WWIII : Tout va très bien pour la Moralisation de la Vie Politique d'en Marche avec la réalité.

Publié le par José Pedro, collectif des rédacteurs dans LAOSOPHIE sur Overblog

Moralisation de la vie politique... vraiment ? Retour sur les affaires du camp Macron qui est lui-même poursuivi pour fraude électorale et financement occulte!

© Christophe Archambault Source: AFP
Richard Ferrand, éphémère ministre de la Cohésion des territoires en déroutes!
 
Si la loi pour la confiance dans la vie politique a finalement été adoptée après débats et amendements, le camp d'Emmanuel Macron n'a pas toujours été exempt de tout reproche, entre l'affaire Ferrand ou les soupçons d'emplois fictifs au MoDem, en passant par un coup d'état.
 

Macron s'est pris pour le Messie, ce qui n'est pas une vraie Démocratie, et pour Jupiter en Particulier

Faites ce que je dis, pas ce que je fais ? Le projet phare du programme électoral d'Emmanuel Macron de moralisation de la vie publique, finalement adopté en session à l'Assemblée le 9 août, après de nombreux amendements, avait quelque peu été écorné au début de son mandat par de multiples affaires touchant ses ministres, contraignant parfois ces derniers à la démission. 

Soupçons de détournement de fonds : Michel Mercier et ses filles ont été entendus par les enquêteurs.

Soupçons de détournement de fonds : Michel Mercier et ses filles ont été entendus par les enquêteurs© KENZO TRIBOUILLARD Source: Reuters
Michel Mercier alors garde des Sceaux en 2012
Pris dans une tourmente médiatique qui l'a obligé à renoncer au Conseil constitutionnel qu'il briguait, l'ancien garde des Sceaux a été entendu pendant plus de cinq heures par la police pour des soupçons d'emplois fictifs au bénéfice de ses filles.

Michel Mercier et ses deux filles Véronique et Delphine ont été entendus par les enquêteurs de l'office anti-corruption de Nanterre, rapporte France Inter le 10 août 2017. L'ancien garde des Sceaux et sénateur MoDem a dû notamment décrire les conditions d'embauche de ses deux filles : Véronique, entre 2003 et 2012 et Delphine entre 2012 et 2014. 

RT France

Soupçonné de détournement de fonds, () renonce au
https://francais.rt.com/france/41830-mercier-renonce-conseil-constitutionnel-suspecte-filles-fictive …

Une enquête préliminaire, visant un éventuel «détournement de fonds publics», a été ouverte par le Parquet national financier (PNF) le 2 août sur l'homme politique, après avoir été mis en cause par le Canard Enchaîné. Le journal satirique avait révélé les conditions d'emploi de ses deux filles. Notamment : Delphine Mercier a été embauchée pendant 23 mois au Sénat, à mi-temps, pour travailler sur des dossiers culturels, alors qu'elle habitait à Londres durant cette période.

D'après France Info, le sénateur aurait apporté le 10 août des éléments aux enquêteurs sur les travaux fournis par sa fille. Il aurait notamment détaillé son emploi du temps pour montrer qu'elle se rendait fréquemment à Paris dans le cadre de son travail.

Les accusations d'emploi fictif portées par le Canard Enchaîné sont parues après que le président du Sénat Gérard Larcher a proposé que Michel Mercier entre au Conseil constitutionnel, fin juillet. Le sénateur a finalement annoncé, le 8 août, qu'il renonçait à briguer son poste à la prestigieuse institution, et qu'il préférait se concentrer sur ses mandats électifs

Ce nouveau scandale politique est le dernier d'une désormais longue liste d'affaires révélées par la presse durant la campagne présidentielle, puis durant l'ère des débats sur la loi de moralisation de la vie politique, définitivement adoptées par le Parlement le 9 août après 133 heures de débats. 

Lire aussi : En plein débat sur la moralisation de la vie politique, le statut de Brigitte Macron fait polémique

Richard Ferrand, magnat de l'immobilier ?

L'affaire Ferrand s'est révélé être le premier couac de la présidence d'Emmanuel Macron depuis les révélations du Canard enchaîné le 24 mai dernier. Selon l'hebdomadaire satirique, Richard Ferrand, ex-secrétaire général d'En Marche! et ministre du gouvernement d'Edouard Philippe, aurait favorisé la signature, par les Mutuelles de Bretagne dont il était directeur général entre 1993 et 2012, d'un bail immobilier au profit de sa compagne, Sandrine Doucen. Les travaux réalisés dans ces locaux aux frais des Mutuelles de Bretagne auraient permis au couple d'encaisser une juteuse plus-value immobilière, selon le journal.

Après une plainte de l'association anti-corruption Anticor, le parquet de Brest a ouvert début juin une enquête préliminaire sur cette affaire.

Le 30 mai, c'était au tour du journal Le Monde de publier de nouveaux éléments embarrassants. Selon le quotidien, le ministre de la Cohésion des territoires aurait depuis une vingtaine d'années favorisé plusieurs de ses proches ainsi que ses intérêts personnels dans un véritable «mélange des genres» entre vie publique et affaires privées.

Au vu des remous causés dans l'opinion par ces affaires, Richard Ferrand est exfiltré le 20 juin du gouvernement. Ce qui ne l'empêchera pas de devenir président du groupe La République en marche à l'Assemblée nationale. 

Lire aussi : De nouvelles faveurs présumées accordées à la compagne de Richard Ferrand révélées par le Canard

Muriel Pénicaud : illégalité ou immoralité ?

L'actuel ministre du Travail Muriel Pénicaud est dans le collimateur du juge Renaud Van Ruymbeke dans le cadre d'une enquête pour «favoritisme et recel de favoritisme» visant un voyage d'Emmanuel Macron à Las Vegas organisé par Business France, société dirigée à l'époque par Muriel Pénicaud, alors que l'actuel président de la République était ministre de l'Economie.

La justice soupçonne Business France, qui dépend notamment de Bercy, d'avoir enfreint la réglementation sur les marchés publics en ne faisant pas d'appel d'offres pour l'organisation de la French Tech Night, confiée à Havas en décembre 2015, pour un coût de 289 019 euros. 

Or, des révélations du Monde ont laissé entendre que Muriel Pénicaud était «bien mieux informée qu'elle ne veut le dire» concernant l'attribution de ce juteux marché à Havas. Sa défense, qui consiste à dire qu'elle aurait alerté le Conseil d'administration de Business France, a aussi été fragilisée par des documents accablants publiés par Libération

La ministre du Travail a aussi été largement critiquée par l'opinion publique, l'accusant de manquer d'éthique, pour avoir empoché plus d'un million d'euros de plus-value sur ses stock-options, acquises alors qu'elle était DRH chez Danone. Le cours des actions du groupe était monté en flèche à la suite de l'annonce d'un plan de licenciement. 

Lire aussi : Ces députés qui ont du mal à digérer les révélations sur Muriel Pénicaud

Sarnez, Bayrou, Goulard : trois démissions pour un scandale 

François Bayrou (ex-ministre de la Justice), Marielle de Sarnez (ex-ministre des Affaires européennes) et Sylvie Goulard (ex-ministre des Armées), ont tous trois démissionné le 20 juin après l'éclatement du scandale des emplois présumés fictifs du MoDem au Parlement européen.

Les trois ministres sont soupçonnés d'avoir participé à un vaste système de détournement de fonds destinés à la rémunération d'assistants parlementaires dont l'activité n'auraient non pas été dédiée aux activités strasbourgeoises du Parlement, mais à des fonctions internes au MoDem.

La diffusion de ces informations présumées, sur base de plusieurs témoignages concordants diffusés dans la presse, a poussé les trois membres du gouvernement à quitter leurs fonctions, malgré leurs démentis. Dans les semaines précédant sa démission, François Bayrou aurait par ailleurs tenté de faire pression sur les journalistes menant l'enquête sur les malversations présumées de son parti

Dans cette affaire des emplois présumés fictifs au MoDem, le parquet de Paris a ouvert une information judiciaire contre X pour «abus de confiance, recel d'abus de confiance et escroqueries».

Parallèlement à ces scandales, la rémunération de Sylvie Goulard par un lobby américain pro-UE à hauteur de 10 000 euros pendant deux ans lorsqu'elle était parlementaire européenne, lui a attiré bon nombres de critiques dans l'opinion.

Lire aussi : Après 133 heures de débats, les députés adoptent définitivement la loi de confiance

Cet été la télévision suisse romande (RTS) a présenté, au TJ du soir, deux reportages vantant le travail de médias aux Etats-Unis dont la « spécialité sont les fake news ». 

Reportages tendancieux si l’on se fonde sur ce qu’en rapportent à ce sujet de nombreux journalistes dissidents. [ASI]


Exclusif : les médias traditionnels des États-Unis continuent de diffuser leurs propres « fausses nouvelles », comme le mensonge à propos d’un « consensus » de la communauté du renseignement sur le « piratage » par la Russie, alors que les algorithmes [de Google] commencent à marginaliser la dissidence.

Il semble que pour The New York Times un bon gros mensonge ne puisse pas mentir. Même après avoir été poussé à publier une correction embarrassante rétractant sa fausse affirmation selon laquelle il y avait un consensus parmi les 17 agences de renseignement des États-Unis pour dire que la Russie a piraté les courriels du parti démocrate et les a rendus publics pour aider Donald Trump à vaincre Hillary Clinton, le journal suggère exactement cela [qu’un bon gros mensonge ne peut pas mentir].

La stratégie actuelle du New York Times est de dire que la déclaration sur le piratage russe est un jugement « consensuel » de la communauté du renseignement des États-Unis sans citer le nombre d’agences dans le consensus. Par exemple, vendredi, le journal a publié un article de Matt Flegenheimer sur le vote du Sénat des États-Unis visant à empêcher le président Trump de lever les sanctions contre la Russie et a produit un énoncé trompeur :

« L’administration Trump s’est opposée aux sanctions contre la Russie, arguant qu’il a besoin de souplesse pour poursuivre une diplomatie plus collaborative avec un pays qui, selon un consensus des Agence de renseignement américaines, a interféré dans le cours de l’élection présidentielle de l’année dernière ».

Donc, au lieu de dire la vérité − à savoir que « l’évaluation de la communauté du renseignement » a été le travail d’un petit groupe d’analystes « sélectionnés » dans trois [sur 17, NdT] des organismes sous l’œil vigilant du directeur de la CIA, John Brennan et sous la surveillance du directeur national du renseignement, à l’époque James Clapper, le New York Times choisit de donner à ses lecteurs l’impression trompeuse qu’il y avait un « consensus » au sein de la communauté du renseignement des États-Unis.

En d’autres termes, à moins qu’un lecteur du journal ne connaisse la vérité en l’ayant lue dans un média alternatif, tel que Consortiumnews.com, il continuerait à croire que les 17 agences de renseignement étaient d’accord sur ce point fondamental dans l’affaire du Russiagate.

Marginaliser la dissidence

Et la poursuite de cette tromperie délibérée intervient au moment où le New York Times et d’autres médias importants font progresser leurs plans pour mettre en place sur Internet des algorithmes pour rechercher et marginaliser ce qu’ils considèrent comme des fausses nouvelles, y compris des articles qui remettent en question le pouvoir, dont disposent des médias traditionnels, de contrôler les narratifs dominants.

Un rapport du site World Socialist Web a révélé que « durant les trois derniers mois, depuis que Google, le monopoliste d’Internet, a annoncé son intention de bloquer aux utilisateurs l’accès aux ‘fausses nouvelles’, le classement mondial du trafic d’une large gamme d’organisations de gauche, progressistes, anti-guerre, ainsi que les organisations de défense des droits démocratiques ont considérablement diminué ».

La stratégie de Google consiste à dégrader les résultats de recherche, pour les sites Web ciblés, dans le but – supposé – de limiter l’accès des lecteurs à des informations de mauvaise qualité, mais les cibles incluent certains des sites d’actualité alternatifs de la plus haute qualité sur Internet, tels que, selon le rapport, Consortiumnews.com.

Google sponsorise la First Draft Coalition, qui a été créée pour contrer les présumées fausses nouvelles et se compose des organes de presse traditionnels, y compris le New York Times et le Washington Post, ainsi que des sites Web approuvés par l’establishment, tels que Bellingcat, en association étroite avec le Conseil Atlantique, russophobe et pro-OTAN.

Cette création d’un ministère moderne de la Vérité s’est produite dans le contexte de l’hystérie des médias traditionnels à propos des fausses nouvelles et de la propagande russedans le sillage de l’élection de Donald Trump.

Lors du dernier Thanksgiving, en 2016, le Washington Post a publié un article à la une citant les accusations d’un site Web anonyme, PropOrNot, qui aurait identifié 200 sites Web – y compris des piliers d’Internet tels que Truthdig, Counterpunchet Consortiumnews – en tant que diffuseurs de la « propagande russe ».

Apparemment, la règle de PropOrNot était de salir tous les médias d’actualités qui mettaient en cause le récit officiel du Département d’État sur la crise en Ukraine ou dans n’importe quel autre point chaud de la planète, mais le Washington Post n’avançait aucune donnée factuelle sur ce que ces sites Web avaient fait pour trouver leur place sur une liste noire de type maccarthyste.

Un avenir orwellien

Au début de mai 2017, le New York Times claironné un article laudateur sur la façon dont les algorithmes sophistiqués pouvaient purger l’Internet des soi-disant fausses nouvelles – ce que les médias traditionnels estiment être une « désinformation ».

Comme je l’ai écrit à l’époque, « vous n’avez pas besoin de beaucoup d’imagination pour voir comment cette combinaison de pensée collective et d’intelligence artificielle pourrait créer un avenir orwellien dans lequel un seul côté d’une histoire est raconté et l’autre disparaît tout simplement de la vue. »

Après la parution de mon article, j’ai reçu un appel d’un journaliste de la NPR [Radio Publique Nationale] qui planifiait un programme sur cette nouvelle technologie et discutait avec moi de mes préoccupations. Cependant, après avoir offert une explication détaillée sur la façon dont je voyais cela comme un cas classique dans lequel la cure était bien pire que la maladie, je n’ai pas été invité à participer au programme NPR.

En outre, même dans le nombre relativement restreint de fausses nouvelles produites de manière intentionnelle, aucune ne semble remonter jusqu’à la Russie malgré les efforts déployés par les médias américains traditionnels pour établir la connexion. Lorsque ces médias ont retrouvé une source de fausses nouvelles, il s’est avéré qu’il s’agissait d’un jeune entrepreneur essayant de gagner de l’argent en récoltant beaucoup de clics sur internet.

Par exemple, le 26 novembre 2016, alors que l’hystérie russophobe reprenait du poil de la bête dans les semaines suivant l’élection de Trump, le New York Times a publié un article relativement responsable révélant qu’un site Web de fausses nouvelles n’était pas lié à la Russie, mais plutôt à un effort lucratif d’un étudiant géorgien au chômage qui utilisait un site Web à Tbilissi pour gagner de l’argent en promouvant des histoires pro-Trump.

Le propriétaire du site Web, Beqa Latsabidse, âgé de 22 ans, a déclaré qu’il avait d’abord essayé de propager des histoires favorables à Hillary Clinton, mais cela s’est révélé non rentable, donc il a changé son fusil d’épaule pour publier des articles anti-Clinton et pro-Trump, qu’ils soient vrais ou faux.

Bien que les créateurs de fausses nouvelles intentionnelles et de théories de la conspirationsans fondement méritent une condamnation sincère, l’idée de donner au New York Timeset à un groupe de médias d’actualité approuvés par Google, le pouvoir d’empêcher l’accès public à une information qui conteste ces groupes de réflexion stupides est une perspective glaciale et dangereuse.

Doutes sur le  Russiagate

Même si le gouvernement russe a piraté les e-mails du parti démocrate et les a fait fuiter vers WikiLeaks – une accusation que nient le Kremlin et WikiLeaks – personne ne prétend que ces courriels sont faux. En effet, toutes les preuves montrent qu’il s’agissait de courriels réels valant la peine d’être divulgués.

Pendant ce temps, les accusations du gouvernement américain contre le réseau russe, Russia Today, ont porté davantage sur la couverture de sujets qui peuvent donner une mauvaise image de l’establishment – tels que les protestations d’Occupy Wall Street, la fracturation du gaz naturel et les opinions des petits candidats à la présidentielle – que de publier des histoires fausses.

Dans certains cas, les fonctionnaires du département d’État ont même fait leurs propres fausses allégations en attaquant Russia Today.

La frénésie actuelle du Russiagate est un exemple particulièrement effrayant de la façon dont les conclusions gouvernementales douteuses et les mensonges des médias traditionnels peuvent mener le monde à la destruction nucléaire. La certitude des médias traditionnels quant à la culpabilité de la Russie dans la divulgation des courriels du parti démocrate est un cas d’école, même si de nombreux experts bien informés ont exprimé de sérieux doutes – bien que presque toujours dans des sites de médias alternatifs.

Voyez, par exemple, l’avertissement de l’ancien inspecteur US des WMD [armes de destruction massive], Scott Ritter, concernant les leçons ignorées de la débâcle en Irak ou l’opinion des anciens vétérans du renseignement US qui ont remis en question l’exactitude du rapport du 6 janvier sur le piratage russe.

Peut-être que ces préoccupations sont mal venues et que le rapport du 6 janvier est correct, mais la poursuite de la vérité ne devrait pas simplement consister à récolter l’opinion de certains analystes triés sur le volet travaillant pour des personnes nommées par les politiciens, comme Brennan et Clapper. La vérité devrait être soumise à des tests rigoureux face à des points de vue alternatifs et à des arguments contradictoires.

Cela a été un principe fondamental depuis l’époque des Lumières, la vérité ressort mieux des défis consistants lancés sur le marché des idées. L’inversion de cette ancienne vérité – en utilisant aujourd’hui des algorithmes pour faire respecter le récit officiel – est une menace beaucoup plus grande pour un électorat informé, et pour la santé de la démocratie, que le nombre relativement faible de fois où un jeune homme raconte une histoire fausse pour augmenter son trafic Web.

Et si ce nouveau processus de marginalisation des opinions dissidentes est couronné de succès, qui tiendra le New York Times pour responsable lorsqu’il mentira intentionnellement à ses lecteurs avec un langage trompeur au sujet du consensus de la communauté du renseignement américain concernant la Russie et les e-mails démocrates ?

Par Robert Parry –  28 juillet 2017 – consortiumnews

Robert Parry est journaliste d’investigation. Il a dévoilé de nombreuses histoires au sujet de l’Irangate pour The Associated Press et Newsweek dans les années 1980. Vous pouvez acheter son dernier livre, America’s Stolen Narrative, soit imprimé ici, soit comme e-book chezAmazon ou Barnesandnoble.com.

Source: Le Saker francophone.

Comment le monde pourrait finir.

Le capitaine du sous-marin américain dit : « Nous devons tous mourir un jour, tôt ou tard. Le problème a toujours été que vous n’êtes jamais prêt, parce que vous ne savez pas quand cela se produira. Eh bien, maintenant nous le savons et il n’y a rien que nous puissions faire. »

Il dit qu’il sera mort d’ici septembre. Il faudra environ une semaine pour mourir, même si personne ne peut en être certain. Ce sont les animaux qui survivent le plus longtemps.

La guerre n’a duré qu’un mois. Les protagonistes furent les États-Unis, la Russie et la Chine. Il n’est pas clair si elle fut déclenchée par accident ou par erreur. Il n’y eut pas de vainqueur. L’hémisphère nord est à présent contaminé et sans vie.

Un rideau de radioactivité se déplace vers le sud en direction de l’Australie et la Nouvelle-Zélande, l’Afrique Australe et l’Amérique du Sud. En septembre, les dernières villes, villes et villages succomberont. Comme au nord, la plupart des bâtiments resteront intacts, certains éclairés par les derniers scintillements de lumière électrique.

C’est ainsi que le monde prend fin
Pas dans une explosion, mais dans un murmure.

Ces lignes tirées du poème de T.S. Eliot The Hollow Men [Les Hommes Creux] apparaissent au début du roman de Nevil Shute On the Beach, qui m’a laissé au bord des larmes. Les critiques imprimées en dernière de couverture disent la même chose.

Publié en 1957, au plus fort de la guerre froide lorsque trop d’écrivains étaient silencieux ou intimidés, ce livre est un chef-d’œuvre. Au début, le style suggère qu’on a affaire à une relique raffinée ; mais rien de ce que j’ai lu sur la guerre nucléaire et ses dangers n’est aussi poignant. Un livre à lire de toute urgence.

Certains se souviendront du film hollywoodien en noir et blanc avec Gregory Peck dans le rôle d’un commandant de la marine US qui emmène son sous-marin en Australie pour attendre que la chape silencieuse et invisible retombe sur les derniers vestiges de vie sur terre.

Vidéo de la bande annonce du film On the Beach (1959)

(En français : Le dernier rivage)

J’ai lu On the Beach pour la première fois l’autre jour, en terminant la lecture au moment où le Congrès des États-Unis adoptait une loi pour mener une guerre économique contre la Russie, la deuxième puissance nucléaire au monde. Il n’y avait aucune justification pour une telle folie, sinon la promesse d’un pillage.

Viser la guerre chaude

Les « sanctions » visent aussi l’Europe, principalement l’Allemagne, qui dépend du gaz naturel russe et des entreprises européennes qui font des affaires légitimes avec la Russie. Lors de ce qui fut présenté comme un débat au Capitole, les sénateurs les plus atroces n’ont laissé aucun doute que l’embargo avait été conçu pour obliger l’Europe à importer du gaz américain coûteux.

Leur objectif principal semble être une guerre – une vraie guerre. Une provocation aussi extrême ne peut suggérer autre chose. Ils semblent l’appeler de leurs voeux, même si les Américains ont peu d’idée de ce qu’est la guerre. La guerre civile de 1861-65 fut la dernière sur leur sol. La guerre, c’est ce que les États-Unis font aux autres.

Seule nation à avoir utilisé des armes nucléaires contre des êtres humains, ils ont depuis détruit des dizaines de gouvernements, dont beaucoup étaient des démocraties et détruit des sociétés entières : le nombre de morts en Irak ne représente qu’une fraction du carnage en Indochine, que le président Reagan appelait « Une cause noble » et le président Obama révisa comme la tragédie d’un « peuple exceptionnel ». Ce n’est pas des Vietnamiens qu’il parlait.

L’année dernière, alors que je tournais un documentaire au Lincoln Memorial à Washington, j’ai entendu un guide du Service des parcs nationaux s’adresser à un groupe scolaire composé de jeunes adolescents. « Écoutez », leur a-t-il dit. « Nous avons perdu 58 000 jeunes soldats au Vietnam, et ils sont morts pour défendre votre liberté ».

D’un coup, la vérité fut inversée. Aucune liberté ne fut défendue là-bas. La liberté fut détruite. Une nation paysanne fut envahie et des millions de personnes tuées, mutilées, dépossédées, empoisonnées ; 60 000 des envahisseurs se sont suicidés. Écoutez, en effet.

Chaque nouvelle génération subit une lobotomie. Les faits sont occultés. L’histoire est excisée et remplacée par ce que le magazine Time appelle « un présent éternel ». Harold Pinter l’a décrit comme « la manipulation du pouvoir dans le monde entier, qui avançant masqué comme une force du bien universel, un acte d’hypnose brillant, et même génial, très réussi [ qui signifie ] que cela ne s’est jamais produit. Rien ne s’est jamais produit. Même lorsque cela se produisait, il ne se produisait rien. Ce n’était pas grave. Ce n’était pas intéressant. »

Ceux qui se disent libéraux ou tendancieusement « de gauche » participent avec enthousiasme à cette manipulation, et à son lavage de cerveau, qui aujourd’hui se résument à un seul nom : Trump.

Trump est fou, un fasciste, l’idiot de la Russie. Il est aussi un cadeau pour les « cerveaux libéraux décapés dans le formaldéhyde de la politique d’identité », comme l’a magistralement écrit Luciana Bohne. L’obsession pour Trump, l’homme – et pas de Trump le symptôme ou la caricature d’un système qui perdure – constitue un grand danger pour nous tous.

Médias narcissiques

A la poursuite de leurs agendas anti-russes fossilisés, les médias narcissiques tels que le Washington Post, la BBC et The Guardian évacuent l’essence de l’histoire politique la plus importante de notre époque tandis qu’ils battent les tambours de la guerre avec une ardeur que je n’ai jamais connu auparavant.

Le 3 août, et contraste avec l’énorme couverture accordée par le Guardian aux radotages sur une conspiration entre les Russes et Trump (qui rappelle les calomnies de l’extrême-droite accusant John Kennedy d’être un « agent soviétique »), un article était enfoui en page 16 et annonçait que le président des États-Unis avait été contraint de signer un projet de loi du Congrès déclarant une guerre économique à la Russie.

Contrairement aux autres séances de signature de Trump, celle-ci fut menée discrètement et fut accompagnée d’une réserve émise par Trump lui-même précisant que le texte était « à l’évidence anticonstitutionnel ».

Un coup d’état contre l’occupant de la Maison Blanche est en cours. Pas parce que c’est un type odieux, mais parce qu’il a constamment rappelé qu’il ne voulait pas de guerre avec la Russie.

Cet éclair de lucidité, ou de simple pragmatisme, constitue un anathème aux yeux des gestionnaires de la « sécurité nationale » qui montent la garde autour d’un système basé sur la guerre, la surveillance, les armements, les menaces et le capitalisme extrême. Martin Luther King les appelait « les plus grands pourvoyeurs de violence dans monde aujourd’hui ».

Ils ont encerclé la Russie et la Chine avec des missiles et un arsenal nucléaire. Ils ont utilisé les néonazis pour installer un régime instable et agressif sur la « frontière » de la Russie – la voie par laquelle Hitler a envahi le pays, ce qui a causé la mort de 27 millions de personnes. Leur but est de démembrer la Fédération de Russie moderne.

En réponse, Vladimir Poutine emploie sans cesse le mot « partenariat » – et tout ce qui pourrait arrêter cette poussée guerrière mystique aux États-Unis. L’incrédulité en Russie s’est peut-être déjà transformée en peur et peut-être même en une certaine détermination. Les Russes ont certainement des plans de ripostes nucléaires. Les exercices de raids aériens ne sont pas rares. Leur histoire leur dit de se préparer.

La menace est double. D’abord la Russie, ensuite la Chine. Les États-Unis viennent de terminer un énorme exercice militaire avec l’Australie, connu sous le nom de Talisman Saber. Ils ont simulé un blocus du détroit de Malacca et de la mer de Chine méridionale, à travers lequel passent les lignes de vie économiques de la Chine.

L’amiral américain commandant la flotte du Pacifique a déclaré que « si nécessaire », il déclencherait le feu nucléaire sur la Chine. Le fait qu’il puisse dire une telle chose publiquement et dans l’ambiance sordide actuelle donne du poids à la fiction de Nevil Shute.

Faire taire les journalistes dissidents

Rien de tout cela n’est nouveau. Mais aucune connexion n’est établie alors que nous commémorons la sanglante bataille de Passchendaele, il y a un siècle [1ère Guerre Mondiale – Ndt]. Les journalisme honnête est mal vu dans la plupart des médias. Les brasseurs de vent, connus sous le nom d’experts, dominent : les éditeurs sont des gestionnaires d’infotainment [contraction des termes anglais « information » et « divertissement » – NdT] – Ndt] ou gardiens de la ligne officielle du Parti. Là où il y avait des secrétaires de rédaction, il n’y a plus qu’une débauche de clichés agressifs. Les journalistes qui refusent de s’y conformer sont éjectés.

L’urgence du moment a connu de nombreux précédents. Dans mon film The Coming War on China, John Bordne, membre d’un équipage de combat de missiles de l’Armée de l’Air basée à Okinawa au Japon, décrit comment, en 1962, lors de la crise des missiles cubains, lui et ses collègues avaient reçu l’ordre de lancer « tous les missiles » contenus dans les silos.

Dotés de têtes nucléaires, les missiles visaient à la fois la Chine et la Russie. Un officier subalterne a contesté l’ordre et l’ordre fut finalement annulé – mais seulement après que des revolvers de service aient été pointés sur d’autres membres de l’équipage avec ordre de tirer s’ils ne reculaient pas.

Au plus fort de la guerre froide, l’hystérie anticommuniste aux États-Unis était telle que les fonctionnaires des États-Unis qui travaillaient en Chine étaient accusés de trahison et virés. En 1957, l’année où Shute écrivait On the Beach, plus aucun fonctionnaire du Département d’Etat ne parlait la langue de la nation la plus peuplée du monde. Ceux qui parlaient le mandarin avaient été purgés sous des prétextes qui ne sont pas sans rappeler les clauses contenues dans le projet de loi du Congrès qui vient d’être adopté et qui vise la Russie.

Cette loi est bipartite. Il n’y a pas de différence fondamentale entre les Démocrates et les Républicains. Les termes « gauche » et « droite » n’ont aucun sens. La plupart des guerres modernes des Etats-Unis n’ont pas été déclenché par des conservateurs mais par des Démocrates libéraux.

Lorsque Obama a quitté son poste de président, il avait présidé à sept guerres, dont la guerre la plus longue que les Etats-Unis ont connue, et à une campagne sans précédent d’exécutions extrajudiciaires – des assassinats – par des drones.

Au cours de sa dernière année de mandat, selon une étude du Conseil des Affaires Etrangères, Obama, le « guerrier libéral réticent », a fait larguer 26171 bombes – trois bombes par heure, 24 heures sur 24. Ayant promis d’aider à « débarrasser le monde » des armes nucléaires, le lauréat du prix Nobel de la Paix a construit plus d’ogives nucléaires que n’importe quel président depuis la guerre froide.

Trump est un minable en comparaison. C’est Obama – avec sa secrétaire d’Etat Hillary Clinton à ses côtés – qui a détruit la Libye et provoqué la ruée humaine vers l’Europe. Aux Etats-Unis, les groupes de défense des immigrés l’appelaient « déporteur-en-chef ».

L’un des derniers actes d’Obama en tant que président a été de signer une loi qui accorde le montant record de 618 milliards de dollars au Pentagone, reflétant l’ascendance du militarisme fasciste dans la gouvernance des États-Unis. Trump l’a approuvé.

Caché dans le texte de cette loi se trouve la création d’un « Centre d’Analyse de l’Information et de Riposte ». Il s’agit d’un Ministère de la Vérité. Il est chargé de fournir un « récit officiel des faits » qui nous préparera à la possibilité réelle d’une guerre nucléaire – si nous les laissons faire.

John Pilger

 

Article original en anglais :

On the Beach 2017. “The War was Over… Was it Started by an Accident or Mistake. There was no Victor… “

L’article en anglais a également été publié par Consortium News sous le titre How the World May End

Traduction par VD pour le Grand Soir