aux Frères musulmans

RELIGION - La communauté internationale et singulièrement les grandes démocraties, font preuve d'incohérence et manquent cruellement de courage dans le cadre de la lutte idéologique qui les oppose aux tenants du totalitarisme islamiste.

Depuis plusieurs années, je plaide, malgré les cris d'orfraies, à la criminalisation de l'idéologie salafiste et à l'interdiction pure et simple des organisations s'inspirant de la pensée des Frères musulmans. Ce double objectif devrait être celui de tout démocrate, attaché à la laïcité, qui aspire à vivre au sein d'une société apaisée où la violence et le terrorisme seraient bannis. Ce double objectif permettra de préserver, par ailleurs, l'ordre républicain et de garantir une compatibilité de l'islam avec la République. Car, disons les choses clairement, si aujourd'hui, à certains égards, l'islam pose problème, c'est parce qu'il n'est pas représenté pas une spiritualité, un culte ou une culture, mais parce qu'il est largement phagocyté par deux idéologies nihilistes : celle des salafistes et celle des Frères musulmans. En d'autres termes, si la majorité des musulmans est apaisée et n'aspire qu'à vivre dans la quiétude, les courants, associations et organisations visibles et actifs sont dominés par les deux idéologies en question.

 

La criminalisation du salafisme et l'interdiction des organisations liées aux frères musulmans sont confortées par des arguments qui s'articuleraient autour de trois raisons objectives.

Pour des questions politiques d'abord. Ces deux idéologies, nous le voyons tous les jours, représentent un danger pour la cohésion d'une société. Elles la clivent et la segmentent y compris en usant de violence. Si la démarche des salafistes peut-être constatée au quotidien, les visées non avouées des Frères musulmans doivent, elles, être décryptées. Quoi qu'il en soit, les uns et les autres veulent provoquer la rupture du lien social. Pour se convaincre de leur nocivité, il suffit d'observer leurs agissements et leur comportement dans les pays dits « musulmans ». Ils sont souvent à l'origine du désordre et du chaos même lorsqu'ils font face à des régimes détestables.

 

Pour des questions idéologiques ensuite. Ces deux courants sunnites (on pourrait dire la même chose des intégristes chiites) sont des pensées totalitaires - à certains égards fascisantes - incompatibles avec la lettre et l'esprit du corpus démocratique qu'elles cherchent à anéantir et à réduire en cendres. Un simple examen froid et critique des textes salafistes ou fréristes permettrait de faire ce constat. Que le groupe islamiste ait pour nom le Hamas (Frères musulmans) à Gaza ou Daech (salafistes) à Raqaa, que l'ennemi ait pour nom Israël, l'Amérique ou la France, la barbarie qui s'exerce à l'endroit de leurs propres coreligionnaires suffit à illustrer le caractère fasciste et nihiliste de ces idéologies.

 

Pour des questions juridiques enfin. Ces deux idéologies sont criminogènes. Au mieux, elles impliquent, là où elles sont fortement représentées, un risque de trouble à l'ordre public. Et de ce point de vue, il serait naïf de constater le caractère violent du salafisme et des Frères musulmans à travers les seules manifestations terroristes. La violence est consubstantielle à l'un et aux autres. Violence à l'égard des minorités religieuses, spirituelles, sexuelles, philosophiques. Violence par le verbe, par l'épée et par le texte, mais aussi violence par l'humiliation, par le regard, par le comportement et violence enfin par la diabolisation, l'excommunication ou le rejet de la « différence » réelle ou supposée. Les deux pensées sont, de manière assumée ou dissimulée, antisémites, homophobes, misogynes, apologétiques de la violence et de la haine dans leurs textes et dans les discours de la plupart de leurs représentants.

Écrire ce qui précède pourrait susciter le scepticisme. De belles âmes pourraient trouver que ce serait là une démarche excessive, un propos extrême et une attitude intolérante. Je suis prêt à entendre de telles critiques à condition que l'on m'explique comment devrait-on gérer les dogmes qui structurent les deux pensées en question.

Sait-on au moins ce que celles-ci pensent du projet de société que nous défendons ?

Quelques petits rappels :

S'agissant de la démocratie, les Frères musulmans ont toujours rejeté cette valeur que ce soit à travers la voix de leur fondateur Hassan el Banna ou à travers des figures du mouvement comme Sayed Qutb ou, au Pakistan, Al Mawdoudi. Les uns et les autres estiment que la souveraineté doit être détenue par Dieu, et non par le peuple. Les islamistes estiment que toutes les lois nécessaires à la gestion de la cité existent dans le corpus islamique à travers le Coran et la Sunna (la tradition du Prophète). Les quelques "évolutions" qui ont été consenties par la Confrérie ont accepté l'idée d'une sorte de démocratie qui soit contrôlée et assujettie à la loi religieuse, la charia. Pour la Confrérie intégriste, la prépondérance de la législation islamique sur l'ensemble des lois "inventées par l'homme" est une question non négociable. De ce point de vue, pour s'en convaincre, il suffit de lire ou de relire le mot d'ordre de la Confrérie : "Dieu est notre objectif. Le Prophète Mahomet est notre chef. Le Coran est notre loi. Le djihad est notre voie".

Les salafistes, eux, sont plus explicites. Ils ont ce mérite d'être moins hypocrites que les Frères musulmans et moins dissimulateurs. Pour eux, le rejet de la démocratie est clair et sans ambages. L'un de leurs leaders spirituels contemporains, le jordanien Abou Mohamed El Maqdissi, écrivait au cours des années 2000, un texte intitulé La démocratie est une religion dans lequel il qualifiait la démocratie de "religion autre que la religion d'Allah". Elle y est décrite comme "une religion mécréante innovée dont les partisans sont soient des seigneurs législateurs ou des suiveurs qui les adorent".

Un autre idéologue, le cheikh Mouqbil, un yéménite formé en Arabie saoudite, affirmait dans l'un de ses prêches : "La démocratie est une mécréance. Nous n'avons pas besoin de la démocratie. Qu'implique t-elle ? Le fait de donner au peuple l'occasion de se gouverner par lui même. C'est à dire sans Livre (Coran) et sans Sunna (Tradition du Prophète). La démocratie vote en faveur de la pornographie, ils ont voté dans certains pays mécréants qu'il est autorisé à un homme d'en épouser un autre. La démocratie n'est qu'ignominie. Elle met sur un même pied d'égalité le pieux et le pervers". On ne peut pas être plus clair.

S'agissant de la laïcité, pour connaître l'avis des Frères musulmans, il suffit de lire Hassan el Banna ou d'écouter attentivement Tariq Ramadan, son petit-fils et néanmoins représentant médiatique de sa pensée. Le fondateur de la Confrérie extrémiste affirmait : "l'islam est foi et culte, patrie et citoyenneté, religion et État, spiritualité et action, Livre et sabre...". Ce mot d'ordre est repris de nos jours par Tariq Ramadan qui le résume d'une phrase : "l'islam est un englobant". Donc, point de séparation entre le temporel et le spirituel pour les tenants de cette pensée intégriste dont les promoteurs savent se draper généralement derrière les habits et le langage de la modernité.

Même vision pour les salafistes. Un exemple pour illustrer la position de ces derniers à l'égard de la laïcité : un texte rédigé par un idéologue algérien, Mohamed Ferkous. Il écrit : "la laïcité est une idéologie mondaine qui vise à isoler l'influence de la religion sur la vie" avant de conclure: "la religion et le pouvoir sont inséparables, et ce, depuis le jour où s'est composée pour la première fois la société musulmane... L'Islam ne tolère pas l'athéisme et ne reconnaît pas de liberté de combattre la religion d'Allah et ses préceptes. Il refuse que le principe de liberté permette l'éviction de l'éducation religieuse et des valeurs éthiques".

Aussi, si le salafisme et la pensée des Frères musulmans ne reconnaissent pas deux des principales valeurs universelles, qu'en est-il des autres principes ? Les droits de la femme par exemple ?

A ce sujet, l'une des plus grandes références du salafisme, le cheikh Otheimine, une figure du wahhabisme saoudien, estime, dans ses recommandations, que "les femmes musulmanes ne doivent quitter leur domicile qu'avec l'autorisation du mari ou du tuteur". Il précise même très sérieusement que "La femme est libre chez elle, elle se rend dans toutes les pièces de la maison et travaille en accomplissant les tâches ménagères". Et de prévenir : "Que ces femmes craignent Allah et délaissent les propagandes occidentales corruptrices !"

Il serait faux de croire que les adeptes des Frères musulmans seraient éloignés de cette vision. Très récemment, en 2013, la Confrérie annonçait en Égypte, qu'accorder trop de droits aux femmes et en faire les égales des hommes conduirait à "la destruction totale de la société". Pour s'en convaincre davantage, il suffit de relire les "conseils" de Youssouf al Qaradhaoui le chef spirituel de l'UOIF, l'organisation prosélyte qui défend en France la pensée frériste, et de toutes les associations qui se reconnaissent dans l'idéologie des Frères musulmans. Dans son livre Le licite et l'illicite en islam, al Qaradhaoui écrit que le mari, s'il fait face à une épouse "rebelle", peut "la corriger avec la main tout en évitant de la frapper durement et en épargnant son visage. Ce remède est efficace avec certaines femmes, dans des circonstances particulières et dans une mesure déterminée..."

Je mets au défi qui le souhaite de me dire quel article de la Déclaration universelle des Droits de l'homme serait respecté par le salafisme ou par la pensée des Frères musulmans. En vérité, aucun.

Il n'y a pas un seul principe fondamental qui soit compatible avec les idées islamistes. C'est là, la triste réalité. Et ce que pourraient dire certains de leurs représentants - notamment ceux des Frères musulmans - ne serait que balivernes. Les salafistes, eux, au moins assument publiquement leur rejet de la modernité et des valeurs universelles. Ces derniers assument y compris la rupture qu'ils doivent opérer avec une société, non régie par les principes salafistes.

En commentant le dogme de "l'alliance et du désaveu", le cheikh Fawzen, l'un des ténors du salafisme assure qu'il est "interdit de tenter de ressembler aux mécréants" et ce, "qu'il s'agisse de coutumes, d'adorations, d'allures ou de comportements". Pire, il recommande de ne pas "secourir" les mécréants ni "faire leur éloge ou les défendre" et "ne pas exalter leur culture ou leur civilisation". Comprendre qu'il est même interdit pour eux de dire ou d'écrire que la démocratie est une formidable valeur. Ceci annulerait l'islam selon cet idéologue.

Par conséquent, au moment où doit s'ouvrir au ministère de l'Intérieur une réunion de la nouvelle "instance de dialogue avec l'islam de France", ce qui précède et qui est loin d'être exhaustif doit nous amener à sortir collectivement de cette léthargie qui s'installe dès qu'il est question d'islamisme. Face à ce phénomène, il faut puiser une réponse ferme dans les principes républicains et démocratiques. Et cela est du champ du possible. Il faut défendre cette fermeté républicaine d'autant plus que c'est cette même léthargie, ce même laxisme, cette même peur, ces mêmes complexes, cette quête de la paix sociale au prix de toutes les compromissions, parfois à partir de positions très nobles et fort louables, que des organisations douteuses comme l'UOIF ont pu faire leur prosélytisme en faveur du voile ou que des groupuscules criminels ont pu endoctriner des Merah ou des Kouachi.

Aujourd'hui, nous ne pouvons plus nous suffire de quelques palabres organisées sous les crépitements des appareils photo ou sous l'œilleton des caméras nous ne pouvons plus tolérer ces "représentants" de l'islam de France - qui ne servent à rien - militant pour leurs médailles en chocolat.

L'État doit hisser son niveau d'exigence, car il est insupportable de voir une association comme l'UOIF par exemple se jouer de la naïveté républicaine.

Un préalable pourrait être instauré avant d'entamer un dialogue sérieux avec des organisations dite religieuse : la signature d'une charte qui amènerait ces associations à s'engager pour une dénonciation sans conditions de toutes les violences qui s'expriment, en France ou à l'étranger, au nom de l'islam, un rejet de toutes les lectures extrémistes qui valident, directement ou indirectement, le terrorisme et/ou la haine de l'Autre, un strict respect de l'ensemble des principes contenus dans la Déclaration universelle des droits de l'Homme et notamment ceux relatifs à la liberté de conscience, à la liberté de croire ou de ne pas croire, de changer de religion ou de ne pas en avoir et, dans le cadre des lois de la République, à la liberté d'opinion, d'expression et de création et, d'un autre côté, à une adhésion pleine et totale aux valeurs républicaines et singulièrement au corpus démocratique et laïque ainsi qu'aux droits des femmes, pour ne citer que ces valeurs.

Un non respect de ce smig républicain pourrait, y compris d'un point de vue juridique, justifier une criminalisation de l'idéologie salafiste et une interdiction des organisations et associations se réclamant de la pensée des Frères musulmans.

Il est temps de traiter les musulmans en adultes.

 

Lire aussi :

 

• Morsi, président "marionnette" des Frères musulmans

• Le Collectif contre l'islamophobie en France: un islamisme à visage humain ?

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Faut-il avoir peur des salafistes français ?

France - l'événement

Manifestation samedi aux abords de l'ambassade des États-Unis, à Paris./ Photo AFP.
Manifestation samedi aux abords de l'ambassade des États-Unis, à Paris./ Photo AFP.

La manifestation devant l'ambassade des États-Unis continue de provoquer des remous en France. Tandis qu'à travers le monde les manifestations se poursuivent contre un film anti-islam, la France ne veut pas se faire déborder par les extrémistes salafistes.

Ils sont une poignée à Toulouse, quelques milliers en France, peut-être 12 ou 15 000, et ils commencent à inquiéter sérieusement les autorités. A Paris, on les a vus devant l'ambassade américaine manifester alors qu'on ne s'y attendait pas. Une surprise exploitée par l'opposition qui demande des explications au gouvernement.

Ce sont les salafistes. Des extrémistes religieux appartenant à la branche sunnite de l'islam. Salaf'cela signifie «les ancêtres pieux». Pour eux, l'islam doit se lire au pied de la lettre. Ils portent une longue barbe, un costume traditionnel. Et ne reconnaissent qu'une seule loi : la charia.

Certains sont plutôt repliés sur leur foi et son enseignement, d'autres «réformistes», d'autres enfin sont des djihadistes déclarés. Ce sont ceux-là que le gouvernement veut surveiller de près, notamment ceux qui partent pour les camps du Pakistan ou de l'Afghanistan apprendre la «guerre sainte».

Un projet de loi dans ce sens va donc être présenté prochainement en conseil des ministres. Il vise à pouvoir juger directement ceux qui reviendraient en France après avoir subi ces entraînements et le lavage de cerveau qui va avec. Le précédent gouvernement avait dans ses cartons un projet qui, sur les principes, n'était pas très éloigné de celui-là.

La France a été très brutalement confrontée au salafisme en mars dernier avec les tueries de Toulouse et Montauban, perpétrées par Mohammed Merah. On a très vite su que celui-ci était proche des milieux salafistes et que le jeune homme avait fait plusieurs séjours dans les camps afghans. Reste à savoir si les services de renseignements ont sous-estimé le danger potentiel que représentait Merah, qui pourtant avait été parfaitement repéré et «débriefé» lors de son retour en France.

La volonté du gouvernement est sans doute aussi de mieux contrôler ce mouvement. Car les salafistes, qui n'étaient que quelques dizaines au début des années 90, ont connu une progression très forte.

L'immense majorité des musulmans de France ne se reconnaît pas dans ce mouvement, mais les salafistes ont

le don de savoir faire monter les enchères : en se réclamant d'un islam pur et dur, ils tentent de culpabiliser tous ceux qui veulent vivre leur religion dans la tolérance. Ils finissent par avoir une influence occulte sur certains esprits, notamment des jeunes en quête d'absolu. Ils pratiquent volontiers le terrorisme intellectuel dans les cités où ils sont implantés. Comme tous les sectaires, ce sont des militants acharnés. Leur tactique est simple : mettre de l'huile sur le feu chaque fois que c'est possible. Un vrai danger pour la laïcité, et donc la République et sa sécurité.


Une mouvance radicale qui se développe

Samedi, quelque 250 personnes ont manifesté devant l'ambassade des États-Unis à Paris pour protester contre le film polémique qui embrase le monde arabe depuis plusieurs jours et s'est soldé par la mort de l'ambassadeur américain en Libye la semaine dernière (lire ci-dessous). 152 personnes ont été arrêtées par la police qui dispose par ailleurs d'images vidéo et de messages qui appelaient à ce rassemblement non-autorisé sur les réseaux sociaux. Dimanche soir, une enquête a été ordonnée pour identifier les organisateurs de la manifestation de la veille. Parmi les manifestants, beaucoup de femmes intégralement voilées et beaucoup d'hommes vêtus à la manière salafiste.

Qui sont-ils ?

Le salafisme en France est largement minoritaire. Alors qu'on compte quelque 6 à 7 millions de citoyens de confession musulmane en France, les salafistes seraient entre 10 000 et 20 000, contre quelques dizaines de fidèles au début des années 90. Des chiffres difficiles à établir car les statistiques ethniques sont interdites en France.

Les salafistes sont en tout cas une minorité très bruyante parfois - on l'a vu samedi - et activiste, qui arrive à attirer les jeunes notamment par un discours radical. Les salafistes - comme lors de la manifestation parisienne - sont souvent des jeunes de moins de 30 ans qui sont recrutés dans des séminaires, dans les banlieues et dans des lieux de cultes salafistes - il existe quelques mosquées salafistes, notamment à Paris, Lyon et Marseille - et de plus en plus sur internet où ils peuvent discuter et échanger entre eux sur des sites spécialisés. Le rassemblement de samedi a par ailleurs été également relayé par SMS les jours précédents.

Les salafistes, qui reprennent la manière de vivre du prophète Mahomet, ses tenues vestimentaires et sa longue barbe sont issus de différents milieux allant de ceux qui sont exclus de la société à des étudiants bien intégrés de la classe moyenne.

Ces dernières années, le salafisme s'est aussi développé derrière les barreaux. En 2004, le sociologue Farhad Khosrokhavar, rappelle L'Express, alertait l'opinion sur le rôle néfaste des imams radicaux en détention. L'influence de ces prédicateurs serait d'autant plus grande que le nombre d'aumôniers musulmans - modérés - agréés par l'administration est encore trop faible, pointait l'an passé Jean-Marie Delarue, contrôleur général des prisons : 13 % des aumôniers alors que la proportion de détenus musulmans se situe, selon les évaluations, entre 30 et 50 %. Les experts estiment ainsi que c'est en prison, essentiellement, que Mohamed Merah s'est radicalisé.

Qui les finance ?

L'implantation du salafisme en France remonte au début des années 90 avec l'arrivée en provenance d'Algérie d'anciens militants du Front islamique du salut (FIS) fuyant la répression du régime. Vers le milieu des années 90, ce salafisme révolutionnaire algérien a été remplacé par un salafisme de type apolitique, influencé non plus par l'Algérie mais par l'Arabie saoudite, qui a formé de nombreux imams français.

L'État saoudien est un financeur de longue date de cet islam radical, notamment via la Ligue islamique mondiale. Mais il n'est plus le seul et des mécènes des monarchies du golfe persique dépensent des millions pour faire rayonner le salafisme. En France, plusieurs mosquées ont ainsi été construites grâce à des fonds provenant de ces pays et de la Ligue islamique mondiale, comme les mosquées d'Evry et de Mantes-la-Jolie. L'Arabie saoudite propage le salafisme en formant des milliers d'étudiants saoudiens ou étrangers dans ses universités de Riyad, de La Mecque et de Médine. Ce sont eux qui font ensuite essaimer le salafisme dans d'autres pays.

Lors de sa création en France au début des années 80, l'Union des organisations islamiques de France a reçu de nombreux soutiens émanant des Émirats arabes unis.

Qui les aide ?

Outre les pays qui contribuent au financement du salafisme en France et dans le monde, cet islam radical peut s'appuyer sur de nombreux idéologues. Comme ceux issus des rangs des Frères musulmans, y compris lorsqu'ils se présentent sous un jour plus modéré, comme Tariq Ramadan. Des figures saoudiennes font également référence ; des cheiks aux positions radicales sur la place de la femme, les relations aux autres religions, voire l'usage prohibé de la télévision. La télévision justement est un puissant vecteur de propagande du salafisme qui utilise plusieurs chaînes satellitaires arabes pour transmettre son message au cours d'émissions diffusées à destination des pays émetteurs, comme de l'Occident.

Si le salafisme s'appuie également sur certaines librairies spécialisées en France, c'est bien évidemment sur internet qu'il s'emploie à propager ses idées. Les sites et forums se comptent par centaines.

Sont-ils dangereux ?

Les multiples courants salafistes font qu'il est impossible de donner une réponse tranchée à cette question. Cependant, une minorité des salafistes dépasse la simple démarche personnelle de renouer avec un islam «pur» pour s'engager dans le djihad. Ces individus partent alors en «stage» sur un terrain d'affrontement, comme la Bosnie, la Tchétchénie, l'Afghanistan, l'Irak… Dans ces camps, ils se forment au maniement des armes en espérant pouvoir poursuivre la lutte contre les ennemis de l'islam une fois de retour chez eux. Certains se retrouvent dans des groupes très surveillés par les autorités qui peuvent aller jusqu'à la dissolution, comme par exemple le groupuscule Forsanne Alizza.

Ph. R.


Une loi pour lutter contre les djihadistes

Le conseil des ministres examinera fin septembre, six mois après les tueries de Mohamed Merah, un projet de loi antiterroriste, visant les Français partant s'entraîner au djihad, notamment en Afghanistan et au Pakistan, a annoncé dimanche l'Intérieur.

«À travers internet, à travers des déplacements dans des pays comme l'Afghanistan ou le Pakistan, il y a des jeunes dans nos propres quartiers qui peuvent être touchés par cette idéologie de la haine», avait auparavant mis en garde le ministre de l'Intérieur Manuel Valls.

Ce texte permettra de juger en France, à leur retour, les Français «qui se livrent à des actes de terrorisme à l'étranger ou qui vont à l'étranger, notamment en zone afghano-pakistanaise, pour se former au terrorisme dans des camps d'entraînement dans le but de revenir en France», a expliqué une source proche du dossier. Même si l'incrimination d'association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste offre une grande latitude de poursuites, certains «passaient entre les mailles du filet», explique-t-on.

Cette disposition s'inscrit dans la même logique que celle qui permet de poursuivre et juger en France des ressortissants français ayant commis des actes de pédophilie hors des frontières. S'ils y semblent aujourd'hui moins nombreux, les services estiment que plusieurs dizaines de Français se sont rendues dans les zones tribales frontalières entre l'Afghanistan et le Pakistan pour combattre ou s'entraîner au djihad.

Ce fut notamment le cas du tueur au scooter, Mohamed Merah, qui, les 11, 15 et 19 mars à Toulouse et Montauban, au nom d'Al Qaïda, avait abattu trois parachutistes puis trois enfants et un père dans une école juive. Les services de renseignement étaient au courant de ses voyages. Il avait même été «débriefé» en novembre 2011 à l'antenne toulousaine de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) à son retour du Pakistan. Mais le ministre de l'Intérieur de l'époque Claude Guéant avait expliqué que rien de délictuel ne pouvait a priori lui être reproché avant ses crimes. «En France, on ne défère pas à la justice des gens pour des intentions, pour des idées salafistes. On ne peut arrêter les gens que pour des faits», avait argumenté M. Guéant.

Surveillance des télécommunications

Cette loi sur les apprentis djihadistes, «c'est ce qui manquait à l'arsenal juridique», commente un spécialiste policier de la lutte antiterroriste. «Aujourd'hui, aller là-bas n'est pas un délit en soi, pas même une contravention. Là, on pourra agir, même s'il faudra prouver qu'ils y sont allés pour s'y entraîner». L'autre grand aspect du texte concerne la surveillance dans un cadre administratif des données de connexion (internet, géolocalisation, factures détaillées de téléphone).


Dans le monde arabe, la colère ne faiblit pas

La traînée de poudre se poursuit. L'Afghanistan a connu ses premières violences et le Pakistan son premier mort, hier, depuis le début des manifestations contre le film anti-islam. Des hommes armés se trouvant parmi les manifestants ont ouvert le feu pendant la manifestation dans la capitale afghane. La police a décidé de ne pas riposter, pour ne pas exciter davantage les protestataires. La mobilisation a mis du temps à se radicaliser en Afghanistan, où les insultes proférées contre l'islam sont généralement prises très au sérieux.

Les multiples appels au calme des autorités politiques et religieuses ont vraisemblablement permis de stabiliser une situation potentiellement explosive. Dans le nord-ouest du Pakistan voisin, un manifestant a perdu la vie et deux autres ont été blessés, lundi, lors d'un échange de tirs avec des policiers à l'occasion de protestations contre le film anti-islam. Les heurts se sont produits dans la ville de Warai, du district d'Upper Dir de la province de Khyber Pakhtunkhwa (nord-ouest).

Il s'agit du premier mort au Pakistan depuis le début, vendredi, de manifestations locales contre ce film. Déjà, des manifestations violentes avaient fait au moins huit blessés dimanche à Karachi, première ville du pays, forçant les autorités à renforcer les mesures de sécurité à proximité du consulat des Etats-Unis.

De premiers heurts entre policiers et manifestants en Indonésie ont aussi eu lieu près de l'ambassade américaine à Jakarta et de nouveaux incidents se sont produits au Yémen.

Au Liban, le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a appelé ses partisans à «montrer au monde entier (leur) colère et (leurs) cris, lundi et les jours qui suivent».

Ceux-ci, selon lui, devaient manifester hier dans la banlieue sud de Beyrouth, mercredi à Tyr (sud), vendredi à Baa lbeck (est), samedi à Bent Jbeil au Liban sud et dimanche dans la vallée de la Bekaa.

Dix-huit personnes sont mortes au total dans le monde dans les violences liées au film, dont l'ambassadeur américain en Libye.

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Dans le Grand Sud, les filières sont pistées

Depuis 2007 et le démantèlement d'une filière d'acheminements de djihadistes en Irak, dans plusieurs cités toulousaines, les policiers anti-terroristes gardent toujours un œil sur la région Midi-Pyrénées qui compterait, selon une source du renseignement français, le plus grand nombre de religieux salafistes, en France. Même si ce nombre n'est pas très important, ces fondamentalistes font l'objet d'une surveillance de la part des services du renseignement. Proches des milieux islamistes radicaux, «ces personnes ne projettent pas pour autant des projets d'attentats», tempère un spécialiste toulousain. L'affaire des filières toulousaines a cependant révélé l'existence d'un réseau structuré d'islamistes radicaux prêts à se faire sauter en Irak au nom du djihad. Un réseau organisé autour d'un leader spirituel recrutant dans les mosquées des musulmans fragilisés par un événement malheureux et des nouveaux convertis. Viennent ensuite une phase de radicalisation puis de préparation physique. La dernière phase, celle de l'acheminement en Irak, était le but ultime. Fin 2006, deux d'entre eux ont été arrêtés en Syrie, les armes à la main, prêts à mourir au nom d'Allah. Le 14 février 2007, le vaste coup de filet de l'anti-terrorisme avait également débouché sur l'interpellation d'un couple franco-syrien dans le petit village d'Artigat, en Ariège. Les enquêteurs avaient également ciblé des intégristes en région parisienne et en Belgique. En 2009, une grande partie des membres de ce groupe a été jugée et condamnée à des peines allant jusquà 5 ans de prison pour association de malfaiteurs à visée terroriste. Le nom d'Abdelkader Merah, le frère de Mohammed Merah auteur des tueries de Toulouse et Montauban, avait été cité dans cette procédure. Il n'a jamais été mis en examen dans cette affaire.

F.Ab


lexique

Salafisme et djihadisme

Le salafisme est un mouvement fondamentaliste sunnite prônant un retour à l'islam des origines par une interprétation à la lettre des versets du Coran et de la Sunna (faits et gestes du prophète Mahomet).

Le salafisme vient du mot salaf, «prédécesseur» ou «ancêtre pieu», terme appliqué aux compagnons du prophète de Mahomet et aux deux générations qui leur succèdent.

Les salafiste répètent les façons de vivre des «salafs», notamment en reprenant les vêtements, la longue barbe.

Il existe plusieurs courants du salafisme. Le salafisme de prédication est très largement majoritaire. Il est développé par des imams proches du régime saoudien, et prêche le retour aux fondamentaux de l'islam. Cette tendance refuse la voie djihadiste et prône la ré-islamisation des sociétés musulmanes à travers une prédication non violente mais qui n'est pas directement politique.

Le salafisme djihadiste ou révolutionnaire est lui beaucoup plus minoritaire et plus radical. Cette tendance est ainsi favorable au combat armé, afin de libérer les pays musulmans de toute occupation étrangère ; ou de renverser des régimes de pays musulmans jugés trop modérés, impies et dans lesquels les salafistes djihadistes veulent instaurer un État islamique.

Ph. R.