Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

WWIII : Nous appliquerons jusqu'au bout les préceptes de notre Grand Maître Abert Pike pour former l'Humanité à notre image et à notre soumission. Nous ferons croire au plus grand nombre qu'il peut s'en sortir par des actions individuelles de formation et de soumission à nos règles. Nous allons modeler l'Humanité suivant notre volonté en lui faisant croire à la Notion parfaitement irréalisable de Peuple Souverain que nous allons domestiquer comme des animaux dans une ferme et si nécessaire dans des élevages intensifs en fonction de notre agenda d'obtention de performances.

Publié le par José Pedro, collectif des rédacteurs dans LAOSOPHIE sur Overblog

WWIII : Nous appliquerons jusqu'au bout les préceptes de notre Grand Maître Abert Pike pour former l'Humanité à notre image et à notre soumission.

Nous respecterons les Dieux qui ont fait croire à certains que nous serions à leur ressemblance.

Nous ferons croire au plus grand nombre qu'il peut s'en sortir par des actions individuelles de formation et de soumission à nos règles par de méthodes de subjectivité et d'approche intégrée psychodynamique et biologique appliquée à l'étude du développement selon nos normes et notre pathologique chez l'enfant et chez l'adulte, nous leur donnerons la magie Blanche et sans qu'ils s'en rendent compte, ils passeront à la magie noire..

Nous allons modeler l'Humanité suivant notre volonté en lui faisant croire à la Notion parfaitement irréalisable de Peuple Souverain  que nous allons domestiquer comme des animaux dans une ferme et si nécessaire dans des élevages intensifs en fonction de notre agenda d'obtention de performances.

Notre société, mes bien chers frères, comprend plus de profanes que d'initiés. Nous sommes des Dieux qui pouvons nous élever au dessus de la masse de nos serviteurs et du bas peuple fait de sous-hommes, de femmes, et de dégénérés.

Bientôt nous contrôlerons tout de la vie, et nous pourrons passer de l'état d'âme pure et de pur esprit à l'état d'âme pure dans un corps saint.

Les œuvres des hommes des Lumières en particulier Montesquieu, Jean-Jacques Rousseau, Denis Diderot et Voltaire, montrent que derrière l 'illusion révolutionnaire se cache des idéologies élévatrices, comme la naissance du sous-homme. La Notion de Races, de Femmes et de Peuple sont des réalités qui ne peuvent  s'accorder avec les Hommes des Lumières qui n'ont défendu l'égalité et l'unité du genre humain que pour nous donner la voie d'en dissocier ceux qui n'en seront jamais et qui devront se contenter d'être des objets animés ou inanimés, sans âme.

La notion d'humanité est niée par nos Lumières, dont Lucifer en est le Maître, et par conséquent des pans entiers de la famille humaine se trouvent dissociés de l'humanité pleine. Nos meilleurs philosophes ont en fait élaboré une construction intellectuelle du "sous-homme", parmi lesquels les ethnies exotiques, le sexe féminin, le peuple en général.

Cette idéologie a régné sur toute l'anthropologie du XIXè siècle et abouti au grand abattage du XXe par les Guerres Salvatrices que les grands esprits ont su mener à bien. Maintenant nous en sommes à la WWIII, et nos grand stratèges, en place dans le Monde Entier, attendent le moment le plus favorable et le signe des Dieux, nos Maîtres Eternels, qui nous permettrons de nous élever à leurs côtés.

Voltaire circonscrivait les femmes, les exotiques et les Peuples en général , sans équivoque, "entre l'homme et la bête" : ce qui nous permet à nous, mes biens chers frères, de pouvoir s'élever avec les Dieux,  pour l'éclosion du sous-homme aux souffrances bénignes,  et à l'élevage prometteur.

Le mépris du bas peuple, appelé canaille ou populace par nos grands esprits des Lumières, et conçu de manière largement extensive, est représente un trait majeur de notre humanisme des Lumières.

Nous auront toujours à notre disposition des chantres comme Jean Lassalle, Charlotte Chabas, ou Etienne Chouard, qui font croire au serpent de mer d'une constitution écrite par des ignares, des traînes savates, des bons à rien, des inutiles et des assistés, qui ne font rien, et dont le peu de matière grise, sans âme guidée, ne peut que déboucher que sur l'étal d'un boucher.

Que vous soyez blanc ou noir, les Francs-Maçons ont accepté sans connaître et sans le Libre Arbitre de se vouer à un culte depuis toujours (c'est à dire depuis la création du 1er Suprême Conseil du Monde le 31 mai 1801 aux Etats-Unis à Charleston par Frédérick Dalcho et John Mitchell) dont la devise "Ordo Ab Chao", que l'on pourrait traduire par "l'Ordre surgit du Chao" (d'autres traductions sont possibles) est la devise du Rite Ecossais Ancien et Accepté. De l'ensemble du rite, c'est à dire du 1er au 33ème degré. Ils en attendent tous du bien et espèrent en repousser le mal, en se fiant au Chaos général, dont serait issu l'Ordre et la Concorde finale.

Peu de Francs-Maçons sont d'accord entre eux, sinon au sein d'une très petite loge, et tous se battent quand il s'agit d'élire un Grand Maître. Cette hiérarchie permet de diriger du haut sans pratiquement tenir compte du bas, sinon pour les rappels à l'Ordre.

Du FreeMason qui s'abandonne à un Ordre Secret avec des attentes sur du bien être matériel et spirituel, et une reconnaissance de la part de ceux à qui il s'est abandonné corps et âme, vendant son âme, sans connaître et sans savoir qui va la récupérer, et ce qu'ils vont en faire, au Maçon coincé dans une refondation complète et un abandon de tout ce qu'il était pour devenir un rouage d'une machination Diabolique, il n'y a qu'un petit engagement pour toute une vie qu'il ne peut plus renier ni changer, sinon en devenant  un paria, un sous-homme, rejeté et poursuivi pour sa lâcheté et sa déloyauté.

Ce Franc-Maçon n'a plus qu'à ce faire une vision irréelle et à se mentir à lui-même et aux autres, que le Bien passe par une destruction de l'Humanité dans un Chaos généralisé et préconisé par des frères illuminés, en y mettant de fumeux artifices, et des théories de complaisance pour expliquer que c'est pour le bien du Monde et des Dieux qui l'ont adoubé, pour la plus grande valeur morale de l'humanité. Un frère sincère n'a plus qu'à se pendre ou à entraîner tout le Monde dans le Chaos en profitant ponctuellement des plaisirs matériels qu'offre le Système aux parasites, mais sans âme et sans convictions personnelles, il n'est qu'un jouet dans les mains de celui-ci.

Si vous avez tout perdu et que vous vous en rendez compte, que souhaitez-vous pour l'Humanité? et inversement vous avez déjà conçu que tout est perdu pour vous et pour l'Humanité, alors que souhaitez-vous faire pour votre famille, vos frères, pour trouver une issue de sortie, s'il en existe une? Nombre de francs-Maçons témoignent qu'ils s'en sont sorti avec de graves séquelles et une perte de leur âme vendue à jamais, quelle est leur logique?

Un Franc-Maçon peut-il changer le cours des choses de l'intérieur et remplacer l'inéluctable cours des choses programmé par les Grandes Loges, et s'opposer à des programmes comme ceux d'Hitler en faveur du Monde?

Sommes-nous toujours condamnés à faire des sacrifices aux Dieux et à nous massacrer réciproquement sous couverture des meilleures intentions?

Depuis quelques années, nous avons reçu les consignes d'être armé et de nous entraîner. Car à vouloir tuer ou sacrifier la Populace, celle-ci qui ne comprend pas bien les choses, pourrait se rebeller et prendre les armes, autrement qu'à la Révolution ou nous les avons distribuées, et les avons payé 4 sous pour qu'ils les rapportent, ce qu'ils ont fait du fait qu'elle n'étaient pas chargées.

Certains Frères de Haut rang comme le Général Didier Tauzin est impliqué avec d'autres  dans un des pires scandale récents de la République avec en 1994 le génocide du RWANDA qui a fait 800 000 morts.

Nous nous sentons visés et responsables par nos exactions sur le peuple avec maintenant les attentats de Daesh provoqués par nos amis Américains sur le sol Français . Vis à vis de ceux qui prendront les armes, la consigne est claire, il faut envoyer l'armée et tirer sur les foules de civils comme nous savons le faire au Moyen Orient avec nos avions et nos militaires au sol. Par ailleurs le frère Tauzin qui a peur d'une révolte civile et d'une guerre en France, prévoit des miliciens armés pour le maintien de l'ordre et l'aboutissement du nouvel Ordre.

La horde des migrants qui déferle sur l'Europe, nous facilitera les choses, par le nombre incalculable de Djihadistes qui reviennent en France.

Le Frère Berezovski a mis en place le Président Eltsine 31 décembre 1999 et Eltsine sur son ordre quitte le pouvoir pour le céder au frère Poutine, Maçon de l'Arche Royale (Jhabulon= Satan). Il est ou il feint être un traître au Nouvel Ordre Mondial, selon Jacob Rothschild.(voir vidéo) Il déclare qu'il ne pourra pas résister longtemps comme beaucoup d'autres à la tentation de l'utilisation de l'arme nucléaire mais veut maîtriser ce moment en coopération avec Israël, autre puissance nucléaire, et que lorsque cela arrivera, nul ne pourra avoir le temps de se protéger s'il n'y est pas préparé. L'important est de savoir que tous ont préparé ce moment ultime (104 villes gigantesques et souterraines aux USA, idem en Russie et dans pas mal de Pays.

Le Top du Top des Francs-Maçons et des illuminati ont prévu dans un futur très proche de moins d'un an de limiter la Population Mondiale à 500 Millions.Et toujours suivant l'imbécile de Nicolas Sarkozy, remercié comme agent de la CIA, personne ne pourra s'y opposer.

Le Frère Hitler a été adoubé dans la Loge de la pensée suprême de THULE:

Dans l’ascension d’Hitler et les événements qui ont précédé la deuxième guerre mondiale, ainsi qu’au cours de celle-ci, les aspects occultes et la magie noire ont joué un rôle très important. Bien que l’histoire officielle ne leur accorde pas trop d’importance, ces éléments occultes ont pleinement contribué au drame auquel la société humaine a été confrontée à la moitié du XX-ème siècle (nous parlons de la deuxième guerre mondiale). Seulement en déchiffrant et en mettant face à face tous les indices de nature occulte nous pouvons vraiment comprendre comment il a été possible que cette conflagration politique ait lieu et quelles sont les forces qui se sont trouvées derrière elle.
 
Ces dernières années ont été publiées de plus en plus d’informations qui donnent le contour du même scénario : l’appartenance d’Hitler à des sociétés secrètes qui pratiquaient la magie noire ont facilité son ascension politique et l’acquisition de certaines capacités charismatiques, qui l’ont aidé à manipuler la population civile et les militaires du troisième Reich. En même temps, ses plans de contrôler le monde ressemblent beaucoup à la politique du „Nouvel Ordre Mondial” et ont certainement été en accord total avec les plans de la franc-maçonnerie mondiale.
 
Des détails inédits viennent configurer le paysage bizarre des préoccupations d’Hitler pour la magie noire et l’occultisme: on parle du fait qu’il a été le possesseur d’un fragment de la lance qui est supposée avoir tué Jésus (la CIA aurait réussi à voler ce fragment même avant la défaite d’Hitler), des magiciens tibétains présents dans son entourage, de l’importance qu’il accordé aux prédictions astrologiques, etc. Le symbole spécifique au nazisme est la variante inversée (donc maléfique) de l’ancien symbole spirituel, profondément bénéfique, de la svastika. Il paraît que les occultistes du siècle passé avaient identifié dans la personne d’Hitler, dès les années ’30, comme l’Antéchrist.
 
Non seulement Hitler, mais aussi tous les personnages importants de l’Allemagne Nazie faisaient partie des sociétés secrètes et des loges maçonniques, ayant une orientation vers le satanisme et la magie noire. Surtout après 1920, l’occultisme et les rituels sataniques, de magie noire ont proliféré dans les milieux politiques allemands. Sur la base de ces informations il a été affirmé que la deuxième guerre mondiale a été une sui generis rituel satanique avec un immense nombre de victimes sacrifiées au bénéfice des forces de l’obscurité et du mal.
 
Certains auteurs mentionnent la division de la société Thulé en deux branches, l’une purement occulte, dite ésotérique, à laquelle appartenait, paraît-il, le célèbre Rudolf Steiner, le fondateur de la doctrine anthroposophique et une branche „exotérique” avec des préoccupations de conspirations politiques.
 
La conspiration orchestrée par l’Ordre Thulé
 
L’influence de l’ordre Thulé sur les événements de l’Allemagne des années 1918-1920 qui ont mené à la formation du Parti Nazi (National Socialiste) et l’élection d’Adolf Hitler comme leader de celui-ci et leader du troisième Reich n’a jamais été exercée ouvertement, la société ne se manifestant pas visiblement sur la scène politique. Tous ses symboles (le poignard et la svastika) se retrouvent pendant la „contre-révolution” de 1919, et son idéologie (la partie qui pouvait être rendue publique) est l’idéologie même du troisième Reich.
 
Après la révolution communiste de Bavière en 1918, la Société Thulé est devenue le centre de la sous culture contre-révolutionnaire. Un réseau d’espionnage a été organisé avec des caches pour les armes. Les enceintes du club Thulé sont devenues le nid de la résistance de la révolution.
 
Le Parti des Ouvriers a été créé par Anton Drexler avec l’accord de la loge Thulé, et Hitler a été au début un simple espion infiltré par les membres Thulé dans ce Parti. Il est bientôt devenu un membre actif et influent. Après quatre mois de l’entrée d’Hitler dans le Parti des Ouvriers, celui-ci change son nom en Parti National-Socialiste des Ouvriers (connu aussi comme le Parti Nazi) et adopte le symbole de la svastika inversée (le symbole de la société Thulé) comme emblème.
 
À partir de 1919 la société Thulé a généré la formation d’un grand nombre de groupements secrets et de loges maçonniques auxquelles appartenaient tous les personnages politiques et militaires importants, sans savoir qu’ils étaient ainsi entrés dans la ligne d’influence contrôlée par l’Ordre Thulé.
 
En novembre 1919, la société fait une de ses quelques déclarations publiques: „Nous allons lutter jusqu’à ce que la svastika triomphe à la fin de cette époque sombre”. Avec d’autres groupements ultranationalistes, Thulé a entraîné des combattants et a accumulé en secret des armes. Non pas par hasard, pendant la contre-révolution qui a fait venir au pouvoir le Parti Nazi, les armes les plus usuelles étaient les poignards avec le signe de la svastika sur le manche (les deux des symboles du groupement Thulé).
 
Le masque spirituel de l’idéologie Thulé
 
Apparemment, la société Thulé croyait dans "la communication avec une hiérarchie des Supra hommes – Les Chefs Secrets du Troisième Ordre". La qualité qui rendait ces êtres des supra hommes était leur spiritualité occulte. Même le nom choisi – Thulé – provient de la dénomination traditionnelle d’un centre spirituel secret où est stockée la spiritualité planétaire et où vivent les grands sages qui veillent sur notre planète. D’autant plus, ils croyaient en la Doctrine Secrète de Mme Blavatsky, dans laquelle elle affirme que certains supra hommes ont survécu à la destruction de l’Atlantide, en gardant le haut niveau de conscience qu’ils possédaient à l’époque. Ces supra hommes étaient les Ariens.
 Ces deux croyances ont été combinées en une seule par la Société Thulé et Hitler, étant complètement inversées et perverties, et culminant avec le génocide de la Deuxième Guerre Mondiale. Lorsqu’un groupe de gens introduit dans la structure de ses idées dites spirituelles le fait qu’ils sont de façon inhérente supérieurs à un autre groupe de gens, le génocide est inévitable. Trevor Ravenscroft, l’auteur de l’excellent ouvrage “The Spear of Destiny” (La lance du Destin) révèle les pratiques magiques utilisées par cette société secrète, qui prouvent de façon indubitable le fait que là il ne s’agit ni de spiritualité, ni d’idéaux élevés, mais purement et simplement de satanisme et de démence.
 
Le satanisme et la magie noire, la pratique occulte de la société Thulé
 
Les membres de la société secrète Thulé étaient des satanistes qui pratiquaient la magie noire et qui étaient "préoccupés de faire descendre le niveau de conscience – à l’aide des rituels qu’ils réalisaient – au niveau de conscience des intelligences diaboliques, non-humaines, de l’univers, pour obtenir des moyens de communication avec celles-ci." (Ravenscroft, p. 161). Ravenscroft affirme aussi, que "la participation à ces rituels sadiques éveillait chez les participants des visions pénétrantes des Intelligences Maléfiques, qui accordaient à ceux-ci des pouvoirs magiques phénoménaux."
 
À l’intérieur de cette société secrète était pratiquée une forme de Magie Sexuelle qui provenait d’une loge dont le membre était Aleister Crowley. Crowley a été reconnu comme étant le principal adorateur de Satan du 19-ème siècle. "Les origines de cette magie médiévale peuvent être retrouvées chez le franc-maçon Robert Little, le fondateur de la Société des Rosicruciens en 1865.” (Ravenscroft, Spear of Destiny, p. 164-5).
 
„La société Thulé organisait régulièrement des réunions occultes, durant lesquelles ses members communiquaient avec des démons qui leur apparaissaient comme des esprits guide.  Dietrich Eckart, Alfred Rosenberg et Adolf Hitler invoquaient l’Antéchrist pour qu’il se manifeste pendant les réunions médiumniques du Groupe Thulé de Munich." (Ravenscroft, Spear of Destiny, p. 168)
 
Eckart est un autre personnage clef, parce qu’il avait la conviction que son esprit-guide lui avait confié le privilège de préparer “Le Grandiose Avenir”, l’Antéchrist. “Dès le début de leur association, Eckart a cru que Hitler était l’Antéchrist, pour cette raison il n’a manqué aucune connaissance occulte, rituelle ou perversion dans son désir d’„entraîner” Hitler pour ce rôle. Une fois que sa préparation a été complète, Hitler a été „rené”, doté du pouvoir supra personnel et avec le jugement dont il avait besoin pour accomplir le mandat qui lui avait été prédestiné." (p. Ravenscroft, p. 93-4). Hitler dans sa folie, avait comparé sa „renaissance” avec la renaissance de la croyance chrétienne.
 
Pour être plus clair, nous soulignons que “la sacralité rituelle” mentionnée ici et simulée par les membres de Thulé est une “sacralité” satanique. Les rituels sataniques sont en fait des activités néfastes réalisées pour permettre aux énergies démoniaques de se manifester dans les participants. Ces activités consistent à psalmodier de façon blasphématrice des formules de magie noire et d’autres actions de ce genre, toutes planifiées en détail, avec grand soin. Leur effet est dévastateur, à cause des forces démoniaques qui se déversent sur les participants, produisant chez eux des expériences intérieures terribles qui purement et simplement changent leur vie.
Ravenscroft interprète les effets de ces rituels sur Hitler: "... les perversions sexuelles ont joué un rôle central dans la vie d’Hitler... les perversions sexuelles monstrueuses ont été le centre de toute son existence, la source de ses pouvoirs médiumniques et de clairvoyance et la motivation qui se trouvaient derrière toute action à travers laquelle il s’est vengé avec sadisme sur l’humanité." (Ibid., p. 171). 
histoire mystique de Thulé
 

LA SOCIETE THULE s'occupait de choses matérielles et politiques tandis que la Société Vril avait des occupations qui concernaient surtout l'AU-DELA. Mais elles avaient quand même quelques points communs. Toutes deux étudiaient l'ATLANTIDE, Thulé, l' "Ils des Bienheureux" de GILGAMESH (mythe sumérien du déluge), les rapports originels entre les Germains et les Mésopotamiens ainsi que les anciens sanctuaires comme Stonehenge avec ses pierres dressées.
"ULTIMA THULE" aurait été la capitale du premier continent colonisé par les ARYENS. Celui-ci s'appelait " HYPERBOREE " et aurait été plus vieux que la Lémurie et l'Atlantide (continents engloutis, habités jadis par de grandes civilisations). En Scandinavie il y a une légende autour de l' "ULTIMA THULE", ce pays merveilleux dans le Grand Nord ou le soleil ne se coucherait jamais et ou vivraient les ancêtres de la race aryenne.
La qualité qui rendait ces êtres des "supra hommes" était leur spiritualité occulte. Même le nom choisi " Thulé " provient de la dénomination traditionnelle d’un centre spirituel secret où est supposée être stockée la spiritualité planétaire et où sont sensés vivre les grands sages qui veillent sur notre planète.Ils croyaient donc également en la Doctrine Secrète de madame BLAVATSKY, dans laquelle elle affirme que certains supra hommes ont survécu à la destruction de l’ATLANTIDE, en gardant le haut niveau de conscience qu’ils possédaient à l’époque. Ces "supra hommes" étaient les "ARYENS".

Lorsque le continent HYPERBOREE commença à s'enfoncer, les habitants se seraient mis à creuser des tunnels gigantesques dans la croûte terrestre avec de grosses machines et ils se seraient établis sous la région de l'Himalaya. Ce royaume souterrain a le nom d' "AGARTHA" ou "AGARTHI", et sa capitale s'appelle "SHAMBALLAH".

Les PERSES appelèrent ce royaume souterrain "ARIANA" ou "ARIANNE", le pays d'origine des ARYENS. Précisons ici que Karl Haushofer affirma que Thulé était en fait, l'Atlantide et il disait, contrairement à tous les autres chercheurs du Tibet et de I'Inde, que les survivants de Thulé-Arlantide s'étaient partagés en deux groupes, un bon et un méchant. Les bons qui, d'après leur oracle, prirent le nom d'AGARTHI s'installèrent dans la région de l'Himalaya, les méchants qui s'appelaient, d'après Haushofer les Shamballah et qui voulaient réduire les hommes à l'esclavage se dirigèrent vers l'Ouest. Haushofer affirmait qu'un combat durait depuis des d'années entre ceux d'AGARTHIet ceux de SHAMBALLAH, combat que reprit à son compte la Société de Thulé avec le troisième Reich représentant ceux d'AGARTHI contre ceux de SHAMBALLAH, les francs-maçons et les sionistes. C'était probablement aussi la mission de Haushofer.

Le souverain de ce royaume serait "Rigden lyepo", le roi du monde, et son représentant sur Terre serait le dalaï-lama. Haushofer était persuadé que ce royaume souterrain sous l'Himalaya était le lieu d'origine de la race aryenne. Il en aurait soi-disant eu la preuve lors de ses nombreux voyages au Tibet et en lnde.

Le signe distinctif de Thulé aurait été la svastika aux branches tournées vers la gauche. Selon les dires de lamas tibétains et du dalaï-lama en personne, les gens d'Agarthi existent encore aujourd'hui. Le royaume souterrain, qui est bien ancré dans presque tous les enseignements orientaux, se serait répandu au long des millénaires sous toute là surface de la Terre avec des centres immenses sous le Sahara, sous la montagne du Matto Grosso et sous la montagne Santa Catarina au Brésil, sous le Yucatan au Mexique, sous le mont Shasta en Californie, en Angleterre, en Egypte et en Tchécoslovaquie.

Hitler aurait eu particutièrement à coeur de trouver les entrées du royaume souterrain d'AGARTHA et d'entrer en contact avec les descendants des " hommes-Dieu " aryens d'Aldébaran-Hyperborée. Dans les légendes et les traditions de ce royaume souterrain, on rapporte, entre autres, qu'il y aura sur notre globe une méchante guerre mondiale (la troisième) qui prendra fin à cause de tremblements de terre et d'autres cntastrophes naturelles y compris le renversement des pôles qui entraîneront la mort des deux tiers de l'humanité. Après cette "dernière" guer re, les différentes races de l'intérieur de la Terre se réuniont de nouveau avec les survivants de la surface du globe et introduiront l' "AGE D'OR" millénaire (l'ère du Verseau). Hitler voulait créer un "AGARTHA" ou l' "ARIANA" à la surface de la Terre avec la race des maîtres aryens, et ce lieu devait être l'Allemagne. Durant le Troisième Reich, il y eut deux grandes expéditions des SS dans les Himalayas pour trouver des entrées du royaume souterrain. D'autres expéditions eurent lieu dans les Andes, dans les montagnes du Matto Grosso et de Santa Catarina au Brésil, en Tchécoslovaquie et en Angleterre.

Et puis certains auteurs affirment que les gens de Thulé croyaient qu'indépendamment du système de tunnels et de villes souterraines, la Terre était CREUSE, avec deux grandes entrées, l'une au pôle Nord et l'autre au pôle Sud. On s'en référa aux lois de la nature : "tel le microcosme, tel le macrocosme". Qu'il s'agisse d'une cellule du sang, d'une cellule du corps ou d'un ovule, d'une comète ou d'un atome, ils ont tous un noyau et une cavité entourée d'une enveloppe, la "corona radiata", la vie propre se passe donc à l'intérieur. Les gens de Thulé en avaient conclu que la Terre devait être constituée selon le même principe. Même les druses confirmaient ce fait, car se sont des cavités rocheuses dont la vie propre, c'est-à-dire les minéraux et cristaux, se trouve à l'intérieur.

La Terre devrait, par conséquent, être creuse aussi - ce qui correspondrait, d'ailleurs, aux dires des lamas tibétains et du dalai-lama - et elle devrait avoir un noyau, un soleil central qui confère à son intérieur un climat régulier et une lumière solaire permanente.

La vraie vie de notre planète se passerait à l'intérieur de celle-ci, la race des maîtres vivrait au-dedans et les mutants à la surface. Ce serait la raison qui explique pourquoi nous ne pouvons découvrir aucune vie sur les autres planètes de notre système solaire puisque les habitants y vivraient aussi à l'intérieur. Les entrées principales seraient au pôle Nord et au pôle Sud, pôles traversés par la lumière du soleil central qui crée les "aurores boréales", les prétendues lumières des pôles. La masse solide occuperait plus de volume à l'intérieur de notre planète que la masse des eaux. D'après l'explorateur des pôles Olaf Jansen et d'autres explorateurs, l'eau à l'intérieur serait de l'eau douce, ce qui expliquerait que la glace de l'Arctique et de l'Antarctique n'est pas constituée deau salée mais d'eau douce. Cette thèse sur la constituticon de notre Terre est étayée par les témoignages des explorateurs des pôles Cook, Peary, Amundsen, Nansen, Kane et aussi par l'amiral E. Byrd. Ils eurent tous les mêmes expériences étranges qui ne concordent pas avec les théories "scientifiques" établies :

Tous constataient que le vent s'échauffait au-dessus du 76ème degré de latitude, que les oiseaux volaient au-dessus de la glace en direction du Nord et que des animaux, tels que les renards, se dirigeaient dans la même direction, qu'on trouvait de la neige colorée et grise qui, en fondant, livrait un pollen de fleurs multicolores ou de la cendre volcanique. La question se pose : D'où vient la pollen de fleurs qui se trouve au pôle Nord ? D'où vient la poussière volcanique puisque aucun volcan n'est signalé sur les cartes officielles disponibles ? De plus, il arrivait à certains des chercheurs de se trouver parfois dans une mer d'eau douce, et tous relatent avoir aperçu deux soleils à un certain moment du voyage. En outre, ils trouvèrent des mammouths à la chair encore fraîche et dont l'estomac contenait, parfois, de l'herbe fraîche.

Pour les gens de Thulé, ces mythes sur la TERRE CREUSE étaient, manifestement, assez étoffés pour être pris au sérieux. Une expédition au moins, eut lieu, pendant la Deuxième Guerre mondiale, en Antarctique.

Lorsqu'en 1532 les conquérants espagnols sous la direction de Pizarro arrivèrent en Amérique du Sud, les indigènes les appelèrent les Vicarochas (maîtres blancs). Dans leur légende, il est question d'une race de maîtres géants a la peau blanche qui, des siècles plus tôt, descendaient du ciel avec des "disques volants". Ces derniers avaient régné longtemps sur une partie de leurs villes et avaient ensuite disparu, après avoir promis de revenir. Les indigènes crurent voir le retour des Vicarochas dans les Espagnols à la peau claire et leur remirent donc, au début, leur or. Il se passa la même chose au Tibet et dans d'autres régions des Himalayas lorsque les premiers voyageurs blancs arrivèrent. Les Tibétains les regardaient médusés en leur demandant pourquoi ils venaient d'en bas (du pied des montagnes) puisqu'ils arrivaient d'habitude d'en haut.

L'idéologie des dirigeants allemands du Reich était, en fait, basée sur le thème d' El Shaddaï qui eut pour conséquence la persécution des Juifs, sur la révélation d'Isaïe, sur le savoir des templiers. Ces thèmes étaient sous-jacents dans toutes les actions entreprises, y compris dans le déclenchement de la Deuxième Guerre mondiale...

hitler et thulé

ADOLF HITLER était initié à la Franc-Maçonnerie comme un moyen de recueillir davantage d'influence et le pouvoir, mais il n'a obtenu que le second degré et plus rien, il n'y a en fait aucune preuve à l'appui. Franc-Maçonnerie comme aujourd'hui était un ordre de fraternité d'affaires, politiques et autres de haut niveau de connexions. Son initiation a été principalement sous la direction de Maître Eckhart, mais ADOLF HITLER était opposé aux idéaux de la Franc-Maçonnerie humaniste.

Etienne, un frère convaincu de ce qu'il dit, et qui sait faire passer sa joie de vivre

La pire des politiques, en tous temps et en tous pays, a toujours été et sera toujours celle des velléités, celle qui ose et celle qui n’ose plus, celle qui ose assez pour compromettre tout et qui n’ose pas assez pour résoudre rien. — (Émile de Girardin, en préface de Le dossier de la Guerre de 1870 - 23 septembre 1877).

Augustin de Barruel, appelé Augustin Barruel, né à Villeneuve-de-Berg le et mort à Paris le , est un prêtre jésuite, et essayiste polémiste catholique français.

Ses travaux consistent à affirmer que la Révolution française n'a pas été un mouvement de révolte spontanée du peuple, mais un processus organisé pendant plusieurs décennies dans des loges et dans des clubs (en particulier celui des Jacobins) afin de permettre à la bourgeoisie libérale de s'emparer du pouvoir. Barruel explique la Révolution par le conspirationnisme ou la théorie du complot contre les tenants d'une révolution spontanée et populaire.

Petite(s) Histoire(s) de l’antimaçonnisme(s) en France

Royaume d’Angleterre, 1698, la maçonnerie spéculative en est encore à ses premiers balbutiements… Et déjà un certain Winter fait circuler un libelle à l’usage de « toutes les personnes pieuses de Londres » pour les mettre en garde contre ces « sectateurs de l’Antéchrist » qui se rassemblent en secret !
1721, 4 ans à peine après la création de la Grande Loge de Londres, Lionel Vibert, toujours un anglais, fait une liste, à la Prévert dirions-nous aujourd’hui, des accusations portées contre ce nouveau phénomène : ivrognerie, homosexualité, satanisme… Et, dans les rues, on se moque gaiement des déguisements ridicules auxquels s’accoutrent en Loge ces respectables gentlemen…
… On le voit, l’antimaçonnisme est aussi vieux que la maçonnerie elle-même ! Le caractère à la fois obscur et folklorique de « l’Art Royal » fut en effet, dès sa naissance, sujet, selon les cas, à raillerie ou à paranoïa. Et il n’eut pas fallu longtemps pour que les grands thèmes de l’antimaçonnisme (soûlerie, secret, satanisme) soient posés.
Dès lors, ce phénomène suivra le développement de la Franc-maçonnerie elle-même. Les flux et les reflux de l’antimaçonnisme reflétant, comme un miroir, la place et l’image de la maçonnerie elle-même dans nos sociétés et notre culture.
Alors, même si le thème est loin d’être inédit, il ne m’a pas paru inintéressant de brosser le portrait d’un phénomène qui en dit long sur la face obscure de nos imaginaires et qui, par sa longévité, sa permanence et ses liens étroits avec, pèle-mêle, l’antisémitisme, l’anti-républicanisme ou encore le populisme, en fait un excellent guide de lecture de nos phantasmes collectifs.
Première constatation : nous n’avons pas affaire à un mais bien à plusieurs antimaçonnismes qui, chacun dans leur genre, offre leur propre variation autour d’une lecture biaisée et fantasmée de l’imaginaire maçonnique.
Plutôt qu’un déroulé historique, qui dépasse le cadre d’un article et mes propres capacités, je vous propose d’aller à la rencontre de 3 personnages qui ont, tous, joué un rôle central dans ce(s) courant(s) de pensée : l’Abbé Barruel d’abords, qui a posé les bases de l’antimaçonnisme moderne, Léo Taxil ensuite, qui l’a démocratisé auprès du grand public, Henry Coston, enfin, dont la figure, qui traversera le XXe siècle, des Ligues de l’entre-deux Guerres au renouveau de l’extrême droite des années 90, en sera le continuateur.
Un dernier mot, enfin, pour rappeler que ce texte n’a qu’une simple vocation de vulgarisation, avec toutes les « simplifications » qu’exige l’art de la synthèse…
Premier voyage : L’Abbé Barruel et l’antimaçonnisme contre-révolutionnaire.
Comme nous l’avons vu plus haut, l’époque moderne a connu de nombreux écrits raillant cette confrérie pas comme les autres. Mais, en France et en Angleterre, ses principaux foyers de développement, ces textes restaient, dans l’immense majorité des cas, du registre de la moquerie, avec des pamphlets qui étaient à l’antimaçonnisme ce que « La Cage aux Folles » ou « La Vérité si je mens » sont à l’homophobie ou à l’antisémitisme… On pouvait se moquer de cette fantaisie de Nobles et de bourgeois, rire sous cape sur les mœurs dissolues qu’elle pouvait cacher… Mais rien de plus. 
Le point de rupture initial se situe donc très clairement avec la Révolution française.
Ou plutôt, quelques années plus tard, aux lendemains de la chute de la Royauté, avec l’émergence d’un antimaçonnisme d’essence contre-révolutionnaire dans les rangs des militants catholiques. Un nouveau discours antimaçonnique dont les arguments serviront de source commune à l’ensemble des attaques ultérieures… Jusqu’à aujourd’hui encore !
Il faut bien dire qu’avant 1789 déjà, la maçonnerie n’avait pas bonne presse auprès du parti de l’Eglise.
Le Pape n’avait il pas, à plusieurs reprises (comme il le fera encore dans le futur), condamné les organisations maçonniques ?
Bien Mal lui en a pris, car aujourd'hui toute la hiérarchie de la Chrétienté est Franc-Maçonne et le Vatican, avec tous ses évêques et Cardinaux, ne pourrait pas se passer de la Loge P2 pour la question de la gestion économique et commerciale de l'Eglise. Cette Franc-maçonnerie, née en terre protestante, prônant un Déisme universel, revendiquant le libre examen des Textes saints et se passant de la bénédiction du prêtre (au contraire des nombreuses autres confréries de l’époque) ne pouvait qu’être honnie par une Eglise catholique à l’organisation pyramidale et à l’ambition hégémonique.
Tout catholique franc-maçon risquait donc (et risque toujours en tombant sur un Prêtre mal défroqué, de se retrouver mis à l'écart), virtuellement, l’excommunication… Mais virtuellement seulement car cette condamnation officielle n’avait guère d’effet dans le Royaume de France… Pour la simple et bonne raison que les bulles papales concernant la Franc-maçonnerie ne furent jamais ratifiées par le Parlement de Paris (étape indispensable pour leur application dans une France gallicane). 
Rien d’étonnant à cela d’ailleurs, tant la maçonnerie, en cette seconde moitié de XVIIIe siècle n’avait rien de bien sulfureux pour le pouvoir royal. Déiste et légaliste, la Franc-maçonnerie diffuse certes l’idéologie des Lumières mais ne forme en rien une organisation subversive. Tout au contraire, les maçons d’alors n’oublient jamais, dans tous les documents comme lors du Banquet d’Ordre, de se mettre sous l’autorité du Roi et de l’Eternel. Il y a de meilleures preuves d’extrémisme, convenez-en !
A cette époque, les Loges accueillent d’ailleurs de nombreux nobles et ecclésiastiques catholiques dans leurs rangs : à la veille de la Révolution, ces deux catégories représentent près de 20% des effectifs du Grand Orient ! Il existe des Loges exclusivement militaires, des Loges d’adoption pour les femmes de haute noblesse et les historiens ont même retrouvé la trace d’un Atelier… Dans un couvent ! Et si on célèbre les « Lumières » en Loge, on y développe aussi tout un courant ésotérique et mystique où on rencontre plus de Joseph de Maistre que de Voltaire. Bref, on est loin du bolchevik avec le couteau entre les dents…
Les maçons, en tant que tels, furent d’ailleurs relativement peu présents durant l’époque révolutionnaire qui connut plutôt une défection des Loges que le contraire…
La magistrale pirouette des créateurs de la théorie du complot maçonnique fut donc de faire passer une franc-maçonnerie éclairée mais légaliste en une terrible conspiration antimonarchiste.
On doit la paternité de cette fiction historique, ce véritable coup de génie, à un ecclésiastique, l’Abbé Barruel, jésuite d’essence aristocrate, né en 1741 et mort en 1820.
 
Polémiste s’élevant contre les Lumières durant l’Ancien Régime, il immigre, comme nombre de ses semblables, en Angleterre en l’an de Grâce 1792, où il rédige plusieurs traités réactionnaires dont, son plus célèbre, auquel il doit sa postérité : « Mémoires pour servir à l’histoire du Jacobinisme  » parus entre 1797 et 1799 et qui deviendra très rapidement un best-seller de l’époque, traduit en de nombreuses langues. 
Je considère ce livre comme un moment crucial non pas uniquement pour l’antimaçonnisme mais pour l’Histoire des Idées dans son ensemble.
Car ce livre constitue, selon les spécialistes, une des principales pierres de la construction de la pensée antirévolutionnaire mais aussi –et surtout- une des premières théories conspirationnistes (ou « théorie du complot ») de l’Histoire, tournure d’esprit qui aura le succès que l’on connait aujourd’hui, en France comme dans le monde entier.
Alors, que dit au juste Augustin de Barruel ? Pour le Jésuite, la Révolution française n’est pas la conséquence d’un mouvement social, politique et populaire mais tout simplement d’un complot ourdit par une secte anticatholique, antimonarchiste et satanique, les « Illumatis » (aka les « Illuminées de Bavière ») qui ont peu à peu infiltrés toute la Franc-maçonnerie pour renverser la Royauté, fruit de l’ordre naturel, et instaurer à sa place la République, fille de Satan.
Les bases de l’antimaçonnisme sont posées ! Elles vont désormais s’étendre comme une trainée de poudre sur toute l’Europe, dans les milieux antirépublicains et contre-révolutionnaires.
Barruel n’est pas le seul à défendre cette thèse, mais hasard littéraire, c’est lui qui connut le succès de librairie et la postérité historique.
En tout cas, les clefs du succès de sa thèse auprès de ses contemporains sont simples : son livre permet à toute une génération d’aristocrates et d’ecclésiastiques totalement bouleversés par la chute si soudaine d’un monde qu’ils avaient cru éternel, de trouver des réponses simples, voire simplistes, à une situation qui ébranlent toutes leurs valeurs.
En réduisant la Révolution française à une simple histoire de complot, l’Abbé Barruel offre à ces nostalgiques une fiction historique réconfortante, qui leur évite une remise en question de leur logiciel idéologique et leur offre, à la place, un « bouc émissaire » tout trouvé.
L’abbé réécrit donc l’Histoire de la Révolution française sous le prisme d’une action secrète et concertée d’une minorité (les Francs-maçons) voulant assurer sa domination sur l’ensemble de la société en renversant un équilibre naturel régie par la morale chrétienne.
On retrouve ici tous les ingrédients de la théorie du complot : réécriture d’une « contre-Histoire » qui éclaire l’ensemble des événements historiques à la lumière d’une cause unique : une action souterraine et occulte organisée par avance par une « super-organisation » à la fois mondiale et intemporelle. Théorie qui peut être résumée par les mots introductifs de l’Abbé lui-même : « tout était joué d’avance. »
Opium idéologique pour consoler les frustrés de l’Histoire : bouée de secours qui offre aux « perdants » le statut de « victimes » d’une injustice générale ; la théorie du complot est née !
La formule est lancée, elle aura le succès-mondial- qu’on lui connait aujourd’hui.On le voit, Barruel n’a pas seulement écrit la « bible » de l’antimaçonnisme, il est aussi, en quelques sorte, le « père » de tous les conspirationnistes que l’on a connu depuis.
Mais une question se pose. Comment a t’il réussit à faire gober tout cela ?
D’abord parce qu’il offre aux nostalgiques de l’Ancien Régime une explication réconfortante et romanesque, que l’on pourrait presque qualifier de « romantique » ? Oui, mais pas seulement.
Si sa thèse remporte un si grand succès, c’est parce que l’Abbé l’alimente d’une réelle érudition sur le sujet maçonnique. Erudition qu’il va évidemment travestir à sa sauce et qui donnera un goût véridique à son récit.
Les « Illuminés de Bavière » ont réellement existés : mais Barruel fait de ce petit groupe à l’influence insignifiante (et dont on ne retrouve presque aucune trace en France) une puissante organisation internationale.
Les « Hauts grades » maçonniques sont une réalité : l’Abbé drape ces petits cercles de réflexion très anecdotiques d’un pouvoir sur les Loges dont tous les textes réfutent l’existence (ce serait même le contraire, ces grades dits de « perfection » avaient eu à cette époque, tout le mal du monde à conquérir leur liberté vis-à-vis des Obédiences existantes).
Voltaire et quelques philosophes ont trainés leurs guêtres dans une ou deux tenues : le Jésuite remplit les Loges du banc et de l’arrière banc des Lumières !
... Tout est à l’avenant.
Ici encore, l’ecclésiastique semble, à mon sens, éprouver une technique qui sera reprise par la quasi-totalité des thèses antimaçonniques : l’interprétation au 1e degrés des rites, symboles et formules maçonniques !
Rappelons, avant d’aller plus loin, que la maçonnerie se définit avant tout comme un « théâtre initiatique » : ses membres, lors de leurs réunions, réinterprètent, symboliquement, des épisodes inspirés de la Bible, de l’Egypte ancienne ou encore des Templiers… Mais au contraire des sectes ou des adeptes du surnaturel, les maçons n’oublient jamais « qu’ici tout est symbole ! ». 
Pourtant, dès lors qu’on en a une lecture littérale, ces rituels apparaissent ridicules pour les uns, effrayants pour les autres.
Ce qui fut le cas pour Barruel -et ses héritiers par la suite- qui, de bonne foi ou non, prit au pied de la lettre ce qu’il découvrit des rituels maçonniques, peut-être induit en erreur par sa pratique de la transsubstantiation du pain et du vin durant l’Eucharistie.
On lit dans tel rituel une cérémonie reproduisant le meurtre d’Hiram : on y voit un sacrifice humain ! On découvre les hauts grades du Rite Ecossais : on perçoit quelques pratiques sataniques ! On assiste au rituel de la coupe d’amertume : on fantasme sur des breuvages magiques !
Sans aller aussi loin (ce que n’hésiterons pas à faire d’autres par la suite), l’Abbé exploite largement cette technique pour faire apparaitre, par une lecture littérale de la « pompe » maçonnique, cette organisation sous un aspect à la fois grand-guignolesque et effrayant (à rapprocher du « roman noir » qui fait fureur à l’époque). En un mot : il déshumanise une confrérie qui, quelques années plus tôt, ne faisait peur à personne !
Car notre cher Augustin, qui est loin d’être un imbécile, n’oublie pas que la maçonnerie faisait intégralement partie de la vie mondaine de l’aristocratie et de la Bourgeoisie d’Ancien Régime, au point que nombre des émigrés qui formeront ses premiers lecteurs, ont été, de près ou de loin, en contacts avec la maçonnerie, si ce n’est maçons eux-mêmes (déjà 70 000 membres en France en 1789… Pas plus de 140 000 aujourd’hui) ! Dès lors, difficile de leur faire passer les lanternes maçonniques pour des vessies révolutionnaires !
Il évoque alors à la rescousse une nouvelle pirouette intellectuelle : les « arrières Loges ». Ce concept, lui aussi plein d’avenir, explique que la Franc-maçonnerie classique et inoffensive cache en réalité une organisation parallèle, uniquement ouverte aux hauts-grades (à partir du 4 d degrés), qui, elle, poursuit un dessein clairement subversif : la conquête du pouvoir !
C’est cette« haute maçonnerie » qui tirerait les fils du complot, utilisant les Loges de bases pour leurs projets criminels. En somme, la maçonnerie serait « un tas d’imbéciles manipulé par une poignée de crapules » pour reprendre le trait d’esprit de Serge de Beketch (antimaçon notoire… Et, parait-il, ancien maçon lui-même). Une bonne façon de répondre par avance aux dénégations de tous les maçons de bonne foi et de répliquer à l’absence totale de preuve étayant cette belle théorie…
On le voit, et si on veut schématiser, l’œuvre de l’Abbé Barruel marque la naissance de l’antimaçonnisme moderne, tel qu’on le connait encore aujourd’hui, dont l’ecclésiastique pose l’essentiel des bases, sur le fond comme sur la forme.
Alors, ces bases, quelles sont-elles ?
- Le secret et la théorie du complot tout d’abord : couple inséparable de la vulgate antimaçonnique.
Ce qui est secret est-il pour autant automatiquement criminel ? La réponse est bien évidemment non ! Ce qui de l’ordre de l’intime peut-il être légitimement gardé « pour soi » ? Oui, assurément ! Le secret de la confession chez les catholiques, le secret du vote, sont-ils critiquables ? Un parti politique, une association, doit-il être obligé de divulguer publiquement la liste de ses membres ? Les rites et le fonctionnement des Obédiences ne sont-ils pas largement publiés et retranscrits dans la presse depuis les origines ? Pourtant, pour les idéologues antimaçonniques, le secret maçonnique cacherait automatiquement un complot inavouable.
Cette vision paranoïaque de l’Histoire et cette pulsion de la transparence (assez étonnante de la part de personnes qui se sont généralement situés dans le camp anti-démocratique) ne tirerait d’ailleurs pas leur source dans le fait que pour les antimaçons, très largement catholiques traditionnalistes, tout serment ne passant pas par le prêtre est, automatiquement, suspect ?
- Deuxième constante popularisée par l’Abbé Barruel : la source « satanique » de la Franc-maçonnerie, qui serait une « contre Eglise » au profil d’un antéchrist. Ainsi, l’Abbé Barruel fait remonter la FM jusqu’aux manichéens, via les Templiers.
Cette vision née d’une lecture littérale des rituels maçonniques n’est pas sans rappeler les procès en sorcellerie de l’Inquisition : une preuve de plus du ferment catholique (et romantique) de l’antimaçonnisme qui s’inscrit dans la tradition de répression « tout azimut » par l’Eglise catholique de tout ce qui peut écorner l’hégémonie du clergé dans le lien avec le sacré (et, par-là, le contrôle de la communauté) : gnostiques, cathares, rebouteux hier, protestants et Francs-maçons aujourd’hui, juifs, bien entendu… Pas étonnant dès lors que les antimaçons recyclent les arguments qui avaient fait les beaux jours de l’Inquisition et voient dans les Loges les continuateurs des Sabbats d’autrefois !
- Troisième -et dernière- constante : l’évocation de ces « hauts-grades » (ou appelés encore « arrières loges »).
Au départ, on l’a vu, cette affirmation fut une pirouette bien pratique de l’Abbé Barruel pour contrer le manque de preuves matérielles de sa théorie. Mais ce concept d’une manipulation généralisée de la masse par une minorité cachée, d’une Histoire écrite par avance (une « intelligence design » historique), en un mot, ce concept de « théorie du complot », fut très rapidement adoptée par tous ceux qui y trouveront, selon les cas, un réconfort face au malheur des temps (« Forces Occultes »), une explication satisfaisante à leur déclassement (le « Protocole des Sages de Sion »), une rationalisation d’un événement jugé impossible (« L’effroyable imposture ») ou, tout simplement, une manière de sauvegarder un sentiment de supériorité dans leur échec… Et, au passage, une vision romanesque d’un monde parfois terriblement désenchanté : Dan Brown, Trilatérale, Skull and Bones, Bilderberg, sont tous des fils de Barruel !
A l’arrivée, on peut donc conclure que la Révolution française marque véritablement la naissance d’un nouvel antimaçonnisme dans les milieux réactionnaires et catholiques français qui, dès lors, vont considérer la maçonnerie comme l’une des responsables majeurs de la chute de l’Ancien Régime, le bras armé et invisible de la République et des forces progressistes.
Ce lieu commun va se répandre, avec une force variable, sur l’ensemble des milieux réactionnaires et monarchistes durant tout le XIXe Siècle grâce à l’exégèse d’une œuvre fondatrice, les « Mémoires pour servir à l’histoire du Jacobinisme  » de l’Abbé Barruel, qui posa les bases du crédo antimaçonnique contemporain : secret et complot, satanisme, manipulation des maçons par une hiérarchie cachée « d’arrières loges ».
Autant de thèmes promis à un bel avenir, comme nous le verrons prochainement…
 

Accueil du site > Actualités > Société > Théorie du complot : comment le « best seller » de Richard Hofstadter « Le (...)

Théorie du complot : comment le « best seller » de Richard Hofstadter « Le Style paranoïaque » fut détourné par les néo-conservateurs (2/2)

Pierre-André Taguieff, rédacteur du site dreuz.info pendant de longues années.

 

 

 

 

 

 

 

A l’instar de Daniel Pipes, Pierre-André Taguieff est souvent présenté comme « expert » en théories du complot. C’est surtout un spécialiste de la pensée par les amalgames. Dans son discours, toute critique à l’égard de la politique des États-Unis et d’Israël équivaut à de l’antisémitisme. En 2004, il signe « Prêcheurs de haine : Traversée de la judéophobie planétaire« . Cet ouvrage fait suite à « La Nouvelle Judéophobie » sorti deux ans auparavant. Selon Taguieff, « il y a bel et bien une judéophobie planétaire dont le front d’attaque s’étend de Cuba, en passant par la Syrie, l’Irak et l’Iran, jusqu’à l’ex Union Soviétique. Ce phénomène nourrit l’idéologie d’une multitude de groupes, de personnages politiques et médiatiques« . Un conglomérat plutôt hétéroclite si l’on suit Taguieff dans sa logique. Pour lui, les jeunesses communistes, la LCR, l’UOIF, le Hamas, l’Union du Peuple Russe, l’Union générale des Étudiants de Palestine en France et les Frères musulmans sont tous sous l’influence des « Protocoles des Sages de Sion ». A ceux-là s’ajoutent Tariq Ramadan, Jean-Marie Le Pen, Carlos, Ben Laden, José Bové, Roger Garaudy, Olivier Besancenot, Daniel Mermet… Quant à ses formulations, elles sont aussi diverses et variées que l’ « islamo-gauchisme« , la « propagande nazie, soviétique et palestinienne« , l’ « anti-américanisme et les dérives du néo-gauchisme« , la « vague altermondialiste« … Bref, l’équation que nous impose Taguieff est simple à comprendre : anti-impérialisme est égal à anti-américanisme, qui lui même est égal à antisémitisme ; donc celui qui s’oppose à l’impérialisme est un adepte du complot juif. Au final, le maccarthysme de Pierre-André Taguieff n’a rien à envier à celui de Daniel Pipes.

Si vous voulez vous rendre compte par vous même en évitant la pénitence que représente la lecture des 962 pages de son brûlot, vous pouvez consulter ici l’esquisse qui fut publiée par le CRIF en 2003, 35 pages qui n’avaient pour seul objectif que de légitimer les croisades meurtrières de Bush et de Sharon.

Hofstadter à la sauce néo-con

Dans la foulée, Pierre-André Taguieff publie en 2005 « La foire aux Illuminés. Ésotérisme, théorie du complot, extrémisme« . Par delà les 612 pages de notes sur la Franc-maçonnerie, ou bien encore les Illuminati… (ces thèmes folkloriques furent très bien synthétisés par Richard Hofstadter), Taguieff passe également en revue quelques sous-produits de la culture américaine, en particulier Dan Brown et la série télévisée X-Files. Ces types de productions favorisent d’après lui le fantasme du « complot mondial » et plus précisément d’un complot judéo-maçonnique en mettant en scène les sociétés secrètes et l’ésotérisme.

Que valent les dites « vérités » de Pierre-André Taguieff quand elles sont confrontées au réel ?

Pour se faire une idée, apprécions quatre affirmations récurrentes dans le système Taguieff.

Première assertion : Les gouvernements des « grandes démocraties » occidentales luttent contre l’extrême droite et l’antisémitisme.

● Pourtant régulièrement la presse évoque la fuite de certains criminels nazis via les filières d’exfiltrations soutenues par les Etats-Unis. Par exemple Klaus Barbie, le chef du service de renseignement de la SS à Lyon. Autre exemple : dirigée par Paul Schäfer, un ex Waffen-SS, la Colonie Dignidad servit de lieu d’interrogatoire à la police politique du dictateur chilien Augusto Pinochet.

 Plus proche de nous, fin 2013 en Ukraine, dès le début des événements à Kiev, le quotidien israélien Haaretz rapportait que Pravy Sektor et Svoboda distribuaient des traductions de Mein Kampf et des Protocoles des Sages de Sion sur la place Maïdan. Ces deux « partis » sont toujours des acteurs majeurs d’un gouvernement mis en place grâce au soutien des « grandes démocraties ». Quant au bataillon Azov au service de Kiev, il est la fidèle reconstitution de la tristement célèbre division SS « Galitchina ».

Deuxième assertion : Les gouvernements occidentaux luttent contre l’islamisme.

● Dans une interview accordée à « Valeurs actuelles » en janvier 1995, l’ancien secrétaire d’Etat américain James Baker s’attache à faire le tri entre les « bons » et les « mauvais » intégristes. Parmi les mauvais, James Baker classe l’Iran. Parmi les bons, il cite l’Arabie saoudite. « Il n’y a pas de pays musulman plus intégriste que l’Arabie saoudite, et pourtant, c’est à la fois un ami et un pays important pour les Etats-Unis », disait-il. En 1998, c’est au tour deZbigniew Brzeziński d’être interviewé par Le Nouvel Observateur. Le géostratège qui a conseillé les présidents Jimmy Carter, George W. Bush et qui conseille toujours Barack Obama, y explique « Pourquoi et comment il a financé Ben Laden en Afghanistan« .

Troisième assertion : Tous les complotistes croient au complot judéo-maçonnique.

 Le conspirationniste et terroriste Anders Behring Breivik, auteur des attentats en Norvège, est décrit par le Jerusalem Post comme militant d’extrême droite sioniste fermement opposé à l’Islam. « Nous luttons ensemble avec Israël, avec nos frères sionistes contre tous les anti-sionistes, contre toutes les formes de marxisme culturel« , déclarait Breivik, ce qui décidément ne correspond en rien à l’archétype du conspirationniste selon les critères de Taguieff. Le manifeste de Breivik est résolument orienté vers l’idée d’un complot « islamo-gauchiste ».

Quatrième assertion : « Pour un conspirationniste » écrit Taguieff, « il n’y a pas de hasard » ou « tout est lié, mais de façon occulte« .

● Traduisons : le conspirationniste ne croit pas au hasard, donc pour lui, l’histoire est totalement planifiée de manière occulte. En fait, en partant de ce présupposé emprunté à Hofstadter « pas de hasard pour les conspirationnistes », Taguieff ne fait que fustiger les positions de son propre « camp ». Voici deux types de croyances radicales qui postulent une absence de hasard :

  1. Pas de hasard pour David Ben Gourion, fondateur de l’État d’Israël, qui déclarait« Si j’étais un leader Arabe, je ne signerais jamais un accord avec Israël. C’est normal ; nous avons pris leur terre. Il est vrai que Dieu nous l’a promise, mais comment cela pourrait-il les concerner ? Notre dieu n’est pas le leur ».
  2. Cette doctrine mystique est totalement corroborée par celle du puissant lobby chrétien sioniste pour lequel « l’Etat d’Israël est la condition préalable à la seconde venue de Jésus. Les juifs seront encouragés à devenir chrétiens, ce qui garantira le triomphe de Dieu sur les forces du mal à l’issue de l’apocalypse« .
 

● Avec la théorie d’ « Eurabia » dont nous reparlerons plus bas, les amis de Taguieff entérinent l’autre partie de la formule que Taguieff a soutirée à Hofstadter « l’histoire est planifiée de manière occulte ».

La réfutabilité poppérienne comme caution scientifique ?

Pour les néo-cons, en particulier Taguieff, la caution scientifique est apportée par Karl Popper, qui fut l’un des fondateurs de l’ultra libérale Société du Mont-Pélerin, qui regroupe des économistes anti lutte des classes comme Friedman et Von Hayek, à l’origine de l’école de Chicago.

 Taguieff y fait constamment référence, ainsi « L’imaginaire du complot mondial » commence par une longue citation de Popper où l’on comprend qu’il est une source d’inspiration sinon de plagiat conceptuel : « On ne croit plus aux machinations des divinités homériques, auxquelles on imputait les péripéties de la Guerre de Troie. Mais ce sont les Sages de Sion, les monopoles, les capitalistes ou les impérialistes qui ont pris la place des dieux de l’Olympe homérique. » Karl R. Popper, 1948

Développant une critique de l’historicisme de Hegel et Marx, Popper publie en 1945 « La Société ouverte et ses ennemis, tome 2 : Hegel et Marx« . Popper nous dit « il est rare que ces complots réussissent à atteindre le but recherché, car la vie sociale n’est pas une simple épreuve de force entre groupes opposés« . Mais sur ce point précis, Popper n’est-il pas trop affirmatif ? Que nous apprend l’Histoire ? Que vaut l’hypothèse de Popper quand on la soumet à l’épreuve de la réfutation ? Détaillons les deux exemples significatifs :

1/ L’« Opération Condor », également connue sous le nom « Plan Condor », était une campagne de répression et d’assassinats d’opposants impliquant les services de Renseignement des dictatures militaires en Amérique latine. Le gouvernement des États-Unis a fourni un soutien technique et une aide militaire aux participants au moins jusqu’en 1978. En raison de sa nature clandestine, le nombre exact de décès directement imputable à l’Opération Condor est fortement contesté. Selon certaines estimations, au moins 60 000 décès peuvent lui être attribués.

2/  Le réseau « Gladio » : En Octobre 1990, Giulio Andreotti,Président du Conseil italien, reconnaît publiquement l’existence du réseau « Gladio » ; il parle d’une « structure d’information et d’intervention », avec des caches d’armes et des officiers de réserve. Un documentaire diffusé sur ARTE se concentre sur les opérations du réseau Gladio dans l’Italie et l’Allemagne des années 1960 à 1980. Les attentats de la piazza Fontana à Milan en 1969, celui de la gare de Bologne en août 1980, puis celui de la Fête de la Bière à Munich quelques semaines plus tard, furent attribués à des anarchistes ou à l’extrême gauche. On saura plus tard qu’ils étaient l’œuvre de l’extrême droite.

Pierre-André Taguieff et « Le Meilleur des Mondes »

« Le Meilleur des Mondes« , édité par la maison d’édition Denoël, était l’outil de propagande du Cercle de l’Oratoire, la principale structure de rayonnement du mouvement néo-conservateur en France sous l’ère Bush.

Karsenti & Pipes, duo néocon en conférence. Cliquez pour en savoir plus !

 

 

 

 

 

Parmi les contributeurs de la revue, nous retrouvons Pierre-André Taguieff, mais également Antoine Vitkine, réalisateur de documentaires pour la télévision française, en particulier pour la société de production Doc en Stock fondée par Daniel Leconte qui fut parmi ceux qui, avec Philippe Karsenti, ont attaqué le journaliste Charles Enderlin de France 2 dans l’Affaire Mohammed al-Durah. Enderlin sera accusé d’avoir bidonné les images de la mort d’un enfant palestinien (Mohammed al-Durah). Pourtant, en 2013, Charles Enderlin gagnera un nouveau procès.

Pierre-André Taguieff écrivait en 2008 « Al-Dura : stéréotypes antijuifs, défaillance journalistique, imposture médiatique« . Cela se passe de commentaire.

Barbara Necek et Antoine Vitkine : duo de documentaristes néocons. Cliquez pour un décryptage de leur propagande.

 

 

 

 

 

En 2004, Antoine Vitkine associé à Barbara Necek et produit par Daniel Leconte, s’illustre dans « Le Grand Complot« . Ce reportage sur fond de 11-Septembre se veut pédagogique. Le duo Vitkine-Necek cible dans la pure tradition néo-con les monstres utiles : « l’extrême droite, l’extrême gauche et les islamistes« .

Au final, tous sont désignés comme responsables de la propagation d’idées « qui vont du complot juif à la mainmise des Francs-Maçons, en passant par le Protocole des sages de Sion« . En somme, du « déjà vu » avec Pipes et Taguieff.

En 2008, Antoine Vitkine s’attaque à l’histoire de Mein Kampf dans son documentaire « Mein Kampf, c’était écrit« . L’esprit orienté globalement dans la même direction que les canons de Bush et Sharon (le monde musulman), Vitkine conclut son reportage ainsi : « Il y a une partie du monde où Mein Kampf vit une nouvelle jeunesse. Loin de la veille Europe aujourd’hui démocratique, le poison agit encore dans des pays comme l’Egypte, le Liban, la Syrie, la Palestine et la Turquie. » La veille Europe démocratique dont parle Vitkine soutient le gouvernement ukrainien qui emploie des groupes paramilitaires ouvertement néo-nazis comme nous l’avons vu plus haut. A ce jour, ni Vitkine ni Taguieff ni aucun autre membre du Cercle de l’Oratoire ne s’est indigné de cette situation.

Pierre-André Taguieff et drzz.info / dreuz.info qui publie les diatribes de Daniel Pipes

Selon Dreuz.info Obama conspirerait contre l’occident pour imposer l’islam radical…

 

 

 

 

 

 

« La rédaction de drzz.info a l’immense fierté de vous annoncer que Pierre-André Taguieff, directeur de recherche au CNRS et professeur à l’Institut d’Etudes Politiques (Sciences Po) a accepté de publier ses écrits sur drzz.info. » Depuis, drzz.info est devenu dreuz.info. Ce média est défini par sa direction comme « site américain francophone, chrétien, pro-israélien et néo-conservateur, adverse aux extrêmes et au racisme« , alors que les auteurs de dreuz.info se revendiquent islamophobes. Pierre-André Taguieff restera chez dreuz.info jusqu’en 2013 avant de s’éclipser au moment de la sortie de son « Dictionnaire historique et critique du racisme ».

A lire ! Pierre-André Taguieff, le Néo-Con Lajoie

Mais dreuz.info est surtout et avant tout une tribune permanente pour la théorie d’Eurabia, un néologisme forgé en 2006 par l’essayiste et contributrice de dreuz.info, Bat Ye’Or. Le concept Eurabia est souvent repris par des mouvements d’extrême droite parlant d’une Europe absorbée par le monde arabe. Faisant référence à la théorie du complot juif des Protocoles des Sages de Sion, le journaliste et écrivain Johann Hari qualifie les deux d’« étonnamment similaires ». Dans le Dagens Nyheter, journal suédois, les journalistes Andreas Malm et Eva Ekselius réagissaient à la thèse de Bat Ye’Or par ces mots « les musulmans sont à leur tour victimes d’une propagande antisémite, il y a une comparaison directe avec l’Europe d’avant-guerre« . A ce propos la présentation du livre « Eurabia : L’axe euro-arabe » par l’éditeur est édifiante. Nous retrouvons en quelques lignes au moins huit postulats qui font d’Eurabia une véritable théorie du complot selon les critères définis par Hofstadter : 1/ La conspiration dure depuis plusieurs décennies – 2/ Allégeance à une puissance étrangère (le monde arabe) – 3/ L’Europe sacrifie ses valeurs – 4/ Les arabes imposent leur langue, l’islam et des émigrés – 5/ L’alliance euro-arabe est une politique commune hostile à Israël et aux Etats-Unis – 6/ Il y a complicité des instances dirigeantes européennes – 7/ Complicité des médias – 8/ L’idéologie de l’axe euro-arabe imprègne les institutions scolaires, universitaires, et même parfois les Églises, dans cette entreprise de dénaturation de l’identité européenne.

Le texte dans son intégralité : « Depuis plus de trois décennies, l’Europe planifie avec les pays de la Ligue arabe la fusion des deux rives de la Méditerranée. Par le « Dialogue euro-arabe », elle a développé une structure d’alliances, et souvent d’allégeances, avec le monde arabe. Elle sacrifie son indépendance politique tout comme ses valeurs culturelles et spirituelles en échange de garanties (quelque peu illusoires) contre le terrorisme et d’avantages économiques que lui dispensent les pays arabes. Si ces derniers fournissent à l’Europe des hydrocarbures, s’ils lui offrent des marchés, ce n’est pas sans lui imposer des contreparties : ils exigent d’elle une ouverture sans cesse accrue à leur culture, à leur langue, à leur religion – l’islam -, à leurs émigrants, qu’ils veulent toujours plus nombreux. Ils arrachent aux pays d’accueil des conditions visant à maintenir ces émigrants dans leur culture d’origine au lieu de faciliter leur intégration. Enfin l’alliance euro-arabe se base sur une politique commune hostile à Israël et aux Etats-Unis. C’est une stratégie de subornation de l’Europe qui est ainsi mise en œuvre par les pays arabes, avec l’active complicité des instances dirigeantes européennes : la Commission européenne pilote un puissant dispositif financier servant cette politique ; elle a déployé une immense toile médiatique fabriquant le « politiquement correct eurabien » ; elle a enrégimenté les institutions scolaires et universitaires, et parfois même les Eglises, dans cette entreprise de dénaturation de l’identité européenne ». (Rappel de la quatrième assertion : « Pour un conspirationniste » écrit Taguieff, « il n’y a pas de hasard » ou « tout est lié, mais de façon occulte« .)

Taguieff révélé par Guy Millière rédacteur de dreuz.info

Guy Millière, membre du comité de rédaction de Dreuz.info et proche collaborateur de Daniel Pipes

 

 

 

 

 

Un des éléments les plus révélateurs de la pensée profonde de Taguieff apparait dans sa vive altercation épistolaire avec un des autres rédacteurs de dreuz.info nommé Guy Millière. Ce dernier qualifié de raciste par Taguieff s’emporte et dévoile les coulisses de cet « expert en théories du complot »

« Prétendre vous situer au dessus des « extrémistes » en plaçant d’un côté Dreuz, web magazine auquel vous avez longtemps collaboré, et de l’autre oumma.com, n’est pas très honorable. »

« Je constate que vous condamnez l’« antisionisme radical ». Il fut un temps où vous condamniez l’« antisionisme » tout court. Vous me parlerez peut-être de nuances subtiles et userez de circonlocutions alambiquées : ne pensez pas me tromper avec de tels subterfuges. Pas moi ».

« Taguieff compte-t-il vraiment garder des liens avec les milieux qui luttent contre l’antisémitisme et qui défendent Israël sans concessions tout en nouant des liens avec des gens dont les positions sont très différentes, voire très très différentes ? Entend-il plutôt rompre avec ceux qui lui ont, à tort, fait confiance pendant des années, pour nouer des liens avec des gens à qui il dirait maintenant qu’il a changé ? Ceux qui s’y fieraient seraient, en ce cas, fort peu regardants. Les éventuels nouveaux amis de Taguieff savent-ils ce que celui-ci a écrit sur Stéphane Hessel ? »

« Un soir au fond du Sahel, un serpent piqua le vieil Hessel, que croyez-vous qu’il arriva, ce fut le serpent qui creva ». Pierre André Taguieff.

« A l’époque, j’avais moi-même trouvé que Taguieff allait trop loin, et je n’ai pourtant jamais eu aucune sympathie pour Stéphane Hessel. Que pensent les éventuels nouveaux amis de Taguieff en lisant cette phrase : « Quand un serpent venimeux est doté de bonne conscience, comme le nommé Hessel, il est compréhensible qu’on ait envie de lui écraser la tête  » ? »

« Les éventuels nouveaux amis de Taguieff savent-ils que le même Taguieff proclamait voici peu encore lutter sans merci contre des « décennies de propagande palestinienne et pro-palestinienne », dénonçait « l’antisionisme » comme un antisémitisme, et faisait cela avec l’ardeur fébrile du nouveau converti ? »
« Un homme qui passe d’une position à une position quasiment inverse en quelques mois, voire beaucoup moins, n’est, en tout cas, pas un homme fiable. »

Rappelons que Guy Millière est de ceux qui peuvent benoitement déclarer en 2010 : « On a trouvé des armes de destruction massive en Irak« , pour justifier son soutien à la destruction des structures de l’état irakien alors que le gouvernement Bush à lui même avoué l’inexistence de ces ADM. Guy Millière avec Daniel Pipes et Pierre-André Taguieff partagent leur obsession pour l’Islam et la judéophobie au point d’être persuadés que le chef du gouvernement des Etats-Unis est, en fait, un agent de l’islam qui complote en vue de l’affaiblissement d’Israël et l’avènement de la suprématie musulmane ! Et selon eux le salut viendrait de l’Arabie Saoudite et du Qatar dont ils semblent oublier leur islam extrémiste : « Seuls résistent à Obama l’Arabie Saoudite, les émirats autres que le Qatar, l’Égypte, financée par l’Arabie Saoudite ».

Ainsi Taguieff tente de dissimuler son extrémisme avéré pour faciliter la promotion de ses ouvrages, mais reste un néoconservateur violent et intolérant qui n’hésite pas à se réjouir de la mort de Stéphane Hessel pour la seule raison que ce dernier défendait ardemment les droits du peuple palestinien. Il a très longtemps été rédacteur d’un journal proche de l’extrême droite et voit en Obama un islamiste qui complote contre l’occident (sic) et considère tous les altermondialistes ou anti-OGM comme des illuminés paranoïaques. Autant d’éléments qui montrent l’envers du décor d’un Taguieff brandissant à tout va son titre de chercheur du CNRS, en oubliant de signaler ses proximités idéologiques pour le moins nauséabondes avec l’extrême droite internationale.

George W. Bush : l’avènement du « style paranoïaque »

GW Bush et Michael Gerson

 

 

 

 

 

 

Selon Richard Hofstadter, Barry Goldwater est devenu le porte-drapeau de l’ultra-conservatisme en réunissant les éléments les plus extrêmes du protestantisme et du catholicisme. Avec dreuz.info et le néo-conservatisme, le sionisme vient s’ajouter, créant ainsi un nouveau cénacle qui sous-entend que « l’heure est grave,Armageddon n’est plus très loin« . « Soit vous êtes avec nous, soit vous êtes avec les terroristes  » disait Bush. Dans cette nouvelle typologie, l’Islam remplace les forces occultes. Dès lors, chaque musulman est considéré suspect, pouvant appartenir à une cinquième colonne. « Deux millions de musulmans en France, ce sont deux millions d’intégristes potentiels. » (Pierre-André Taguieff, France Inter, 1997). À 21 heures, le 20 septembre 2001, le président George W. Bush devant le Congrèsprononça un discours dans lequel le religieux s’entremêlait avec le patriotisme. En réaffirmant que Dieu est du côté américain, Bush promettait une vengeance « du bien contre le mal ». Ce sermon américain post-9/11 fut rédigé par Michael Gerson, une figure de proue de l’intelligentsia évangélique.

Cette religiosité guerrière, Bush la combinera à la doctrine ultra libérale du laissez-faire économique anti-New Deal, anti-État-providence que prônait Milton Friedman, l’économiste qui conseillait Barry Goldwater en 1964 et qui plus tard inspirera les politiques économiques et sociales de Pinochet, Reagan et Thatcher, qui sont autant de références pour les néo-cons français.

« Nostalgie de Margaret Thatcher » Dreuz.info

« Crise financière : le vrai coupable, c’est l’Etat » Dreuz.info

« Ronald Reagan, l’enfance d’un chef« , réalisateur Antoine Vitkine pour Doc en Stock

Conclusion

A la lumière de Richard Hofstadter, il apparait que la rhétorique inspirée par Taguieff est invariablement composée de trois constantes : 1- le principe de non contradiction est totalement bafoué dans la narration (les assertions dans le système Taguieff). 2- l’indignation est sélective (les dictatures alliées à l’Occident échappent toujours à la critique). 3- certains faits sont volontairement ignorés (opération Condor, réseaux Gladio). De surcroît le maître d’œuvre Pierre-André Taguieff possède toutes les caractéristiques du porte-parole paranoïaque défini par Hofstadter. Malgré cela, force est de constater que Taguieff a fait des émules. Si « c’est au pied du mur qu’on reconnaît le maçon », le néo-con français lui se révèle à l’outil qu’il utilise, en l’occurrence la matrice créée par Taguieff qui n’est ni plus ni moins qu’une contrefaçon droitière et malhonnête de l’oeuvre de Richard Hofstadter, que Taguieff a fusionnée au prêche islamophobe et belliqueux de Daniel Pipes. Ce grossier cocktail est devenu en peu de temps un référentiel pour les agents de diffusion de la propagande impérialiste et néo-libérale faisant le lit d’un racisme et d’un extrémisme toujours plus radical.

Lire la première partie de cet article : Théorie du complot : comment le « best seller de Richard Hofstadter « Le Style paranoïaque fut détourné par les néo-conservateurs (1/2) | « ANTICONS : Observatoire du néo-conservatisme.

Accueil

"Le retour de la question juive, ou la nouvelle propagande « antisioniste »", par Pierre-André Taguieff.

Publié par Jean-Laurent Turbet sur 2 Octobre 2009, 10:17am

Catégories : #Antisémitisme

Pierre-André Taguieff est bien connu des lectrices et des lecteurs de ce bloc-notes mais je rappelle tout de même sa biographie en quelques lignes :  Né à Paris en 1946, il est philosophe, politologue et historien des idées. Il est directeur de recherche au CNRS, attaché au Centre de recherches politiques de Sciences Po (CEVIPOF) et enseigne à l'Institut d'études politiques de Paris. Il a aussi enseigné au Collège international de philosophie, à l’EHESS, à l’Université libre de Bruxelles (chaire Chaïm Perelman) et à l’Institut universitaire d’Études juives Élie Wiesel. Au début des années 1990, il s’engage dans des recherches sur les mythes politiques modernes et contemporains, qu’il s’agisse des croyances conspirationnistes ou des visions de l’Histoire ordonnées à l’idée de progrès ou à celle de décadence.

Pierre-André Taguieff est notamment l'auteur de La Nouvelle judéophobie (Mille et une nuits, 2002), La Couleur et le sang. Doctrines racistes à la française (Mille et une nuits, 2002), Les Protocoles des sages de Sion. Faux et usages d'un faux (Fayard, 2004), Prêcheurs de haine. Traversée de la judéophobie planétaire (Fayard, 2004), La Foire aux illuminés (Mille et une nuits, 2005), L'Imaginaire du complot mondial. Aspects d'un mythe moderne (Mille et une nuits, 2006), La Bioéthique ou le juste milieu. Une quête de sens à l'âge du nihilisme technicien (Fayard, 2007).
Son dernier ouvrage en date est La Judéophobie des Modernes. Des Lumières au Jihad mondial, Paris, Éditions Odile Jacob, 2008.


Je vous propose aujourd'hui la lecture de son article Le retour de la question juive, ou la nouvelle propagande « antisioniste », article publié récemment par Perspectives, qui  est la revue de l’université hébraïque de Jérusalem. Son n° 16, de septembre 2009 à pour thème « Le retour de la question juive ».

Voici donc le texte de l'article :


Insensiblement, depuis la guerre des Six-Jours (5-10 juin 1967), le « racisme » est devenu le principal thème d’accusation visant les « sionistes » et, au-delà d’eux, les Juifs. C’est autour de l’image d’Israël, diabolisée et criminalisée par tous les moyens de la propagande, que s’est constituée la nouvelle vision antijuive désormais mondialement diffusée. De nouveaux stéréotypes antijuifs assimilant Israël, les Israéliens et les « sionistes » aux « nazis » ont été fabriqués et mis en circulation. L’État juif a été réduit à un État « criminel » et génocidaire. Traité avec une virulence croissante, depuis l’automne 1967, comme un « État en trop », Israël a ainsi fait l’objet d’une reconstruction mythique diabolisante qui a largement réussi, dans l’opinion mondiale, à se substituer à sa réalité sociohistorique. Cette reconstruction diabolisante a pour l’essentiel consisté à retourner contre Israël et le « sionisme » l’accusation de « racisme », avec son corrélat : celle de « génocide », principal opérateur de la nazification de l’État juif.

Cet amalgame polémique (« sionisme = nazisme ») a permis de fabriquer des analogies et des métaphores de propagande par lesquelles a été réactivé un très ancien thème d’accusation visant les Juifs : celui du meurtre rituel. Dès lors, dénoncer le « sionisme », c’était dénoncer autant le « racisme » des « sionistes » que leur propension à tuer des non-Juifs, pour se nourrir symboliquement de leur sang ou satisfaire leur cruauté naturelle. En outre, la nature supposée sanguinaire des « sionistes » porterait ces derniers à privilégier, parmi les non-Juifs, les enfants, et plus spécialement les enfants palestiniens, arabes ou plus généralement musulmans. Dans le discours de propagande des pays arabes à la suite de la guerre des Six-Jours, la légende du meurtre rituel juif avait été réactivée en même temps que le mythe du complot juif mondial, ce dont témoigne les nombreuses rééditions des Protocoles des Sages de Sion au Proche-Orient. Mais la vision conspirationniste du « sionisme » est restée longtemps dominante dans la rhétorique anti-israélienne, en dépit de l’inflexion provoquée par la dénonciation orchestrée des massacres de Sabra et Chatila (16-17 septembre 1982), perpétrés par des phalangistes chrétiens et abusivement attribués à Tsahal.

Les voies de la criminalisation des « sionistes »

La criminalisation des « sionistes » est devenue un thème majeur de propagande avec l’application du schème du meurtre rituel aux opérations israéliennes de maintien de l’ordre à l’époque de la première Intifada (lancée le 9 décembre 1987), où les jeunes Palestiniens étaient cyniquement placés en première ligne, voués à faire des victimes idéologiquement exploitables. D’une façon croissante à partir de la seconde Intifada, en réalité la première guerre israélo-palestinienne, lancée le 29 septembre 2000, les « sionistes » ont été construits et dénoncés par leurs ennemis comme des « tueurs d’enfants ». L’exploitation internationale, par la propagande anti-israélienne, des images de la mort supposée du jeune Palestinien Mohammed al-Dura a marqué l’entrée dans ce nouveau régime d’accusation des « sionistes », et, par synecdoque, Juifs. Le stéréotype du Juif comme « criminel rituel » était réinventé et adapté au nouveau contexte de l’affrontement israélo-palestinien.

Sur la représentation du meurtre rituel attribué aux « sionistes » s’est greffé un abominable retournement contre eux d’une accusation visant historiquement un aspect significatif de la «Solution finale» mise en oeuvre par les nazis, à savoir l’extermination physique des femmes et des enfants juifs par gazages ou par fusillades. Rappelons les terribles propos, hautement révélateurs, tenus par le Reichsführer SS Heinrich Himmler devant les Reichsleiter et les Gauleiter à Posen, le 6 octobre 1943 : « La question suivante nous a été posée : “Que fait-on des femmes et des enfants ?” – Je me suis décidé et j’ai là aussi trouvé une solution évidente. Je ne me sentais en effet pas le droit d’exterminer les hommes – dites, si vous voulez, de les tuer ou de les faire tuer – et de laisser grandir les enfants qui se vengeraient sur nos enfants et nos descendants. Il a fallu prendre la grave décision de faire disparaître ce peuple de la terre.» Quelques mois plus tard, le 16 décembre 1943, dans un discours adressé aux commandants de la Marine de guerre à Weimar, Himmler ajoutait : « Je serais un lâche et un criminel vis-à-vis de nos descendants si je laissais grandir les enfants pleins de haine de ces sous-hommes abattus dans le combat de l’homme contre le sous-homme. 8» Himmler recourt ici à la catégorie d’Untermensch telle qu’elle était définie d’une façon aussi vague que variable dans les publications internes de la SS, où « le Juif » était caractérisé soit comme une variété particulière et particulièrement répulsive de « sous-homme », dont l’attribut principal était d’être une puissance nuisible - incarnant une menace de mort -, soit comme le « maître » ou le « guide » satanique du « sous-homme ».

Ces crimes réellement commis par les nazis contre le peuple juif, les nouveaux ennemis des Juifs les attribuent désormais aux Juifs eux-mêmes. Il n’est pas de pire calomnie : avec ce retournement de l’accusation de crime génocidaire est atteint le stade suprême de la diffamation d’un groupe humain. C’est sur cette base idéologique et sur ce mode rhétorique que s’est opérée, au cours des années 1990 et 2000, une extrémisation de l’accusation de « racisme » visant les Juifs en tant que «sionistes». Dans l’antisionisme démonologique contemporain, on retrouve les deux grandes accusations déjà présentes dans la judéophobie antique : l’accusation de «haine du genre humain» ou de «misoxénie» (devenue l’accusation de «racisme») et celle de meurtre rituel ou de cruauté sanguinaire, supposée constituer chez les Juifs une seconde nature (accusation transformée en celle de «génocide» ou de «crime contre l’humanité», et illustrée par la figure répulsive du soldat israélien «tueur d’enfants palestiniens»). C’est sur cette base que s’est opérée la grande instrumentalisation de l’antiracisme qui nourrit le discours « antisioniste » depuis une quarantaine d’années.

À cette dimension mytho-politique de l’antisionisme radical ou absolu s’est ajoutée une dimension magico-religieuse, liée à l’importance croissante prise par les références à l’islam dans le traitement symbolique de la question palestinienne. La théologie musulmane a fortement contribué à l’entreprise de déshumanisation des Juifs, tout particulièrement après la guerre des Six-Jours, qui marqua l’effondrement des illusions du nationalisme arabe incarné par Nasser. Le fondamentalisme islamique a commencé alors à prendre la relève du nationalisme modernisateur dans l’offensive idéologique contre Israël et le « sionisme mondial ». Lors du quatrième congrès de recherches islamiques, organisé à l’Université al-Azhar du Caire en septembre 1968, la plupart des théologiens arabes réunis présentèrent les Juifs à la fois comme des « ennemis de Dieu » et des « ennemis de l’humanité ». À travers cette réinvention du Juif comme «fils du diable», la déshumanisation se radicalisait en une inhumanisation de l’ennemi : le registre polémique des métaphores bestialisantes (les Juifs comme «singes», «porcs» ou «chiens») était marginalisé au profit du registre des métaphores diabolisantes et criminalisantes, permettant de construire un ennemi absolu, absolument redoutable, plutôt qu’un ennemi méprisable, répugnant, répulsif. Un an après la guerre de Kippour, en 1974, Abdul Halim Mahmoud, directeur de l’Académie de recherche islamique, pouvait affirmer dans un livre intitulé Jihad et victoire : « Allah ordonne aux musulmans de combattre les amis de Satan où qu’ils se trouvent. Parmi les amis de Satan – en fait, parmi les principaux amis de Satan à notre époque – se trouvent les Juifs.»

Avec la création du Hamas à la fin des années 1980, ces deux modes de démonisation des Juifs - le nationaliste arabe et le fondamentaliste islamiste - ont fusionné. Par la suite, dans les années 1990 et 2000, le nationaliste «laïque» Yasser Arafat lui-même – à l’instar du «laïque» Saddam Hussein - a invoqué Allah et appelé au jihad, voire célébré la mort en «martyr». Dans un discours retransmis le 26 janvier 2002 par la chaîne de télévision officielle de l’Autorité palestinienne, Arafat déclarait lors d’une rencontre avec une délégation des Palestiniens de Hébron : «Oui, frères, avec nos âmes et avec notre sang nous te délivrerons, ô Palestine. (…) Allah est grand ! Gloire à Allah et à son prophète ! Jihad, jihad, jihad, jihad, jihad ! (…) Nous ne défendons pas la Palestine en tant que Palestiniens. Nous la défendons plutôt au nom de la nation arabe, au nom de la nation islamique (…)». De ses bureaux à Ramallah, fin mars/début avril 2002, dans un contexte où, au nom d’Allah, il appelle cyniquement son peuple à se transformer en « millions de martyrs », le vieux leader n’hésite pas, dans de multiples interventions télévisuelles, à instrumentaliser le thème de la «défense des lieux saints » : «Allah, donne-nous de mourir en martyrs en défendant les lieux chrétiens et musulmans qui sont sacrés pour Toi (…). Nous sommes en première ligne, et ce peuple défend ces lieux saints.» L’antisionisme radical a été ainsi doté d’une double légitimation, politique (nationaliste) et religieuse (islamique), les variations du discours antisioniste se réduisant à des différences d’accentuation au sein d’un même espace idéologique. Le nouveau stéréotype composite du « sioniste », comme « raciste » ou héritier du nazisme (donc impérialiste et génocidaire) et comme « enfant du diable » ou « ami de Satan » (donc menteur, conspirateur, assassin), était mis en orbite, prêt à fonctionner contre les Juifs en général.

Les avatars d’un amalgame : « sionisme = racisme », ou l’antiracisme perverti

La propagande tiers-mondiste et propalestinienne a fait de l’amalgame « sionisme = racisme », depuis la fin des années 1960, l’un de ses thèmes préférentiels. Massivement diffusé par les pays arabes et l’empire soviétique, cet amalgame polémique a été fortement et mondialement légitimé par la honteuse Résolution 3370 adoptée le 10 novembre 1975 par l’Assemblée générale de l’ONU, condamnant le sionisme comme «une forme de racisme et de discrimination raciale». Cette Résolution ne sera abrogée que le 16 décembre 1991. Mais l’accusation de «racisme» avait été mise en orbite. Elle s’était inscrite dans le discours «antisioniste» d’usage international. Au cours des années 1990 et 2000, elle apparaîtra dans la propagande anti-israélienne ou «antisioniste» (visant «l’entité sioniste») en étant associée à d’autres modes de diabolisation : le «sionisme » assimilé à un « impérialisme», à un «colonialisme», à un «fascisme», voire réduit à une résurgence ou à une nouvelle forme du «nazisme». On connaît le défilé des accusations associées, variant sur le thème du meurtre de masse : «massacres» et «carnages», crimes de guerre, crime contre l’humanité, «méthodes nazies», «génocide», «nouvelle Shoah». Dans les manifestations dénonçant l’offensive israélienne contre le Hamas dans la bande de Gaza, en janvier 2009, toutes ces accusations furent mises en slogans. Le 4 janvier 2009, lors d’une manifestation anti-israélienne de quelques centaines de personnes (surtout des jeunes), Anais Antreasyan, présidente de la section genevoise de Génération Palestine, appelait à la mobilisation «contre ce crime contre l’humanité qui se fait en toute impunité»16. Le même jour, l’ancien porte-parole de la mosquée de Genève, Hafid Ouardiri, fustigeait «l’État sioniste qui, prétextant la sécurité, use de méthodes nazies».

L’une des plus significatives manifestations internationales de ce pseudo-antiracisme visant le sionisme et Israël aura été la première Conférence mondiale contre le racisme, organisée à Durban (Afrique du Sud) au début de septembre 2001, quelques jours avant les attentats antiaméricains du 11 septembre18. La Conférence de Durban a montré que la démonisation «antiraciste» d’Israël et du «sionisme» restait le principal geste rituel des nouveaux judéophobes. Mais l’accusation de «racisme» véhiculant une série d’autres accusations diabolisantes et criminalisantes, qui culminent dans celle d’extermination et de génocide, une nouvelle figure du Juif comme ennemi absolu a été construite. Condamner l’État d’Israël comme «État raciste», en l’assimilant au Troisième Reich ou au régime sud-africain d’apartheid, c’est le vouer à la destruction. On ne discute pas avec l’ennemi absolu, on l’élimine physiquement. Très actif à Durban, Massoud Shadjareh, qui préside l’Islamic Human Rights Commission, y a notamment déclaré : «Le sionisme est une idéologie diabolique, fondamentalement raciste, qui doit être éradiquée de notre société.» Le même agitateur islamiste dénonce l’«islamophobie» comme une «atteinte aux droits de Dieu». Deux journalistes françaises présentes à Durban témoignent de ce qu’elles y ont vu et entendu : «Dans les rues, des radicaux islamistes sud-africains, rejoints par des extrémistes venus pour la Conférence, manifestaient contre “l’holocauste des Palestiniens” aux cris de “sionisme = racisme”. Au forum des ONG, l’Union des avocats arabes avait loué un stand pour y vendre les Protocoles des Sages de Sion. Le même stand exposait des dessins montrant des Juifs aux nez crochus, où l’étoile de David était systématiquement associée à des croix gammées. Sans que cela choque.»

(...) l'article de Pierre-André Taguieff étant trop long pour être publié en totalité sur ce bloc-notes, je vous invite à le lire en intégralité en cliquant ici .

° Le retour de la question juive, ou la nouvelle propagande  antisioniste, de Pierre-André Taguieff, texte intégral.

Par Bruno Guigue — 23 août 2017

Hormis les réactionnaires qui pensent que les hiérarchies sociales sont fondées en nature et qu’il y a des hommes faits pour commander et d’autres pour obéir, tout le monde est d’accord pour dire qu’il faut défendre les droits de l’homme. Mais il faut admettre que les uns et les autres ne parlent pas de la même chose. Si l’on entend par cette expression la possibilité pour chacun de jouir du bien commun, alors l’accès à l’emploi, au logement, aux soins et à l’éducation fait partie des droits de l’homme – ou des droits humains, ne jouons pas sur les mots – au même titre que la liberté d’expression ou le choix de son orientation sexuelle. Prendre au sérieux les droits de l’homme, c’est y inclure les droits collectifs, c’est-à-dire la possibilité de vivre dans des conditions matérielles décentes.

Les militants des droits de l’homme, pourtant, ne s’intéressent qu’aux droits individuels et délaissent ostensiblement les droits collectifs. Que des individus soient emprisonnés ou empêchés de s’exprimer par des gouvernements autoritaires leur est insupportable, mais que des masses d’affamés subissent la loi d’airain du capital mondialisé leur est indifférent. Leur compassion pour l’humanité souffrante est étrangement sélective. Ils ne se mobilisent que pour des minorités ou des individus isolés, ils agissent au cas par cas en sélectionnant les individus ou les groupes qu’ils jugent dignes de leur attention, et on ne les voit jamais prendre fait et cause pour une classe socialement opprimée.

Le vocabulaire de la plupart des ONG – majoritairement anglo-saxonnes – en témoigne clairement. Elles entendent combattre la discrimination et non l’exploitation, l’exclusion et non la pauvreté, la privation de liberté infligée à quelques-uns et non la misère imposée au grand nombre. Leur philosophie est celle de l’individualisme libéral, qui ne connaît que des individus porteurs de droits et se soucie peu de savoir s’il y a parmi eux des riches et des pauvres. Ne parlons pas de la lutte des classes, ce gros mot qu’elles ne veulent même pas entendre prononcer. La seule lutte qui compte à leurs yeux, c’est celle qui vise à aligner des individus abstraits sur un standard restreint aux libertés formelles – et individuelles – en oubliant allègrement que ces libertés n’existent que sous certaines conditions.

Pour tout dire, le droit-de-l’hommisme ordinaire occulte le fait que ces libertés individuelles ne sont effectives que si les droits collectifs sont garantis par des structures sociales qui les favorisent. En d’autres termes, les droits individuels ne sont réels que si les individus sont correctement nourris, logés, éduqués et soignés, et ces conditions ne sont réunies à leur tour que si un rapport de forces entre classes sociales les inscrit dans la durée. Bref, les droits-de-l’hommistes oublient tout bonnement que les individus ne sont rien sans la société et que les droits individuels dont on réclame l’application ne sont que du vent si la société est divisée en dominants et dominés.

Cette indifférence aux conditions d’exercice des droits dont ils font pourtant leur fonds de commerce n’est pas étonnante. Petits-bourgeois des pays riches, les défenseurs des droits de l’homme défendent les droits dont ils jouissent, dont ils pourraient jouir ou dont ils voudraient que jouissent ceux qui leur ressemblent. Pourquoi dépenseraient-ils leur énergie à lutter contre la faim dans le monde quand leur assiette est pleine ? Pourquoi se battraient-ils pour l’appropriation collective des richesses puisqu’ils n’ont aucun problème de fin de mois ? En luttant pour les droits de l’homme, ils aspergent d’eau bénite leurs états d’âme de nantis que leurs conditions d’existence n’amènent jamais à interroger les ressorts de l’oppression et de l’injustice qu’ils ont constamment à la bouche, mais sans savoir de quoi ils parlent.

Que les pauvres soient pauvres importe peu à leurs yeux, car les pauvres revendiquent en général autre chose que la reconnaissance de droits individuels rendus impossibles par l’absence de droits collectifs. Lorsque l’extrême richesse côtoie l’extrême pauvreté, revendiquer la liberté d’expression avec un minimum de sérieux impliquerait d’exiger l’expropriation des capitalistes qui contrôlent la presse afin de créer les conditions d’une information plus objective. Mais on n’a jamais entendu un droit-de-l’hommiste formuler ce genre de revendication. Le contrôle des médias ne s’expose à sa foudre vengeresse que s’il est exercé par de méchants dictateurs qui défient le nouvel ordre mondial. Pour les autres, il n’y a pas de problème.

Sélective, cette indignation pseudo-humaniste choisit ses victimes. Les autres peuvent crever. Lors de la chute du communisme, en 1991, les organisations droits-de-l’hommistes ont crié victoire. L’idéologie des droits de l’homme ayant été inventée pour lutter contre l’URSS, cette victoire finale sembla consacrer leur vision du monde. Mais aucune de ces organisations n’a souligné que les prisons soviétiques étaient vides depuis longtemps et que le totalitarisme dont la philosophie politique des années 70 faisait un mal absolu était une coquille vide. On ne s’émut pas davantage, chez les humanistes, en constatant que sous la présidence Eltsine (1991-2000) l’espérance de vie régressa de dix ans sous l’effet des réformes structurelles dictées à la Russie par le FMI. C’est normal. Les petits vieux qui meurent en masse dans le paradis capitaliste n’intéressent pas les défenseurs des droits de l’homme.

L’humanité souffrante dont se soucient des ONG pétries d’humanisme se résume à un agrégat indistinct d’individus abstraits, atomisés, dont le sort n’est intéressant que s’il témoigne d’une violation de leurs droits individuels, de préférence dans un pays exotique dont le procès est instruit par la doxa occidentale. Mais on n’a jamais vu “Amnesty International” – dont le seul intitulé relève de la publicité mensongère – s’insurger contre le fait que 800 millions de personnes souffrent de malnutrition, ou que des centaines de milliers d’ouvrières sont surexploitées par les multinationales occidentales dans les “maquiladoras” de la frontière mexicaine. On répondra sans doute que ce n’est pas l’objet social de cette organisation, et je répondrai à mon tour que c’est précisément le problème sur lequel il convient d’insister.

Cette triple sélectivité dans le choix des droits en question, des individus concernés, et enfin des pays sur lesquels on braque le projecteur, explique donc beaucoup de choses. Elle explique que l’on fasse le tri parmi les victimes en évitant soigneusement d’incriminer les structures – celles de l’exploitation capitaliste mondialisée – qui sont responsables de 90% des malheurs qui frappent l’humanité. Elle explique aussi la fascination des ONG droits-de-l’hommistes pour la défense des LGBT. La lutte contre les discriminations qu’ils subissent est légitime, mais il faut être lucide sur l’effet de cantonnement qu’elle génère. Car cette cause, aux yeux du droit-de-l’hommisme petit-bourgeois, présente l’avantage de transcender la division sociale, d’évacuer la question des rapports de classe, bref de conférer à la lutte pour les droits humains une universalité abstraite qui sert les intérêts dominants.

La sélectivité du droit-de-l’hommisme permet aussi de comprendre pourquoi la condamnation des violations incriminées épouse toujours un axe nord-sud. Aucune ONG vénézuélienne ne mène campagne contre la mainmise d’une poignée de milliardaires sur la quasi-totalité des médias en France ou aux USA. En revanche, les ONG occidentales dénoncent sans relâche les violations de la liberté de la presse au Vénézuéla, alors que la presse, loin d’y être opprimée par le pouvoir, appartient à une poignée de capitalistes qui combattent le gouvernement. Machine de guerre contre les Etats récalcitrants, le droit-de-l’hommisme bénéficie donc de financements colossaux, à l’image de ces “Casques blancs” qui jouent au djihadiste côté cour et au brancardier côté jardin grâce aux 15 millions de dollars versés par des fondations britanniques. Moyennant une trousse à maquillage, ils arrivent même à fabriquer des victimes pour émouvoir le populo scotché devant les petites lucarnes.

Ces exemples montrent également que la fonction expresse de l’idéologie droit-de-l’hommiste – servie par ces appareils idéologiques de masse que sont les ONG – est de saper la souveraineté des Etats qu’elle a pris pour cibles. De la fondation de George Soros aux officines qui participent aux conflits armés sous couvert d’action humanitaire en passant par les révolutions de couleur organisées de l’étranger, la galaxie droit-de-l’hommiste intervient partout, distribuant subventions, éléments de langage et certificats de moralité à qui-mieux-mieux dans le seul but de semer le désordre dans des pays dont la liste est fournie par la CIA et dont le seul tort est de faire obstacle à l’hégémonisme occidental. La Russie en sait quelque chose, et on comprend qu’elle ait neutralisé cette poignée d’exhibitionnistes à moitié débiles (Femen) dont l’activisme desservait les intérêts du peuple russe.

Savamment orchestrée au nom des droits de l’homme, toute cette agitation a pour but de vider de sa substance le droit des peuples à s’organiser comme ils l’entendent. Dirigée contre le droit des nations à disposer d’elles-mêmes, cette ingérence fait peser une menace d’implosion sur les sociétés dont l’essor ou la résistance déplaît à Washington, Londres ou Paris. Pratiquée à grande échelle, l’intervention militaire chez les autres n’a pas toujours donné les résultats escomptés. Elle est désormais remplacée par cette épée de Damoclès planant sur la tête de tous ceux qui osent défier l’Empire et contester le monopole du dollar. Faute de pouvoir vitrifier ses opposants étrangers à l’arme lourde, un Occident arrogant brandit alors l’étendard de l’internationalisme humanitaire. Relayé par un gauchisme qui dissout ses illusions perdues dans le pathos et oublie Trotsky avec BHL, il agite frénétiquement le miroir aux alouettes des droits de l’homme, éblouissant beaucoup de bonnes âmes qui ne voient pas que cette idéologie est le faux-nez de l’impérialisme.

L’Occident a beau croire qu’il a découvert la pierre philosophale, la conception des droits de l’homme, pourtant, n’est pas univoque. Pour les Chinois, le premier des droits est celui de ne pas mourir de faim. Cette priorité n’est pas celle de la gauche occidentale, sinon elle mobiliserait davantage d’énergie à lutter contre la faim dans le monde qu’à promouvoir les droits des minorités. Mais cette divergence n’est pas une raison suffisante pour dire que les idées chinoises ne valent rien. “A plusieurs, nous sommes moins sujets à l’erreur que lorsque nous sommes seuls à décider”, disait Aristote. On veut bien admettre qu’un milliard 379 millions de Chinois puissent se tromper, mais on peine à croire que ce soit le cas tout le temps, d’autant que leur pays qui était un champ de ruines en 1949 est aujourd’hui la première puissance économique du monde. A défaut de quelques coups bien mérités sur le museau, un peu d’humilité éloignerait homo occidentalis de son penchant indécrottable à donner des leçons à la terre entière.

Par Bruno Guigue | 23 août 2017

Source: Bruno Guigue