WWIII : La Guerre Mondiale avait pour cible les habitants de la Planète. On vient de virer les 4500 journalistes de France Info pour les remplacer par une machine à créer l'Info, seul un irréductible s'est mis à son compte, que l'on salue, mais est-ce vraiment humain de le faire travailler dans sa salle à manger s'il ne l'est pas?

Publié le par José Pedro, collectif des rédacteurs dans LAOSOPHIE sur Overblog

WWIII : La Guerre Mondiale a pour cible les habitants de la Planète que l'on veut réduire de 7.5 milliards à 0.5. On vient de virer les 4500 journalistes de France Info qui avaient commencé par parler, bien qu'ils ne parlaient pas de grand chose, pour les remplacer par une machine à créer l'Info, seul un irréductible s'est mis à son compte, que l'on salue, mais est-ce vraiment humain de le faire travailler dans sa salle à manger s'il ne l'est pas?

(voir la vidéo de celui qui se nomme Paul Jorion, et qui parfois se répète en boucle, pour son article: "le temps qu'il fait le 1er septembre 2017", tout un programme pour ce responsable Météo de la station de Cadeilhan-trachère , qui ne comportait pas moins de 59 météorologues, dont l'interrogation des grenouilles, la vitesse du vent et l'âge du capitaine comptaient beaucoup pour les Cadeilhalanois.)

 

 

 

Paul Jorion est tout sauf un irresponsable, car c'est lui qui a développé le programme qui remplace les humains dans la Météo, mais également dans les Banques, et en généralisant sa modélisation informatique, avec des algorithmes d'intelligence artificielle, qui font appel aux postulats, aux prédicats, aux moteurs d'inférence et d'acquisition de connaissances, qu'il a bidouillé dans son grenier, puis plus tard dans sa grange, il  a supprimé ipso-facto le travail des humains.

Selon notre avis il est allé encore bien plus loin, et son regard vitreux, son humeur constante, laissent présager qu'il s'est administré des nanorobots dans son sang, et que cela fait déjà un certain temps, qu'il ne se sent plus humain.

 

Cet homme qui n'a jamais travaillé dans sa vie, mais joué avec des programmes informatiques du type prédateur-proie sur les marchés du FOREX, en jouant sur des paires de monnaies, a rendu son patron Milliardaire dans la Banque, également le Gouvernement Français qui est plein au As, par les prédictions Météo sur France Info à l'aide du Robot Météo, à tel point que le Journalisme d'investigation, une des spécialité de France Info, ne sert plus a rien, puisque tout a été modélisé, et que le travail s'en est allé vers les machines, dont seules les plus vieilles ont encore besoin de la main de l'homme pour être graissées.

Dire qu'avant un grand journaliste d'investigation c'était cela:

“Etre journaliste d’investigation, c’est accepter que ta vie soit sur écoute, violée” .Ils ont six cartes SIM, annulent leurs vacances la veille du départ pour obtenir une information, retrouvent leurs poubelles fouillées, leurs pneus crevés. En s’attaquant entre autres aux narcotrafiquants et aux secrets d’Etat, les journalistes d’investigation deviennent des cibles. Leur entourage aussi. 

“C’est une peur qui paralyse. Qui prend au ventre. On pénètre dans cet appartement, dans l’une des villes les plus dangereuses du Mexique où quinze journalistes ont déjà trouvé la mort. On découvre ce cadavre sur le sol, à peine refroidi par la balle du tireur à gage. Le photographe que j’accompagne prend vite une photo, craignant que l’assassin vienne vérifier si la victime est bien morte. C’est une poussée d’adrénaline extrême. A tout moment, il peut revenir. Nous repartons, le soir, en revenant à l'hôtel, on s’observe. Et soudain on déverse tout ce qu’on peut en faisant des blagues macabres, il faut que ça sorte. À mon retour en France, j’en ai fait des cauchemars pendant six mois."

Quand Paul raconte le reportage qui l’a le plus marqué en plus de 35 ans de carrière, il nous transporte tout droit dans une scène de crime digne de séries télévisées. Journaliste d’investigation pour El Proceso, un hebdomadaire mexicain, il était correspondant a Paris.

“La passion du métier”. C’est ce qui l’anime encore aujourd’hui, l'amène à prendre de tels risques pour écrire une enquête. Et c’est cette même passion qui lui a coûté son premier mariage.

“Dès que j’ai commencé à faire des reportages dangereux, j’ai pris la décision de ne pas avoir d’enfants. Je ne voulais pas prendre le risque de me faire tuer et de laisser des enfants sans mère. Mon ex mari en désirait, nous avons divorcé.”

Ils se font cambrioler, suivre dans la rue, retrouvent leurs pneus crevés. Parce qu’ils fouillent ce qui est caché du grand public en traquant la corruption et les abus du pouvoir, les journalistes d’investigation prennent des risques au quotidien et s’exposent à des représailles. Dans certains pays, ils sont menacés, parfois violés ou tués à la suite d’un article. "On est le moustique qui vient les emmerder", explique Sophie.

Ancien journaliste à l’Est Republicain, Marcel Gay en a fait les frais. Après avoir révélé des abus de corruption dans sa région, il est passé de la casquette de journaliste à celle de maquettiste pour son journal.

“Pendant six ans, on m’a enlevé ma plume, parce que des gens influents ont fait pression sur le chef de la rédaction de l'époque."

Protéger sa famille, ses sources, soi-même...

“Parfois, votre vie ne vous appartient plus, elle est sous surveillance, comme violée”, confie Paul. Pour se protéger, chacun y va de ses propres précautions. Certains de ses collègues ne s’assoient jamais en terrasse d’un restaurant et se dirigent toujours vers le fond pour éviter de se faire tirer dessus depuis la rue. Un article nécessite 1 à 2 ans de travail, et autant pour contrôler les sources, ce qui devenait impossible. Si on facturait un quotidien subventionné à son vrai prix, on devrait le vendre 300 euros pièce. Ce qui fait dire à certain qu'on a quand même un intérêt à le vendre même à 2.20 euros.

“On développe une forme de paranoïa. On regarde systématiquement dans le rétroviseur lorsque l’on monte dans un taxi. On ôte la batterie lorsque l’on part interviewer une source, pour ne pas être géolocalisé, ce qui n'est plus possible avec les téléphone intégrés".

“Quand ça devient vraiment dangereux, la rédaction engage un garde du corps. C’est arrivé à un collègue, il ne voyait même plus ses amis", déplore-t-elle, faisant ainsi grandir le sentiment d’isolement. L’impression que l’on ne peut se confier à personne, pour préserver les gens que l’on aime.

Mais ces précautions ne suffisent pas toujours, et certains journalistes sont obligés de prendre des décisions extrêmes, comme Lydia Cacho, journaliste mexicaine, qui a dû quitter temporairement le Mexique. Après avoir dénoncé les violences faites aux femmes et aux enfants, elle avait reçu un message de menace : “Ne nous cherche pas ou on va te renvoyer à la maison en morceaux".

À Paris, la Maison des journalistes fait office de refuge pour les reporters en danger. Majoritairement de Syrie ou d’Afrique, certains ont été torturés, menacés de morts, ou ont perdu des membres de leur famille suite à leurs publications. “La première chose à faire quand ils arrivent, c’est lancer les demandes pour qu’ils obtiennent le statut de réfugié. On leur offre un logement, des tickets restaurants, une sécurité. Ensuite, s’ils en montrent le besoin, on les oriente vers la cellule de soutien psychologique", explique Frederic Roy, travailleur social au centre d’accueil.

“En 10 ans, nous avons accueilli 300 journalistes. Nous n’avons que treize chambres, que les reporters, isolés de leur famille, occupent environ sept mois.”

Victimes de leur succès, ils refusent en moyenne une demande sur deux.

À l’association Primo Levi, à Paris, parmi les réfugiés, des journalistes d’investigation sont accueillis et pris en charge par une équipe pluridisciplinaire (psychologues, médecins, assistants sociaux, juriste). Peurs, hallucinations, agressivité incontrôlable, troubles de la concentration, cauchemars, amnésie, culpabilité… Josephine Vuillard, qui accueille parfois les réfugiés au centre, explique que “la torture psychologique se mêlant dans la plupart des cas aux violences physiques, ils en sont sortis très profondément traumatisés et abîmés dans leur corps comme dans leur esprit".

Apprendre à composer

Mais si le tableau n’est pas si noir pour tous, comme confie Karl Laske, journaliste pour Mediapart et également père de cinq enfants qui n’a jamais subi de représailles, la vie de journaliste d’investigation implique des compromis. “On est souvent très pris. Alors pour voir mes proches, j’essaie de passer mes soirées en famille, et à 23h, quand tout le monde se couche, il m’arrive de travailler jusqu’à 4h du matin”. S’il n’a jamais reçu de menaces, l’un de ses collègues a dû interrompre une enquête sur la Corse, après avoir retrouvé sa maison criblée d’impacts de mitraillette.

De son côté, Antonio Rubio, journaliste pour El mundo en Espagne, dit que dans son couple, c’est sa femme le héros. Pilar, son épouse, avoue que ça n’a pas toujours été simple : "Quelques fois, en tant que femme, tu te sens très seule. Nous avons eu des jumeaux. C’est très dur d’avoir deux enfants en même temps et de subir des pressions." Elle raconte ne jamais dire où ils partent en vacances, n’aime pas parler par téléphone et a toujours la sensation d’être sur écoute. Des habitudes qu’elle a prises lorsque les enfants étaient encore petits.

“Après un article d’Antonio sur les groupes antiterroristes de libération en Espagne, nous avons reçu des menaces. Pendant quelque temps, les enfants étaient escortés par la police pour se rendre à l’école."

Aujourd’hui, les enfants ont grandi, sortent seuls, et sont davantage exposés. Mais à la question ; et si vos enfants vous disaient demain qu’ils veulent devenir journaliste d’investigation, que répondriez-vous ? Pilar affirme : “Je leur dirais si c’est une passion et que c’est ce que tu veux faire, alors fonce."

Ce métier était vraiment trop dangereux, 4 ans pour faire un article, sur le cours de la Bourse en Chine, et impossible de le publier tant le cours avait changé, c'est ce qui a motivé Paul pour l'automaticité.

Paul nous parle également de la tempête Harvey et de la ville de Houston, qu'il a bien connue, et il s'excuse auprès des habitants, la preuve qu'une machine qui enregistre des mots peut avoir de la compassion. On avait bien un doute sur le fait que cette tempête qui faisait du "sur-place", n'était pas très naturelle. Il nous parle également de sa Harley qu'il a retrouvée.

Le cas de la Météo est le plus facile, car il n'y a que 50 termes ou mots à retenir, que l'on peut associer dans tous les sens, pour expliquer ce qui devrait se passer, car nul n'est engagé sur ce qui se passe vraiment. Par exemple, en été il fait toujours beau sur les bords de la Méditerranée.

Devant la facilité de remplacer quelqu'un, Paul a su le faire avec des Robots, et parle de la Loi Travail comme quelqu'un qui a tout compris: "si t'est flexible, compatible et docile, tu auras un travail précaire de la Pénicaud, qui se fait du beurre sur le Trading des stock-options, si t'es rigide, pénible et incorruptible, tu auras droit à t'euthanasier.

Si tu arrives à la fin de la Vidéo, tu n'est pas un robot, et tu pourras connaître la suite...

Intelligence artificielle : au Japon, un robot va remplacer 34 salariés en assurance, en France Macron travaille par ordonnance et n'a plus besoin de 66,6 Millions de Français.

LEILA MARCHAND |

Au Japon, une compagnie d'assurance-vie va remplacer 25 % du personnel d'un de ses services par une intelligence artificielle.

Le remplacement de l'homme par la machine ne se cantonne pas à la production industrielle ou aux emplois les moins qualifiés. Aujourd'hui, les intelligences artificielles sont à même d'assurer le travail de salariés de la finance ou de l'assurance.

Au Japon justement, la société d'assurance-vie Fukoku Mutual Insurance va remplacer 25% de ses salariés du département des évaluations des paiements par un système d'intelligence artificielle (IA), l'IBM Watson Explorer, rapporte le journal Mainichi. Au total, 34 personnes devraient être licenciées d'ici à fin mars 2017, sur les 131 que compte le service. L'entreprise envisage également de ne pas renouveler un certain nombre de CDD une fois qu'ils seront arrivés à leur terme.

En plus de pouvoir analyser des milliers de données en un temps record, « Watson " est capable de « comprendre le langage naturel » et « de s'adapter et d'apprendre ", soulignait déjà IBM en 2013. Chez Fukoku, Watson sera chargé de rassembler les données médicales des clients, de lire les certificats rédigés par les médecins et autres documents médicaux afin de déterminer les paiements d'assurance et de facturer les dépenses médicales.

1,6 million d'euros d'investissement, 122 000 euros de maintenance

En se basant sur les opérations gérées par Fukoku au cours de l'exercice 2015, l'IA devrait passer en revue environ 132.000 cas en un an. Mais une fois le dossier préparé, la décision finale de paiement sera prise par un personnel humain, précise le journal japonais. Watson permettra seulement de rendre le processus plus rapide et efficace.

Fukoku Mutual Insurance va dépenser 200 millions de yens (1,6 million d'euros) pour installer le système d'intelligence artificielle et 15 millions de yens (122 000 euros) par an pour la maintenance, toujours selon Mainichi. Le journal japonais cite d'ailleurs trois autres entreprises d'assurance ayant déjà adopté - ou étant en passe de le faire - des intelligences artificielles, comme Dai-Ichi Insurance et Nippon Life Insurance.

Déjà des robots chirurgiens, journalistes ou conseillers financiers

Combien d'emplois risquent réellement de se voir « robotiser » ? La technologie s'améliorant, les robots étendent de plus en plus leur influence. Les algorithmes et les robots peuvent désormais se charger des diagnostics médicaux,prendre les commandes dans les fast-foods, assister les chirurgiens, conseiller les institutions financières, et produire des textes journalistiques.

« Un peuple qui déteste ça », dit-il…

En un geste le président Macron a signé sa politique.« Les Français détestent les réformes… C’est un peuple qui déteste ça. » C’est sur le mot peuple que le geste a pesé avec le rejet méprisant de la main. En quelques secondes, un message politique d’une incroyable intensité s’est révélé. Derrière les sourires, les « selfies » et les images « sympa » du Touquet, le technocrate et banquier qui a satisfait son ambition au pas de course, dans la facilité des circonstances et des connivences, a dit qui il était et ce qu’il voulait. Manifestement, Macron s’estime plus intelligent que la plupart des gens, sinon tous. […] Le petit monde d’Emmanuel n’est pas, n’a jamais été celui du peuple, auquel il voue un mépris, tantôt paternel et compatissant, tantôt hautain, lorsqu’il se lâche. Le peuple, c’est la foule de ses spectateurs à laquelle il va jeter les réformes salutaires comme les princes jetaient le pain sinon les brioches au temps jadis. MACRON c'est ROBOCON. Une machine à détruire les tarés qui s'opposent encore au Nouvel Ordre Mondial, "chers électeurs, nous n'avons plus besoin de vous, vos votes, ce sont nos ordinateurs qui les simulent en nous donnant la préférence, les Lois sont votées par les machines, même plus besoin de tourner la clef, et si vous voyez encore la Justice nous importuner, prévenez-nous, c'est un Bug,  l'armée est prête à intervenir, et nos guerres, notre nourriture que nous propageons à volonté, nos vaccins, notre eau, notre air, feront le reste."

 

Les derniers habitants de la Terre dans la région de la France, ont prié Macron comme on prie Dieu, pour qu'il s'occupe d'eux, à ceci près qu'il ne savent plus prier Dieu, et qu'ils ont eu Macron pour le pire. Que d'erreurs répétées à la recherche d'un sauveur dans cette cinquième République, qui ressemble à la quatrième, à la troisième, à la seconde près qu'on n'est déjà plus en République et que le Peuple Souverain est floué, trop ému de s'être cru comme le bon Roi, qui donne à sa manière la confiance à l'échafaud tenu par les massacreurs de la Saint-Barthélémy de retour des croisades. Mais que de liberté retrouvée, quand la liberté de tuer est restaurée pour faire face à l'agresseur, qu'une Justice tolérante, qui s'est vautrée dans la permissivité conduisant à la suppression des contraintes morales et des interdits. Nous attendons simplement de quel côté sera l'Armée ( Lafayette ou Robespierre).

Grassement payés, peu dans l'armée ont la conscience de défendre le Peuple et sa Nation. Lafayette a tiré sur le Peuple Français avec l'Armée Française, et l'incorruptible Robespierre, s'est pris un coup de pistolet de l'Armée qui a chargé le palais des Tuileries où se trouvait le Comité de Salut Public, et les poilus du Chemin des Dames ont été fusillés pour ne pas être transformés immédiatement en pâté pour chien par les chleus, les boche ou les fridolins si vous préférez.

C'est pour cela qu'on a fait une Armée de métier, qui ne connaît que l'Europe pour enclave des intérêts de l'OTAN, des USA et des plus grosses Banques Mondiales qui dirigent le Monde pour y faire la Guerre sous toutes ses formes. Les laquais LR-EM-PS-FN... ne font que de la représentativité, pour des Guerres qui ne concernent en rien la Nation Française, dont le nom de Nation a été enlevé de la Constitution, qui elle-même est remplacée par le traité de Lisbonne. Ces prostitués de la Politique malgré eux, puisque leur rôle est tellement limité qu'ils ne font qu'approuver ce qui a été décidé, espèrent encore peser pour éviter à la France de se retrouver encore plus exposée aux contre-réactions des Russes et des Chinois, qui ne rigolent pas avec les mauvais coups qu'ils prennent. Dans ce petit jeu, d'échec on ne s'adresse plus à son partenaire principal directement, on se contente d'écraser un allié ou pion.

Rien à attendre de la Politique française, ni de la Justice qui est impropre à juger, ni de l'Armée qui opère dans les restes du Monde et qui se soucie d'en appeler au Peuple que quand il s'agit d'échapper à une condamnation du TPI pour génocide au RWANDA, ni d'un travail bien rémunéré, les Français plient l'échine et attendent des jours meilleurs qui sont de pire en pire, en attendant, on les remplace par du personnel encore moins ambitieux, qui ne demande que de vivre, alors que le français lui ne pense déjà plus qu'au suicide. Le Plan Pike se déroule à merveille, les frères sont dans l'émoi de se retrouver soldat de l'armée du salut qui demande refuge en Suisse par son chef Bourbaki, pas grave direz-vous, le fait qu'ils soient bien payés pour exécuter cette basse besogne, les dispense de toute moralité.

C'est la fin des haricots mais pas des fayots. Dans la confusion, Robespierre est blessé à la mâchoire par un coup de pistolet. En piteux état, il est guillotiné le lendemain, le 10 thermidor An II (28 juillet 1794) avec Saint-Just, Couthon et Robespierre jeune, son frère, ainsi qu'une vingtaine d'autres partisans. Le jour suivant, quelque 80 autres robespierristes montent à l'échafaud. Le matin du 10 thermidor, Robespierre, son habit bleu éclaboussé de sang, la mâchoire détruite et retenue par un mauvais bandage, devait faire lui aussi, comme ses nombreuses victimes, la fatal voyage dans la fatale charrette, sous les insultes de la foule et entouré de ses derniers fidèles.

Il avait été condamné par Fouquier Tinville sans même avoir de procès. Et lorsque le bourreau lui arracha son bandage, il poussa un cri terrible qui fut entendue à l'autre bout de la place, avant que sa tête ne tombe dans le panier....

" Ce sont des serviteurs employés par le même maître, des complices qui feignent de se brouiller...".

Robespierre : Sur les principes de morale politique...

"Sur les principes de morale politique qui doivent guider la Convention nationale dans l’administration intérieure de la République".

Prononcé à la Convention le 5 février 1794 - 17 pluviôse An II

Citoyens représentants du peuple,

Nous avons exposé, il y a quelque temps, les principes de notre politique extérieure : nous venons développer aujourd’hui les principes de notre politique intérieure.

Après avoir marché longtemps au hasard, & comme emportés par le mouvement des factions contraires, les représentants du peuple français ont enfin montré un caractère & un gouvernement. Un changement subit dans la fortune de la nation, annonça à l’Europe la régénération qui s’était opérée dans la représentation nationale. Mais, jusqu’au moment même où je parle, il faut convenir que nous avons été plutôt guidés, dans des circonstances si orageuses, par l’amour du bien & par le sentiment des besoins de la Patrie, que par une théorie exacte & des règles précises de conduite, que nous n’avions pas même le loisir de tracer.

Il est temps de marquer nettement le but de la Révolution, & le terme où nous voulons arriver ; il est temps de nous rendre compte à nous-mêmes, & des obstacles qui nous en éloignent encore, & des moyens que nous devons adopter pour l’atteindre : une idée simple & importante qui semble n’avoir jamais été aperçue. Eh ! Comment un gouvernement lâche & corrompu aurait-il osé la réaliser ? Un roi, un sénat orgueilleux, un César, un Cromwell, doivent avant tout couvrir leurs projets d’un voile religieux, transiger avec tous les vices, caresser tous les partis, écraser celui des gens de bien, opprimer ou tromper le peuple, pour arriver au but de leur perfide ambition. Si nous n’avions pas eu une plus grande tâche à remplir, s’il ne s’agissait ici que des intérêts d’une faction ou d’une aristocratie nouvelle, nous aurions pu croire comme certains écrivains, plus ignorants encore que pervers, que le plan de la Révolution était écrit en toutes lettres dans les livres de Tacite & de Machiavel, & chercher les devoirs des représentants du peuple dans l’histoire d’Auguste, de Tibère ou de Vespasien, ou même dans celle de certains législateurs français ; car, à quelques nuances près de perfidie ou de cruauté, tous les tyrans se ressemblent.

Pour nous, nous venons aujourd’hui mettre l’univers dans la confidence de vos secrets politiques, afin que tous les amis de la patrie puissent se rallier à la voix de la raison & de l’intérêt public ; afin que la nation française & ses représentants soient respectés dans tous les pays de l’univers où la connaissance de leurs véritables principes pourra parvenir ; afin que les intrigants qui cherchent toujours à remplacer d’autres intrigants, soient jugés par l’opinion publique, sur des règles sûres & faciles.

Il faut prendre de loin ses précautions pour remettre les destinées de la liberté dans les mains de la vérité qui est éternelle, plus que dans celle des hommes qui passent, de manière que si le gouvernement oublie les intérêts du peuple, ou qu’il retombe entre les mains des hommes corrompus, selon le cours naturel des choses, la lumière des principes reconnus éclaire ses trahisons, & que toute faction nouvelle trouve la mort dans la seule pensée du crime.

Heureux le peuple qui peut arriver à ce point ! Car, quelques nouveaux outrages qu’on lui prépare, quelles ressources ne présente pas un ordre des choses où la raison publique est la garantie de la liberté !

Quel est le but où nous tendons ? La jouissance paisible de la liberté & de l’égalité ; le règne de cette justice éternelle, dont les lois ont été gravées, non sur le marbre ou sur la pierre, mais dans les coeurs de tous les hommes, même dans celui de l’esclave qui les oublie, & du tyran qui les nie.

Nous voulons substituer, dans notre pays, la morale à l’égoïsme, la probité à l’honneur, les principes aux usages, les devoirs aux bienséances, l’empire de la raison à la tyrannie de la mode, le mépris du vice au mépris du malheur, la fierté à l’insolence, la grandeur d’âme à la vanité, l’amour de la gloire à l’amour de l’argent, les bonnes gens à la bonne compagnie, le mérite à l’intrigue, le génie au bel esprit, la vérité à l’éclat, le charme du bonheur aux ennuis de la volupté, la grandeur de l’homme à la petitesse des grands, un peuple magnanime, puissant, heureux, à un peuple aimable, frivole & misérable, c’est-à -dire, toutes les vertus & tous les miracles de la République, à tous les vices & à tous les ridicules de la monarchie.

Nous voulons, en un mot, remplir les voeux de la nature, accomplir les destins de l’humanité, tenir les promesses de la philosophie, absoudre la providence du long règne du crime & de la tyrannie. Que la France, jadis illustre parmi les pays esclaves, éclipsant la gloire de tous les peuples libres qui ont existé, devienne le modèle des nations, l’effroi des oppresseurs, la consolation des opprimés, l’ornement de l’univers, & qu’en scellant notre ouvrage de notre sang, nous puissions voir briller au moins l’aurore de la félicité universelle… Voilà notre ambition, voilà notre but.

Quelle nature de gouvernement peut réaliser ces prodiges ? Le seul gouvernement démocratique ou républicain : ces deux mots sont synonymes, malgré les abus du langage vulgaire ; car l’aristocratie n’est pas plus la république que la monarchie. La démocratie n’est pas un état où le peuple, continuellement assemblé, règle par lui-même toutes les affaires publiques, encore moins celui où cent mille fractions du peuple, par des mesures isolées, précipitées & contradictoires, décideraient du sort de la société entière : un tel gouvernement n’a jamais existé, & il ne pourrait exister que pour ramener le peuple au despotisme.

La démocratie est un état où le peuple souverain, guidé par des lois qui sont son ouvrage, fait par lui-même tout ce qu’il peut bien faire, & par des délégués tout ce qu’il ne peut faire lui-même.

C’est donc dans les principes du gouvernement démocratique que vous devez chercher les règles de votre conduite politique.

Mais, pour fonder & pour consolider parmi nous la démocratie, pour arriver au règne paisible des lois constitutionnelles, il faut terminer la guerre de la liberté contre la tyrannie, & traverser heureusement les orages de la Révolution : tel est le but du système révolutionnaire que vous avez régularisé. Vous devez donc encore régler votre conduite sur les circonstances orageuses où se trouve la République ; & le plan de votre administration doit être le résultat de l’esprit du gouvernement révolutionnaire, combiné avec les principes généraux de la démocratie.

Or, quel est le principe fondamental du gouvernement démocratique ou populaire, c’est-à -dire, le ressort essentiel qui le soutient & qui le fait mouvoir ? C’est la vertu ; je parle de la vertu publique qui opéra tant de prodiges dans la Grèce & dans Rome, & qui doit en produire de bien plus étonnant dans la France républicaine ; de cette vertu qui n’est autre chose que l’amour de la patrie & de ses lois.

Mais comme l’essence de la République ou de la démocratie est l’égalité, il s’ensuit que l’amour de la patrie embrasse nécessairement l’amour de l’égalité.

Il est vrai encore que ce sentiment sublime suppose la préférence de l’intérêt public à tous les intérêts particuliers ; d’où il résulte que l’amour de la patrie suppose encore ou produit toutes les vertus : car sont-elles autre chose que la force de l’âme qui rend capable de ces sacrifices ? & comment l’esclave de l’avarice & de l’ambition, par exemple, pourrait-il immoler son idole à la patrie ?

Non-seulement la vertu est l’âme de la démocratie ; mais elle ne peut exister que dans ce gouvernement. Dans la monarchie, je ne connais qu’un individu qui peut aimer la patrie, & qui, pour cela, n’a pas même besoin de vertu ; c’est le monarque. La raison en est que de tous les habitants de ses états, le monarque est le seul qui ait une patrie. N’est-il pas le souverain, au moins de fait ? N’est-il pas à la place du peuple ? Et qu’est-ce que la patrie, si ce n’est le pays où l’on est citoyen & membre du souverain ?

Par une conséquence du même principe, dans les états aristocratiques, le mot patrie ne signifie quelque chose que pour les familles patriciennes qui ont envahi la souveraineté.

Il n’est que la démocratie où l’Etat est véritablement la patrie de tous les individus qui le composent, & peut compter autant de défenseurs intéressés à sa cause qu’il renferme de citoyens. Voilà la source de la supériorité des peuples libres sur tous les autres. Si Athènes & Sparte ont triomphé des tyrans de l’Asie, & les Suisses, des tyrans de l’Espagne & de l’Autriche, il n’en faut point chercher d’autre cause.

Mais les Français sont le premier peuple du monde qui ait établi la véritable démocratie, en appelant tous les hommes à l’égalité & à la plénitude des droits du citoyen ; & c’est là , à mon avis, la véritable raison pour laquelle tous les tyrans ligués contre la République seront vaincus.

Il est dès ce moment de grandes conséquences à tirer des principes que nous venons d’exposer.

Puisque l’âme de la République est la vertu, l’égalité, & que votre but est de fonder, de consolider la République, il s’ensuit que la première règle de votre conduite politique doit être de rapporter toutes vos opérations au maintien de l’égalité & au développement de la vertu ; car le premier soin du législateur doit être de fortifier le principe du gouvernement. Ainsi tout ce qui tend à exciter l’amour de la patrie, à purifier les moeurs, à élever les âmes, à diriger les passions du coeur humain vers l’intérêt public, doit être adopté ou établi par vous. Tout ce qui tend à les concentrer dans l’abjection du moi personnel, à réveiller l’engouement pour les petites choses & le mépris des grandes, doit être rejeté ou réprimé par vous. Dans le système de la Révolution française, ce qui est immoral est impolitique, ce qui est corrupteur est contre-révolutionnaire. La faiblesse, les vices, les préjugés, sont le chemin de la royauté. Entraînés trop souvent peut-être par le poids de nos anciennes habitudes, autant que par la pente insensible de la faiblesse humaine, vers les idées fausses & vers les sentiments pusillanimes, nous avons bien moins à nous défendre des excès d’énergie que des excès de faiblesse. Le plus grand écueil peut-être que nous avons à éviter n’est pas la ferveur du zèle, mais plutôt la lassitude du bien, & la peur de notre propre courage. Remontez donc sans cesse le ressort sacré du gouvernement républicain, au lieu de le laisser tomber. Je n’ai pas besoin de dire que je ne veux justifier ici aucun excès ; c’est à la sagesse du gouvernement à consulter les circonstances, à saisir les moments, à choisir les moyens ; car la manière de préparer les grandes choses est une partie essentielle du talent de les faire, comme la sagesse est elle-même une partie de la vertu.

Nous ne prétendons pas jeter la République française dans le moule de celle de Sparte ; nous ne voulons lui donner ni l’austérité, ni la corruption des cloîtres. Nous venons de vous présenter, dans toute sa pureté, le principe moral & politique du gouvernement populaire. Vous avez donc une boussole qui peut vous diriger au milieu des orages de toutes les passions, & du tourbillon des intrigues qui vous environnent. Vous avez la pierre de touche par laquelle vous pouvez essayer toutes vos lois, toutes les propositions qui vous sont faites. En les comparant sans cesse avec ce principe, vous pouvez désormais éviter l’écueil des grandes assemblées, le danger des surprises & des mesures précipitées, incohérentes & contradictoires. Vous pourrez donner à toutes vos opérations l’ensemble, l’unité, la sagesse & la dignité qui doivent annoncer les représentants du premier peuple du monde.

Ce ne sont pas les conséquences faciles du principe de la démocratie qu’il faut détailler, c’est ce principe simple & fécond qui mérite d’être lui-même développé.

La vertu républicaine peut-être considérée par rapport au peuple, & par rapport au gouvernement : elle est nécessaire dans l’un & dans l’autre. Quand le gouvernement seul en est privé, il reste une ressource dans celle du peuple ; mais, quand le peuple lui-même est corrompu, la liberté est déjà perdue.

Heureusement la vertu est naturelle au peuple, en dépit des préjugés aristocratiques. Une nation est vraiment corrompue, lorsqu’après avoir perdu, par degrés, son caractère & sa liberté, elle passe de la démocratie à l’aristocratie ou à la monarchie ; c’est la mort du corps politique, par la décrépitude. Lorsqu’après quatre cents ans de gloire, l’avarice a enfin chassé de Sparte les moeurs avec les lois de Lycurgue, Agis meurt en vain pour les rappeler. Démosthène a beau tonner contre Philippe, Philippe trouve dans les vices d’Athènes dégénérée des avocats plus éloquents que Démosthène. Il y a bien encore, dans Athènes, une population aussi nombreuse que du temps de Miltiade & d’Aristide ; mais il n’y a plus d’Athéniens. Qu’importe que Brutus ait tué le tyran ? La tyrannie vit encore dans les coeurs, & Rome n’existe plus que dans Brutus.

Mais, lorsque par des efforts prodigieux de courage & de raison, un peuple brise les chaînes du despotisme, pour en faire des trophées à la liberté ; lorsque par la force de son tempérament moral, il sort, en quelque sorte, des bras de la mort pour reprendre toute la vigueur de la jeunesse ; lorsque, tour-à -tour sensible & fier, intrépide & docile, il ne peut être arrêté ni par les remparts inexpugnables, ni par les armées innombrables des tyrans armés contre lui, & qu’il s’arrête lui-même devant l’image de la loi ; s’il ne s’élance pas rapidement à la hauteur de ses destinées, ce ne pourrait être que la faute de ceux qui le gouvernent.

D’ailleurs on peut dire, en un sens, que pour aimer la justice & l’égalité, le peuple n’a pas besoin d’une grande vertu ; il lui suffit de s’aimer lui-même.

Mais le magistrat est obligé d’immolé son intérêt à l’intérêt du peuple, & l’orgueil du pouvoir à l’égalité. Il faut que la loi parle surtout avec empire à celui qui en est l’organe. Il faut que le gouvernement pèse sur lui-même, pour tenir toutes ses parties en harmonie avec elle. S’il existe un corps représentatif, une autorité première, constituée par le peuple, c’est à elle de surveiller & de réprimer sans cesse tous les fonctionnaires publics. Mais qui la réprimera elle-même, sinon sa propre vertu ? Plus cette source de l’ordre public est élevée, plus elle doit être pure ; il faut donc que le corps représentatif commence par soumettre dans son sein toutes les passions privées à la passion générale du bien public. Heureux les représentants, lorsque leur gloire & leur intérêt même les attachent, autant que leurs devoirs, à la cause de la liberté.

Déduisons de tout ceci une grande vérité ; c’est que le caractère du gouvernement populaire est d’être confiant dans le peuple, & sévère envers lui-même.

Ici se bornerait tout le développement de notre théorie, si vous n’aviez qu’à gouverner dans le calme le vaisseau de la République : mais la tempête gronde ; & l’état de la révolution où vous êtes vous impose une autre tâche.

Cette grande pureté des bases de la Révolution française, la sublimité même de son objet est précisément ce qui fait notre force & notre faiblesse ; notre force, parce qu’il nous donne l’ascendant de la vérité sur l’imposture, & les droits de l’intérêt public sur les intérêts privés ; notre faiblesse, parce qu’il rallie contre nous tous les hommes vicieux, tous ceux qui dans leurs coeurs méditaient de dépouiller le peuple, & tous ceux qui veulent l’avoir dépouillé impunément, & ceux qui ont repoussé la liberté comme une calamité personnelle, & ceux qui ont embrassé la révolution comme un métier & la République comme une proie : de-là la défection de tant d’hommes ambitieux ou cupides, qui, depuis le point du départ, nous ont abandonné sur la route, parce qu’ils n’avaient pas commencé le voyage pour arriver au même but. On dirait que les deux génies contraires que l’on a représentés se disputant l’empire de la nature, combattent dans cette grande époque de l’histoire humaine, pour fixer sans retour les destinées du monde, & que la France est le théâtre de cette lutte redoutable. Au dehors tous les tyrans vous cernent au dedans tous les amis de la tyrannie conspirent : ils conspireront jusqu’à ce que l’espérance ait été ravie au crime. Il faut étouffer les ennemis intérieurs & extérieurs de la République, ou périr avec elle ; or, dans cette situation, la première maxime de votre politique doit être qu’on conduit le peuple par la raison, & les ennemis du peuple par la terreur.

Si le ressort du gouvernement populaire dans la paix est la vertu, le ressort du gouvernement populaire en révolution est à la fois la vertu & la terreur : la vertu, sans laquelle la terreur est funeste ; la terreur, sans laquelle la vertu est impuissante. La terreur n’est autre chose que la justice prompte, sévère, inflexible ; elle est donc une émanation de la vertu ; elle est moins un principe particulier, qu’une conséquence du principe général de la démocratie, appliqué aux plus pressants besoins de la patrie.

On a dit que la terreur était le ressort du gouvernement despotique. Le vôtre ressemble-t-il donc au despotisme ? Oui, comme le glaive qui brille dans les mains des héros de la liberté, ressemble à celui dont les satellites de la tyrannie sont armés. Que le despote gouverne par la terreur ses sujets abrutis ; il a raison, comme despote : domptez par la terreur les ennemis de la liberté ; & vous aurez raison comme fondateurs de la République. Le gouvernement de la Révolution est le despotisme de la liberté contre la tyrannie. La force n’est-elle faite que pour protéger le crime ? & n’est-ce pas pour frapper les têtes orgueilleuses que la foudre est destinée ?

La nature impose à tout être physique & moral la loi de pourvoir à sa conservation ; le crime égorge l’innocence pour régner, & l’innocence se débat de toutes ses forces dans les mains du crime. Que la tyrannie règne un seul jour, le lendemain il ne restera plus un patriote. Jusqu’à quand la fureur des despotes sera-t-elle appelée justice, & la justice du peuple, barbarie ou rébellion ? Comme on est tendre pour les oppresseurs, & inexorables pour les opprimés ! Rien de plus naturel : quiconque ne hait point le crime, ne peut aimer la vertu.

Il faut cependant que l’un ou l’autre succombe. Indulgence pour les royalistes, s’écrient certaines gens. Grâce pour les scélérats ! Non : grâce pour l’innocence, grâce pour les faibles, grâce pour les malheureux, grâce pour l’humanité !

La protection sociale n’est due qu’aux citoyens paisibles : il n’y a de citoyens dans la République que les républicains. Les royalistes, les conspirateurs ne sont, pour elle, que des étrangers, ou plutôt des ennemis. Cette guerre terrible que soutient la liberté contre la tyrannie, n’est-elle pas indivisible ? Les ennemis du dedans ne sont-ils pas les alliés des ennemis du dehors ? les assassins qui déchirent la patrie dans l’intérieur ; les intrigants qui achètent les consciences des mandataires du peuple ; les traîtres qui les vendent ; les libellistes mercenaires soudoyés pour déshonorer la cause du peuple, pour tuer la vertu publique, pour attiser le feu des discordes civile, & pour préparer la contre-révolution politique par la contre-révolution morale ; tous ces gens-là sont-ils moins coupables ou moins dangereux que les tyrans qu’ils servent ? Tous ceux qui interposent leur douceur parricide entre ces scélérats & le glaive vengeur de la justice nationale, ressemblent à ceux qui se jetteraient entre les satellites des tyrans & les baïonnettes de nos soldats ; tous les élans de leur fausse sensibilité ne me paraissent que des soupirs échappés vers l’Angleterre & vers l’Autriche.

Eh ! Pour qui donc s’attendriraient-ils ? Serait-ce pour deux cent mille héros, l’élite de la nation, moissonnés par le fer des ennemis de la liberté, ou par les poignards des assassins royaux ou fédéralistes ? Non, ce n’étaient que des plébéiens, des patriotes ; pour avoir droit à leur tendre intérêt, il faut être au moins la veuve d’un général qui a trahi vingt fois la patrie ; pour obtenir leur indulgence, il faut presque prouver qu’on a fait immoler dix mille Français, comme un général romain, pour obtenir le triomphe, devait avoir tué, je crois, dix mille ennemis. On entend de sang-froid le récit des horreurs commises par les tyrans contre les défenseurs de la liberté ; nos femmes horriblement mutilées ; nos enfants massacrés sur le sein de leurs mères ; nos prisonniers expiant dans d’horribles tourments leur héroïsme touchant & sublime ; on appelle une horrible boucherie la punition trop lente de quelques monstres engraissés du plus pur sang de la patrie.

On souffre, avec patience, la misère des citoyennes généreuses qui ont sacrifié à la plus belle des causes leurs frères, leurs enfants, leurs époux ; mais on prodigue les plus généreuses consolations aux femmes des conspirateurs ; il est reçu qu’elles peuvent impunément séduire la justice, plaider contre la liberté la cause de leurs proches & de leurs complices ; on en a fait presqu’une corporation privilégiée, créancière & pensionnaire du peuple.

Avec quelle bonhomie nous sommes encore la dupe des mots ! Comme l’aristocratie & le modérantisme nous gouvernent encore par les maximes meurtrières qu’ils nous ont données !

L’aristocratie se défend mieux par ses intrigues, que le patriotisme par ses services. On veut gouverner les révolutions par les arguties du palais ; on traite les conspirations contre la république comme les procès des particuliers. La tyrannie tue, & la liberté plaide ; & le code fait par les conspirateurs eux-mêmes, est la loi par laquelle on les juge.

Quand il s’agit du salut de la patrie, le témoignage de l’univers ne peut suppléer à la preuve testimoniale, ni l’évidence même à la preuve littérale.

La lenteur des jugements équivaut à l’impunité, l’incertitude de la peine encourage tous les coupables : & cependant on se plaint de la sévérité de la justice ; on se plaint de la détention des ennemis de la République. On chercher ses exemples dans l’histoire des tyrans, parce qu’on ne veut pas les choisir dans celle des peuples, ni les puiser dans le génie de la liberté menacée. A Rome, quand le consul découvrit la conjuration, & l’étouffa au même instant par la mort des complices de Catilina, il fut accusé d’avoir violé les formes, par qui ? par l’ambitieux César qui voulait grossir son parti de la horde des conjurés, par les Pisons, les Clodius, & tous les mauvais citoyens qui redoutaient pour eux-mêmes la vertu d’un vrai Romain & la sévérité des lois.

Punir les oppresseurs de l’humanité, c’est clémence ; leur pardonner, c’est barbarie. La rigueur des tyrans n’a pour principe que la rigueur : celle du gouvernement républicain part de la bienfaisance.

Aussi, malheur à celui qui oserait diriger vers le peuple la terreur qui ne doit approcher que de ses ennemis ! Malheur à celui qui, confondant les erreurs inévitables du civisme avec les erreurs calculées de la perfidie, ou avec les attentats des conspirateurs, abandonne l’intrigant dangereux, pour poursuivre le citoyen paisible ! Périsse le scélérat qui ose abuser du nom sacré de la liberté, ou des armes redoutables qu’elle lui a confiées, pour porter le deuil ou la mort dans le coeur des patriotes ! Cet abus a existé, on ne peut en douter. Il a été exagéré, sans doute, par l’aristocratie : mais existât-il dans toute la république qu’un seul homme vertueux persécuté par les ennemis de la liberté, le devoir du gouvernement serait de la rechercher avec inquiétude, & de le venger avec éclat.

Mais faut-il conclure de ces persécutions suscitées aux patriotes par le zèle hypocrite des contre-révolutionnaires, qu’il faut rendre la liberté aux contre-révolutionnaires, & renoncer à la sévérité ? Ces nouveaux crimes de l’aristocratie ne font qu’en démontrer la nécessité. Que prouve l’audace de nos ennemis, sinon la faiblesse avec laquelle ils ont été poursuivis ? Elle est due, en grande partie, à la doctrine qu’on a prêchée dans ces derniers temps, pour les rassurer. Si vous pouviez écouter ces conseils, vos ennemis parviendraient à leur but, & recevraient de vos propres mains le prix du dernier de leurs forfaits.

Qu’il y aurait de légèreté à regarder quelques victoires remportées par le patriotisme, comme la fin de tous nos dangers. Jetez un coup d’oeil sur notre véritable situation : vous sentirez que la vigilance & l’énergie vous sont plus nécessaires que jamais. Une sourde malveillance contrarie partout les opérations du gouvernement : la fatale influence des cours étrangères, pour être plus cachée, n’en est ni moins active, ni moins funeste. On sent que le crime intimidé n’a fait que couvrir sa marche avec plus d’adresse.

Les ennemis intérieurs du peuple français se sont divisés en deux factions, comme en deux corps d’armée. Elles marchent sous des bannières de différentes couleurs & par des routes diverses : mais elles marchent au même but ; ce but est la désorganisation du gouvernement populaire, la ruine de la Convention, c’est-à -dire, le triomphe de la tyrannie. L’une de ces deux factions nous pousse à la faiblesse, l’autre aux excès. L’une veut changer la liberté en bacchante, l’autre en prostituée.

Des intrigants subalternes, souvent même de bons citoyens abusés, se rangent dans l’un ou l’autre parti : mais les chefs appartiennent à la cause des rois ou de l’aristocratie, & se réunissent toujours contre les patriotes. Les fripons, lors même qu’ils se font la guerre, se haïssent bien moins qu’ils ne détestent les gens de bien. La patrie est leur proie ; ils se battent pour la partager : mais ils se liguent contre ceux qui la défendent.

On a donné aux uns le nom de modérés ; il y a peut-être plus d’esprit que de justesse dans la dénomination d’ultra-révolutionnaire, par laquelle on a désigné les autres. Cette dénomination, qui ne peut s’appliquer dans aucun cas aux hommes de bonne foi que le zèle & l’ignorance peuvent emporter au-delà de la saine politique de la révolution, ne caractérise pas exactement les hommes perfides que la tyrannie soudoie pour corrompre, par des applications fausses ou funestes, les principes sacrés de notre Révolution.

Le faux révolutionnaire est peut-être plus souvent encore en-deçà qu’au-delà de la Révolution : il est modéré, il est fou de patriotisme, selon les circonstances. On arrête dans les comités prussiens, anglais, autrichiens, moscovites même, ce qu’il pensera le lendemain. Il s’oppose aux mesures énergiques, & les exagère quand il n’a pu les empêcher : sévère pour l’innocence, mais indulgent pour le crime : accusant même les coupables qui ne sont point assez riches pour acheter son silence, ni assez importants pour mériter son zèle ; mais se gardant bien de jamais se compromettre au point de défendre la vertu calomniée : découvrant quelquefois des complots découverts, arrachant le masque à des traîtres démasqués & même décapités ; mais prônant les traîtres vivants & encore accrédités : toujours empressé à caresser l’opinion du moment, & non moins attentif à ne jamais l’éclairer, & surtout à ne jamais la heurter : toujours prêt à adopter les mesures hardies, pourvu qu’elles aient beaucoup d’inconvénients : calomniant celles qui ne présentent que des avantages, ou bien y ajoutant tous les amendements qui peuvent les rendre nuisibles : disant la vérité avec économie, & tout autant qu’il faut pour acquérir le droit de mentir impunément : distillant le bien goutte-à -goutte, & versant le mal par torrents : plein de feu pour les grandes résolutions qui ne signifient rien ;plus qu’indifférent pour celles qui peuvent honorer la cause du peuple & sauver la patrie : donnant beaucoup aux formes du patriotisme ; très-attaché, comme les dévots dont il se déclare l’ennemi, aux pratiques extérieures, il aimerait mieux user cent bonnets rouges que de faire une bonne action.

Quelle différence trouvez-vous entre ces gens-là & vos modérés ? Ce sont des serviteurs employés par le même maître, ou, si vous voulez, des complices qui feignent de se brouiller pour mieux cacher leurs crimes. Jugez-les, non par la différence du langage, mais par l’identité des résultats. Celui qui attaque la Convention nationale par des discours insensés, & celui qui la trompe pour la compromettre, ne sont-ils pas d’accord ? Celui qui, par d’injustes rigueurs, force le patriotisme à trembler pour lui-même, invoque l’amnistie en faveur de l’aristocratie & de la trahison. Tel appelait la France à la conquête du monde, qui n’avait d’autre but que d’appeler les tyrans à la conquête de la France. L’étranger hypocrite qui, depuis cinq années, proclame Paris la capitale du globe, ne faisait que traduire, dans un autre jargon, les anathèmes des vils fédéralistes qui vouaient Paris à la destruction. Prêcher l’athéisme n’est qu’une manière d’absoudre la superstition & d’accuser la philosophie ; & la guerre déclarée à la divinité, n’est qu’une diversion en faveur de la royauté.

Quelle autre méthode reste-t-il de combattre la liberté ?

Ira-t-on, à l’exemple des premiers champions de l’aristocratie, vanter les douceurs de la servitude & les bienfaits de la monarchie, le génie surnaturel & les vertus incomparables des rois.

Ira-t-on proclamer la vanité des droits de l’homme & des principes de la justice éternelle ?

Ira-t-on exhumer la noblesse & le clergé, ou réclamer les droits imprescriptibles de la haute bourgeoisie à leur double succession ?

Non. Il est bien plus commode de prendre le masque du patriotisme pour défigurer, par d’insolentes parodies, le drame sublime de la Révolution, pour compromettre la cause de la liberté par une modération hypocrite, ou par des extravagances étudiées.

Aussi l’aristocratie se constitue en sociétés populaires ; l’orgueil contre-révolutionnaire cache, sous des haillons, ses complots & ses poignards ; le fanatisme brise ses propres autels ; le royalisme chante les victoires de la République ; la noblesse, accablée de souvenirs, embrasse tendrement l’égalité pour l’étouffer ; la tyrannie, teinte du sang des défenseurs de la liberté, répand des fleurs sur leur tombeau. Si tous les coeurs ne sont pas changés, combien de visages sont masqués ! Combien de traîtres ne se mêlent de nos affaires que pour les ruiner !

Voulez-vous les mettre à l’épreuve, demandez-leur, au lieu de serment & de déclaration, des services réels ?

Faut-il agir ? Ils pérorent. Faut-il délibérer ? Ils veulent commencer par agir. Les temps sont-ils paisibles ? Ils s’opposeront à tout changement utile. Sont-ils orageux ? Ils parleront de tout réformer, pour bouleverser tout. Voulez-vous contenir les séditieux ? Ils vous rappellent la clémence de César. Voulez-vous arracher les patriotes à la persécution ? Ils vous proposent pour modèle la fermeté de Brutus ; ils découvrent qu’un tel a été noble, lorsqu’il sert la république ; ils ne s’en souviennent plus dès qu’il la trahit. La paix est-elle utile ? Ils vous étalent les palmes de la victoire. La guerre est-elle nécessaire ? Ils vantent les douceurs de la paix. Faut-il défendre le territoire ? Ils veulent aller châtier les tyrans au-delà des monts & des mers. Faut-il reprendre nos forteresses ? Ils veulent prendre d’assaut les églises & escalader le ciel. Ils oublient les Autrichiens pour faire la guerre aux dévotes. Faut-il appuyer notre cause de la fidélité de nos alliés ? Ils déclameront contre tous les gouvernements du monde, & vous proposeront de mettre en état d’accusation le grand Mogol lui-même. Le peuple va-t-il au Capitole rendre grâce de ses victoires ? Ils entonnent des chants lugubres sur nos revers passés. S’agit-il d’en remporter de nouvelles ? Ils sèment, au milieu de nous, les haines, les divisions, les persécutions & le découragement. Faut-il réaliser la souveraineté du peuple & concentrer sa force par un gouvernement ferme & respecté ? Ils trouvent que les principes du gouvernement blessent la souveraineté du peuple. Faut-il réclamer les droits du peuple opprimé par le gouvernement ? Ils ne parlent que du respect pour les lois, & de l’obéissance due aux autorités constituées.

Ils ont trouvé un expédient admirable pour seconder les efforts du gouvernement républicain : c’est de le désorganiser, de le dégrader complètement, de faire la guerre aux patriotes qui ont concouru à nos succès.

Cherchez-vous les moyens d’approvisionner vos armées ? Vous occupez-vous d’arracher à l’avarice & à la peur les subsistances qu’elles resserrent ? Ils gémissent patriotiquement sur la misère publique & annoncent la famine. Le désir de prévenir le mal est toujours pour eux un motif de l’augmenter. Dans le Nord, on a tué les poules, & on nous a privés des oeufs, sous le prétexte que les poules mangent du grain. Dans le Midi il a été question de détruire les mûriers & les orangers, sous le prétexte que la soie est un objet de luxe, & les oranges une superfluité.

Vous ne pourriez jamais imaginer certains excès commis par des contre-révolutionnaires hypocrites, pour flétrir la cause de la Révolution. Croiriez-vous que dans les pays où la superstition a exercé le plus d’empire, non contents de surcharger les opérations relatives au culte, de toutes les formes qui pouvaient les rendre odieuses, on a répandu la terreur parmi le peuple, en semant le bruit qu’on allait tuer tous les enfants au-dessous de dix ans & tous les vieillards au-dessus de soixante-dix ans ? Que ce bruit a été répandu particulièrement dans la ci-devant Bretagne, & dans les départements du Rhin & de la Moselle ? C’est un crime imputé au ci-devant accusateur public du tribunal criminel de Strasbourg. Les folies tyranniques de cet homme rendent vraisemblable tout ce que l’on raconte de Caligula & d’Héliogabale ; mais on ne peut y ajouter foi, même à la vue des preuves. Il poussait le délire jusqu’à mettre les femmes en réquisition pour son usage : on assure même qu’il a employé cette méthode pour se marier. D’où est sorti tout-à -coup cet essaim d’étrangers, de prêtres, de nobles, d’intrigants de toute espèce, qui au même instant s’est répandu sur la surface de la République, pour exécuter, au nom de la philosophie, un plan de contre-révolution, qui n’a pu être arrêté que par la force de la raison publique ? Exécrable conception, digne du génie des cours étrangères liguées contre la Liberté, & de la corruption de tous les ennemis intérieurs de la République !

C’est ainsi qu’aux miracles continuels opérés par la vertu d’un grand peuple, l’intrigue mêle toujours la bassesse de ses trames criminelles, bassesse commandée par les tyrans, & dont ils font ensuite la matière de leurs ridicules manifestes, pour retenir les peuples ignorants dans la fange de l’opprobre & dans les chaînes de la servitude.

Eh ! que font à la liberté les forfaits de ses ennemis ? Le soleil, voilé par un nuage passager, en est-il moins l’astre qui anime la nature ? L’écume impure que l’Océan repousse sur ses rivages le rend-elle moins imposant ?

Dans des mains perfides, tous les remèdes à nos maux deviennent des poisons ; tout ce que vous pouvez faire, tout ce que vous pouvez dire, ils le tourneront contre vous ; même les vérités que nous venons de développer.

Ainsi, par exemple, après avoir disséminé partout les germes de la guerre civile, par l’attaque violente contre les préjugés religieux, ils chercheront à armer le fanatisme & l’aristocratie des mesures même que la saine politique vous a prescrite en faveur de la liberté des cultes. Si vous aviez laissé un libre cours à la conspiration, elle aurait produit, tôt ou tard, une réaction terrible & universelle ; si vous l’arrêtez, ils chercheront encore à en tirer parti, en persuadant que vous protégez les prêtres & les modérés.

Il ne faudra pas même vous étonner si les auteurs de ce système sont les prêtres qui auront le plus hardiment confessé leur charlatanisme.

Si les patriotes, emportés par un zèle pur, mais irréfléchi, ont été quelque part les dupes de leurs intrigues, ils rejetteront tout le blâme sur les patriotes ; car le premier point de leur doctrine machiavélique est de perdre la République, en perdant les Républicains, comme un subjugue un pays en détruisant l’armée qui le défend. On peut apprécier par-là un de leurs principes favoris, qui est qu’il faut compter pour rien les hommes ; maxime d’origine royale, qui veut dire qu’il faut leur abandonner tous les amis de la Liberté.

Il est à remarquer que la destinée des hommes qui ne cherchent que le bien public, est d’être les victimes de ceux qui se cherchent eux-mêmes, ce qui vient de deux causes ; la première, que les intrigants attaquent avec les vices de l’ancien régime ; la seconde, que les patriotes ne se défendent qu’avec les vertus du nouveau.

Une telle situation intérieure doit vous paraître digne de toute votre attention, surtout si vous réfléchissez que vous avec en même temps les tyrans de l’Europe à combattre, douze cent mille homme sous les armes à entretenir, & que le gouvernement est obligé de réparer continuellement, à force d’énergie & de vigilance, tous les maux que la multitude innombrable de nos ennemis nous a préparés pendant le cours de cinq ans.

Quel est le remède de tous ces maux ? Nous n’en connaissons point d’autre que le développement de ce ressort général de la République, la vertu.

La démocratie périt par deux excès, l’aristocratie de ceux qui gouvernent, ou le mépris du peuple pour les autorités qu’il a lui-même établies ; mépris qui fait que chaque coterie, que chaque individu attire à lui la puissance publique, & ramène le peuple, par l’excès de désordre, à l’anéantissement, ou au pouvoir d’un seul.

La double tâche des modérés & des faux révolutionnaires est de nous ballotter perpétuellement entre ces deux écueils.

Mais les représentants du peuple peuvent les éviter tous deux ; car le gouvernement est toujours le maître d’être juste & sage ; & quand il a ce caractère, il est sûr de la confiance du peuple.
Il est bien vrai que le but de tous nos ennemis est de dissoudre la Convention : il est vrai que le tyran de la Grande-Bretagne & ses alliés promettent à leur parlement & à leurs sujets de vous ôter votre énergie & la confiance publique qu’elle vous a méritée ; que c’est là la première instruction de tous leurs commissaires.

Mais c’est une vérité qui doit être regardée comme triviale en politique, qu’un grand corps investi de la confiance d’un grand peuple ne peut se perdre par lui-même ; vos ennemis ne l’ignorent pas : ainsi vous ne doutez pas qu’ils s’appliquent surtout à réveiller au milieu de vous toutes les passions qui peuvent seconder leurs sinistres desseins.

Que peuvent-ils contre la représentation nationale, s’ils ne parviennent à lui surprendre des actes impolitiques qui puissent fournir des prétextes à leurs criminelles déclamations ? Ils doivent donc désirer nécessairement d’avoir deux espèces d’agents, les uns qui chercheront à la dégrader par leurs discours, les autres, dans son sein même, qui s’efforceront de la tromper, pour compromettre sa gloire & les intérêts de la République.

Pour l’attaquer avec succès, il était utile de commencer la guerre contre les représentants dans les départemens, qui avaient justifié votre confiance, & contre le Comité se salut public ; aussi ont-ils été attaqués par des hommes qui semblent se combattre entre eux.

Que pouvaient-ils faire de mieux que de paralyser le gouvernement de la Convention, & d’en briser tous les ressorts, dans le moment qui doit décider du sort de la République & des tyrans ?

Loin de nous l’idée qu’il existe encore au milieu de nous un seul homme assez lâche pour vouloir servir la cause des tyrans ! Mais plus loin de nous encore le crime, qui ne nous serait point pardonné, de tromper la Convention nationale, & de trahir le peuple français par un coupable silence ! Car il y a cela d’heureux pour un peuple libre, que la vérité, qui est le fléau des despotes, est toujours sa force & son salut. Or il est vrai qu’il existe encore pour notre liberté un danger, le seul danger sérieux peut-être qui lui reste à courir : ce danger est un plan qui a existé, de rallier tous les ennemis de la République, en ressuscitant l’esprit de parti ; de persécuter les patriotes, de décourager, de perdre les agents fidèles du gouvernement républicain, de faire manquer les parties les plus essentielles du service public. On a voulu tromper la Convention sur les hommes & sur les choses ; on a voulu lui donner le change sur les causes des abus qu’on exagère, afin de les rendre irrémédiables ; on s’est étudié à la remplir de fausses terreurs, pour l’égarer ou pour la paralyser ; on cherche à la diviser ; on a chercher à diviser surtout les représentants envoyés dans les départemens, & le Comité de salut public ;on a voulu induire les premiers à contrarier les mesures de l’autorité centrale, pour amener le désordre & la confusion ; on a voulu les aigrir à leur retour, pour les rendre, à leur insu, les instruments d’une cabale. Les étrangers mettent à profit toutes les passions particulières, & jusqu’au patriotisme abusé.

On avait d’abord pris le parti d’aller droit au but, en calomniant le Comité de salut public ; on se flattait alors hautement qu’il succomberait sous le poids de ses pénibles fonctions. La victoire & la fortune du peuple français l’ont défendu. Depuis cette époque, on a pris le parti de le louer en le paralysant & en détruisant le fruit de ses travaux. Toutes ces déclamations vagues contre des agents nécessaire du Comité, tous les projets de désorganisation, déguisés sous le nom de réformes, déjà rejetés par la Convention, & reproduits aujourd’hui avec une affectation étrange ; cet empressement à prôner des intrigues que le Comité de salut public a dû éloigner ; cette terreur inspirée aux bons citoyens, cette indulgence dont on flatte les conspirateurs, tout ce système d’imposture & d’intrigue, dont le principal auteur est un homme que vous avez repoussé de votre sein, est dirigé contre la Convention nationale, & tend à réaliser les voeux de tous les ennemis de la France.

C’est depuis l’époque où ce système a été annoncé dans les libelles, & réalisé par des actes publics, que l’aristocratie & le royalisme ont commencé à relever une tête insolente, que le patriotisme a été de nouveau persécuté dans une partie de la République, que l’autorité nationale a éprouvé une résistance dont les intrigants commençaient à perdre l’habitude. Au reste, ces attaques indirectes n’eussent-elles d’autre inconvénient que de partager l’attention & l’énergie de ceux qui ont à porter le fardeau immense dont vous les avez chargés, & de les distraire trop souvent des grandes mesures de salut public, pour s’occuper de déjouer des intrigues dangereuses ; elles pourraient encore être considérées comme une diversion utile à nos ennemis.

Mais, rassurons-nous ; c’est ici le sanctuaire de la vérité ; c’est ici que résident les fondateurs de la République, les vengeurs de l’humanité & les destructeurs de tyrans.

Ici, pour détruire un abus, il suffit de l’indiquer. Il nous suffit d’appeler, au nom de la patrie, des conseils de l’amour-propre ou de la faiblesse des individus, à la vertu & à la gloire de la Convention nationale.

Nous provoquons sur tous les objets de ses inquiétudes, & surtout ce qui peut influer sur la marche de la Révolution, une discussion solennelle ; nous la conjurons de ne pas permettre qu’aucun intérêt particulier & caché puisse usurper ici l’ascendant de la volonté générale de l’Assemblée, & la puissance indestructible de la raison.

Nous nous bornerons aujourd’hui à vous proposer de consacrer, par votre approbation formelle, les vérités morales & politiques sur lesquelles doivent être fondées votre administration intérieure & la stabilité de la République, comme vous avez déjà consacré les principes de votre conduite envers les peuples étrangers : par-là vous rallierez tous les bons citoyens, vous ôterez l’espérance aux conspirateurs ; vous assurerez votre marche, & vous confondrez les intrigues & les calomnies des rois ; vous honorerez votre cause & votre caractère aux yeux de tous les peuples.

Donnez au peuple français ce nouveau gage de votre zèle pour protéger le patriotisme, de votre justice inflexible pour les coupables, & de votre dévouement à la cause du peuple. Ordonnez que les principes de morale politique que nous venons de développer seront proclamés, en votre nom, au dedans & au dehors de la République.

Maximilien de Robespierre

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Pour une Justice sans tablier, indépendante de toutes sectes, impartiale et Juste. Quand les robots remplaceront les juges

A quand une décision de justice rendue par un robot ? Un tel avenir n’est pas si lointain. Certes on n’y est pas encore, mais le développement de l’intelligence artificielle et son application au monde du droit laissent présager un tel avenir Mais quelle sera alors cette justice déshumanisée où le juge ne pourra plus décider selon « son intime conviction », ou à tout le moins intégrer le facteur humain dans sa décision ?

Aujourd’hui, à défaut de robot-juge, nous avons des algorithmes qui permettent de calculer (pour ne pas dire prédire) le taux de succès d’un contentieux.  Lord Thomas of Cwmgiedd, Chief of Justice de d’Angleterre et Galles ne déclarait-il pas en 2016 “It is probably correct to say that as soon as we have better statistical information, artificial intelligence using that statistical information will be better at predicting the outcome of cases than the most learned Queen’s Counsel”? En fait, l’analyse prédictive du droit n’est que l’une des applications des développements de l’intelligence artificielle utilisant le big data[1]. C’est en ce  sens qu’elle intéresse tant les juristes aussi les scientifiques[2]. Il s’agit schématiquement d’essayer, en partant de l’historique de cas proches, de répondre  à une situation contentieuse particulière. L’analyse prédictive peut se limiter à proposer des stratégies juridiques en fonction de scenarii, mais elle peut aussi aller plus loin en prévoyant le taux de succès ou d’échec pour une situation donnée.  En fait, le recours à l’intelligence artificielle est en train de transformer en grande profondeur le droit et la justice[3].

Le recours à l’analyse prédictive du droit s’est bien sûr d’abord concentré sur l’analyse de documents et pièces dans le cadre de communication de preuves lors d’un procès, en particulier dans les systèmes de droit anglo-américain qui connaissent des règles de preuves très particulières et où des milliers et parfois des millions de documents doivent être examinés, ce que l’on appelle le discovery. L’intégration du Predictive coding dans le cadre du "e-Disclosure" a été reconnue en 2016 dans une décision de la High Court of Justice de Londres. Il est vrai que dans ce contentieux, il y avait plus de 13 millions de pièces à examiner !  Le logiciel de codage prédictif utilise un modèle mathématique et une programmation d'intelligence artificielle pour numériser des documents électroniques et localiser des données pertinentes pour un cas juridique. Le programme de codage prédictif reçoit une série de documents et il lui est demandé d'identifier les documents pertinents, lesquels doivent être examinés par les humains.

Plusieurs expériences ont été lancées permettant de calculer le taux de réussite ou d’insuccès dans un litige en faisant apprendre par une machine les précédents de jurisprudence équivalents. Aux Etats Unis, Daniel Martin Katz, professeur à Michigan State University of Law , a créé un algorithme qui a prédit avec une exactitude 70% les décisions rendues par la Cour suprême de 1816 à 2015 et assure un taux de fiabilité de 71% des votes des juges individuels[4]. On peut aussi citer les travaux dans le même sens de l’Université de Berkelley en 2004 [5]. Mais plus récemment, l’expérience menée par l’University College of London a fait grand bruit : les chercheurs ont analysé 584 affaires de la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH), correspondant à trois articles de la Convention européenne des droits de l'homme[6]. Ils ont tiré un taux de prédiction de plus de 70%.

Le sujet de la prédiction des décisions de justice n’est pas récent. Déjà, en 1963, Reed C. Lawlor avait imaginé l’aboutissement de prédiction fiable de l'activité des juges. Selon ce dernier, une telle avancée dépendait de la compréhension scientifique des façons dont le droit et les faits influent sur les juges. Plus de cinquante ans plus tard, les progrès du traitement du langage naturel (PNL) et de l'apprentissage automatique (ML) fournissent les outils nécessaires pour analyser automatiquement les documents juridiques, afin de construire des modèles prédictifs efficaces de résultats judiciaires.

Plusieurs entreprises ont été créées dans ce domaine de la LegalTech et de l’analyse prédictive. Aux Etats Unis on peut mentionner le cas de Lex Machina, une société d'analyse fondée en 2010 visant à prévoir le coût et les résultats des litiges en matière de propriété intellectuelle.  D’autres sociétés se sont développées dans le domaine des securities class action. En France, on peut citer l’expérience menée par Case Law Analytics qui  s’appuyant sur des bases de données de décisions judiciaires analysées par des algorithmes permet de présenter sous forme de visualisation graphique des distributions probabilistes (risque de condamnation, montant de la condamnation…). La start up offre des applications concrètes dans les trois domaines suivants : l’indemnité pour licenciement sans cause réelle et sérieuse (licenciement injustifié), la prestation compensatoire, et la pension alimentaire. D’autres sociétés se sont créées comme Predictice, Supra Legem pour la justice administrative, ou Tyr-Legal dans le droit social.

L’analyse prédictive des décisions de justice nécessite tout d’abord de disposer d’un historique de décisions de justice  le plus important possible; de la même manière, il faut disposer d’une base de données la plus exhaustive. A cet égard, le projet français de mise à disposition de tout citoyen l’intégralité des décisions justice sur le site www.justice.gouv.fr constitue une véritable révolution. L’analyse prédictive des décisions de justice prend tout son sens dans les systèmes de droit anglo-américain, où la portée de la jurisprudence, avec la notion de « precedent » (ou stare decisis),  est fondamentale. En effet, cette règle veut que les tribunaux rendent des décisions conformes aux décisions antérieures. Ainsi les tribunaux inférieurs sont tenus par les décisions des tribunaux supérieurs et aux Etats Unis, une Cour est tenue par sa propre jurisprudence. De la même manière, la notion d’ « opinion dissidente » - selon laquelle un juge peut exprimer son désaccord et les raisons de celui-ci par rapport à la décision de la Cour à laquelle il siège - est utilisée dans certaines cours suprêmes comme celles des Etats Unis ou la CEDH en Europe. L’analyse de ces opinions dissidentes permet de se forger une analyse des positions individuelles des juges, et ainsi de prévoir ce que chaque juge pense au regard des décisions auxquelles il a participé dans la passé. C’est ce que l’on appelle le « profilage » des juges. L’analyse prédictive des décisions de justice est plus complexe dans les pays de tradition civiliste comme la France où la règle du précédent tout comme l’individualisation nominative des décisions de justice n’existent pas.

Alors, le robot-juge va-t-il remplacer l’homme ? Sans doute pas à court terme. Mais il est clair que la place de l’homme dans l’analyse des faits et des cas s’appuie de plus en plus sur des outils technologiques.

[1] R. Moorhead, “Lawyers learning about prediction” (19 janvier 2017) : https://lawyerwatch.wordpress.com/2017/01/19/lawyers-learning-about-prediction/

[2] https://brunodondero.com/tag/justice-predictive/

[3] Cf. l’excellent article très complet sur ce sujet de  julie Sobowale dans l’Amarican Bar Association Journal :  http://www.abajournal.com/magazine/article/how_artificial_intelligence_is_transforming_the_legal_profession

[4] Daniel Martin Katz, Michael J Bommarito II, Josh Blackman, “Predicting the Behavior of the Supreme Court of the United States: A General Approach”, Cornell University, 2014?

[5] Theodore W. Ruger, Pauline T. Kim, Andrew D. Martin, and Kevin M. Quinn, “The Supreme Court Forecasting Project: Legal and Political Science Approaches to Predicting Supreme Court Decision making”, 104 Colum. L. Rev. 1150 (2004).

[6] Nikolaos Aletras​, Dimitrios Tsarapatsanis, Daniel Preoţiuc-Pietro, Vasileios Lampos, “Predicting judicial decisions of the European Court of Human Rights: a Natural Language Processing perspective”,  PeerJ Computer Science 2:e93 (2016) :  https://peerj.com/articles/cs-93/

Le prix Alfred Nobel (ancien Marchand de Canons) pour la chimie 2016 met à l'honneur les machines moléculaires:

Alfred Nobel a consacré sa vie aux explosifs et à la poudre, de quoi détruire l'Humanité et récompenser ceux qui y participent... Paradoxal pour l'homme qui a donné son nom à un prix pour la paix ! car la Guerre est la vie habituelle de l'humanité, et la Paix et le jour du Yom Kippour: Tout savoir sur le "jour du Grand pardon" par Jacob Rothschild et David Rockefeller. 

L'Académie royale des sciences de Suède a récompensé trois chercheurs, dont le français Jean-Pierre Sauvage, pour leurs travaux sur la conception de machines moléculaires.

Jean-Pierre Sauvage, Sir J. Fraser Stoddart et Bernard L. Feringa, lauréats du prix Nobel de chimie 2016.

Pour Vladimir Poutine, le pays leader en matière d'intelligence artificielle sera «maître du monde»

Pour Vladimir Poutine, le pays leader en matière d'intelligence artificielle sera «maître du monde»© Alexeï Droujinine Source: Sputnik
Vladimir Poutine prononce un discours le 1er septembre.Intervenant devant la jeunesse, le président russe a estimé que l’intelligence artificielle constituait ni plus ni moins l’avenir de l’humanité. Pour autant, le président russe n'a pas caché qu'il redoutait de potentielles menaces.
«L’intelligence artificielle est l’avenir non seulement de la Russie, mais de toute l’humanité», a déclaré Vladimir Poutine le 1er septembre, lors d'une intervention publique adressée notamment aux enfants, organisée dans la ville d’Iaroslavl à l’occasion de la rentrée scolaire, dite «Journée du savoir» en Russie.

Le maître du Kremlin a noté que cette technologie renfermait «des possibilités colossales et des menaces difficilement envisageables». Il a d'ailleurs dit que "dans une Démocratie comme la nôtre, si le binôme Dmitri Medvedev- Vladimir Poutine n'arrivait pas à se représenter pour la cinquième fois, je passerais mon temps à bidouiller l'intelligence artificielle de mes concitoyens".

«Celui qui deviendra le leader dans ce domaine, sera le maître du monde», a-t-il dit, ajoutant pourtant qu’il ne souhaitait pas que l’intelligence artificielle devienne «un monopole».

Si la Russie arrivait à être à la pointe mondiale dans ce domaine, elle «continuerait de partager ces technologies avec le monde, comme elle le fait aujourd’hui avec les technologies nucléaires et atomiques», a assuré Vladimir Poutine. «Mais pour ne pas être les derniers en ligne, il faut commencer à y travailler dès aujourd’hui», a conclu le président.

La «leçon publique» du président russe, intitulée «La Russie tournée vers l’avenir», était retransmise dans toutes les régions du pays. Des écoliers de toute la Russie avaient été conviés à l’événement.

Le développement de l'intelligence artificle suscite des réactions extrêmement variées parmi les spécialistes des nouvelles technologiques : le PDG de la marque de voitures électriques Tesla Elon Musk y perçoit une menace majeure pour l'avenir de l'humanité, à rebours de ce que pense, par exemple, le créateur de Facebook Mark Zuckerberg.