WWIII : COREE DU NORD LE TORCHON BRÛLE. LE PRESIDENT POUTINE ORDONNE L'EVACUATION DES RUSSES DE LA FRONTIERE NORD-COREENNE. KIM JONG UN HORS CONTRÔLE.

Publié le par José Pedro, collectif des rédacteurs dans LAOSOPHIE sur Overblog

Poutine ordonne l’évacuation de 1.500 Russes de la frontière nord-coréenne. La Chine comme la Russie ne veulent pas être mêlées à ce conflit, et la Russie a déjà beaucoup à faire avec l'Otan qui menace ses frontières.

Pendant qu'en France les commentateurs, qui prennent KIM JONG UN pour quelqu'un de censé, sont tous unanime pour dire qu'il ne franchira pas la ligne rouge, le président russe Vladimir Poutine a ordonné l’évacuation des centaines de citoyens russes résidant à la frontière avec la Corée du Nord.

Après le dernier tir d’essai de missile balistique de Pyongyang, la Russie a décidé d’évacuer 1.500 Russes des frontières proches de la Corée du Nord.

Selon ce décret, ils sont censés être transférés vers des régions sûres dans l'Extrême-Orient russe.

La Russie partage 24 miles de frontières communes avec la Corée du Nord.

Le tir d’essai nord-coréen au-dessus du Japon et l’escalade des tensions dans cette zone sont à l’origine de cette décision de Moscou.

La porte-parole de la diplomatie russe Maria Zakharova a averti que la crise nord-coréenne pourrait aboutir à des affrontements armés et entraîner le monde vers une catastrophe.

«Autodestruction imminente» : la Corée du Nord met en garde le Japon pour son alliance avec les USA.

«Autodestruction imminente» : la Corée du Nord met en garde le Japon pour son alliance avec les USA© KCNA KCNA Source: Reuters
Le tir du missile balistique nord-coréen ayant volé au-dessus du Japon

La Corée du Nord a prévenu Tokyo qu'il risquait «l'autodestruction imminente» pour s'être aligné sur Washington dans un contexte de tensions encore accrues après le tir d'un missile nord-coréen au-dessus du Japon.

Pyongyang a alarmé la communauté internationale le 29 août en tirant un missile balistique de portée intermédiaire au-dessus de l'archipel nippon, s'attirant un déluge de condamnations de la part de plusieurs pays, au premier rang desquels les Etats-Unis et le Japon. Le Premier ministre japonais Shinzo Abe a dénoncé une «menace grave et sans précédent», convenant avec le président américain Donald Trump de renforcer la pression sur la Corée du Nord.

Dans un éditorial publié le 30 août, l'agence officielle nord-coréenne KCNA a fustigé Tokyo : «Le Japon s'est retroussé les manches pour soutenir les opérations anti-Corée du Nord de son maître.» «La collusion militaire» des alliés est devenue une «grave menace» pour la péninsule coréenne et le Japon ne sait pas qu'il «accélère son autodestruction», selon KCNA.

L'agence fait une référence précise aux bases américaines situées à Hokkaido, l'île du nord de l'archipel survolée par le missile nord-coréen. 

Pyongyang poursuit en prévenant le Japon qu'il ne doit pas suivre aveuglément les Etats-Unis car il risque «la destruction imminente».

La Corée du Nord a prévenu que d'autres tirs de missiles allaient suivre avec le Pacifique pour cible.

Pyongyang a expliqué avoir choisi la date du 29 août pour tirer son dernier missile afin de marquer le 107e anniversaire du «scandaleux» traité d'annexion de la Corée par Tokyo, signé en 1910.

Lire aussi : Kim Jong-un : le missile lancé le Jour de l’Indépendance, un «cadeau à ces salauds d’Américains»

Corée du Nord : «La Chine n'acceptera jamais une guerre ou le chaos à ses portes», déclare Pékin.

Corée du Nord : «La Chine n'acceptera jamais une guerre ou le chaos à ses portes», déclare Pékin© Damir Sagolj Source: Reuters

Alors que la Corée du Sud a mené de nouveaux exercices militaires avec Washington après le tir d'un missile nord-coréen, le ministère de la Défense chinois a fait savoir la Chine n'accepterait jamais qu'une guerre ait lieu en Corée du Nord.

D'après l'agence Reuters, le porte-parole du ministère de la Défense chinois a affirmé lors d'une conférence de presse le 31 août que «la Chine n'accepterait jamais une guerre ou le chaos à ses portes», en référence aux tensions liées à la Corée du Nord. 

Pour le département de la Défense , «une solution diplomatique avec la du Nord est toujours possible» https://francais.rt.com/international/42610-coree-nord-discuter-nest-pas-solution …

Le ministère des Affaires étrangères s'est aussi exprimé à ce sujet et à dénoncé le «rôle destructeur» de certains pays dans ce dossier. 


«La situation dans la péninsule coréenne est sérieuse et n'est pas un jeu d'ordinateur», a affirmé Hua Chunying, porte-parole de la diplomatie chinoise.

«Certains pays ignorent de façon sélective les exigences du dialogue et ne parlent que de sanctions [...] Leurs actions et leurs mots jouent un rôle destructeur au lieu d'un rôle constructif», a-t-elle poursuivi. 

Ces déclarations tombent alors que deux bombardiers stratégiques américains capables de transporter des bombes nucléaires ont participé à une opération conjointe avec l'armée de l'air sud-coréenne, à la suite d'un tir de missile nord-coréen ayant survolé le Japon. De plus, le Japon a demandé aux Etats-Unis d'imposer un nouveau train de sanctions économiques à la Corée du Nord.
 

L’efficacité réelle des systèmes américains THAAD face aux tirs de missiles nord-coréens.

CC BY 2.0 / U.S. Missile Defense Agency / THAAD 2nd Launch2

Défense

En dépit de belles prononcées par Donald Trump à l’encontre de Pyongyang après ses tirs de missiles balistiques, la Corée du Nord poursuit ses essais. 15 tirs ont été effectués depuis le mois de janvier. Quant aux systèmes américains THAAD et autres, sont-ils vraiment efficaces?
missile nord-coréen

Les derniers tirs de missiles de Pyongyang témoignent que ses possibilités techniques s'améliorent alors que les approches politiques pour résoudre le problème s'usent.

Depuis l'inauguration de Donald Trump, qui a eu lieu en janvier 2017, le dirigeant nord-coréen multiplie le nombre de ses essais balistiques. Le plus impressionnant des 15 effectués depuis janvier a été celui du 29 août effectué en direction de la mer du Japon.

Par chaque nouveau tir d'essai Pyongyang tente de montrer au monde un progrès, même insignifiant, qu'il a fait en matière balistique. Trois jours plus tôt, la Corée du Nord a effectué des tirs nocturnes des missiles tactiques, le 4 juillet — d'une fusée de type Hwasong-14, capable selon des experts d'atteindre les côtes ouest des États-Unis. Le 29 mai, un Hwasong-6 de haute précision a été lancé. Le 6 mars, quatre missiles Hwasong-9 ont été tirés simultanément en réponse à la menace des systèmes américains THAAD.

Informations sur la ballistique des missiles nord-coréens de longue portée, on ignore de quelles ogives ils sont dotés, ni comment ils se déplacent sur l'éventuel trajet.

Selon le général-major russe Pavel Zolotarev, le système de missiles antibalistiques américain (THAAD), en service depuis 2008, est impuissant face aux missiles nord-coréens, puisque son but est de neutraliser des missiles chinois de portée intermédiaire.

«Si au moins un missile à tête nucléaire n'est pas neutralisé, on peut conclure que le système est compromis, car il est extrêmement difficile d'atteindre une efficacité de 100%. Dans le même temps, les États-Unis ne permettront en aucun cas ne serait-ce qu'une seule frappe nucléaire contre leur territoire.»

Les Beriev A-50 russes couvrent le ciel Syrien

  • Les avions de reconnaissance russes Beriev A-50.
    Les avions de reconnaissance russes Beriev A-50.

Nouvelle information inquiétante pour Israël : selon Debkafile, site proche du renseignement de l’armée israélienne, la Russie a désormais, sous sa surveillance, le ciel israélien et ce, par le biais de la DCA syrienne.

Quatre avions de reconnaissance russes qui font partie des avions les plus sophistiqués au monde ne cessent de surveiller le ciel syrien. Ce qui a nettement réduit la liberté d’action maritime et aérienne d’Israël et des États-Unis, en Syrie et dans l’est de la Méditerranée, affirme Debkafile avant de poursuivre : « L’armée de l’air russe vient de déployer en Syrie quatre avions de type Beriev A-50, qui sont l’équivalent des AWACS américains. Il y a quelque temps, plusieurs de ces avions ultra-sophistiqués avaient été observés en pleine mission dans le ciel syrien. Une fois leur mission achevée, ils ont regagné leur base en Russie. Mais Moscou vient de déployer quatre Beriev A-50 dans sa base aérienne de Hmeimim à Lattaquié.
Le radar Shmei-M, dont est doté cet avion, est capable d’identifier des cibles situées à 600 kilomètres de distance. C’est un énorme appareil à même d’intercepter n’importe quel objet dans le ciel israélien et aussi n’importe quel agissement militaire terrestre ».
Selon Debkafile, les quatre Beriev A-50 dispenseraient la Russie « de tout accord sur un quelconque échange d’informations avec les États-Unis et Israël » dans la mesure où ces appareils ont directement lié la DCA syrienne à la base de données du Centre de Commandement militaire en Russie : « N’importe quel raid effectué par Israël ou les États-Unis contre des cibles en Syrie serait automatiquement communiqué au CentCom russe et c’est là que la riposte serait gérée ».
Debkafile s’inquiète ensuite de tout ce « mécanisme » qui réduit très sensiblement la « liberté d’action et de manœuvre d’Israël et des États-Unis » aussi bien au niveau aérien que maritime : « C’est un mécanisme qui contre l’action américaine et israélienne au-dessus de la Syrie et dans l’est de la Méditerranée et rend nos missions beaucoup plus périlleuses ». 
Debkafile relève aussi la « diversité des armements russes déployés en Syrie », armements qui vont des missiles anti-missiles aux avions de reconnaissance » : à vrai dire, Israël n’a plus cette liberté qui lui avait permis de frapper, le 17 mai dernier, un convoi d’armements destiné au Hezbollah dans la banlieue de Damas. Israël devra très rapidement adapter ses tactiques de guerre à la défense aérienne nettement renforcée de la Syrie et de la Russie ».
Debkafile se désole du fait que les Beriev A-50 permettent le CentCom russe de « surveiller sans accroc les zones de désescalade en Syrie » surtout celle que la Russie a créée sur les frontières du sud-ouest de la Syrie, soit près du « Golan » occupé syrien.

Corée du Nord : la Russie se dit « extrêmement préoccupée »

Le Kremlin à Moscou le 14 novembre 2011. (Photo : AFP)
Le Kremlin à Moscou le 14 novembre 2011. (Photo : AFP)

La Russie s’est déclarée mardi «extrêmement préoccupée» par la situation en Corée du Nord, en dénonçant une «tendance vers une escalade» des tensions, après le tir d’un missile nord-coréen qui a survolé le Japon.

«Nous voyons une tendance vers une escalade (…) et nous sommes extrêmement préoccupés par le développement général (de la situation, ndlr)», a déclaré un vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov, cité par l’agence publique RIA Novosti. De vastes exercices militaires conjoints de la Corée du Sud et des États-Unis, lancés la semaine dernière dans la péninsule coréenne, «ont joué leur rôle en provoquant Pyongyang à un nouveau tir» de missile, a-t-il estimé.

Présentées comme défensives, ces manœuvres annuelles impliquant des dizaines de milliers de soldats ont été lancées en Corée du Sud le 21 août et doivent durer deux semaines. La Corée du Nord a mené mardi un tir de missile balistique qui a survolé le Japon pour s’abîmer dans le Pacifique. Selon les autorités nippones, qui ont dénoncé une «menace grave et sans précédent», le missile a survolé l’île de Hokkaido (nord) et est tombé ensuite dans les eaux du Pacifique, à 1.180 km à l’est des côtes japonaises, sans causer de dommage à des avions ou des navires dans la zone.

Ce tir intervient après plusieurs semaines de tensions et d’escalade verbale entre Washington et Pyongyang. Le Conseil de sécurité de l’ONU se réunira en urgence mardi après-midi à la demande de Washington et Tokyo.

Le Quotidien/AFP

Le 25 juin 1950, la Corée du Nord envahit la Corée du Sud.

Les véhicules blindés sud-coréens se retirent avant l'arrivée des forces nord-coréennes dans la région de Suwon en Corée du Sud le 8 juillet 1950.
Les véhicules blindés sud-coréens se retirent avant l'arrivée des forces nord-coréennes dans la région de Suwon en Corée du Sud le 8 juillet 1950. Crédits photo : CPG/ASSOCIATED PRESS
LES ARCHIVES DU FIGARO - Les troupes communistes nord-coréennes attaquent par surprise la Corée du Sud. Raymond Aron dans un éditorial paru dans Le Figaro du 27 juin 1950 s'engage pour une intervention rapide.

Le dimanche 25 juin 1950 à 4 heures du matin des troupes nord-coréennes attaquent la Corée du Sud le long du 38e parallèle, à la frontière entre les deux zones. Cette agression marque le début de la guerre de Corée.

La partition date de septembre 1945 au lendemain de la libération du pays, ancienne colonie du Japon. Les troupes soviétiques occupent la zone nord et les américains la zone sud. En 1948 deux États naissent officiellement. Le gouvernement de la Corée du Nord (la République démocratique populaire de Corée) est dirigé par le secrétaire général du parti des travailleurs, Kim II-Sung. Au Sud Syngman Rhee est à la tête de la République de Corée.

Le Conseil de sécurité des Nations Unies déclare que l'invasion de la Corée du Sud est une agression le jour même des événements. Et ordonne la cessation immédiate des hostilités et le retrait des forces nord-coréennes derrière le 38e parallèle. En vain. Séoul, la capitale de la Corée du Sud, tombe trois jours plus tard aux mains des communistes.

Le 27 juin 1950 une résolution votée aux Nations Unies «recommande aux Membres de l'Organisation des Nations Unies d'apporter à la République de Corée toute l'aide nécessaire pour repousser les assaillants et rétablir dans cette région la paix et la sécurité internationales.» Dès la fin du mois de juin, le président américain Truman engage les troupes américaines stationnées au Japon. Auxquelles se joignent rapidement les Britanniques, Français, Néerlandais, Turcs et Belges. En juillet le commandement unifié des forces est confié aux États-Unis.

Le conflit est long et meurtrier. Le front étant stabilisé, près de l'ancienne frontière, les négociations de paix débutent en juillet 1951. Et le 27 juillet 1953 l'armistice est signé à Panmunjon, instaurant une zone démilitarisée entre les deux Corées.


Article paru dans Le Figaro du 26 juin 1950.

Épreuve de force

L'invasion de la Corée du Sud par les troupes de la démocratie populaire de la Corée du Nord est l'événement le plus grave survenu depuis la fin de la deuxième guerre mondiale.

L'Union soviétique mène contre le monde libre une agression permanente, mais avec des moyens limités. Entre 1946 et 1950, les conventions de la guerre froide semblaient interdire l'emploi direct des troupes armées, aussi bien des troupes russes que des troupes des satellites. Pour la première fois, la convention est violée. On dira que les troupes da la Corée du Nord s'en prennent non à un pays voisin mais à une autre partie d'un même pays. Il n'en reste pas moins que, jusqu'à présent, toutes les frontières militaires, tracées à Téhéran et à Yalta, si absurdes fussent-elles, avaient été respectées.

Une nouvelle étape vient d'être franchie dans la direction de la guerre illimitée.

Justification de la passivité

La nouvelle de l'agression était à peine connue dans les principales capitales de l'Occident que, déjà, de tous côtés, on accumulait les raisons de ne rien faire.

L'accord de Potsdam a divisé arbitrairement la Corée en une zone soviétique, où se trouve concentrée la plus grande partie de l'industrie, et une zone à prédominance agraire où vivent les deux tiers de la population. Un tel partage n'était pas durable. Union soviétique et États-Unis ont chacun édifié un régime satellite ou protégé. Inévitablement, un jour ou l'autre, la réunification devait se faire par le fer et par le sang.

Aucun des deux gouvernements, nous dit-on, n'est réellement démocratique; celui du Nord est totalitaire mais celui du Sud est réactionnaire, soutenu par les grands propriétaires, peuplé d'anciens collaborateurs. Bien que M. Syngman Rhee ait été, durant plus de trente années, le propagandiste de l'indépendance coréenne (il était déjà venu plaider cette cause au congrès de Versailles en 1919), bien qu'il ait joui, à son retour, d'une énorme popularité, le régime qu'il dirige est à la fois faible et autoritaire: on pourchasse les modérés ou les hommes de gauche et la guérilla communiste sévit en divers points du pays.

En tout état de cause, on ne conçoit guère de terrain stratégiquement plus défavorable pour le camp occidental. Chine du Nord, Mandchourie appartiennent à la zone soviétique depuis la victoire de Mao Tse Toung. Des divisions chinoises sont à proximité, susceptibles d'intervenir si les armées coréennes ne suffisent pas à la tâche. Sans doute la chute de la Corée du Sud aggraverait-elle la menace qui pèse sur les bases américaines au Japon. Mais le changement stratégique n'est pas si grand. Tout le monde savait qu'en cas d'hostilités ouvertes, cette enclave occidentale sur le continent ne résisterait pas.

Je n'ai pas plus de lumière que mes confrères sur les mérites ou les démérites démocratiques du régime de la Corée du Sud. On rappellera, malgré tout, deux faits. Les Américains ont «imposé» par deux fois des élections aussi libres que possible. Les Soviétiques ont fait plébisciter une liste unique. En Corée du Nord comme en Allemagne de l'Est, les gouvernants ne consentent à se soumettre au verdict des gouvernés qu'au moment où ils sont assurés d'un vote unanime. Il est donc inadmissible de mettre sur le même plan la protection soviétique sur le nord et la protection américaine sur le sud. Là, comme partout, c'est l'Union soviétique qui, en livrant tout le pouvoir à un parti unique, en suscitant un État totalitaire, creuse le fossé et déclenche la guerre froide. Le flux de population de la zone soviétique vers la zone américaine révèle au moins ce que les masses détestent le plus.

Le général américain MacArthur et le président coréen Syngman Rhee en 1950.
Le général américain MacArthur et le président coréen Syngman Rhee en 1950. Crédits photo : Rue des Archives/Mondadori Portfolio/Rue des Arch

Les agitateurs communistes, qui s'infiltraient parmi les réfugiés, ont organisé quelques guérillas en Corée du Sud. Le gouvernement de Séoul aurait-il évité ou supprimé la guérilla s'il avait été moins «réactionnaire»? (Hitler ne manquait pas non plus d'adjectifs pour vitupérer les gouvernements qu'il se proposait de détruire.) On a le droit d'en douter. Cette manière de poser la question est celle même que nous suggèrent les Staliniens. On traite aussi de «réactionnaire» le gouvernement de Bonn, comme si tous les gouvernements du monde devaient passer en permanence un examen de démocratie devant les hommes de gauche, comme s'il s'agissait, en Asie et en Europe, d'une simple rivalité d'idéologie. En réalité, ici et là, nous sommes engagés dans une épreuve de force.

Staline et ses compagnons, nous expliquait récemment un académicien, craignent avant tout la guerre, parce qu'ils sont convaincus de l'emporter dans la paix, grâce à la supériorité du «socialisme». Les événements de Corée aideront peut-être cet illustre historien à comprendre les moyens sur lesquels mise le Kremlin pour hâter la victoire du «socialisme».

Stratégie et politique

Stratégiquement, la Corée est difficile à défendre, elle apparaissait sacrifiée, en cas d'hostilités ouvertes, du jour où l'effondrement de Tchang Kaï-chek livra la Chine de Mao Tse Toung. Les conséquences politiques de l'unification de la Corée par les troupes de la démocratie populaire n'en seraient pas moins immenses, probablement fatales pour l'Occident à travers l'ensemble de l'Asie du Sud-Est.

Si la Corée du Sud était occupée en quelques jours, si les autorités américaines n'intervenaient pas (ou se bornaient à obtenir des décisions vaines au Conseil de Sécurité), les États-Unis achèveraient de perdre la face. La conviction que la force est de l'autre côté, déjà si répandue en Extrême-Orient, deviendrait générale. Les opportunistes joindraient tous «l'irrésistible mouvement de l'histoire».

L'agression contre la Corée du Sud n'a pas seulement pour objectif de reconstituer l'unité coréenne au profit de Moscou, d'établir des positions soviétiques face aux îles nippones, elle est un défi consciemment lancé aux États-Unis. Elle met ceux-ci en face d'une alternative grave: ou intervenir dans une guerre civile en un pays lointain proche des bases ennemies ou subir une humiliation qui achèverait de décourager les hommes et les pays alliés et redoublerait l'audace de l'agresseur. Pour mon compte, je ne doute pas que la pire solution serait la passivité.

L'épisode coréen a le caractère d'une épreuve. L'Union soviétique n'avait pas encore risqué d'opération militaire, par l'intermédiaire d'un satellite, contre un territoire protégé par les États-Unis, contre un gouvernement reconnu par les organisations internationales. S'il est désormais acquis que les pays satellites peuvent se charger, pour le compte de Staline, d'élargir l'empire soviétique, sans déclencher de réplique militaire américaine, le précédent sera créé et nous pouvons nous attendre, en Asie et en Europe, à des démarches d'agressivité croissante. La Malaisie, l'Indochine pourraient être les victimes de cette phase nouvelle de la guerre froide. En revanche, si une réaction brutale de Washington permet de repousser l'agression, on aura restauré l'indispensable convention qui interdit l'emploi des armées régulières.

En même temps, on ne peut pas ne pas évoquer le cas de l'Allemagne. Beaucoup d'observateurs se refusaient à prendre au sérieux «la police populaire» de l'Est. Personne ne peut plus ignorer à quel usage cette dernière pourrait servir. Le régime de Bonn doit recevoir les moyens militaires de se défendre contre l'armée de la démocratie populaire allemande. Les armées des démocraties populaires sont des armées de guerre civile, aux ordres du Kremlin, instruments de l'entreprise soviétique de conquête.

Un de nos confrères terminait, le 25 juin 1950, son article par une formule, qui résume parfaitement la diplomatie française de 1933 à 1939: «Il est urgent d'attendre». On espère que la diplomatie américaine prendra le contre-pied de cette formule: il est urgent d'agir. En tolérant une telle forme d'agression en 1950, on appellerait, en 1952 ou 1953, une agression qui, elle, ne laisserait plus aucune chance à la paix.

Par Raymon Aron

Menace de guerre contre la Corée du Nord

Imagine-t-on une guerre qui anéantirait 60 millions d’Américains en les carbonisant avec des bombes incendiaires ? C’est ce que la Corée du Nord a subi entre 1950 et 1953. Déversant davantage de bombes sur la péninsule que sur le Japon entre 1942 et 1945? la mémoire est intacte!

Après son entretien avec le nouveau président sud-coréen Moon Jae-in, le 30 juin, Donald Trump a encore durci le ton contre la Corée du Nord. « La patience stratégique avec le régime nord-coréen est terminée. Ensemble, nous faisons face à la menace du régime dangereux et brutal de Corée du Nord. Les programmes nucléaire et balistique de ce ce régime exigent une réponse déterminée », a déclaré le président américain. Pour la première fois, Washington a également annoncé des sanctions contre une banque chinoise accusée de coopérer avec Pyongyang.

Si la fonction des médias dominants est de substituer l’imaginaire à la réalité, la représentation occidentale de la Corée du Nord n’échappe pas à la règle. Vu de l’Ouest, il est vrai que Pyongyang fait figure d’accusé idéal. Cette « monarchie rouge », ce « régime ubuesque », ce « goulag asiatique » réunit les stigmates de tout ce que l’homo occidentalis est censé détester. Désigné par les grands prêtres du droit-de-l’hommisme comme l’incarnation du Mal, cet État honni ferait peser, selon le secrétaire d’État US Rex Tillerson, « la pire des menaces sur la paix mondiale ».

Mais de quelle menace s’agit-il ? Depuis son entrée fracassante dans le club des puissances nucléaires, en octobre 2006, la Corée du Nord est mise au ban des nations. Contre ce petit pays, la « communauté internationale » phagocytée par Washington a mobilisé les grands moyens. Résolutions onusiennes, sanctions économiques et manœuvres militaires se succèdent, sans relâche, pour isoler le régime fautif. Rangée par les USA dans la catégorie des « États voyous », la République populaire démocratique de Corée est dans la ligne de mire.

La propagande occidentale dépeint Kim Jong-un comme un tyran sanguinaire faisant joujou avec la bombe, mais cette caricature peine à masquer la réalité des rapports de force. Inutile d’être un grand expert, en effet, pour comprendre que la stratégie nucléaire nord-coréenne est purement défensive. Dissuasion du faible au fort, sa finalité est d’exposer l’agresseur à des représailles, et non de prendre l’initiative des hostilités. Les Nord-Coréens veulent échapper au sort de l’Irak et de la Libye, pulvérisés par les USA et leurs supplétifs pour avoir le bonheur de goûter les bienfaits de la démocratie importée manu militari.

Le bellicisme prêté à Pyongyang, en réalité, relève d’une inversion accusatoire dont le soi-disant « monde libre » est coutumier. Prompts à donner des leçons de morale, les USA sont les seuls à avoir utilisé l’arme nucléaire. À Hiroshima et Nagasaki, en août 1945, ils l’ont fait sans hésitation et n’en éprouvent aucun remords. Non seulement ce massacre de masse (plus de 220 000 morts) fut d’une barbarie sans nom, mais il n’avait aucune justification militaire. Le Japon était prêt à capituler, et le recours à l’arme atomique visait à intimider l’URSS, dont les troupes écrasaient l’armée japonaise en Mandchourie.

Pour la « nation exceptionnelle » à la « destinée manifeste », carboniser des centaines de milliers de femmes, d’enfants et de vieillards ne pose aucun problème sur le plan moral. Pour fêter l’anniversaire de la double explosion, les généraux US aimaient déguster en famille une pâtisserie en forme de champignon atomique. Cinq ans plus tard, les mêmes galonnés à la bonne conscience indécrottable déchaînèrent les feux de l’enfer contre les Coréens. Ces derniers échappèrent de peu à l’apocalypse nucléaire rêvée par MacArthur, mais ils subirent les effets dévastateurs d’une arme nouvelle : le napalm. Pendant la guerre de Corée, l’US Air Force fit un usage massif de cet explosif incendiaire, et la plupart des grandes villes du Nord ont été détruites.

Imagine-t-on une guerre qui anéantirait 60 millions d’Américains en les carbonisant avec des bombes incendiaires ? C’est ce que la Corée du Nord a subi entre 1950 et 1953. Déversant davantage de bombes sur la péninsule que sur le Japon entre 1942 et 1945, les généraux du Pentagone ont massacré sans état d’âme 3 millions de personnes, soit 20% de la population de ce petit pays. On se doute bien que de telles broutilles n’entacheront jamais le prestige inégalé dont jouit l’Oncle Sam dans les contrées occidentales. Mais à la lumière de cette histoire on comprend mieux, en revanche, la hargne anti-impérialiste des Nord-Coréens.

Il n’y a pas que le passé, au demeurant, qui incite à relativiser la passion de Washington pour la paix dans le monde et l’amitié entre les peuples. Lorsque les USA jouent la vertu outragée et brandissent l’épouvantail nord-coréen, on finirait presque par oublier qu’ils détiennent 4 018 têtes nucléaires, alors que la République populaire démocratique de Corée en possède une dizaine. Les cinq essais nucléaires nord-coréens ont provoqué des torrents d’indignation en Occident, mais les USA en ont réalisé plus d’un millier. Enfin, ce n’est pas la Corée du Nord qui a pris l’initiative de nucléariser la péninsule, mais les USA en 1958.

Lorsqu’on demande ce que viennent faire des porte-avions US dans la région, la propagande répond que la Corée du Nord est un État-voyou qui a violé le traité de non-prolifération nucléaire. Mais un État souverain est libre de dénoncer un traité international, et Pyongyang a la mérite d’avoir annoncé la couleur en se retirant du TNP. De ce point de vue, sa situation est beaucoup moins scandaleuse que celle d’Israël. Car cet État non-signataire du TNP détient 300 têtes nucléaires avec la bénédiction des puissances occidentales, alors qu’il bombarde ses voisins et colonise des territoires qui ne lui appartiennent pas.

Les dirigeants nord-coréens ont beau user d’une rhétorique grandiloquente, ils ont les pieds sur terre. La puissance militaire de cet État de 25 millions d’habitants représente 2% de celle des USA, et sa seule ambition est de prévenir une agression extérieure dont la perspective n’a rien d’irréel. Réduits à l’impuissance au Moyen-Orient, les docteurs Folamour du Pentagone rêvent d’en découdre avec ce pays récalcitrant. Ils ont installé un bouclier anti-missiles en Corée du Sud, dépêché dans la région un puissant groupe aéro-naval, et largué dans la montagne afghane la méga-bombe anti-bunker « MOAB » en guise d’avertissement.

Malgré les réticences du nouveau président sud-coréen, qui s’est déclaré prêt à « renvoyer » le bouclier anti-missiles, les « neocons » de Washington envisagent ouvertement une opération militaire contre les installations nucléaires nord-coréennes. Car l’affrontement avec la Corée du Nord présenterait deux avantages. Il constituerait un puissant dérivatif à l’échec de l’impérialisme au Moyen-Orient, où il se heurte à l’axe Moscou-Téhéran-Damas-Bagdad-Hezbollah. Et il fournirait un banc d’essai pour le bombardement des installations souterraines du complexe nucléaire nord-coréen avec la bombe « MOAB ». En cas de succès, une telle prouesse technologique priverait la Corée du Nord de son outil de dissuasion et administrerait une leçon de choses à l’Iran, cible préférée de l’administration Trump.

Pari hasardeux, bien sûr. Dans l’immédiat, cette agressivité a pour seul effet de conforter Pyongyang dans sa détermination. Farouchement attachée à sa souveraineté, fidèle à l’idéologie du « juche » (autonomie) héritée de Kim-Il-Sung, la Corée du Nord n’aime pas qu’on lui marche sur les pieds. Contrairement aux USA dont la doctrine prévoit la possibilité d’une attaque préventive, son programme nucléaire indique clairement à ceux qui voudraient l’attaquer qu’ils s’exposent à de sévères représailles. Décidée à résister à toutes les pressions, adossée au géant chinois, la République populaire démocratique de Corée est un « domino » que Washington n’est pas près de faire tomber.