WWIII : Jérôme Duval: Occupation et génocide en guise de « découverte » et de la colonisation à l’esclavage économique.

Publié le par José Pedro, collectif des rédacteurs dans LAOSOPHIE sur Overblog

Occupation et génocide en guise de « découverte »

De la traite à la dette - Partie 1

 

« On nous a dit et on continue à nous dire que les pèlerins du Mayflower sont venus peupler l’Amérique. Mais l’Amérique était-elle inhabitée ? » Eduardo Galeano |1|.

« Ce qui a été réellement découvert – en 1492 – c’est ce qu’était réellement l’Espagne, la réalité de la culture occidentale et celle de l’Église à ce moment. Tous (…) se sont mis à découvert. Ils n’ont pas découvert l’autre monde, ils l’ont recouvert. Ce qui nous reste à faire aujourd’hui, c’est de découvrir ce qui a été recouvert et que surgisse un “nouveau monde” qui ne soit pas seulement la répétition de l’ancien, qui soit véritablement neuf. Est-ce possible ? Est-ce pure utopie ? » Père Ignacio Ellacuria, quelques mois avant d’être sauvagement assassiné par des militaires salvadoriens |2|.

Les pays dits en voie de développement(PED) d’aujourd’hui remplacent les colonies d’hier

Finalement, les pays dits « en voie de développement » (PED) d’aujourd’hui remplacent les colonies d’hier : les grandes entreprises multinationales occidentales se placent dans les anciennes colonies, y investissent et en extorquent les ressources pour accumuler de faramineux profits qui s’évadent dans des paradis fiscaux appropriés. Tout cela se déroule sous le regard bienveillant des élites locales corrompues, avec l’appui des gouvernements du Nord et des Institutions financières internationales (IFI) qui exigent le remboursement de dettes odieuses héritées de la colonisation. Par le levier de la dette et des politiques néocapitalistes imposées qui la conditionnent, les populations spoliées paient encore le crime colonial d’hier et les élites le perpétuent subrepticement aujourd’hui, c’est ce qu’il est convenu d’appeler le néocolonialisme. Pendant ce temps, hormis quelques tardives et bien trop rares reconnaissances des crimes commis, on se hâte d’organiser l’amnésie collective afin d’éviter tout débat sur de possibles réparations. Celles-ci, ouvrant la voie à des réclamations populaires, pourraient engager un devoir de mémoire émancipateur jusqu’à de possibles restitutions financières. Une perspective à étouffer avant qu’elle ne s’embrase ?

Catastrophe démographique du génocide

Le vendredi 3 août 1492, la Pinta, la Niña et la Santa María, les trois navires de Christophe Colomb quittent le port de Palos de la Frontera en Andalousie avec près de 90 membres d’équipage. Moins de trois mois plus tard, l’expédition accoste dans plusieurs contrées des Amériques dont Cuba le 28 octobre. 1492 marque ainsi la mal nommée « découverte de l’Amérique », mais c’est aussi l’année où l’Espagne, après près de huit siècles, vint à bout du dernier bastion de la religion musulmane avec la reconquête de Grenade le 2 janvier 1492 |3|. La guerre dite « sainte » de l’Église contre l’Islam, conduite par Ferdinand d’Aragon et Isabelle de Castille qui avaient unifié leurs domaines rivaux par le mariage, était victorieuse. L’exaltation « nationaliste » s’accommode d’une poussée xénophobe imprégnée d’intolérance. Trois mois plus tard, environ 150 000 juifs qui refusaient de se convertir au catholicisme furent expulsés du territoire espagnol (le 31 mars 1492). La culture guerrière des croisades s’exporta vers les nouvelles colonies. La reine Isabelle qui avait patronné l’Inquisition fut d’ailleurs consacrée première Dame de ce « Nouveau Monde » par le pape espagnol Alexandre VI. Le royaume de Dieu s’étendait et les conquistadors exhortaient les multiples peuples originaires mal nommés « les Indiens » à se convertir à la foi catholique par la force |4|. Au moins 10 millions d’habitants originaires des Amériques furent exterminés entre 1500 et 1600 avec la bénédiction du Vatican |5|. Dans toutes les annales de l’histoire humaine, il n’existe aucune catastrophe démographique comparable, écrit Charles C. MannMais les chiffres pourraient être bien plus alarmants que cette estimation basse si l’on admet que les Amériques étaient bien plus peuplées qu’on ne l’avait cru jusqu’ici. En effet, de nombreux scientifiques estiment désormais que « la population des deux continents américains avant 1492 oscillait entre 90 et 110 millions d’habitants (dont 5 à 10 millions dans la forêt amazonienne). En d’autres termes, contrairement à ce que l’on continue d’apprendre dans les manuels d’histoire, davantage de gens vivaient en Amérique qu’en Europe à cette époque ! ». En tenant compte du « choc microbien » au contact des premiers conquistadors : des cargaisons d’épidémies inconnues dans ces territoires, à savoir la variole, la grippe, la rougeole, la peste, la pneumonie ou le typhus, se sont répandues comme une traînée de poudre au sein des populations autochtones, décimant 85 à 90 % de la population amérindienne dans le siècle qui a suivi l’arrivée de Christophe Colomb |6|. Si l’on ajoute la malaria et la fièvre jaune importées par les Européens en Amérique, la conquête par les armes et le travail forcé, qui conduisait bien souvent à la mort, c’est 95 % des Amérindiens qui auraient disparu entre 1492 et 1600 |7|. « Le coût humain et social dépasse l’entendement. Un tel trauma déchire tous les liens qui existent au sein d’une culture. Dans toutes les annales de l’histoire humaine, il n’existe aucune catastrophe démographique comparable », écrit Charles C. Mann dans ses ouvrages de référence |8|.

Le massacre est gigantesque. Les Amérindiens décimés devenus trop peu nombreux pour constituer une force de travail durable, les puissances coloniales font appel à la main d’œuvre extérieure africaine afin de poursuivre l’entreprise colossale du plus grand pillage de tous les temps. Alors que se déroulait le génocide des Amérindiens cité plus haut, l’historienne Aline Helg nous rappelle que, 8 à 10 millions d’Africains moururent « lors de leur capture sur leurs terres, dans les marches pour arriver aux ports africains et durant la longue attente dans les entrepôts côtiers » avant d’être embarqués et entassés dans l’entrepont des vaisseaux négriers en partance pour les Amériques. Finalement, au moins 12 millions d’Africains arrachés à leurs terre natale sont déportés vers les Amériques et les Caraïbes entre le 16e et le 19e siècle |9|. Mais un grand nombre d’entre eux, presque 2 millions (environ 16 % du total), ne survivra pas au voyage et périra durant la traversée transatlantique avant d’arriver à destination dans les colonies européennes. Pour les survivants, leur sort est régi, en ce qui concerne la France, par le fameux Code noir, préparé par Colbert et édicté en 1685, qui déclare dans son article 44 « les esclaves être biens meubles » légiférant ainsi la traite et l’esclavage. Des milliers de captifs d’Afrique débarquaient ainsi chaque année, pour être mis en vente sur les marchés aux esclaves des Amériques |10|. La décennie de 1784 à 1793 fut le point culminant de la traite avec des importations qui s’élevèrent en moyenne à presque 91 000 Africains par an. Mais le record historique absolu fut atteint en 1829, quand 106 000 captifs furent débarqués, presque tous au Brésil, à Cuba et dans les Antilles françaises |11|. Une fois achetés par leurs maîtres, les esclaves sont marqués au fer rouge (qui s’ajoute au marquage sur le bateau ou à l’embarquement), subissent des coups de toutes sortes pour encourager le travail et les femmes sont fréquemment violées. Les tentatives de rébellion, avérées ou non, sont durement réprimées par coups de fouets, suivies d’une condamnation à mort sous la torture par le supplice de la roue, les esclaves sont écartelés, mutilés, castrés, pendus ou brûlés vifs sur le bûcher. Décapitées, les têtes sont exhibées, toujours sur la place publique, pour montrer l’exemple. En cas de fuite, il arrive que les oreilles soient coupées ou le jarret tranché. L’imagination pour la torture n’a pas de limite et la liste n’est pas exhaustive.

Les ordres religieux possédaient eux-mêmes des esclaves

Il est important de replacer ces deux événements majeurs survenus en l’an 1492 dans leur contexte et de souligner le fait qu’ils sont intrinsèquement liés. On ne peut comprendre la violence perpétrée en Amérique sans la replacer dans la suite des croisades. Les dissocier l’un de l’autre comme dans les manuels scolaires n’aide pas à la compréhension d’une des pages les plus sombres de notre histoire et sous-estime le rôle prédominant de l’Église sur le vieux continent comme dans le nouveau monde |12|. Les ordres religieux possédaient eux-mêmes des esclaves et, dans les colonies ibériques et françaises, le catholicisme leur imposait l’évangélisation et le baptême, qu’ils fussent captifs africains ou nés en Amérique |13|. Le castillan et le portugais deviennent les langues de la conquête, bénies par l’Église.

Héritage colonial et dette culturelle

Ce langage impérialiste tout comme les religions importées par les colons, l’islam et le catholicisme, ont joué un rôle majeur dans l’annihilation des cultures locales ancestrales et la transmission de leurs mémoires. On peut parler ici de dette culturelle dont l’aspect le plus visible est sans doute concrétisé par le pillage d’objets d’art de ces peuples, exposés dans les musées de l’Occident colonial. Fin 1996, Jacques Chirac recevait une statuette en terre cuite provenant du Mali pour son anniversaire. L’œuvre était issue d’un lot d’objets saisis par la police quelques années plus tôt sur un terrain de fouilles clandestines, volés pendant leur transfert au musée de Bamako. Après plus d’un an de tractations, M. Chirac dut restituer l’œuvre au musée malien. Hormis quelques restitutions comme celle-ci ou celle des trois terres cuites nok et sokoto provenant de fouilles illicites au Nigeria et exposées en avril 2000 lors de l’inauguration de la salle des arts premiers du Musée du Louvre à Paris (vitrine du futur Musée des arts premiers du quai Branly), et finalement rendues à l’État nigérian, d’innombrables œuvres demeurent encore hors de leurs pays d’origine et non encore restituées. Pourtant, de nombreuses résolutions adoptées depuis 1972 par l’Assemblée générale des Nations unies font « la promotion du retour des biens culturels à leurs pays d’origine ou de leur restitution en cas d’appropriation illégale » |14|.

Connaître et reconnaître l’horreur génocidaire passée aide à comprendre, d’une part, comment l’Amérique du Nord a été propulsée nouvel empire capitaliste et, d’autre part, cela permet d’appréhender l’impasse du mal développement dans laquelle l’Occident impérialiste a fourvoyé les pays du Sud assujettis.

Jérôme Duval

 

Image : Christophe Colomb arrive en Amérique – L. Prang & Co., Boston (Wikipedia)

Notes

|1| “ Nos han dicho, y nos siguen diciendo, que los peregrinos del Mayflower fueron a poblar América. ¿América estaba vacía ? ” Eduardo Galeano, « Découverte de l’Amérique et histoire officielle ». http://www.legrandsoir.info/article4333.html

|2| In Les Rendez-vous de Saint-Domingue, les enjeux d’un anniversaire, 1492-1992, sous la direction d’Ignace Berten et de René Luneau, Centurion, Paris, 1991. Cité dans Max Gallo « 1492-1992, l’histoire par le glaive », Le Monde diplomatique, avril 1992. https://www.monde-diplomatique.fr/1992/04/GALLO/44270

|3| La prise de Grenade par les Rois catholiques marque la fin du « royaume des clans » (reinos de taifas) qui désigne l’Espagne musulmane fragmentée, le royaume nasride de Grenade.

|4| Eduardo Galeano, Les veines ouvertes de l’Amérique latine, Pocket, p.23.

|5| Maddison, A., L’économie mondiale : une perspective millénaire, Centre de développement de l’OCDE, Paris, 2001 cité dans Toussaint Éric, « La globalisation de Christophe Colomb et Vasco de Gama à aujourd’hui ». http://www.cadtm.org/imprimer.php3?id_article=3091 

|6| Certaine de ces épidémies sont apparues en Europe et au Moyen-Orient au contact d’animaux domestiques jusqu’alors inconnus dans ces contrées (cochon, poulet, bœuf, chèvre…). Thomas Cantaloube, « 1493 : un monde englouti », Mediapart, 20 juillet 2017. https://www.mediapart.fr/journal/international/200717/1493-un-monde-englouti

|7| Thomas Cantaloube, op, cit.

|8| 1491 Nouvelles révélations sur les Amériques avant Christophe Colomb, et 1493, Albin Michel, 2007 etComment la découverte de l’Amérique a transformé le monde, Albin Michel, 2013.

|9| « Cifras de la esclavitud », BBC, 5 septembre 2001. http://news.bbc.co.uk/hi/spanish/news/newsid_1525000/1525099.stm

« Les estimations sur le nombre d’esclaves prélevés en Afrique, du 16e au 19e siècle, avec un maximum au 17e siècle et surtout au 18e siècle, principalement dans sa seconde moitié, varient entre 8 et 20 millions. » René Dumont, L’Afrique noire est mal partie, Seuil, 1969, p. 23.

|10| Aline Helg, Plus jamais esclaves ! De l’insoumission à la révolte, le grand récit d’une émancipation (1492 – 1838), édition La Découverte, Paris, 2016, page 9, 29 et 30. Le chiffre de 12 millions d’Africains provient des estimations de The Trans-Atlantic Slaves Trade:A Database, la source la plus complète à ce jour sur la traite transatlantique d’après Aline Helg.

|11| Aline Helg, ibidem, page 33.

|12| Eduardo Galeano, ibid. p.22-23.

|13| Aline Helg, ibidem, page 55.

|14| Voir les différentes Résolutions adoptées : http://www.unesco.org/new/fr/culture/themes/restitution-of-cultural-property/resolutions-adopted-by-the-united-nations-general-assembly-about-return-and-restitution-of-cultural-property/ La citation est issue de la résolution 42/7 du 22 octobre 1987 : http://www.un.org/french/documents/view_doc.asp?symbol=A/RES/42/7&Lang=F

De la colonisation à l’esclavage économique

De la traite à la dette - Partie 2

Finalement, les pays dits « en voie de développement » (PED) d’aujourd’hui remplacent les colonies d’hier : les grandes entreprises multinationales occidentales se placent dans les anciennes colonies, y investissent et en extorquent les ressources pour accumuler de faramineux profits qui s’évadent dans des paradis fiscaux appropriés. Tout cela se déroule sous le regard bienveillant des élites locales corrompues, avec l’appui des gouvernements du Nord et des Institutions financières internationales (IFI) qui exigent le remboursement de dettes odieuses héritées de la colonisation. Par le levier de la dette et des politiques néocapitalistes imposées qui la conditionnent, les populations spoliées paient encore le crime colonial d’hier et les élites le perpétuent subrepticement aujourd’hui, c’est ce qu’il est convenu d’appeler le néocolonialisme. Pendant ce temps, hormis quelques tardives et bien trop rares reconnaissances des crimes commis, on se hâte d’organiser l’amnésie collective afin d’éviter tout débat sur de possibles réparations. Celles-ci, ouvrant la voie à des réclamations populaires, pourraient engager un devoir de mémoire émancipateur jusqu’à de possibles restitutions. Une perspective à étouffer avant qu’elle ne s’embrase ?

La misère des pays colonisés s’est largement accrue en raison d’un transfert de dette : les dettes contractées par les puissances coloniales (Espagne, Portugal, Belgique, Angleterre, France, Pays-Bas…) auprès de la Banque mondiale pour rentabiliser au mieux leurs exploitations dans leurs colonies ont ensuite été transférées sans leur consentement aux pays colonisés qui accédaient à leur indépendance. Elles constituent un cas de dette odieuse, tout comme les dettes ultérieures contractées pour rembourser celles-ci |1|.

« Haïti continue à payer, au prix fort, les conséquences de sa naissance »  |2|

Dans le cas d’Haïti, on en arrive même à faire payer le pays pour son accession à l’indépendance. À Saint-Domingue (ancien nom d’Haïti), dans la nuit du 22 au 23 août 1791, 50 000 esclaves entrent simultanément en insurrection armée, impulsant un long processus qui amène à la première abolition de l’esclavage de toute l’histoire, le 29 août 1793, et à la proclamation de l’indépendance. Saint-Domingue, récupérant alors le nom d’Haïti, devient la première république noire indépendante en 1804, cas unique dans l’histoire d’une révolte d’esclaves qui ait accouché d’un État. La France n’a sans doute jamais pardonné cette insurrection, « y compris la perte des revenus de son système esclavagiste : 800 plantations de sucre détruites, 3 000 plantations de café perdues » |3|. Haïti le paie très cher : En 1825, le pays est contraint de payer à la France 150 millions de francs or destinés à « indemniser » les anciens colons maîtres d’esclaves pour perte « de propriété », en échange de la reconnaissance de son existence en tant qu’État-nation. La dette historique est imposée sous la menace d’invasion militaire : d’anciens propriétaires d’esclaves et de terres persuadent le roi français Charles X de lancer une équipée militaire sur Saint-Domingue, et le 17 avril 1825, une flotte de 14 navires de guerre était massée dans la rade de Port-au-Prince, prête à intervenir. Une menace qui laisse entrevoir une possible restauration de l’esclavage par Charles X. Cette rançon extorquée au peuple haïtien, même si elle fut renégociée treize ans plus tard, en 1838, à 90 millions suite à un accord scandaleusement nommé « Traité de l’amitié », n’en constitue pas moins une dette pour avoir « osé » accéder à l’indépendance. « Pour mettre en perspective le coût et la valeur de cette dette indigne : en 1803 la France a accepté de vendre le territoire de la Louisiane aux États-Unis, une zone 74 fois la taille d’Haïti, pour 60 millions de francs-or, beaucoup moins que le montant de la dette réclamé par la France » |4|.

Haïti qui a lutté de longues années pour s’émanciper de la tutelle française et s’affranchir de l’esclavage est ainsi forcé à payer doublement et de manière illégitime ses anciens colons pour accéder à sa liberté et son indépendance, par le tribut de l’esclavage et la rançon. Haïti paiera cette rançon odieuse, qui a fait ployer des générations d’Haïtiens sous le poids d’une dette illégitime, de 1825 à 1883, lorsque le dernier terme fut collecté par la Caisse des dépôts (banque d’État, qui existe encore aujourd’hui) qui la reverse ensuite, en partie, aux anciens colons ou leurs descendants (certains colons étaient morts, tandis que d’autres n’ont pu prouver qu’ils avaient été propriétaires). Pour Louis-Georges Tin, président du Conseil représentatif des associations noires (CRAN), « l’argent doit revenir à l’État haïtien et à la société civile haïtienne. L’heure est venue de réparer cette double peine subie par l’île, l’esclavage puis la rançon. Le dénuement d’Haïti est dû au paiement de ces 90 millions de francs or qui ont obligé le pays à s’endetter sur des décennies. » |5|

Ni excuse, ni pardon, ni réparation, ni restitution. Imperturbable, la France rançonne le peuple

En avril 2003, à l’occasion du bicentenaire de la mort de Toussaint-Louverture, le président Jean-Bertrand Aristide affirme que c’est la France qui a une dette envers Haïti et non l’inverse. Il demande « restitution et réparation » pour les dommages commis par l’esclavage et pour la rançon exigée en 1825 pour la reconnaissance de l’indépendance de l’île. Il réclame à la France 21 milliards de dollars (21 685 135 571,48 dollars), soit la valeur capitalisée des 90 millions de francs or payés comme tribut. En effet, en tenant compte de l’inflation ainsi que d’un taux d’intérêt minimal, certains mouvements sociaux estiment que cette somme pourrait dépasser les 21 milliards de dollars US estimés en 2003 |6|. Mais après l’intervention politique et militaire franco-étasunienne qui a abouti au renversement d’Aristide en février 2004, le régime de facto de Gérard Latortue abandonne la réclamation de la restitution à la France qu’il qualifie d’ « illégale ».

Depuis qu’Haïti existe, les Haïtiens n’avaient jamais vu chez eux un président de la République française. Il faudra attendre le tremblement de terre du 12 janvier 2010, qui a provoqué la mort d’au moins 250 000 personnes et laissé près de 1,3 million de sans abris, pour qu’un président français se décide à fouler le territoire de son ancienne colonie pour la première fois depuis l’indépendance de l’île en 1804. En effet, après avoir laissé s’écouler un peu plus d’un mois suite au séisme, Nicolas Sarkozy effectue finalement une visite éclair d’à peine quatre heures le 17 février. Survol des dégâts de Port-au-Prince en hélicoptère, réunion et conférence de presse. C’est l’occasion de faire l’apologie du secteur privé français en rendant hommage à Suez et Veolia qui « ont réparé des conduites d’eau » ou d’EDF qui a « rétabli l’éclairage public au Champ-de-mars » près de l’ambassade de France. Et, pour la couverture médiatique, d’annoncer quelques 326 millions d’euros d’aide. Bien évidemment, il faut faire la part des choses et de cette somme, 56 millions ne seront pas mobilisés, puisqu’il s’agit d’effacement comptable auprès du Club de Paris de la dette bilatérale que l’île a contracté vis-à-vis de la France. La généreuse déclaration d’effacement de la dette brandie par Sarkozy comme réponse à la catastrophe post-séisme n’annonce pourtant rien de nouveau. Cette décision date en fait de juillet 2009, après qu’Haïti a atteint le point d’achèvement de l’initiative renforcée en faveur des pays pauvres très endettés (initiative PPTE renforcée) le 30 juin 2009. De son côté, la Banque mondiale n’annule pas le remboursement de 38 millions de dollars, mais ne fait que le suspendre pour cinq ans. De son côté, le Fonds monétaire international a décidé d’octroyer une « aide » de 100 millions de dollars sous forme de… prêt, certes sans intérêts, mais qu’il faudra bien rembourser.

Nous sommes bien loin des 21 milliards de dollars réclamés par Aristide et les mouvements sociaux tel la Plateforme haïtienne de plaidoyer pour un développement alternatif (PAPDA) |7|. Encore une fois, l’État français a raté une bonne occasion de briser l’omertà en termes de restitution et réparation pour les dommages commis. Rien, hormis les effets d’annonce des vendeurs d’illusions empêtrés dans leurs promesses. On préfère appeler la population à faire œuvre de charité et oublier les questions qui dérangent le passé.

Saisissant l’occasion, un collectif de militants baptisé Comité pour le remboursement immédiat des milliards envolés (Crime) lance en juillet 2010 un canular et annonce sur un faux site du ministère français des affaires étrangères l’intention de la France de restituer aux Haïtiens le 14 juillet les sommes indûment perçues. L’affaire relance le débat au cœur de l’actualité.

Malgré une lettre ouverte au président français Nicolas Sarkozy |8|, dans laquelle plus de 90 écrivains, universitaires de renom et autres personnalités mondialement connues demandent publiquement au gouvernement français de restituer les 90 millions de francs or extorqués, la France se refuse toujours de restituer la dette historique de son indépendance à Haïti. La France a pourtant une lourde responsabilité dans les affaires haïtiennes et en particulier dans l’état de pauvreté dans lequel se démène sa population. Par exemple lorsqu’elle accorde refuge à l’ex-dictateur Jean Claude Duvalier, exilé sur la côte d’Azur en France après 29 ans de dictature de père en fils, avec une fortune de 900 millions de dollars volée dans les caisses de l’État haïtien, soit une somme alors supérieure à la dette externe du pays. Après 25 ans d’exil en France, impliqué dans le trafic de drogues et accusé de « crimes contre l’humanité », il finira ses jours en 2014 sans avoir pu être jugé.

L’aberration de “dette morale” de Hollande

Ce n’est sans doute pas dû au hasard s’il aura fallu attendre plus de deux siècles depuis l’indépendance de l’île pour voir le premier voyage – officiel cette fois – d’un chef d’État français s’effectuer en Haïti. La visite du président François Hollande le 12 mai 2015 a été accueilli par des manifestants réclamant « réparation » et « restitution » par la France de la somme versée par Haïti pour son indépendance. Certains brandissaient des pancartes sur lesquelles était notamment inscrit : « Hollande, l’argent oui, la morale non », en référence au discours prononcé quelques jours plus tôt par le chef d’État en visite à Pointe-à-Pitre (Guadeloupe) le 10 mai. Lors de son discours d’inauguration du Mémorial ACTe consacré à l’esclavage, suscitant beaucoup d’espoirs en Haïti, celui-ci avait affirmé : « Quand je viendrai en Haïti [le 12 mai], j’acquitterai à mon tour la dette que nous avons. » Mais, en réalité, Hollande voulait parler de « dette morale » et non de restitution des milliards d’euros qu’Haïti a versé à la France. Ne craignant aucune « immoralité », la France reste ferme sur son refus d’une indemnisation financière. Comme le dit Louis-Georges Tin, auteur de l’ouvrage Esclavage et réparations, comment faire face aux crimes de l’histoire (Stock, 2013) : « La repentance est une question morale ou religieuse ; la réparation est un problème économique et politique ». Or, écrit le principal quotidien de l’île, Le Nouvelliste, dans son éditorial, « … cette dette morale, jamais Haïti n’en a demandé réparation. Elle est irréparable, nous en convenons. Nous la laissons comme une tache sur le blason des civilisés. » et plus loin, poursuit : « …la France a aussi une dette financière vis-à-vis d’Haïti. Cette dette est un cas unique dans l’histoire. C’est la seule fois où les vainqueurs ont payé tribut aux vaincus. Cette indemnité de 150 millions de francs-or, payée pendant tout le XIXe siècle, a entravé l’économie haïtienne, étranglé notre développement et hypothèque encore l’évolution de notre pays. » |9|

Le cadeau empoisonné de Monsanto

C’est au Forum mondial de Davos, en janvier 2010, peu après le séisme, que le patron de Monsanto Hugh Grant, et le vice-président Jerry Steiner, ont eu l’idée de donner des semences pour un montant de 4 millions de dollars (3,3 millions d’euros). Peut-être, avaient-ils été aidés dans leur démarche par Michael R. Taylor, vice-président pour les politiques publiques à Monsanto, qui a été propulsé au lendemain du séisme en Haïti commissaire député à la Food and Drug Administration (FDA) ou encore par l’ancienne dirigeante de Monsanto, Linda Fischer, qui a été nommée directrice adjointe de l’agence de protection de l’environnement (EPA) en 2003 ? Quoi qu’il en soit, quand Monsanto, la firme connue pour avoir répandu son agent orange au Vietnam, fait don à Haïti de 475 tonnes de semences hybrides (stériles) de maïs, non transgéniques mais dont les paysans ne peuvent pas utiliser la récolte comme semence, plus de 10 000 paysans haïtiens manifestent le 4 juin 2010. Ils sont en colère contre leur gouvernement à qui ils reprochent de distribuer un véritable « cadeau empoisonné » qui constitue une menace pour les variétés locales. Ce projet contesté de Monsanto est mis en place dans le cadre du projet Winner |10|, supervisé par l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), et dont le directeur des opérations en Haïti serait M. Jean-Robert Estimé, ex-ministre des affaires étrangères durant la brutale dictature de Jean-Claude Duvalier. L’obligation d’utiliser des engrais et des produits phytosanitaires pour les cultiver, et celle de racheter les semences chaque année constitue une réelle menace contre la souveraineté alimentaire en Haïti. La mobilisation s’est amplifiée après la publication sur le site du Huffington Post, d’un article de Ronnie Cummins, de l’association des consommateurs de produits biologiques qui dénonçait les « pilules empoisonnées visant à refaire d’Haïti une colonie d’esclaves, non plus de la France, mais de Monsanto et des multinationales de l’agrobusiness » |11| .

Ingérence et violation de la souveraineté alimentaire

Haïti qui était autosuffisante dans les années 1980, est devenu l’un des tout premiers clients du riz américain. Les riziculteurs haïtiens ont été ruinés dans les années 1980 par les importations de riz américain subventionné qui a envahi le marché et est entré en concurrence directe avec la production locale. Après le démantèlement des protections douanières imposées par les organismes internationaux, les tarifs douaniers sur le riz passent de 35 % à 3 %. Dans la même veine, les cuisses de poulet en provenance des États-Unis qui sortent congelées des containers, entrent directement en concurrence avec les volailles élevées sur place.

En plus d’une dette écologique, due à l’utilisation intensive des pesticides qui polluent les sols et contaminent les agriculteurs, les États-unis et ses grandes entreprises sont redevables d’une dette d’ingérence qui a causé une perte de souveraineté alimentaire, fatale pour la survie de la population. Monsanto doit reconnaître les dommages causés, réparer et indemniser les paysans. Haïti n’est pas endettée, elle est créancière.

Jérôme Duval

Notes

|1| CADTM, « Position du Cadtm Belgique sur la doctrine de la dette odieuse et sa stratégie juridique pour l’annulation de la dette », http://www.cadtm.org/spip.php?article3486

|2| Christophe Wargny, « Haïti, la tectonique de la misère », Le Monde diplomatique, février 2010.

|3| Thélyson Orélien, “Haïti-France : l’épineuse question de la dette”, 18 mai 2015. http://www.cadtm.org/Haiti-France-l-epineuse-question

|4| Thélyson Orélien, op, cit. Le territoire de la Louisiane de 2 144 476 km2 est vendu le 3 mai 1803 par Napoléon Ier aux États-Unis pour 80 millions de francs (15 millions de dollars, soit 8 cents l’hectare). La superficie d’Haïti est de 27 750 km2.

|5| Anne Michel et Elise Vincent, Le CRAN veut poursuivre la Caisse des dépôts pour avoir « profité de l’esclavage », Le Monde, 10 mai 2003. http://www.lemonde.fr/societe/article/2013/05/10/le-cran-va-poursuivre-la-caisse-des-depots-pour-recuperer-la-rancon-payee-par-haiti_3174907_3224.html

|6| Dictionnaire de la colonisation française, sous la direction de Claude Liauzu, Larousse, 2007, p.74-78.

|7| PAPDA, Plateforme Haïtienne de Plaidoyer pour un Développement Alternatif : http://papda.org/

|8| Lettre ouverte au président français Nicolas Sarkozy, PAPDA, 17 juin 2010. http://www.papda.org/article.php3?id_article=670

|9| François Bonnet, Haïti. « Le Nouvelliste » : « Etonnez-nous, Monsieur Hollande », Mediapart, 12 mai 2015. https://blogs.mediapart.fr/edition/memoires-du-colonialisme/article/120515/haiti-le-nouvelliste-etonnez-nous-monsieur-hollande

|10| Le projet Winner a été lancé le 8 octobre 2009 par l’USAID (Agence des États-Unis pour le développement international).

|11| Voir Jean-Michel Caroit, “Les paysans haïtiens refusent l’aide de Monsanto”, Le Monde, 1 juillet 2010. http://www.lemonde.fr/planete/article/2010/07/01/les-paysans-haitiens-refusent-l-aide-de-monsanto_1381635_3244.html et Benjamin Fernandez, “Quand Monsanto vient au secours d’Haïti”, Le Monde diplomatique, 15 juin 2010. http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2010-06-15-Haiti

La France pille toujours ses `anciennes’ colonies africaines Écrit par

Pambazuka News (2015-09-25, Issue 743)

http://pambazuka.org/en/category/features/95583

La France pille toujours ses `anciennes’ colonies africaines

En dépit de la comdamnation officielle par Paris du coup d’état manqué au Burkina Faso, et une menace d’imposer des sanctions si les auteurs du coup ne rendent pas le pouvoir, cet incident, une fois de plus, met en avant l’hégémonie francaise dans une Afrique de l’Ouest `indépendante.’ A travers des liens politiques, sécuritaires, économiques et culturels, la France maintient son emprise sur l’Afrique francophone, à la fois pour servir ses intérêts et comme dernier bastion de prestige impérial. 

Par Anastacia Promskaya

Traduit par Ama Mazama

Nous accusons toujours les leaders des pays africains d’être corrompus et de ne pas oeuvrer dans l’intérêt de leurs citoyens. Cependant, même s’ils souhaitaient être d’honnêtes leaders, cela ne leur serait pas possible. 

Pourquoi? J’ai trouvé des informations très intéressantes et qui font la lumière sur cette question controversée.

Dans ce court article, j’essaierai d’expliquer pourquoi les pays africains qui furent colonisés par la France sont toujours 

redevables à leurs colonisateurs. La relation actuelle entre les pays africains et la France empêche un développement africain réussi et une véritable souveraineté africaine. 

1. Les anciennes colonies doivent payer une “dette coloniale.”

Les pays récemment “indépendants” sont forcés de payer pour les infrastructures du pays que la France se targue d’avoir construites pendant la colonisation. Le montant de cette dette varie selon le pays et le degré de développement de ses infrastructures. 

 2. La France peut automatiquement confisquer les réserves nationales d’un pays africain. 

Le pays africain doit déposer ses réserves monétaires nationales dans la Banque Centrale de la France. 

La France détient depuis 1961 les réserves nationales de 14 pays: le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Mali, le Niger, le Sénégal, le Togo, le Cameroun, la République Centre-Africaine, la Guinée Bissau, la Guinée Equatoriale, le Tchad, le Congo Brazaville, et le Gabon. 

En fait, plus de 80 pour cent des réserves étrangères de ces pays africains sont déposées dans des soi-disant “comptes d’opération” contrôlés par le Trésor Francais. 

Deux banques africaines dites indépendantes – la BEAC (Banque des Etats de l’Afrique Centrale) et la BEACO (Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest) – n’ont dans les faits aucune politique monétaire qui leur soit propre. 

Les pays eux-mêmes ne savent pas, pas plus qu’il ne leur est dit quel pourcentage des réserves étrangères détenues par la France leur appartient collectivement ou individuellement. 

Seul un nombre limité d’officiels connaissent exactement les montants de ces comptes d’opération, où ces fonds sont investis. La France cache soigneusement ceci et autres détails à n’importe quelle banque africaine ou gouvernement afri

L’on estime que la France détient près de 500 milliards de dollars de l’argent des pays africains dans sa trésorerie et qu’elle fera n’importe quoi pour garder cet argent. En outre, les pays africains n’ont pas accès à cet argent.

La France leur donne accès à seulement 15 pour cent de l’argent au cours d’une année. S’ils ont besoin de plus que cela, ils doivent l’emprunter à des taux commerciaux aux 85 % qui restent de leur propre argent – qui est retenu en ôtage par le Trésor Français. 

Pour aggraver la situation, la France fixe des limites aux sommes d’argent que les pays peuvent emprunter à leurs propres réserves. Ces limites sont fixées à 20 pour cent de leur revenu public de l’année précédente. Si les pays ont besoin d’emprunter davantage que cela, la France y oppose son véto.

Dans récente vidéo, l’ancien président de la France, Jacques Chirac déclara que les français devraient accepter le fait qu’une grande partie de l’argent qui se trouve dans leurs banques vient très précisément de l’exploitation des anciennes colonies africaines.

3. La France s’octroie le droit d’exploiter toute resource naturelle découverte dans le pays. 

La France affirme qu’elle a en tout premier le droit d’acheter toute ressource naturelle trouvée sur le territoire d’une de ses anciennes colonies. Les pays africains n’ont pas le droit de chercher d’autres partenaires librement.

4. La France force les pays africains à donner la préférence aux intérêts francais et aux compagnies françaises pour les marchés publics et des appels d’offres publics.

Selon les contrats gouvernementaux, les compagnies françaises doivent être considérées en premier lieu. Ce n’est qu’après que les africains peuvent entrer en contact avec d’autres compagnies étrangères. Cela n’a aucune importance s’il serait dans les intérêts des pays africains d’avoir un partenaire en dehors de la France. 

Par conséquent, dans plusieurs anciennes colonies françaises, les principaux atouts économiques sont entre les mains des français. Par exemple, en Côte d’Ivoire, les compagnies françaises possèdent et contrôlent toutes les entreprises de services publics – l’eau, l’électricité, le téléphone, les transports, les ports et les plus grandes banques. La même situation existe dans le domaine du commerce, de la construction et de l’agriculture. 

 5. La France s’arroge le droit exclusif de fournir des équipements militaires et de l’entraȋnement militaire aux officiers militaires africains.

Par le biais d’un schéma sophistiqué de bourses, de subventions, et d’”accords de défense” attachés au Pacte Colonial (le document qui mit en place la monnaie commune à tous les pays francophones – le franc CFA), les pays africains envoient leurs officiers supérieurs s’entrainer en France. 

La situation est maintenant telle que la France a entraȋné et nourri des centaines, et même des milliers de traȋtres. Ils sont activés lorsque la France a besoin d’eux afin qu’ils commettent un autre coup d’état ou crèent une situation politique inquiétante en Afrique. 

 6. France s’octroie le droit de déployer des troupes et d’intervenir dans le pays africain afin de défendre les intérêts de la France. 

Selon les conditions définies par les accords de defense et le Pacte Colonial, la France affirme qu’elle a le droit légalement d’intervenir militairement dans les pays africains et d’y déployer des troupes de façon permanente sur leurs bases militaires.

 7. Les pays africains sont forcés à faire du français leur langue officielle et la langue de l’éducation. 

Le système culturel et éducatif “francophone,” avec plusieurs satellites et leurs associés, est directement supervisé par le ministre français des affaires étrangères.

 La pression est mise sur les africains afin qu’ils parlent français plutot que leurs propres langues.

Ceci est extrêmement limitant . Il est dit que si quelqu’un ne parle que francais, cette personne aura accès à moins de 4 pour cent des connaissances et des informations de l’humanité.

 8. Les anciennes colonies de la France sont forcées à utliser la monnaie coloniale FCFA (le franc CFA).

 Cet arrangement diabolique fonctionne comme une vache à lait pour la France. Il a été comdamné par l’Union Européenne, mais la France n’est pas prête à se défaire de ce système qui draine les pays africains de leurs richesses et rapporte environ 500 billions de dollars chaque année à la trésorerie française.

 9. Les pays africains sont obligés d’envoyer à la France chaque année un rapport sur leur équilibre et leurs réserves. 

Sans ce rapport, les pays africains ne peuvent obtenir aucune somme des réserves de la banque centrale française. Les banques centrales des ex-colonies sont également contrôlées et gérées par la banque centrale de la France. 

 10. Il est interdit aux pays africains de former quelqu’alliance militaire que ce soit.

Les pays africains ont en général des alliances militaires avec leurs anciens colonisateurs. En outre, la France interdit aux africains de rechercher quelque coopération ou protection militaire que ce soit en dehors de celles offertes par le gouvernement français. 

 11. Les pays africains sont obligés de s’allier avec la France seulement en cas de guerre ou de crise générale. 

Plus d’un million de soldats africains ont contribué à la défaite du nazisme et du fascime pendant la seconde guerre mondiale. Néanmoins, cette contribution est souvent ignorée ou sous-estimée. Depuis la deuxième guerre mondiale, la France prend en considération le fait que les africains peuvent être utilisés en cas de menace militaire ou de guerre prévue.

En conclusion, la France est intoxiquée par le pillage et l’exploitation de l’Afrique depuis l’époque de l’esclavage. Il y a toujours en Afrique des bases militaires françaises et des soldats français sous prétexte de protection. Mais en fait, ils sont là afin de contrôler et d’opprimer les citoyens locaux. 

Une question logique est, pourquoi y-a-t’il toujours 450 soldats français en Côte d’Ivoire qui sont capables de contrôler une population de 20 millions de personnes?

Pourquoi les pays africains soi-disant libérés et libres payent-ils toujours une taxe coloniale humiliante? N’est-il pas temps de mettre un terme à cette totale hypocrisie et à cette inhumanité?

 * Anastacia Promskaya fait partie du Anti-Globalization Movement of Russia.

La France peut conserver son statut à l’exploitation des anciennes colonies

La

© AFP par JACQUES BRINON
La conférence Internationale pour la relance économique du Mali
La conférence Internationale pour la relance économique du Mali à Paris le 22 Octobre 2015 sous l`égide de l`OCDE.
Le gouvernement français recueille auprès de ses anciennes colonies chaque année 440 milliards d'euros de taxes. France repose sur les recettes, pour ne pas sombrer dans l'insignifiance économique, prévient l'ancien président Jacques Chirac. Le cas illustre: Un monde juste est difficile, parce que les anciennes puissances coloniales elles-mêmes sont devenus tributaires de l'exploitation.
Dans les années 1950 et 60, a décidé les colonies françaises d'Afrique à devenir indépendante. Bien que le gouvernement de Paris a accepté les déclarations d'indépendance formelle, mais a appelé le pays à signer un soi-disant «pacte pour la poursuite de la colonisation". Ils y ont convenu d'introduire la monnaie coloniale française FCFA ( «Franc pour les colonies françaises en Afrique"), maintenir les écoles françaises et système militaire et d'établir le français comme langue officielle.

En vertu de cette loi, 14 pays africains sont encore obligés de stocker environ 85 pour cent de ses réserves en devises à la Banque de France à Paris. Ils sont sous le contrôle direct du Trésor français. Les pays concernés ont pas accès à cette partie de leurs réserves. Ne devrait pas suffire à ses autres 15 pour cent des réserves, ils doivent emprunter des fonds supplémentaires du Trésor français au prix du marché.

Depuis 1961, Paris contrôlée de sorte que les réserves de devises étrangères du Bénin, du Burkina Faso, la Guinée-Bissau, Côte-d'Ivoire, Mali, Niger, Sénégal, Togo, Cameroun, République centrafricaine, Tchad, Congo, Guinée équatoriale et le Gabon.
En outre, ces pays doivent chaque année transférer leur «dette coloniale» pour l'infrastructure construite en France à Paris en tant que Silicon Afrique a rapporté en détail.
La France prend environ 440 milliards d' euros par an. Le gouvernement à Paris dispose également d' un droit de premier refus sur toutes les ressources naturelles nouvellement découvertes dans les pays africains. Enfin, les entreprises françaises doivent avoir la priorité dans l'attribution des contrats dans les ex-colonies. En conséquence, il y a le plus d' actifs dans les domaines de l'approvisionnement, de la finance, le transport, l' énergie et l' agriculture dans les mains des sociétés françaises.
L'élite dirigeante dans chaque pays doit remplir aucun autre choix que les créances.Les dirigeants africains devraient refuser de menace d'assassinat ou de renverser le gouvernement. Au cours des 50 dernières années ont trouvé 67 coups détenus dans 26 pays africains. 16 de ces 26 pays étaient d'anciennes colonies de la France.
Un exemple de ceci est le premier président du Togo Afrique de l'Ouest, Sylvanus Olympio. Il a refusé de signer le «Pacte pour la poursuite de la colonisation". Mais la France a insisté pour que la compensation Togo pour l'infrastructure paie, qui avait construit les Français pendant la période coloniale. (malijet) La somme équivaut à une année à environ 40 pour cent des ménages du Togo en 1963 et a apporté le pays juste indépendant atteint rapidement ses limites économiques.
En outre, le nouveau président du Togo a décidé de supprimer et d'imprimer sa propre monnaie nationale, la monnaie coloniale française FCFA. Trois jours après cette décision, le nouveau gouvernement a été renversé par un groupe d'anciens légionnaires étrangers et a tué le président.
Le chef des Légionnaires, Gnassingbe Eyadema, a été converti 550 euros de l'ambassade française locale pour l'attaque, comme les Britanniques Telegraph a rapporté. Quatre ans plus tard Eyadema a été développé avec le soutien de Paris , le nouveau président du Togo. Il a établi une dictature tyrannique dans le pays d' Afrique occidentale et est resté jusqu'à sa mort en 2005 au pouvoir.
Dans les années suivantes, le gouvernement de Paris a gardé remontant aux anciens légionnaires étrangères pour renverser des gouvernements impopulaires dans les ex-colonies. Donc, ce fut le premier président de la République centrafricaine, David Dacko, renversé par les anciens membres de la Légion étrangère dans la 1966e annéeLa même chose est arrivée au Président du Burkina Faso, Maurice Yaméogo, et le président du Bénin, Mathieu Kérékou. Et aussi le premier président de la République du Mali Modiba Keita, a été un coup d'Etat victime ex-légionnaires en 1968e
Seulement quelques années plus tôt, il avait décidé d'éliminer la monnaie coloniale française.
En revanche, les autres puissances coloniales adoptées par de telles mesures. La Grande-Bretagne a dû apprendre déjà pendant la Révolution américaine de 1763 sa leçon. Cela a été déclenché par la décision de la Grande-Bretagne, les colonies américaines imposent le coût de la guerre française et indienne vient de se terminer.
La manifestation a abouti à la "Boston Tea Party" et, enfin, dans la guerre révolutionnaire et la fondation des États-Unis en 1776. En 1778, le Parlement britannique le «Imposition de la loi Colonies» adoptée.
Darin UK a renoncé à l'avenir sur les taxes sur les ventes dans les colonies «Amérique britannique» et «British West Indies".
Cela vaut également pour les anciennes colonies Australie et le Canada. Alors que ce sont toujours le «Commonwealth of Nations» et sont donc formellement la famille royale britannique, mais le Steuerhohheit est depuis la déclaration d'indépendance du pays au début du 20ème siècle, exclusivement avec les gouvernements locaux au plus tard.
L'ancienne puissance coloniale néerlandaise rejette plus d'impôt sur ses anciennes sphères d'influence en Amérique du Sud et en Asie du Sud-Est. En Asie du Sud-Est, les finances étaient au début du 20e siècle en raison de guerres dévastatrices si désastreuses que les Pays-Bas avaient leurs colonies soutiennent financièrement régulièrement.
Le royaume séparé de la majorité de ses colonies au début du 19ème siècle. Récemment quitté les Antilles néerlandaises en Octobre 2010 le Royaume. Seules les îles des Caraïbes d'Aruba, Curaçao et Sint Maarten font encore partie du Royaume des Pays-Bas.
L'élite politique française d'autre part ne pense pas que dans mon esprit, d'éliminer les vestiges de l'époque coloniale et de rejeter les anciennes colonies en toute indépendance.
Au contraire, il semble à Paris craintes l'emportent qui pourrait couler sans les recettes provenant de l'Afrique dans l'insignifiance économique.Même l'ancien président français Jacques Chirac a déclaré dans Mars 2008: «Sans l'Afrique la France glisser au rang d'un pays du tiers monde."

Le Cameroun ouvre le « bal des indépendances » dans l'Afrique coloniale française le 1er janvier 1960, trois ans après l'indépendance de la Gold Coast anglaise, devenue le Ghana. Le Nigeria anglais, la Somalie anglo-italienne et le Congo belge s'émancipent la même année. C'est le début de la fin de la tutelle de l'Europe sur le continent noir.

En définitive, la colonisation de l'Afrique noire aura duré environ un demi-siècle, soit à peine plus longtemps que les indépendances à ce jour. Elle n'aura été qu'une parenthèse dans l'Histoire du continent.

En ce début du XXIe siècle débute une nouvelle forme d'exploitation du continent noir avec l'arrivée en force de la Chine, avide de matières premières et de produits agricoles.

L'Afrique, de la colonisation aux indépendances

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En deux décennies, dans les années 1950 et 1960, les Européens donnent l'indépendance à leurs colonies africaines, à quelques exceptions près comme les colonies portugaises et les micro-possessions françaises (Comores et Mayotte).

Le continent africain se transforme en une mosaïque d'environ 44 États indépendants issus de l'éclatement des empires coloniaux, sans parler de la sécession de l'Érythrée d'avec l'ancien empire d'Éthiopie et de la scission plus récente du Soudan...

Parenthèse coloniale

Dès la fin du Moyen Âge, des commerçants et des aventurieurs européens fondent quelques modestes comptoirs sur le littoral africain. Mais il faut attendre quatre siècles pour qu'ils explorent l'intérieur.

À partir des années 1870, les grandes puissances européennes prennent le relais des explorateurs et des aventuriers et s'engagent dans la « course au drapeau ». C'est ainsi que l'Afrique noire, considérée comme une terre sans maître, fait l'objet d'un partage au cordeau au congrès de Berlin en 1885.

Quand débute l'année 1960 - année-charnière s'il en est -, l'Afrique noire est encore pour l'essentiel constituée de colonies européennes. Font exception l'Éthiopie, brièvement annexée par l'Italie fasciste, le Liberia, fondé en 1847, le Soudan anglo-égyptien, le Ghana et la Guinée, respectivement indépendants en 1956, 1957 et 1958.

La plupart des colonies françaises et britanniques accèdent cette année-là de façon pacifique à l'indépendance. Le Congo Belge devient également indépendant mais dans des conditions autrement plus dramatiques.

Farandole des indépendances en 1960

Au Cameroun, ancienne colonie allemande partagée en 1918 entre la France et le Royaume-Uni, des leaders politiques n'attendent pas le bon vouloir de la métropole pour déclencher un soulèvement dès 1956.

Celui-ci est sévèrement réprimé mais conduit la France à accorder l'indépendance au pays dès le 1er janvier 1960 sous le nom de République unie du Cameroun (capitale : Yaoundé). Le premier président en est Ahmadou Ahidjo. Le 27 avril, le Togo (capitale : Lomé) devient à son tour indépendant et Sylvanus Olympio en est élu président de la République.

Le 20 juin naît la Fédération du Mali, qui réunit les colonies du Sénégal et du Soudan français, mais elle éclate dès le 20 août et l'ancienne colonie du Sénégal (capitale : Dakar) prend le large. Le 25 août, l'agrégé de grammaire Léopold Sédar Senghor devient président de la nouvelle République. Le 22 septembre, le Soudan (capitale : Bamako) proclame à son tour son indépendance sour le nom de Mali (ancien royaume africain). Le premier président de la République en est Modibo Keita.

Le 26 juin, Madagascar, grande île de l'océan Indien, célèbre son indépendance (capitale : Tananarive) et porte à sa présidence un ancien instituteur : Philibert Tsiranana etc.

Dans les années suivantes accèdent à l'indépendance la Sierra Leone et le Tanganyika ou Tanzanie britanniques(1961), le Rwanda et le Burundi belges (1962), l'Ouganda et le Kenya (1962 et 1963), l'Afrique australe britannique et la petite Guinée équatoriale espagnole (1968), enfin les colonies portugaises : Guinée-Bissau (1973), Mozambique, Cap-Vert et Angola (1975) ainsi que Djibouti, ancien comptoir français (1977). L'Érythrée, colonie italienne annexée par l'Éthiopie, s'émancipe en 1993.

Pour les commentateurs « éclairés », il ne fait pas de doute que cette vague d'indépendance ouvre la voie à des progrès rapides. Les désillusions seront grandes.

Le Mali et la Guinée, deux poumons, un corps

(mise à jour : )

Délimitation administrative dans un empire de l'Afrique de l'Ouest, devenue une frontière entre deux Etats avec la colonisation, la ligne de partage entre les deux pays a une histoire difficile à reconstituer. Aujourd'hui elle a été adoptée par les populations.

Questions à Yves Béringue, doctorant en histoire, affilié à l’IMAF, à l’université Paris 1 Panthéon Sorbonne et professeur au lycée Joachim du Bellay à Angers. Son travail de recherche, sous la direction du professeur Pierre Boilley a pour sujet La frontière entre Mali et Guinée, d’une limite intra-impériale construite par la France à une frontière interétatique (de 1878 à 1971).

Quelle est la spécificité de la frontière entre Mali et Guinée ?

Les deux États du Mali et de la Guinée sont séparés aujourd’hui par une frontière de 858 kilomètres héritée de la colonisation française. C’est une ancienne limite intra-impériale entre deux colonies, la Guinée et le Soudan français, qui n’a pas fait l’objet de définitions précises. Elle avait comme objectif de constituer des entités spatiales gérables, de fixer le cadre administratif du contrôle des populations et de l’exploitation des ressources. Le seul texte officiel existant, datant de 1899, ne définit qu’un tiers de sa longueur. Pour le reste, l’historien ne dispose que de cartes topographiques, de conventions locales sans véritable légitimité officielle pour en reconstituer le tracé. Le moment de l’accession à l’indépendance des nouveaux États transforme la limite intra-impériale en frontière nationale. Cette frontière est donc un legs colonial bien vague sur le plan juridique, « figé » par le principe de l’intangibilité des frontières coloniales adopté par l’OUA en 1964, engageant les États à respecter les frontières existant au moment où ils ont accédé à l’indépendance nationale.

Cette frontière est-elle absurde ?

Les deux États indépendants, dirigés par des leaders idéologiquement proches, Modibo Keita et Sékou Touré, ont dénoncé la « balkanisation » du continent africain par des frontières artificielles, créées par le colonisateur et séparant « les deux poumons d’un même corps », selon une formule de Sékou Touré. Ces discours officiels, fortement mobilisés dans le cadre des processus de constructions nationales doivent être nuancés. L’étude sur le temps long de la définition de la limite par la France met à jour la complexité des processus de choix de son tracé. Les autorités ont utilisé des segments de frontières précoloniales, en particulier au nord du Fouta Djalon et associé les populations à l’adoption de limites fonctionnelles. Au contraire, dans sa partie orientale, la frontière divise des aires de peuplement qui avaient une forte homogénéité culturelle et politique, le Manding et le Wassoulou, en s’appuyant sur des territoires locaux, les kafu, transformés en cantons administratifs de part et d’autre de la limite. La pratique au quotidien de la frontière par les populations révèle son progressif enracinement. Les populations ont rapidement pris conscience des réalités ou des absences de ces tracés, pour les contourner dans des stratégies d’évitement de l’impôt ou des réquisitions, pour les mobiliser afin de satisfaire des besoins existentiels. Malgré le faible différentiel entre Guinée et Soudan français, la frontière coloniale a été vécue et dans une certaine mesure appropriée. Elle est donc artificielle et arbitraire, comme tout acte de délimitation frontalière, a été construite par une puissance exogène, mais a été intégrée dans les pratiques spatiales des populations.

Exploitation aurifère proche de Kourémalé, Mali. Photographie de Yves Béringue, CC-BY-SA, novembre 2015.

Quelle est l’actualité de cette frontière ?

Depuis les indépendances, ces marges frontalières ont des effets grossissants sur les processus territoriaux en cours dans les deux États. On observe dans les années 1960, à la fois une continuité dans le vivre ensemble de part et d’autre de la frontière, la permanence de liens familiaux, socio-économiques et culturels, mais aussi de fortes tensions foncières qui s’inscrivent dans le temps long mais connaissent une inflexion dans les discours et les symboles mobilisés, signes potentiels de l’appropriation des nouveaux enjeux territoriaux et d’identités nationales. Le litige autour de la territorialité de Niani, entre 1964 et 1968, une des capitales supposées de l’empire médiéval du Mali, située en Guinée mais revendiquée par des villages maliens, illustre l’émergence d’un nationalisme « d’en bas », ou du moins son instrumentalisation au profit de stratégies foncières locales. Depuis vingt ans, ce sont des conflits autour d’exploitations aurifères, dans le Manding et le Wassoulou, qui créent un climat d’insécurité ponctué de flambées de violence.

La zone frontière est de plus en plus connectée aux nouvelles logiques de la globalisation, confrontée à des mobilités croissantes avec l’irruption d’acteurs nouveaux dans la région, à des trafics et des flux illicites dont les effets déstructurent les anciennes solidarités. Face à ces perturbations, les populations expriment un besoin de frontière, de sécurité. Elles réclament une délimitation plus précise de la frontière afin de mettre un terme aux tensions entre villages mais les deux États privilégient le dépassement des litiges au profit d’une intégration régionale. La délimitation et la matérialisation de la frontière, impulsées par les programmes de l’Union Africaine (PFUA) se heurtent au flou de l’héritage colonial et aux difficultés économiques, sociales et politiques de deux États qui n’ont pas les moyens de contrôler leurs confins.

Pour aller plus loin :

Lefebvre, Camille. Frontières de sable, frontières de papier: histoire de territoires et de frontières, du jihad de Sokoto à la colonisation française du Niger, XIXe-XXe siècles. Paris, Publications de la Sorbonne, 2015.

Foucher, Michel. Frontières d’Afrique, Pour en finir avec un mythe. CNRS Editions, 2014.