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WWIII : Pour Vladimir Poutine, c'est la Foi chrétienne qui sauvera le monde, mais tuer les Chrétiens d'Orient, les Orthodoxes en particulier, et les Russes en général, par les services offshores de la Papauté, ce n'est pas bien.

Publié le par José Pedro, collectif des rédacteurs dans LAOSOPHIE sur Overblog

Pour Vladimir Poutine, c'est la Foi chrétienne qui sauvera le monde

Démenti du Monde.fr pour cette citation . Ce n'est qu'un OFF en arrière pensée Maçonnique, bien compréhensible dans certains cas.

"Evoquer les racines chrétiennes de la France, c'est faire une relecture historique frelatée qui a rendu la France peu à peu nauséabonde " cette phrase sans fondement et manipulatrice, révèle bien le climat dans lequel la France est plongée depuis de nombreuses années. Elle est de Bernard Cazeneuve, ministre de l'intérieur et des cultes.

Alors que les dirigeants européens se refusent toujours obstinément à reconnaître les racines chrétiennes de l'Europe, la France n'est pas en reste, voir la déclaration de Jacques Chirac à l'époque,  le président Vladimir Poutine, lui, non seulement les reconnaît pour la Russie mais il les exalte.

Alors son célèbre discours prononcé le 19 septembre 2013, lors du Forum de Valdaï en Russie, n'a pas prit une ride et en même temps criant de vérité. « Comme on pouvait s'y attendre, on est très loin de l'apostasie tranquille d'un Jacques Chirac ou d'un François Hollande. Ce que dit ici l'orthodoxe Poutine n'est rien d'autre que ce que l'Eglise catholique soutient » précisait déjà Riposte Catholique le 16 mars 2014.

Voici un extrait du discours de Vladimir Poutine plus chrétien que jamais et fier de l'être :

" Un autre défi important pour l'identité de la Russie est lié aux événements qui ont lieu dans le monde. Cela concerne les politiques étrangères et les valeurs morales. Nous pouvons voir comment beaucoup de pays euro-atlantiques sont en train de rejeter leurs racines, dont les valeurs chrétiennes, qui constituent la base de la civilisation occidentale.

Ils sont en train de renier les principes moraux et leur identité traditionnelle : nationale, culturelles, religieuse et même sexuelle. Ils mettent en place des politiques qui mettent à égalité des familles nombreuses avec des familles homoparentales, la Foi en Dieu est égale à la Foi en Satan "

" Cet excès de politiquement correct a conduit à ce que des personnes parlent sérieusement d'enregistrer des partis politiques dont l'objectif est de promouvoir la pédophilie. Dans beaucoup de pays européens les gens sont embarrassés de parler de leur religion. Les jours de fête sont abolis ou appelés différemment : leur essence est cachée, tout comme leur fondement moral. Je suis convaincu que cela ouvre un chemin direct à la dégradation et au primitivisme, aboutissant à une profonde crise démographique et morale "'

" Quoi d'autre que la perte de la capacité à se reproduire pourrait être le meilleur témoignage de cette crise morale ?

Aujourd'hui presque toutes les nations développées ne sont plus capables de se reproduire par elles-mêmes, même avec l'aide des flux migratoires.

Sans les valeurs présentes dans la chrétienté et dans les autres religions du monde, sans les standards moraux qui se sont formés durant des millénaires, les gens perdront inévitablement leur dignité humaine "

" Nous considérons cela naturel et juste de défendre ces valeurs. On doit respecter le droit de chaque minorité à être différente, mais les droits de la majorité ne doivent pas être remis en question "

La Russie a également accepté de renouer avec son rôle traditionnel de protectrice des chrétiens d'orient, une responsabilité que l'occident a du mal à mettre en place. 

Le Kremlin veut assurer ce " devoir moral " pour lequel prie le Vatican. Le Pape François et Vladimir Poutine se retrouvent unis sur cette ligne où se joue, en partie, la survie des peuples européens : La défense des valeurs chrétiennes dans le monde moderne. Par contre pour le Pape il vaudrait mieux que ce soit Philippe de Villiers et ses parcs d'attractions qui le remplace.

" Combien de temps faudra-t-il encore pour que les dirigeants occidentaux acceptent ce que le Pape a compris avant eux ? " se demande Frédéric Pons dans Valeurs Actuelles.

Eric Muth                                         

 

Patriarche de Moscou, chef de la toute puissante Eglise orthodoxe de Russie, Cyrille est devenu l'allié numéro un de Vladimir Poutine, de sa politique anti-occidentale, de sa défense des valeurs traditionnelles, de son combat contre l'indépendance de l'Ukraine, berceau et patrimoine légitime de l'orthodoxie russe.

Vladimir Poutine et Cyrille, le 4 novembre 2014 à Moscou. REUTERS/Mikhail Metzel/Ria Novosti/Kremlin

En janvier 2009, l’élection du «jeune» patriarche Cyrille (alors 62 ans), né Vladimir Mikhaïlovitch Goundiaïev, à la tête de la toute puissante Eglise orthodoxe de Russie (plus de cent millions de fidèles) avait été saluée dans le monde comme une promesse d’ouverture. La promotion de cet intellectuel brillant, responsable des relations extérieures du patriarcat de Moscou et personnalité connue à l’Ouest, semblait indiquer une volonté de rupture avec les réflexes isolationnistes que cultive l’orthodoxie russe depuis le XIXe siècle et la chute du communisme. Et elle augurait d’une entrée de plain-pied dans l'ère moderne d’une Eglise réputée pour son ritualisme liturgique, sa rigidité dogmatique, ses replis nationalistes.

Près de six ans plus tard, il y a de quoi déchanter.

Sous l’effet de la crise ukrainienne en particulier, le patriarche Cyrille est devenu l’un des principaux relais du discours nationaliste triomphant dans la Russie poutinienne. C’est lui qui promeut la doctrine du «monde russe» (Russkiy mir), englobant non seulement la Russie, la Biélorussie et l’Ukraine, mais «s’étendant sur les espaces de l'Eurasie» (discours du 14 mars 2014). C’est lui encore qui entretient la mémoire de la résistance d’autrefois aux envahisseurs polonais et aux risques d’une «latinisation» (occidentalisation, catholicisation) qui «aurait signifié la destruction totale des fondements civilisationnels de la Russie, sa soumission à des forces extérieures».

Intraitable défenseur de l'«identité spirituelle» du pays contre la «décadence morale» de l’Occident –illustrée, entre autres, par le développement des mariages gays–, contre le libéralisme économique débridée qui y règne, contre l'«hégémonisme» américain et la menace de l’islam dans le Caucase et en Europe de l’Ouest, le patriarche «de toutes les Russies», qui avait déjà apporté son soutien à Vladimir Poutine lors de la campagne présidentielle de 2012, est devenu l’allié numéro un du maître du Kremlin.

Son attitude est sans doute conforme à la tradition byzantine et à l’histoire de la Russie impériale où le patriarche jouit d’un double pouvoir spirituel et politique. Mais on aurait pu croire que, par sa formation et ses relations en Europe et jusqu’au Vatican, par sa volonté proclamée d’aggiornamento de son Eglise, Cyrille conduirait plutôt une ligne de rapprochement avec l’Occident, avec le pape, avec le siège de Constantinople, celui du patriarche Bartholomée, qui dispose dans le monde orthodoxe de la primauté historique et honorifique, mais pèse peu face à la tentation hégémonique de l’Eglise russe, à sa puissance numérique et politique.

L'enjeu de l'Ukraine

L’Ukraine est devenu le champ principal du raidissement idéologique de l’Eglise russe. Dans ce pays en guerre, le patriarche Cyrille défend son patrimoine historique et culturel, son appareil institutionnel, ses paroisses et ses finances.

En effet, malgré l’indépendance de l’Ukraine en 1991, l’Eglise orthodoxe (dont Kiev est le berceau depuis le baptème du prince Vladimir en 988) est restée inféodée au patriarcat de Moscou. Elle est toujours l’Eglise officielle et majoritaire, dite «canonique», mais elle se trouve sous la concurrence croissante d’une jeune Eglise nationale ukrainienne, dite «dissidente», créée après l’indépendance et conquérante depuis les événements de Maïdan il y a un an. Pour Yves Hamant, spécialiste des pays de l’Est, «l’aspiration à la restauration de l’unité orthodoxe, au sein d’une unique Eglise orthodoxe autocéphale, se renforce». L'«autocéphalie» de l’Ukraine –la rupture avec Moscou– n’est pas pour demain mais, souligne Yves Hamant, «la perspective gagne du terrain».  

De même, la révolution de Maïdan a-t-elle réveillé l’historique contentieux avec l’Eglise gréco-catholique (dite «uniate»), de rite orthodoxe, mais de juridiction catholique romaine. Très présents dans la partie occidentale du pays, le clergé et les fidèles gréco-catholiques se montrent actifs dans le processus de démocratisation de l’Ukraine et soutiennent les nouvelles équipes dirigeantes. Ancien Premier ministre par interim, Arseni Iatseniouk est par exemple un gréco-catholique pratiquant.

Ce qui indispose fortement le patriarche Cyrille. Son homme de confiance, le métropolite Hilarion, cultivé, polyglotte, musicien à ses heures, sillonne l’Europe depuis un an pour la mettre en garde contre les visées indépendantistes et les prétendues violences fascistes commises contre des églises orthodoxes en Ukraine. Participant récemment, comme simple «observateur», au synode du Vatican sur la famille, le métropolite Hilarion s’en est saisi comme d’une tribune pour dénoncer... les agissements de l’Eglise catholique en Ukraine. Des attaques qu’il allait renouveler le 17 octobre devant le pape François en personne et même devant Benoît XVI, pourtant retiré dans un petit couvent. Ce forcing auprès des plus hautes autorités catholiques a choqué l’opinion catholique.

Certes, le patriarche Cyrille lance des appels réguliers à la modération en Ukraine. Il répète que l’Eglise doit se tenir au-dessus de la mêlée. Le 18 mars, juste après l’annexion de la Crimée, il s’était abstenu de participer à une célébration solennelle réunissant, outre le président Poutine, les chambres du Parlement, les gouverneurs et représentants de la société civile. Mais Cyrille paraît aujourd’hui disqualifié pour servir de médiateur à la frontière orientale. Son nom n’est même plus cité dans la liturgie par certains prêtres ukrainiens de l’Eglise officielle. Trop proche du Kremlin, il n’est pas un interlocuteur valable pour les parties en conflit.

De même, depuis si longtemps évoquée, l’hypothèse d’une rencontre entre le pape de Rome et le patriarche de Moscou n’est plus du tout à l’ordre du jour. Un tel geste de rapprochement ne serait pas possible dans le climat de déchaînement nationaliste qui règne aujourd’hui en Russie. L’opposition démocratique fait volontiers la comparaison entre le pape François, réputé proche des pauvres et des faibles, vivant sans faste au Vatican, et le patriarche Cyrille, son train de vie coûteux, son goût pour les montres de prix, les limousines, les belles résidences, chef d’une hiérarchie autoritaire, distante du peuple et du clergé de base.

La défense de la Russie chrétienne

A la chute de l’Union soviétique, la religion avait été perçue comme une alternative au communisme après une persécution antichrétienne qui avait été la pire de l’histoire. La restauration des cathédrales et des églises, l’accroissement considérable du nombre des baptêmes et des mariages religieux dans un pays qui avait connu l’athéisme d’Etat, attestaient d’une authentique résurrection spirituelle. Mais trente ans après, abritée derrière ses privilèges (exemptions de taxes, restitution de propriétés, accès aux médias étatiques), l’Eglise du patriarche Cyrille fonctionne sur un modèle qui n’est guère différent de ce qui existait à l’époque impériale.

Elle sert d’idéologie de rechange à un régime nationaliste, comme le déplorait le journaliste d’opposition Konstantin von Eggert lors d’un colloque à l’université de Fribourg (Suisse) en novembre 2013: 

«Pour elle, [les valeurs de modernité et de démocratie] ne sont non seulement des valeurs étrangères, mais encore des valeurs dangereuses pour l'Eglise, une menace contre ses principes doctrinaux. Le monde occidental est vu comme porteur de valeurs contraires à l'orthodoxie: l'Ouest veut imposer ses propres valeurs, comme les droits de l'homme, une éthique sexuelle considérée comme dénaturée; à preuve le mariage gay! L'Eglise orthodoxe veut être celle qui conserve les valeurs et les attitudes traditionnelles. Elle se considère comme la gardienne de ce qui ne doit pas être changé. Pour elle, le monde séculier menace l'Eglise

Le thème de la défense des valeurs chrétiennes, qui serait incarnée par Vladimir Poutine et son «aumônier» le patriarche Cyrille, cimente les alliances en cours avec les milieux catholiques traditionalistes et les partis d'extrême droite en Europe, notamment le Front national.

On sait comme Marine Le Pen est en cour à Moscou, mais ce n’est pas tout. Des sites comme Le salon beige, Riposte catholique, Chrétienté-info, Medias-Presse-Info (proche de Civitas) citent sans distance la propagande officielle de la Russie à propos de l'Ukraine. Deux médias russes diffusés en France –La Voix de la Russie et ProRussiaTV (sur le web)– relaient les thèses de la Manif pour tous et interviewent régulièrement ses dirigeants. En juin 2013, Aymeric Chauprade, député européen du Front national, conseiller de Marine Le Pen, a conduit à Moscou une délégation d'adversaires de la loi Taubira. Le mois suivant, c’est un think tank russe dirigé par l’historienne nationaliste Natalia Narotchnitskaia, appelé l’Institut de la démocratie, qui organisait à Paris un colloque sur la défense de la famille avec Christine Boutin et Béatrice Bourges, du Printemps français.

La campagne anti-occidentale du Kremlin et du patriarche séduit certains milieux de la droite conservatrice et des mouvements de défense du mariage traditionnel et de la vie (en d'autres termes contre l'avortement) qui sont, pour la plupart, dans l’ignorance des réalités russes.

On l’a vu début 2014, quand une délégation catholique proche de la Manif pour tous et conduite par un évêque français (Mgr Aillet, de Bayonne), s’est rendue naïvement à Moscou, reçue par des autorités, provoquant un mini-scandale dans les rangs de la hiérarchie en France. Comment cautionner, sans discernement, ni critique, une propagande visant à défendre les valeurs traditionnelles de la Russie et à restaurer une Europe chrétienne dont le président Poutine et le patriarche Cyrille seraient aujourd’hui les meilleurs garants?

 

Henri Tincq

Henri Tincq (242 articles)
Journaliste

, S'il vous plaît... ne polémiquons pas... Hier à Lourdes, grâce au dispositif de sécurité, la Vierge Marie l'est restée et n'a pu effectuer sa dormition habituelle, comme nous tous elle attend que l'Etat d'Urgence cesse et que les Bombardements de la France et de la coalition ciblés sur les Chrétiens d'Orient, mais pas que .., sur les Musulmans Chiites, qui ont enlevé de leur Islam les passages ou l'on doit tuer le Mécréant, sur les sunnites rien à redire, entre catholiques et sunnites on a l'habitude de se tuer, c'est prévu dans la Bible et dans les hadiths, et toutes nos croisades bénies respectueusement des deux côtés d'un même Dieu, ne sont pas pour lui déplaire. 

A Lourdes, Bernard Cazeneuve dit aux catholiques sa "solidarité de vouloir Plaire à Dieu et à son Tribunal". Afp

Suivant un appel de Bernard, il me dit que seule sa solidarité avec les Cathos et en jeu! de son côté Dieu n' a rien dit, mais il n'en pense pas moins.

Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve rencontre des membres des forces de l'ordre le 13 août 2016 lors de sa visite à Lourdes / AFP

Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve rencontre des membres des forces de l'ordre le 13 août 2016 lors de sa visite à Lourdes / AFP, le 15, il a évité de venir des fois que la sécurité ne soit pas fiable à 100%.

Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, qui en a bien besoin, a exprimé samedi à Lourdes (Hautes-Pyrénées) sa "solidarité" avec les catholiques, en inspectant le dispositif de sécurité exceptionnel mis en place pour le pèlerinage de l'Assomption face à la menace terroriste.

Jésus de Nazareth et d'ailleurs, qui est passé le 15 en disant "maman",  "ne te fatigue pas tous les ans", "moi j'ai décidé de m'appeler YES-HUA-ISSA-IESOUS pour me conformer aux religions du livre, car au début il n'y en avait qu'un, le mien", "je suis donc revenu pour mes droits d'auteur, et pour éviter que l'on parle pour moi", "regardez tous ces beaux soldats romains qui viennent me protéger quand je ne suis pas là, et qui me mettent en croix dès qu'ils me voient, pour sauver l'humanité", "par contre pas un mot de ma femme, l'Apôtre des Apôtres, la Madeleine".

Des évêques français aux côtés des Irakiens dans Mossoul libérée deLaCroix, on y parle de tombes saccagées, de statue de la vierge en métal doré, d'Eglises épargnées avec les maisons avoisinantes encore debout, qui ont bénéficié de la proximité du Vatican, mais rien n'est dit sur le saccage de la Coalition et sur les Mossoulais libérés sous les gravats de leurs maisons qui n'ont pas pu fuir.

La Croix de Bois contre le Cœur du Christ

Mossoul outragé, Mossoul brisé, Mossoul martyrisé mais Mossoul libéré par un cardinal et un patriarche Chaldéen de l'église catholique orientale!

le Cardinal Philippe Barbarin accompagne le patriarche Raphael Sako dans les ruines l’église du St Esprit à Mossoul le 25 juillet 2017. / Safin Hamed/AFP

Sa forme en rotonde est toujours élégante, mais il ne reste rien du riche décor intérieur. « Ils ont arraché toutes les plaques de marbre ! » se lamente Mgr Raphaël Sako, en entrant dans l’église du Saint-Esprit à Mossoul. Très ému, le patriarche de l’Église chaldéenne, retourne pour la seconde fois dans la grande cité qui a été libérée de l’emprise de Daech, il y a seulement quelques semaines.

Pour cette occasion, il est accompagné du cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon, qui, depuis trois ans, a sensibilisé son diocèse à la question des chrétiens d’Orient et jumelé son diocèse avec celui de Mossoul.

Vierge de Fourvière

En visite pastorale en Irak, le cardinal Barbarin a tenu à venir à Mossoul avec le patriarche, pour déposer symboliquement une petite Vierge en métal doré, copie de celle qui domine la basilique de Fourvière à Lyon « en signe d’Espérance ».

À lire aussi : À Mossoul, les habitants attendent le retour des chrétiens (qui ont fuit, laissant les autres sous les bombes de la coalition, l'ambassade prévenait)

Cette vierge attendait à Erbil, au Kurdistan voisin, depuis 2014, que la ville irakienne soit libérée. Pieds nus dans la grande nef dévastée, Sa Béatitude Louis Sako et quelques prêtres chaldéens entonnent un chant en arabe. La délégation française poursuit avec un « Je vous salue Marie ». Les voix graves résonnent sous la coupole qui a perdu tous ses vitraux. Les miliciens de Daech ont aussi arraché les fers forgés décoratifs pour les revendre.

Les visiteurs se rechaussent et repartent en voiture jeter un coup d’œil à quelques-unes des vingt-cinq autres églises que compte Mossoul, qui abritait, avant la guerre, une importante communauté chrétienne. Daesh les a tous chassés.

Cité antique de Ninive

Côté ouest, la ville n’est pas encore très sécurisée. La délégation restera plutôt à l’Est du Tigre, du côté des quartiers qu’on appelle encore Ninive, du nom de la cité antique. « Si nous pouvions nous rendre au centre-ville, explique le patriarche au cardinal Barbarin, vous verriez que nous avions des églises du Xe et même du Ve siècle, car le christianisme est très ancien dans cette région du monde, la Mésopotamie. »

Mais à voir celles de Ninive, Daech semble n’avoir épargné aucune d’entre elles : qu’il s’agisse de l’église assyrienne des Martyrs, l’église syriaque catholique de l’Annonciation, la cathédrale syriaque orthodoxe Saint-Ephrem, le désastre est le même. Tout est brisé. Vandalisé. Des expressions telles « l’État islamique régnera pour mille ans » sont peintes sur les murs.

À l’église chaldéenne Saint-Paul, la tombe de Mgr Rahho, enlevé en 2008 et retrouvé mort, a été saccagée, ce qui trouble aux larmes Mgr Marc Stenger, évêque de Troyes, président de Pax Christi et membre de la délégation française, qui était son ami.

À lire aussi : Saint-Thomas, l’église rescapée de la bataille de Mossoul

À Mossoul, la vie quotidienne trépidante et bruyante a repris ses droits dans les artères. Mais les preuves des combats et des bombardements sont multiples et très peu de bâtiments stratégiques touchés ont déjà été déblayés.

Les églises ciblées

Ce qui frappe cependant, c’est que dans les quartiers épargnés où se situent ces églises, les maisons cossues fleuries de bougainvilliers qui les entourent sont intactes. La destruction a été systématique et ciblée.

À l’heure qu’il est, tous les chrétiens de Mossoul ont fui et hésitent à revenir dans une ville où ils ne se sentent plus les bienvenus. Le gouvernement irakien et les différentes Églises auront fort à faire pour les persuader qu’ils ont leur place ici. « Il faut persévérer », assure pourtant le patriarche Sako en enjambant les gravats mêlés de vestiges de munitions qui souillent la cour de Saint-Paul. « Le mal n’a pas d’avenir ».

« Les jésuites peuvent aider les chrétiens à se structurer intérieurement en devenant Franc-Maçon et fier de l'être»

Le Père Boëdec est à la tête de la nouvelle Province occidentale francophone, fruit d’une fusion entre la Province de France et celle du Luxembourg et de Belgique méridionale qui se réunissaient ce week-end à Namur.

Il revient sur les défis qui attendent les jésuites au service de l’Église comme de la société dans son ensemble.

Père François Boëdec, provincial de la Province occidentale francophone. / Bruno LEVY/CIRIC

La Croix : Dans un monde de plus en plus fracturé, où et comment les jésuites peuvent-ils être les plus utiles ?

Père François Boëdec : Nous sommes aujourd’hui dans des mutations profondes qui bousculent les conceptions traditionnelles, culturelles, religieuses et mêmes anthropologiques. La société est aussi travaillée par de nombreuses peurs, légitimes ou non. Dans tout cela, on perçoit une quête de sens chez beaucoup de nos contemporains.

Dans ce contexte, la création d’une nouvelle province jésuite ne peut pas être seulement une réorganisation administrative : elle doit être l’occasion d’un renouvellement spirituel et apostolique. L’un des enjeux d’aujourd’hui est de combattre ces peurs qui traversent la société.

Le chrétien doit être au service d’un certain type de parole. On le voit bien dans nos sociétés : dès que la parole est faussée, le vivre ensemble est attaqué. C’est là où la « conversation spirituelle », chère aux premiers compagnons d’Ignace de Loyola, trouve toute sa place. Elle ne se limite pas à la dimension strictement spirituelle, mais touche aussi la vie de famille, les questions de travail, et aussi les questions politiques… mais de manière spirituelle.

à lire : Former des laïcs à l’accompagnement spirituel, c’est possible

Comment comptez-vous poursuivre votre mission sociale ?

P. F. B. : Il nous semble fondamental de tenir ensemble l’annonce de la foi et la promotion de la justice. Cela passe par le souci des plus pauvres, des exclus, des fragiles de notre société, qui précisément n’ont pas le droit à la parole. Le Service jésuite des réfugiés, par exemple, est très engagé dans cette dimension.

à lire : Réfugiés et demandeurs d’asile font une retraite dans un centre jésuite

Cette mission passe aussi par une réflexion avec d’autres sur les enjeux de nos sociétés. Le Centre d’études et d’action sociale (Ceras) en France ou le « Centre Avec » en Belgique apportent leurs contributions à ces débats. Mais nous sommes aussi présents à l’autre bout de la chaîne, par exemple en aidant des personnes en situation de responsabilité à entendre ce que l’Évangile peut leur dire.

Quelles sont vos priorités pour les jeunes, qui, en Europe, semblent de plus en plus désengagés de la foi ?

P. F. B. : Aujourd’hui, beaucoup de nos contemporains sont comme happés dans un certain tourbillon. Les jeunes, particulièrement, ont besoin d’être accompagnés, pour leur permettre d’accéder à une intériorité et une profondeur, pour se structurer intérieurement. Mais cette structuration intérieure indispensable ne signifie pas un enfermement sur soi pour se protéger du monde. Il s’agit davantage de construire une charpente intérieure qu’une armure.

Notre réseau d’établissements scolaires et universitaires est au service de cette mission, tout comme les différentes propositions pour découvrir et grandir dans la foi faites par le « réseau Magis ».

Avec son exhortation Amoris Laetitia, le pape met l’accent sur l’accompagnement individuel. Pouvez-vous aider à former les prêtres à cet exercice ?

P. F. B. : L’accompagnement, le discernement sont en effet très présents dans le charisme ignatien : discerner c’est mettre à la lumière ce qui au départ ne l’est pas afin de choisir avec le Seigneur. Les Exercices spirituels sont une grande aide pour cela. Nous essayons d’être le plus disponibles possible pour répondre aux demandes. Beaucoup de prêtres et de laïcs viennent puiser dans la tradition ignatienne, dans nos centres spirituels ou nos lieux de formation, en Belgique comme en France, des éléments qui les aideront dans leurs missions.

La spiritualité ignatienne souffre parfois d’une image élitiste. Comment la faire connaître au plus grand nombre ?

P. F. B. : C’est un cliché qui nous poursuit à travers les siècles, avec le côté « intello » qui peut faire peur. En fait, l’intelligence spirituelle se nourrit du quotidien, de lectures, de rencontres qui nous amènent à nous poser les vraies questions. Un chrétien ne doit pas se contenter de demeurer dans l’affectivité spirituelle : Jésus ne nous fait pas seulement « du bien ». Il nous appelle aussi à nous décentrer, et à le chercher et le suivre dans ce monde. Le travail de l’intelligence est une dimension importante de la vie chrétienne. J’espère que lorsque l’on rencontre personnellement un jésuite, beaucoup des clichés tombent d’eux-mêmes !

à lire : Crise au Venezuela, les jésuites lancent un cri d’alarme

                                

cas de conscience

Peut-on être chrétien et franc-maçon? réponse Oui, et c'est plus mâlain, sinon l'église Catho serait une coquille vide de sens et de messes blanches.

La récente démission demandée par Rome à l'encontre du curé de Megève (73) appartenant à une loge du Grand Orient de France nous invite à  nous interroger. Que dit l'Église à propos de la franc-maçonnerie ? Relisons le cas de conscience rédigé par le jésuite Étienne Perrot.

Sollicité par un ami qui l'invite à entrer dans sa Loge, un chrétien s'interroge : peut-on être chrétien et franc-maçon?

Non ! répondait le cardinal Ratzinger, le 26 novembre 1983, alors qu'il état préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi. Oui ! répondait le pasteur Claude-Jean Lenoir, membre du Grand Orient de France. Non ! répondait l'épiscopat allemand le 12 mai 1980 au nom d'une différence de doctrine et de symbolisme. Non, avaient déclaré solennellement les papes Clément XII, Benoît XIV, Pie VII, et Léon XIII. Oui, il est possible d'être à la fois chrétien et franc-maçon, disait le Père Riquet, jésuite, dans Le Figaro littéraire du 22 juin 1969, ainsi que le Père Caprile dans La Civilta Cattolica du 10 novembre 1973, à la suite du Père Beyer, jésuite, doyen de la faculté de droit canonique de l'université grégorienne à Rome, qui distingue les Loges maçonniques selon qu'elles militent ou non contre l'Église.

Le récent cas du curé de Genève qui affirmait vivre "sereinement" sa double appartenance - tant pour lui ce débat est dépassé- relance le débat. Ce prêtre, ordonné en 1996 et membre du Grand Orient depuis 2001, a confié au Figaro le 25 mai dernier : « Je ne choisis pas la franc-maçonnerie contre l'Église. Ce geste n'est donc pas un combat franc-maçonnerie contre l'Église catholique. Mais c'est l'expression de ma liberté absolue de conscience dans l'institution catholique. » Devant ces réponses disparates, certains chrétiens, sollicités par un ami maçon, peuvent vivre un cas de conscience .

Le cas de conscience d'un chrétien sollicité par un ami maçon

Imaginons Éric, catholique pratiquant, engagé au Mouvement chrétien des cadres et dirigeants (MCC), marié, deux enfants, apprécié dans son milieu professionnel pour sa compétence en même temps que pour son sens social et politique. Éric est approché par un de ses amis, collègue de travail, membre d'une "association philosophique", qui lui révèle que cette association est une loge maçonnique. "Vu les valeurs dont tu témoignes, tu aurais tout à fait ta place chez les francs-maçons", lui dit-il. Éric est surpris, car la Franc maçonnerie évoque d'emblée pour lui un affairisme contraire à ses valeurs ; il pense aux découvertes du procureur de Mongolfier sur la connivence des juges maçons avec certains prévenus dans le Sud-Est de la France, aux scandales des tribunaux de commerce dans la région Ouest de Paris, et aux pressions de la Fraternelle maçonnique du Parlement concernant les lois sur l'avortement, sur le voile islamique, sur l'euthanasie...

Entre le sectarisme et la liberté de parole

"Certes, il y a des sectaires parmi nous, concède l'ami maçon, mais s'y trouvent également beaucoup de gens qui cherchent à construire une société plus humaine, libérée des a priori dogmatiques qui hypothèquent le monde religieux, et dans une liberté de parole favorisée par un rituel apte à réguler les passions. Éric reste sceptique, pensant que le "dogmatique" est mal interprété. De plus, il se méfie d'un rituel sans transcendance, qui n'est, pense-t-il, que gesticulation. "Tu rencontreras des gens de bonne volonté, très différents de ton milieu catho, des gens qui baignent dans la philosophie des Lumières, misant sur l'autonomie individuelle, écartant les arguments d'autorité, dans une absolue liberté de conscience". Éric hésite. Ce qui le tente, peut-être avec naïveté reconnaît-il, c'est la dimension politique qui semble se dégager des travaux maçonniques, dimension qu'il regrette de voir s'estomper de son univers religieux.

Selon le Code de droit canonique

"Tout se joue sur l'interprétation de l'article 2335 du Code de droit canonique de 1917, lui explique le curé de sa paroisse. Ceux qui donnent leur nom à une secte maçonnique ou à d'autres associations du même genre qui complotent contre l'Église ou les pouvoirs civils légitimement établis, contractent par le fait même une excommunication simplement réservée au siège apostolique". La référence à la Franc-maçonnerie a disparu du nouveau code de Droit canonique de 1983. L'ancien article 2335 a été remplacé par l'article 1374 qui stipule : "Que celui qui donne son adhésion à une association qui agit contre l'Église soit puni d'une juste peine". Une juste peine est une peine proportionnée au délit, précise le curé. Les francs-maçons militent-ils contre l'Église ? demande Éric. C'est la question qui divise, répond le curé. Le cardinal Seper, préfet de la Congrégation romaine pour la doctrine de la foi, prédécesseur du cardinal Ratzinger, reconnaissait que certaines loges échappent à cette condamnation. Son successeur, le cardinal Ratzinger, fut d'un avis opposé " l'inscription à ces associations reste interdite par l'Église ».

Suivre sa conscience ?

Éric s'affronte ici à un jugement de fait qui appelle autant de discernement qu'un jugement de valeur. À propos des faits, Blaise Pascal soulignait, dans sa 18e lettre provinciale, qu'il fallait s'en remettre aux constats de ceux qui y sont allés voir : "D'où apprendrons- nous la vérité des faits ? Ce sera des yeux, mon Père, qui en sont les légitimes juges" (1). Il faudrait donc que j'aille voir, pense Éric, ou me fier aux témoignages de mon ami, ou des journaux, ou des maçons déçus, car il y en a certainement, ou des autres qui y trouvent ce qu'ils cherchent. Cette pensée fit surgir une nouvelle question : qu'est-ce que j'irais voir parmi les maçons, que je ne trouve pas dans ma religion? A priori rien, puisque la Franc-maçonnerie n'est pas une religion. Éric reste cependant tenté. Car son christianisme marqué par le MCC se vit dans le monde, non pas un monde choisi et séparé, mais le monde tel qu'il est, et qu'il lui faut aimer à la manière du Christ. Et la liberté de conscience prôné par saint Thomas d'Aquin ? Reste l'autorité des pasteurs de l'Église, nécessaire comme dans toute organisation...

En ce qui concerne le curé de Megève, le communiqué de l'évêque d'Annecy, précise qu'il ne tient qu'à lui de "revenir" à l' Eglise puisque la sanction ne remet pas en cause son état de prêtre, mais juste son droit d'exercer.

1) Blaise Pascal, Lettres provinciales, Ed. Garnier Flammarion 1967, pages 265.

Chrétiens rassurez-vous, vous ne serez abordé que si votre situation financière et sociale est assez élevée, et dans l'église que si vous êtes évêque et au-dessus, avec des biens de famille. Sinon voir votre Directeur de conscience habituel, il n'y a aucune raison de changer, ou profiter du confessionnal pour faire le point, mais là c'est déjà risqué. 

P. Etienne Perrot, jésuite, mai 2013

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Propos recueillis par Delphine Allaire