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WWIII: La Souveraineté Européenne prime sur celle des Etats, et se focalise sur le lieu de la Souveraineté Européenne: l'Allemagne. On a réhabilité HITLER dans le Nord de l'Europe et le Plan Barbarossa contre la Russie. L'OTAN pousse les Européens et leur leader à passer aux actes, les ordres du Gouvernement Mondial et des Rothschild sont sans appel, il faut renverser le traître malgré lui, Vladimir Poutine.

Publié le par José Pedro, collectif des rédacteurs dans LAOSOPHIE sur Overblog

WWIII: La Souveraineté Européenne prime sur celle des Etats, et se focalise sur le lieu de la Souveraineté Européenne: l'Allemagne. On a réhabilité HITLER, ce Juif qui a créé Israël pour le Nouvel Ordre Mondial de 1000 ans du 3ème REICH, dans le Nord de l'Europe ainsi que le Plan Barbarossa contre la Russie. L'OTAN pousse les Européens et leur leader à passer aux actes, les ordres du Gouvernement Mondial et des Rothschild sont sans appel, il faut renverser le traître malgré lui ou par lui, "Vladimir Poutine," qui nous veut la Guerre.

L’UE en bruits de bottes

(Par contre, on signalera que, si nous connaissons désormais “le lieu de notre souveraineté”, – curieuse chose que “le lieu d’une souveraineté”, concept qui est par essence hors des standards de la géographie, – il ne nous est pas dit grand chose, ni de la forme, ni du contenu de cette souveraineté. Nous avons perdu notre Souveraineté Française qui se dilue dans une pseudo Souveraineté Européenne, qui elle-même reçoit ses ordres du Deep State des USA. En fait il est clair que tous les Laquais Européens, sont aux ordres de l'Otan, qui lui même est aux Ordres des Rothschild et du Nouvel Ordre Mondial, dont personne ne pourra s'y opposer (Sarko).)

Dans son article, Blondet signale les diverses dispositions développées ou suggérées en Allemagne pour acquérir la maîtrise de cette “armée européenne” devenue un des principaux projets de l’UE, et affirmer par là son hégémonie militaire en Europe avec une stratégie expansionniste, antirusse et de projection de forces. Blondet note justement l’entente tacite des deux principaux concurrents aux élections (Merkel et Schulz) sur ce projet, dans la perspective d’une probable coalition CDU-SPD. Si sa prévision se confirme comme c’est probable, un vice-chancelier Schulz qui se verrait confier, comme c’est l’usage, le ministère des affaires étrangères, deviendrait un promoteur brutal de cette hégémonie allemande dans un style à tendance totalitaire d’une brutalité rare. Il en a l’habitude et une réelle entente avec Merkel de ce point de vue, comme on l’a vu dans les crises avec la Grèce et avec la Pologne. On a donc déjà vu les atouts et les intentions probable de l’Allemagne à cet égard, à l’intérieur des structures de l’UE et, indirectement, vis-à-vis et aux dépens de son “partenaire français”. Pour autant, un tel projet trouverait plusieurs obstacles de taille, et au moins à sa taille, sur sa route.

• Jusqu’ici discrète, l’OTAN devrait commencer à faire aller sa voix pour faire entendre sa complainte habituelle (Selon Spoutnik-français, cette observation qui relève d’une évaluation ossifiée et datant du XXème siècle quant à l’engagement et aux capacités US-UK : « L’Europe n’est pas capable de se défendre elle-même, sans l’Otan et ses deux acteurs clés que sont les États-Unis et le Royaume-Uni, prétend le secrétaire général de l’Alliance Jens Stoltenberg, se prononçant invariablement contre une armée européenne. ») Bien entendu, la situation de l’argumentaire de l’OTAN est complètement dépassée, UK n’ayant plus aucune capacité sérieuse et se trouvant dans une position politique absolument affaiblie par le Brexit et les USA connaissant autant les incertitudes d’un pouvoir divisé que le désordre qui marque la situation civile, en outre avec des capacités extrêmement réduites.

(Un récent recensement de bonne source concernant une possible guerre terrestre avec la Corée du Nord montre l’actuelle faiblesse extrême des capacités US : tout le poids de cette guerre échoirait à la Corée du Sud avec ses 600.000 hommes, l’US Army ne pouvant dégager au mieux qu’une division supplémentaire [la 25ème d’infanterie] en plus de la 7ème flotte, pour un renforcement d’urgence, à cause de ses autres engagements. La même situation prévaut évidemment pour l’Europe/l’OTAN, en cas de nécessité, – à moins que la 25ème division soit déjà à l’ouvrage en Corée, – et dans ce cas, plus rien à attendre des USA.)

L’argument Stoltenberg, sans doute soutenu par une partie de la bureaucratie du Pentagone, se heurte de front à la position du président Trump réclamant que les Européens assument eux-mêmes leur défense : l’OTAN est, dans cette affaire qui concerne surtout la répartition des directions, dans une posture très affaiblie par les contradictions de ses tuteurs. Les Allemands ne veulent pas sortir de l’OTAN, ils veulent prendre une sorte de leadership de l’OTAN, ce qui menace effectivement les avantages de la bureaucratie de l’OTAN qui s’est toujours appuyée pour légitimer sa prépondérance sur le “parrainage” US. Trump est un “parrain” capricieux, désireux de changer les règles de l’ancienne mafia atlantiste, et dans ce cas l’antagonisme Trump-Merkel avantage le projet allemand.

• Le deuxième point, c’est la position française. L’entente Macron-Merkel est en théorie remarquable nous dit-on, mais lorsqu’on en viendra à la pratique elle risque de se dégrader gravement sur cette question de la défense, quand on lit les détails du projet développé par le groupe Stiftung für Wissenschaft und Politik, que signale Maurizio Blondet. La part du lion est faite à l’Allemagne pour ses projets d’hégémonie ; mais le président français se révèle de plus en plus d’un autoritarisme brutal qui rend sa position délicate, et dans cette position justement où il ne peut prendre le risque supplémentaire et sans doute mortel pour lui de soumettre la France à l’hégémonie allemande dans le domaine militaire.

On peut même dire qu’une telle occurrence pourrait être le déclencheur d’une crise sans précédent entre la France et l’Allemagne, et par conséquent pour l’Europe elle-même. Selon notre sentiment, ce serait même la crise la plus grave qu’on puisse imaginer, car la seule capable de provoquer une “insurrection” antiallemande et anti-européenne s’il le faut au plus haut niveau en France (dans la direction politique elle-même, pourtant ultra-européiste mais confrontée à une possibilité de rupture interne autant qu’à son propre projet de ne pas céder le seul instrument lui assurant la participation obligée au leadership européen). Cette crise n’a jamais été envisagée parce qu’il n’y a jamais eu une Allemagne capable d’envisager un projet aussi provocant, aussi déstructurant pour l’entente franco-allemande qui reste désormais la seule véritable force empêchant l’effondrement de l’UE.

Ce qui est caractéristique dans cette évolution critique dont Maurizio Blondet décrit un développement de plus, c’est les positions des deux directions, jusqu’aux caractères des dirigeants des deux protagonistes. L’autoritarisme qui se révèle de plus en plus chez Macron trouverait un répondant antagoniste dans une paire Merkel-Schulz, qui présagerait d’un affrontement franco-allemand d’une belle intensité. Chaque pays se croirait rationnellement justifié dans sa position, laissant libre cours à des engagements passionnés sinon irrationnels qui seraient ainsi dissimulés sous l’apparence de la rationalité. Cela signifierait l’effondrement de la confiance et de la complicité entre les deux directions.

En termes postmodernes, qui s’exercent essentiellement dans le domaine de la communication plus que dans celui des divisions blindées bien que celles-ci en seraient l’enjeu, il s’agirait de la résurrection d’un conflit ancestral et dévastateur pour l’Europe. Pourtant et bien entendu, les deux directions se veulent absolument européennes et ne cessent de clamer leur conviction que l’UE est justement le grand projet qui a écarté tout risque d’affrontement entre nations en Europe au nom de l’hégémonie d’une nation. C’est cette croyance d’apparence politique mais quasiment d’essence religieuse (la “religion européenne” des ultralibéraux serviteurs du Système) qui rendrait possible, en donnant aux deux côtés la bonne conscience qui écarte la mesure des risques, un conflit d’une telle intensité et qu’on juge bien entendu toujours impensable encore aujourd’hui. Comme il n’est pas question de véritable “guerre”, il s’agirait d’un facteur de désordre supplémentaire extrêmement violent pour une Europe en lambeaux, sinon pulvérisée, avec l’évolution probables de situations internes (surtout en France) caractérisées par la violence et la nécessité de l’apparition et la montée en puissance de forces antisystème.

Nous pensons à cet égard que les “menaces” créées de toutes pièces par les narrative-simulacres du Système, comme l’anti russisme et la menace russe, perdraient rapidement le peu de substance, sinon l’in-substance qui est la leur. En attendant, en provoquant dans les capitales européennes des mobilisations qui ne sont que des artifices grotesques de communication, elles renforcent le mythe de la nécessités d’une défense européenne et alimentent par conséquent les éléments potentiels de la crise possible que nous avons décrite.

Merkel menace de diminuer les aides financières européennes aux pays ne respectant pas leur quota de réfugiés.

Angela Merkel estime qu’il faudra diminuer les aides financières accordées par l’Union européenne aux pays ne respectant pas leur engagement en matière d’accueil des réfugiés. Les pays de l’est sont notamment visés.

 

Les pays qui ne respectent pas les quotas d’attribution du droit d’asile au sein de l’Union européenne pourraient se voir privés d’aides dans d’autres domaines, a mis en garde dimanche la chancelière allemande Angela Merkel.

Merkel lie solidarité sur les migrants et solidarité financière. « S’il n’y a pas de solidarité sur la migration, il ne pourra pas y en avoir dans d’autres domaines, et cela pourrait se révéler amer pour la cohésion européenne », a déclaré Angela Merkel au journal Frankfurter Allgemeine Sonntagszeitung. Ses propos sonnent comme un avertissement à certains pays d’Europe de l’Est, qui bénéficient de milliards d’euros en tant que membres de l’UE.

Voici donc le texte de Maurizio Blondet.  (Le texte original est sur le site de Blondet, ce 8 septembre 2017. Le début du texte est justifié par une photo du ministre britannique des affaires étrangères en Estonie, équipé en guerrier avec treillis camouflé et casque de tankiste, dans un char britannique Challenger, sans oublier le pouce levé… Que fait un ministre du prestigieux Foreign Office dans un char ? Boris Johnson étant d’abord un clown, sa prestation ne choque personne.)

Soudain, dans les capitales de l’UE, un désir de guerre …

Ce qui vous apparaît sur cette image, c’est bien le ministre britannique des Affaires étrangères Boris Johnson. Il est allé en Estonie pour pouvoir se déguiser à l’aise et il a (selon le Telegraph) « grandement apprécié » une balade à bord d’un char Challenger des forces armées britanniques déployées en Estonie dans le cadre de la grande stratégie de l’OTAN d'encerclement agressif de la Russie. Ces chars, a-t-il dit, sont « une présence rassurante pour les alliés face à l’antagonisme russe en Europe du Nord et dans la région balte ».

Avec la déclaration du président français Macron selon lequel « 70 ans de paix sont une aberration de notre histoire », l’image d’un diplomate qui reprend le casque guerrier montre qu’il existe dans notre soi-disant classe dirigeante un désir de guerre étrange dans cette pose antagoniste vis-à-vis de la Russie ; et, au travers de telles manifestations simultanées, on pourrait voir une sorte d’obéissance à un “signal convenu”.

Quiconque a vu le débat pré-électoral entre les deux prétendants à ma chancellerie allemande, Angela Merkel et Martin Schulz, a pu mesurer le simulacre de leur affrontement : bien plus qu’antagoniste et concurrent, Schulz était celui qui tient le rôle du faire-valoir notamment dans la comedia dell’arte italienne, celui qui est chargé de mettre en valeur la performance de la vedette comique. Aucune critique de la conduite de l’UE, de l’euro, de la réduction de la Grèce à la mendicité, aucune élaboration sur les questions délicates que Schulz avait posée concernant la victoire inscrite dans les astres de Mutti. La plus grande prudence était de mise pour un débat à sens unique parce qu’aucun autre n’est possible (il faut parler comme il faut, il s’agit de la démocratie allemande).

Une raison de cette retenue complice se trouve probablement dans le fait que les deux pseudo-compétiteurs se préparent à former un gouvernement de coalition. L’autre raison est que les projets concernant le type d’hégémonie que l’Allemagne doit imposer à l’Europe sont bien compris par les acteurs concernés et il n’est pas nécessaire d’alarmer quelque auditeur ou spectateur non averti avec un débat à ce propos.

Laquelle hégémonie, cela va sans dire, doit être militaire.

« Le groupe de réflexion fédéral, SWP (Stiftung für Wissenschaft und Politik), propose que Berlin prenne le leadership militaire de l’UE sinon de l’OTAN, – écrit le site German Foreign Policy. Selon ce centre de réflexion stratégique, l’Allemagne doit montrer un “leadership fort” au sein de l’OTAN et inciter l’ensemble “occidental” à adopter une nouvelle orientation stratégique ».

Et quel est ce “nouveau” concept stratégique ? Vous le reconnaîtrez sans peine : « La réorientation de la politique mondiale germanique, qui, après la prise de contrôle de la Crimée par la Russie, ne doit plus envisager que des interventions militaires dans le monde entier pour protéger et assurer les intérêts stratégiques ou économiques [c’est-à-dire participer à des guerres du type-neocon] et pour lutter contre les « conceptions concurrentes de sa [propre] conception » de la politique internationale. Les projets de “conception concurrentes” sont ceux de la Russie et de Pékin, et ils sont détestables et nuisibles parce qu’ils représentent « un ordre multipolaire en formation » et qu’ils « exercent une influence croissante sur le plan économique, politique et militaire » – réduisant ainsi la liberté d’intervention militaire de l’Occident par projection des forces, comme en Syrie, en Irak, en Afghanistan, en Libye …

L’agressivité de Moscou est définie par le fait qu’il « apparaît comme un centre d’influence indépendant à l’échelle mondiale ». Tant que Moscou insiste sur « la capacité d’opérer indépendamment » [notamment par rapport aux intentions de Merkel et de Mogherini], il s’agit d’un « un défi [inacceptable] pour notre continent », dit le groupe de réflexion allemand.

L’Allemagne, estime le SWP, devra assurer le commandement de cette dynamique d’hégémonie qui se manifestera dans la création de trois divisions multinationales « pour assurer le complément des troupes de l’OTAN stationnées dans les pays baltes et en Pologne », qui constituent le “fer de lance” de l’Alliance contre l’agressive Russie. Deux des trois divisions multinationales devront être constituées à partir « du personnel et des structures des divisions allemandes » ; en bref, elles seront allemandes et commandées par des Allemands. En outre, l’élément aérien qui viendra renforcer l’OTAN « s’appuiera pour plus de 75% des capacités sur la République fédérale », explique le “Livre blanc” du SWP, ignorant complètement la contribution française, du seul pays européen qui dispose d’une production complète indépendante d’armements. En ce qui concerne la Marine, le projet implique « un commandement naval dans la Baltique dominé par l’Allemagne » ; ce qui se résume par le constat que « [l]e rôle de l’Allemagne dans ces alliances et structures est important sur terre, dans le ciel et sut mer ». En d’autres termes, Berlin se prépare à remplacer les États-Unis « dans le rôle traditionnel du leader de l’Alliance », qui aujourd’hui « ne l’assurent plus de façon satisfaisante ». Tout cela coûtera beaucoup plus que les €130 milliards prévus par le ministère de la Défense jusqu’en 2030, « mais le leadership politique-militaire a son prix », et Mutti, de concert avec les Allemands comme il est habitué à faire, est prêt à payer pour cela.

La Bundeswehr deviendra alors « l’une des armées les plus importantes du continent », proclame le SWP. De même, les formations de combat multinationales dirigées par les Allemands « devront pouvoir être utilisées » dans les opérations de l’UE : donc en dehors du cadre de L’OTAN, dans une sorte d’armée européenne hégémonique allemande.

L’UE se comporte en fait comme un ennemi de guerre de Moscou. Lorsque Poutine a lancé une initiative inattendue en proposant qu’une mission de Casques Bleus de l’ONU soit déployée dans le Donbass pour tenter de contrôler et d’arrêter les affrontements sporadiques dans cette région, quelle a été la réponse de l’UE ? Le 6 septembre, l’Union Européenne a étendu les sanctions contre la Russie pendant six mois, y compris le gel des biens et l’interdiction d’entrer dans l’UE faite au responsables russes et aux séparatistes ukrainiens « soutenus par Moscou ». Dans le même temps, il était annoncé que le nouvel ambassadeur russe aux États-Unis, Anatoly Antonov, « devrait rester sur la liste des sanctions », selon Spoutnik. En cela, l’Europe dépasse même l’Amérique : contre Antonov, Washington n’a pas fait de restrictions, notamment puisqu’il l’a accepté comme nouvel ambassadeur de Russie.

Bref, un grand désir de guerre emporte Mutti, Macron, Boris Johnson… comme suivant un “signal convenu”. Pour vous autres, Italiens, tout va bien n’est-ce pas ?

Maurizio Blondet

source: http://www.dedefensa.org/article/lue-en-bruits-de-bottes

Discours de Guerre pour le Nouvel Ordre Mondial de l'Occident. Nous sommes en Guerre. Nous devons refonder l'Ordre du Monde avec la Souveraineté Européenne.

L’OTAN et le réseau plus vaste d’alliances militaires sous l’égide des Etats-Unis

par Mahdi Darius Nazemroaya, Canada

Après la dissolution du Pacte de Varsovie et l’effondrement de l’Union soviétique, l’OTAN (Organisation du Traité de l’Atlantique Nord) n’a pas changé fondamentalement sa mission. A la suite de la guerre froide, elle n’a pas cessé de s’élargir. En 1999, avant sa guerre contre la Yougoslavie, elle s’est étendue en direction de l’Europe de l’Est.
L’OTAN, résolue à augmenter à la fois le nombre de ses membres et celui de ses missions, devrait finalement devenir une puissance militaire mondiale. En plus, il lui appartient, en tant qu’alliance militaire globale, de garantir la «sécurité énergétique» de ses pays membres. Cela revient à militariser les «artères» du monde, c’est-à-dire les oléoducs stratégiques, les couloirs maritimes empruntés par les pétroliers ainsi que les eaux internationales.

La «clause de défense mutuelle», moyen de contrôler les ressources pétrolières?

Le sénateur américain Richard Lugar a appelé l’OTAN à se porter au secours d’un pays membre, comme les Etats-Unis, si ses ressources pétrolières étaient menacées. Selon lui, cette intervention serait justifiée par la clause de défense mutuelle (article 5). Son idée a reçu le soutien appuyé des membres d’Europe de l’Est et de l’UE qui dépendent de la Fédération de Russie pour leur approvisionnement en énergie. Lugar s’est exprimé en ces termes: «[L’OTAN] devrait comprendre qu’il n’y a pratiquement pas de différence entre un membre contraint de se soumettre parce qu’on lui coupe son approvisionnement en énergie et un membre confronté à un blocus militaire ou à d’autres opérations militaires à ses frontières.»1
L’article 5 est la raison d’être de l’OTAN. Il considère toute attaque contre un pays membre comme une attaque contre l’ensemble de ses membres. Il constitue la base de la «défense mutuelle». Toute interprétation de cette clause en rapport avec la sécurité énergétique signifierait que tout membre de l’OTAN auquel on coupe l’approvisionnement en énergie pourrait compter sur l’assistance du reste de l’Alliance. On pourrait donc interpréter l’article 5 comme voulant dire que couper l’approvisionnement en énergie d’un pays membre constitue une agression ou un acte de guerre. On notera que presque aucun membre de l’OTAN ne dispose de ressources énergétiques à lui.
Il n’est pas surprenant que la Russie soit extrêmement fâchée et déconcertée par cette extension de la notion de sécurité énergétique. Si cette doctrine était acceptée par l’OTAN, elle pourrait servir de justification pour imposer des sanctions économiques et politiques à la Russie et aux autres pays producteurs d’énergie. La clause pourrait également justifier une attaque contre la Russie ou n’importe quel autre pays producteur dont l’Iran, le Turkménistan, la Libye et le Venezuela, dans le but de s’emparer de ses ressources énergétiques naturelles.
Peter Mandelson, commissaire européen au commerce, a récemment déclaré publiquement «Chacune des deux [la Russie et l’UE] croit que l’autre utilise l’arme énergétique comme instrument politique.» Il a ajouté que les relations entre l’UE et la Russie étaient au plus mal depuis la fin de la guerre froide et que «l’Europe recherchait la sécurité de l’approvisionnement énergétique».2
C’est pourquoi, parmi d’autres, la Russie et ses alliés considèrent le projet de défense anti-missile globale des Etats-Unis et de l’UE comme un moyen permettant, par la menace du recours à la force, de s’emparer des réserves énergétiques russes et mondiales. La Russie, la Chine et l’Iran se trouvent entourés par une frontière militaire que la Russie considère comme faisant partie des efforts de l’OTAN pour l’encercler, elle et ses alliés.
En outre, l’OTAN envisage un processus de «portée globale» qui la transformerait en une puissance militaire mondiale comprenant des Etats extérieurs à l’Amérique du Nord et au continent européen. Bien que cela ne soit pas encore officiel, l’OTAN a déjà commencé une transition vers la «globalisation» de ses troupes et de ses opérations. Elle est très impliquée en Afghanistan et empêtrée en Asie centrale. Elle a des bases en Afghanistan aux frontières immédiates de la Chine et de l’Iran. Elle a également consolidé sa présence dans les Balkans, qui avait été mise en relief par son intervention en ex-Yougoslavie. En outre, elle envisage d’importantes interventions au Soudan et plus généralement sur tout le continent africain, ce que ses adversaires qualifient de «mascarade de maintien de la paix».

L’expansion-intégration de l’OTAN constitue une alliance militaire globale
«Depuis la guerre froide et son rôle régional dans les années 1990, l’OTAN s’est transformée en une organisation transatlantique effectuant des missions globales, de portée globale avec des partenaires globaux. C’est en Afghanistan que cette transformation est la plus évidente. Mais elle a dépassé définitivement le débat «in-area/out-of-area» qui avait duré si longtemps dans les années 1990. Tout appartient potentiellement à la zone de l’OTAN. Cela ne signifie pas que ce soit une organisation globale. C’est une organisation transatlantique mais l’article 5 a maintenant des implications globales. L’OTAN est en train de développer les capacités et les perspectives politiques nécessaires pour s’attaquer aux problèmes et aux éventualités qui surviennent dans le monde entier. Cela représente un changement considérable.»
Daniel Fried, Secrétaire d’Etat adjoint américain aux affaires européennes et eurasiennes (17 avril 2007)

De plus, l’OTAN, bien que de manière informelle, intervient au Liban3. Une armada de bâtiments de guerre de l’OTAN est déployée dans les eaux d’Afrique orientale, de la mer Rouge et de la mer d’Oman. Les forces navales des pays membres tels que l’Allemagne et le Danemark sont présentes dans l’est de la Méditerranée, prêtes à frapper la Syrie en cas de guerre.4

L’OTAN s’étend du côté du golfe Persique vers l’Iran

L’OTAN a officiellement pénétré dans le golfe Persique même si en réalité les forces armées de plusieurs de ses pays membres opèrent là-bas depuis la guerre froide. Le directeur adjoint du National Security Apparatus du Koweït Cheikh Thamer Ali Sahab Al-Salem Al-Sabah a annoncé que son pays avait signé avec l’OTAN un accord sur la sécurité au cours d’une conférence réunissant le Gulf Cooperation Council (GCC) et l’OTAN qui a eu lieu les 11 et 12 décembre 2006.
Le GCC, qui a été rebaptisé Cooperation Council for the Arab States of the Gulf, comprend l’Arabie saoudite, le Koweït, les Emirats arabes unis, le Qatar, Bahreïn et Oman. Le GCC possède déjà un accord militaire entre ses membres, la Gulf Shield Defence Force, et des accords bilatéraux individuels sur la sécurité avec les USA et la Grande-Bretagne. L’OTAN a déjà été en pourparlers avec le Qatar, le Koweït et d’autres membres du GCC en vue d’établir une présence plus officielle de l’Alliance dans le golfe Persique et de conclure un nouvel accord sur la sécurité dirigé contre l’Iran.
Le nouvel équilibre régional dans le golfe Persique fait partie d’une alliance plus large du Moyen-Orient liée à l’OTAN. L’Arabie saoudite, la Jordanie, l’Egypte, Israël, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et l’OTAN font tous partie, en plus du GCC, de cette coalition moyen-orientale.5 Cette alliance ou coalition militaire représente essentiellement un élargissement à l’est du «Dialogue méditerranéen» de l’OTAN. On attribue aux membres moyen-orientaux de cette coalition l’appellation de «coalition des modérés» alors que l’Iran et la Syrie sont censés diriger une «coalition d’extrémistes».
A part la conséquence possible d’une confrontation avec l’Iran, cette coopération entre le GCC et l’OTAN confirme le fait que l’Alliance atlantique se prépare à devenir une institution et une force militaire globales. Le Moyen-Orient est une région d’élargissement de l’OTAN très importante au point de vue géostratégique et riche en ressources énergétiques. Les avant-gardes de l’OTAN y sont la Turquie et Israël.
Les Etats-Unis ont déjà installé leur arsenal de missiles dans le golfe Persique et y ont acheminé de grandes quantités de matériel militaire et de systèmes radars. A l’origine, la justification du déploiement militaire dans le Golfe était la «guerre globale contre le terrorisme» puis ce fut l’invasion de l’Irak et maintenant il s’agit de protéger de la menace des missiles balistiques iraniens les alliés de l’Amérique dans le Golfe, c’est-à-dire les Emirats arabes unis, le Koweït et l’Arabie saoudite.
La Conférence GCC/OTAN a reçu son mandat de l’Initiative de coopération d’Istanbul et était consacrée au thème «Facing Common Challenges» («Venir à bout de défis communs»), qui désigne directement l’Iran comme la cible de la coopération militaire et sécuritaire entre la GCC et l’OTAN.6

L’encerclement de l’Iranpar les alliés de l’OTAN

En outre, la Conférence a eu lieu après des manœuvres militaires des membres du GCC, des Etats-Unis, de la Grande-Bretagne, de la France et de l’Australie, ce qui prouve également que la coopération entre les deux branches de l’OTAN, l’entente franco-allemande et l’alliance anglo-américaine a commencé avant la conférence historique de l’OTAN à Riga (Lituanie) en 2006.7

Les accords entre le GCC et l’OTAN sont également importants parce qu’ils signifient que le golfe Persique pourrait être partagé et divisé par l’entente franco-allemande et l’alliance anglo-américaine. Bien que Cheikh Thamer Ali Sabah Al-Salem Al-Sabah et des dirigeants koweïtiens aient essayé de minimiser l’importance de la coopération entre le Koweït et l’OTAN, cette collaboration est un signe de l’expansion de l’OTAN et d’une probable confrontation avec l’Iran. Les Koweïtiens ont également souligné que l’objectif de la Conférence était de mettre à profit les expériences variées de l’OTAN dues à sa composition internationale.
La montée en puissance militaire anglo-américaine et l’extension de l’OTAN dans le golfe Persique ont encouragé les chefs du GCC à coopérer avec les armées américaine et britannique. Récemment, le ministre de la Défense du Bahreïn Cheikh Kalifa bin Ahmed Al-Khalifa a déclaré que les émirats du golfe Persique «sont en mesure de répondre à n’importe quelle attaque de l’Iran voisin» et «répliqueraient par la force» si l’Iran bloquait le détroit d’Ormuz à la suite de frappes américaines.8 Et ce n’est pas un hasard si les dirigeants koweïtiens ont également déclaré qu’ils étaient préparés à une attaque de l’Iran conduite par les Américains et à une guerre au Moyen-Orient.9
Notons que toute attaque par l’Iran des émirats du golfe Persique serait une réponse à leur coopération avec les Etats-Unis et au fait qu’ils acceptent que les armées des Etats-Unis et de leurs alliés utilisent leurs espaces aériens, maritimes et terrestres contre l’Iran. Les dirigeants de ces pays ont soutenu les Américains et les Britanniques dans leur invasion de l’Irak et ils hébergent d’importantes bases terrestres, aériennes et navales américaines.

L’objectif final de l’OTAN est d’encercler la Russie, la Chine et leurs alliés

Le premier et le plus important changement que nous devons opérer consiste à développer notre capacité à étendre la stabilité à l’Est.
Manfred Wörner, Secrétaire général de l’OTAN


Le 7 février 2007, les déclarations devant le Congrès du ministre de la Défense américain Robert Gates, qui présentait le budget militaire 2008 du Pentagone confirment que les Etats-Unis continuent de considérer la Chine et la Russie comme des adversaires potentiels en plus de l’Iran. Gates a déclaré que la Russie comme la Chine représentaient des menaces pour les Etats-Unis: «En plus de la guerre globale contre le terrorisme, nous devons également faire face aux voies incertaines de la Chine et de la Russie qui poursuivent toutes les deux des programmes de modernisation militaire sophistiqués.10
La vraie question est de savoir si les Russes et les Chinois constituent une menace pour les Etats-Unis ou si c’est l’inverse; et également si la Chine et la Russie représentent une menace économique pour les Etats-Unis.
Le ministre des Affaires étrangères et le gouvernement russes ont presque immédiatement demandé des explications à la Maison Blanche sur ces propos menaçants.
Les Russes ont manifesté de plus en plus d’inquiétude au fur et à mesure qu’ils se rendaient compte qu’ils étaient encerclés. Il y a pas mal de temps que la Russie, la Chine et leurs alliés sont peu à peu encerclés. La Chine se trouve face à une frontière orientale militarisée en Asie tandis que l’Iran a été pratiquement encerclé et que les frontières occidentales de la Russie ont été infiltrées par l’OTAN.
L’expansion de l’OTAN se poursuit malgré la fin de la guerre froide et malgré les promesses de l’Alliance qu’elle ne s’étendrait pas. Les bases militaires et les installations de missiles encerclent la Chine, l’Iran et la Fédération de Russie.

La Russie se trouve face à des menaces militaires beaucoup plus graves que durant la guerre froide

Le 27 février 2007, lors de la Conférence de Munich sur la sécurité, le président Poutine a déclaré que l’OTAN visait la Fédération de Russie et a rappelé à l’Alliance qu’elle avait promis de ne pas s’étendre vers l’Est.11
Boris Eltsine s’était exprimé dans le même sens à propos de l’expansion de l’OTAN lors de l’entrée des Etats baltes dans ce bloc militaire. Le discours de Poutine représente la déclaration russe la plus importante jusqu’ici et indique que la Russie commence à ressentir la menace qui pèse sur ses frontières, de l’extrême-orient russe aux frontières avec la Géorgie et l’Europe de l’Ouest.
Du point de vue russe, l’OTAN n’est plus vouée à la «coexistence pacifique». Le général Iouri Balouievsky, chef d’état-major des forces armées russes et premier adjoint au Ministre de la Défense, a averti les Russes qu’ils se trouvaient face à des menaces militaires beaucoup plus graves que durant la guerre froide. Il a, avec le président Poutine, demandé une nouvelle doctrine militaire russe pour répondre aux menaces croissantes venant des Etats-Unis et de l’OTAN.12
Les projets militaires lancés par les Etats-Unis, certains alliés européens membres de l’OTAN (Grande-Bretagne, Pologne et République tchèque) et le Japon en vue de l’installation de deux boucliers antimissile parallèles menacent à la fois la Russie et la Chine. L’un des boucliers sera situé en Europe et l’autre en Extrême-Orient. Ils sont censés répondre à d’hypothétiques menaces iraniennes et nord-coréennes contre les Etats-Unis, l’Europe, la Corée du Sud et le Japon.
«Il s’agit là [le bouclier antimissile situé aux frontières de la Russie] d’une question très urgente et politiquement très importante qui pourrait nous entraîner dans une nouvelle course aux armements», a déclaré le général Iouri Soloviev, commandant de l’Armée russe, à propos du projet d’installations antimissile qui devraient être déployées en Europe de l’Est, à la frontière russe.13
Il est également question d’un autre bouclier qui serait déployé dans le Caucase ou même peut-être en Ukraine. Les républiques d’Azerbaïdjan et de Géorgie sont des candidats potentiels pour l’abriter.

Le projet de radar ne vise pas principalement l’Iran mais la Russie

«Notre analyse montre que l’installation d’un système radar en République tchèque et d’un système de défense antimissile en Pologne constitue une menace réelle pour nous», a précisé le général Vladimir Popovkine, commandant des Forces spatiales russes, et il a ajouté: «Il n’est pas sûr du tout que les éléments du système de défense antimissile américain en Europe soient dirigés contre l’Iran, comme l’ont déclaré [des responsables américains].»14
Le projet de radar prévu en République tchèque se heurte également à l’opposition de la majorité de la population tchèque15 mais on ignore ici la volonté du peuple de même que les gouvernements ne cessent d’ignorer celle des peuples américain, britannique, italien, canadien et japonais. En d’autres termes, ces gouvernements prétendument démocratiques se révèlent extrêmement antidémocratiques quand il s’agit de projets militaires et de guerres à l’extérieur.
Les frontières russes et chinoises sont en train d’être militarisées par l’OTAN et le réseau plus vaste des alliances organisées par les Etats-Unis. Curieusement, la Turquie, membre moyen-oriental de l’OTAN, voisin immédiat de l’Iran et choix logique pour toute installation antimissile destinée à protéger contre une prétendue menace balistique iranienne, n’a pas été choisie comme site d’un bouclier. Le fait qu’il doive être installé en Pologne et en République tchèque plutôt qu’en Turquie et dans les Balkans fait penser qu’il ne vise pas principalement l’Iran mais la Russie.

Projet de bouclier en Extrême-Orient

L’autre projet de bouclier, en Extrême-Orient, serait voisin, outre de la Corée du Nord, des provinces très peuplées de l’est de la Chine et de l’extrême-orient russe riche en ressources énergétiques. Le bouclier serait installé essentiellement au Japon, avec d’éventuels éléments en Corée du Sud. Le Japon et les Etats-Unis ont commencé un projet commun de défense antimissile en 1999, comme par hasard l’année de l’expansion de l’OTAN et de sa guerre contre l’ex-Yougoslavie.16 Taiwan constitue également un chaînon vital dans la militarisation de la frontière avec la Chine.
Une fois que la constitution de ce réseau militaire international sera achevée, la véritable base de la création de deux projets parallèles de boucliers antimissile sera tout à fait évidente. Ces projets sont liés. Ils font partie de la globalisation de l’OTAN et d’une alliance militaire plus large ayant pour but d’encercler la Russie, la Chine et leurs alliés. Parallèlement au développement de ce réseau militaire global, l’OTAN et les USA ont commencé d’essayer de contrôler les océans. Le commerce international en haute mer et le trafic maritime sont également l’objectif d’un régime de contrôle en voie de consolidation dirigé par le gouvernement américain.

Encerclement de la Chine: importance des routes maritimes stratégiques du pétrole, Taiwan, Singapour

Les Etats-Unis ont des liens militaires étroits avec Taiwan parce que l’île offre une plaque tournante stratégique pour des opérations militaires contre la Chine et sa sécurité énergétique. Taiwan a une importance géostratégique parce que l’île est située entre la mer de Chine méridionale et la mer de Chine orientale. Les Etats-Unis attribuent une extrême importance à la situation de Taiwan en raison des voies de navigation d’une très grande importance stratégique le long desquelles s’effectue le transport vers la Chine du pétrole et d’autres ressources.
On a beaucoup discuté de l’importance des routes du pétrole en Asie centrale et de celle des couloirs terrestres, mais il faudrait également s’intéresser aux routes maritimes du pétrole et aux voies maritimes internationales d’importance stratégique. L’approvisionnement en énergie est étroitement lié à la sécurité nationale de la Chine, à son développement et à sa puissance militaire. Si, en cas de guerre, l’approvisionnement en pétrole de la Chine était bloqué ou, plus probablement, retardé, elle serait vulnérable et pourrait être paralysée, étouffée. Un cordon maritime autour du pays répondrait à un tel objectif.

Contrôle sur l’approvisionnement en énergie de la Chine

Les détroits de Taiwan et de Malacca ont une importance géostratégique vitale pour le transport du pétrole et d’autres ressources vers la Chine. Celui qui contrôle les deux détroits contrôle l’approvisionnement en énergie de la Chine sous le présent statu quo. Ce serait un coup dur pour la Chine si les détroits étaient bloqués et les pétroliers stoppés ou retardés comme ce serait un coup dur pour les Etats-Unis et l’UE si l’Iran fermait le détroit d’Ormuz. Il se trouve que la Marine américaine contrôle ces voies de navigation. Tant que la Chine n’aura pas un moyen sûr de recevoir de l’énergie par une route non contrôlée par les Etats-Unis, elle continuera d’être vulnérable à la Marine américaine qui ne cesse de surveiller les détroits de Taiwan et de Malacca.
C’est pour cela que Taiwan et Singapour sont de proches alliés des Etats-Unis. Ils sont très militarisés pour permettre de contrôler les deux détroits vitaux. En cas de guerre entre la Chine et les Etats-Unis, Singapour et Taiwan ont tous les deux des plans d’urgence pour empêcher le pétrole d’atteindre la Chine.
Bien que le détroit de Malacca se trouve dans les eaux territoriales de la Malaisie, la rapide militarisation de Singapour a pour but de contrôler et, si nécessaire, d’arrêter les pétroliers. Cela bloquerait le transport d’énergie vers la Chine en cas de guerre entre la Chine et les Etats-Unis. Les installations navales de Singapour sont également hautement spécialisées dans le service des navires de guerre et des sous-marins et sont très utilisées par la Marine américaine.

Couloir énergétique trans-asiatique

La Chine sait qu’elle est vulnérable à une intervention militaire visant son approvisionnement en énergie. C’est pourquoi les Chinois ont développé leurs bases navales et font leur possible pour construire des terminaux pétroliers et des couloirs énergétiques terrestres reliant directement l’Asie centrale et la Fédération de Russie à la Chine. La coopération de la Chine avec la Russie, l’Iran et les républiques d’Asie centrale a pour but de créer un couloir énergétique trans-asiatique qui assurerait la continuité de l’apport d’énergie à la Chine en cas de blocus américain des hautes mers. Des discussions sont en cours concernant le développement, avec la collaboration de la Russie, d’un gazoduc qui irait d’Iran en Chine en passant par le Pakistan et l’Inde.17
La Chine s’est opposée aux propositions et initiatives concernant le réchauffement climatique. Elle soutient que le débat sur le climat est un défi délibéré lancé à la croissance économique de la Chine et des pays en développement. Elle croit que l’objectif de l’initiative des Etats-Unis et de l’UE sur le changement climatique est de les pousser à réduire leurs émissions de dioxyde de carbone (CO2) afin de nuire à leur dynamisme industriel et économique.18

Montée en puissance navale dans l’océan Indien et sur le flanc est de la Chine

Il y a eu une montée en puissance navale graduelle tout autour de la Chine, notamment le renforcement des escadres de sous-marins de la région Asie-Pacifique. Un rapport publié par l’Australian Strategic Policy Institute (ASPI) a prévenu qu’une course aux armements était en cours en Asie: «Dans un arc qui va du Pakistan et de l’Inde au Japon en passant à travers l’Asie du Sud-Est, une modernisation et une expansion [militaire] frappantes sont en cours.»19
Bill Gertz écrit dans le Washington Times: «Selon un rapport interne préparé à l’intention du ministre de la Défense Donald H. Rumsfeld qui avait été gardé secret jusqu’ici, la Chine est en train de développer ses forces armées et d’établir des bases le long des voies de navigation depuis le Moyen-Orient pour projeter ses forces outre-mer et protéger ses cargaisons de pétrole.»20
La Chine s’est lancée dans une politique navale proactive visant à sécuriser la mer de Chine orientale, la mer de Chine méridionale et l’océan Indien. Ces zones maritimes correspondent toutes aux routes maritimes internationales qui transportent le pétrole d’Afrique et du Moyen-Orient vers la Chine. L’objectif des Chinois est de protéger de la Marine des Etats-Unis et de leurs alliés son approvisionnement vital en énergie. Le Pentagone appelle ces bases navales «rang de perles» à cause de leur importance géostratégique pour l’équilibre du pouvoir mari-time dans l’océan Indien.21

Importance géostratégique du Sri Lanka

Les installations chinoises sont toutes situées le long de ce corridor vital. Le port de Gwadar, au Pakistan, au bord de la mer d’Oman, a été conçu et construit par les Chinois. En outre, un accord a été signé avec le Sri Lanka (Ceylan) aux termes duquel la Chine obtient l’accès au port naval de Hamabatota, au sud de l’île.22
La Chine a aussi planifié la construction d’un port naval au Myanmar (Birmanie), allié d’importance géostratégique pour la Chine. La construction d’un port au Myanmar éliminerait toute difficulté ou menace venant des détroits de Taiwan et de Malacca. La Chine touche le Myanmar et un réseau ferroviaire et une route de transport existent qui conduisent de la côte du Myanmar au sud de la Chine. 23
Les Etats-Unis essayent aussi de bloquer toutes les routes par lesquelles le pétrole pourrait, grâce à une coopération pétrolière trans-asiatique, arriver directement en Chine à l’écart des voies maritimes traditionnelles vulnérables qui sont surveillées par la Marine américaine. Tous les accords trans-asiatiques sur l’énergie comme l’oléoduc Iran-Pakistan-Inde sont préjudiciables aux intérêts anglo-américains et au projet de l’OTAN de contrôler l’Eurasie.
La flotte américaine du Pacifique attribue une grande importance à la valeur stratégique de l’île de Guam dans l’océan Pacifique car les Etats-Unis approfondissent leur coopération avec l’Australie, Singapour, les Philippines et le Japon afin de continuer à encercler la Chine.24 La question des missiles balistiques et des armes nucléaires de la Corée du Nord est utilisée actuellement comme prétexte idéal pour encercler davantage la Chine.
L’Initiative de sécurité contre la prolifération (ISP) lancée par l’administration Bush junior en 2003 juste après l’invasion de l’Irak est aussi un moyen de contrôler le trafic international et de bloquer l’approvisionnement en énergie de la Chine en cas d’agression contre ce pays.

Contrôle des voies maritimes stratégiques et «marine de guerre US globale»

Le contrôle des mers et du commerce constitue un front d’attaque supplémentaire destiné à encercler les géants eurasiatiques que sont la Chine et la Russie. Ce sont précisément les objectifs visés par l’ISP et l’établissement de «forces navales globales» sous le commandement des Etats-Unis. De ce point de vue, la Chine est beaucoup plus exposée que la Russie à une menace venant de l’océan.
Le réseau maritime créé par l’OTAN et ses alliés commence à apparaître. Plus de 40 pays ont participé à des manœuvres navales dans la mer d’Oman et l’océan Indien.25 Cela menace l’approvisionnement en énergie de la Chine et le commerce international entre l’Afrique et l’Eurasie à travers l’océan Indien.

«Une marine de mille navires»

L’amiral Mike Mullen, chef des opérations navales américaines, a déclaré que les USA essayaient de créer une «marine de mille navires» pour contrôler les eaux internationales.26 Cette stratégie signifie en fin de compte la fusion de l’OTAN et des forces navales alliées en un «partenariat maritime mondial» – selon l’expression de la Marine américaine – qui réunit, pour les affaires maritimes, «les flottes, les gendarmeries maritimes, les forces navales, les exploitants des ports, les entreprises commerciales maritimes et beaucoup d’autres organisations gouvernementales et non gouvernementales.»27
Les premières régions auxquelles cette nouvelle stratégie sera appliquée sont le golfe Persique, les eaux d’Afrique orientale et la mer d’Oman. L’amiral Mullen a aussi mentionné comme faisant partie de cette force navale mondiale la présence de 45 navires de guerre, dont la majorité appartient à l’OTAN, qui sont déployés dans le golfe Persique et les eaux du Moyen-Orient.28 Les opérations dans les eaux du Proche-Orient et dans la mer d’Oman mettent en jeu les combined task forces (CTF) 150 et 152. La CTF 150 opère dans les eaux du golfe d’Oman, du golfe d’Aden, en mer Rouge et dans le nord de la mer d’Oman où sont stationnés plusieurs navires de guerre français. La CTF 152, qui comprend des navires de guerre italiens, français et allemands, opère dans le golfe Persique et son quartier général opérationnel se trouve au Bahreïn.
Il est significatif que la CTF 152, qui fait partie du groupe des 45 vaisseaux de guerre dont l’amiral Mullen a dit qu’ils faisaient partie des forces navales globales, soit sous le commandement de la marine américaine et du Commandement central (Centcom). Ils dirigent les opérations navales dans le golfe Persique et tout le Proche-Orient. L’opération Liberté pour l’Irak dans le golfe Persique et l’opération Liberté immuable au large de la Corne de l’Afrique sont précisément deux opérations impliquant pour la plupart des navires de guerre de l’OTAN.

Entente franco-allemande

L’armada qui monte en puissance est composée de 3 CTD principales de la coalition et 7 unités navales de soutien. Parmi les 45 navires, il y en a de France, d’Allemagne, d’Italie, des Pays-Bas, du Canada, d’Australie, du Pakistan et d’autres partenaires de l’OTAN, sans compter ceux des USA et de la Grande-Bretagne.
Ces forces navales mondiales sont placées sous le commandement commun de l’OTAN et du Centcom. La formation de cette armada importante et inédite n’est possible qu’avec l’accord de l’entente franco-allemande au sein de l’OTAN. Ces navires de guerre se sont rassemblés sous prétexte de «guerre mondiale contre le terrorisme».

Contrôle total des eaux internationales

Outre les forces navales mondiales créées par les USA et l’OTAN, une stratégie a été développée pour contrôler le commerce international, le trafic international et les eaux internationales. La PSI, sous prétexte de faire cesser la contrebande de composants ou de technologie d’armes de destruction massive et de systèmes destinés à leur lancement (technologie ou composants de missiles), a pour but de contrôler le transport des matières premières et le commerce international. Cette stratégie a été élaborée par John Bolton lorsqu’il était Sous-secrétaire d’Etat au ministère américain des Affaires étrangères chargé du contrôle des armements et de la sécurité internationale.
Cette stratégie a été initiée le 31 mai 2003 par la Maison Blanche et prévoyait d’autoriser la violation du droit international. Selon le droit international, les navires de guerre des Etats-Unis et de l’OTAN ne peuvent pas arraisonner et perquisitionner les navires marchands étrangers qui se trouvent dans les eaux internationales. Dans la partie VII (7) de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (1982), les opérations des USA sont illégales sauf si elles sont autorisées par le pays d’où viennent les navires marchands. Les navires de guerre ne peuvent arraisonner et perquisitionner que les navires du même pays à moins qu’il existe un accord bilatéral avec l’autre pays qui leur en donne le droit.

Les USA s’arrogent le droit de contrôler arbitrairement des navires étrangers

Dans les eaux internationales, les vaisseaux étrangers ne peuvent être perquisitionnés que s’ils polluent l’eau à proximité des pays auxquels appartiennent les navires de guerre ou en cas de soupçon justifié de piraterie. En outre, les navires qui se trouvent dans les eaux internationales qui appartiennent au gouvernement d’un pays jouissent d’une immunité: ils ne peuvent pas être arrêtés, inspectés ou saisis par des navires d’autres Etats. Selon ces directives internationales, le fait pour la Marine américaine d’arrêter dans des eaux internationales un navire appartenant à la Corée du Nord, à la Syrie ou à la Chine serait illégal. Avec le nouveau régime proposé et appliqué actuellement par le gouvernement des Etats-Unis à l’encontre de la Corée du Nord, tout a commencé à changer, surtout dans les eaux des océans Indien et Pacifique. Les gouvernements de plusieurs pays asiatiques, dont la Malaisie, ont critiqué ouvertement ces opérations et mis en doute leur légalité.29
Naturellement, la Chine s’est méfiée de cette initiative et a refusé de participer au projet 2003. Les Chinois voient là un moyen permettant aux USA et à leurs alliés de continuer à contrôler les eaux et le commerce internationaux. La Russie, de son côté, s’est associée à ce projet parce que Moscou ne se trouve pas dans la même situation que la Chine dont l’existence dépend du trafic maritime et des eaux internationales. De plus, la Marine russe peut toujours arrêter et arraisonner des navires marchands des USA.
Ce n’est pas un hasard si Singapour, le Japon et la mer de Chine méridionale, qui sont tous situés dans le voisinage immédiat de la Chine, ont été choisis comme site principal des nombreux exercices de la flotte sous la bannière de l’Initiative de sécurité contre la prolifération auxquels ont participé, avec la Russie, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, le Japon, l’Australie, le Canada, Singapour, la France, l’Italie et l’Allemagne.
De nombreux navires nord-coréens ont été illégalement arrêtés et importunés depuis l’introduction de l’Initiative, mais la Chine, comme d’autres pays, se trouve aussi sous la menace d’opérations internationales illégales qui rappellent les zones internationales d’exclusion aérienne imposées illégalement à l’Irak avant l’invasion par les gouvernements américain et français. Le précédent était créé pour arrêter les futurs navires chinois et le trafic maritime vers la Chine.

L’expansion de l’OTAN prépare le terrain à un conflit mondial

La conception militaire globale et les ambitions géopolitiques de l’OTAN laissent de plus en plus entrevoir l’objectif des opérations de l’OTAN et de ses directives militaires. Le système des alliances militaires se resserre et les principales cibles semblent être les géants d’Eurasie: la Russie, la Chine et peut-être l’Inde. L’expansion de l’OTAN ne se limite pas à l’Europe et à l’ex-Union soviétique. L’Alliance aspire à une expansion mondiale. En Asie, une alliance parallèle est en train de se constituer à partir du réseau d’alliances militaires existant dans la région de la côte asiatique du Pacifique.30 La Chine, la Russie et maintenant l’Iran sont en tête d’une alliance eurasiatique qui est en train de prendre forme pour s’opposer à l’OTAN et aux Etats-Unis. Finalement, ce pourrait être au Proche-Orient que le rythme de l’élargissement de l’OTAN sera fixé. Si le Proche-Orient tombe sous le contrôle total de l’alliance anglo-américaine et de l’OTAN, le terrain sera préparé pour une nouvelle phase de la «longue guerre» qui conduira droit au cœur de l’Eurasie.     •

Source: www.globalresearch.ca du 18/5/2007
(Traduction Horizons et débats)

1    Judy Dempsey, U.S. senator urges use of Nato defense clause for energy, International Herald Tribune, 28.11.2006.
2    Mu Xuequan, Mandelson: Mistrust between Russia, EU worst since Cold War ends, Xinhua News Agency, 21.4.2007.
3    Pr. Michel Chossudovsky, Behind Closed Doors: Nato’s Riga Security Conference, Centre for Research on Globalization, 26.11.2007.
«Riga», the Latvian capital, was the place of a historical Nato conference which involved all the major decision makers, parties, corporations, and individuals within the Nato alliance. The Belarusian Opposition was also invited.
Debating «War and Peace» behind Closed Doors: Nato’s Riga Security Conference, by Pr. Michel Chossudovsky, outlines the Nato program being discussed behind closed doors and provides a comprehensive list of attendants and participants of the Trans-Atlantic summit in Latvia.
4    Mahdi Darius Nazemroaya, The March to War: Naval build-up in the Persian Gulf and the Eastern Mediterranean, Centre for Research on Globalization (CRG), 1.10.2006.
5    Kuwait to sign Nato security agreement during Gulf conference next week, Kuwait News Agency (KUNA), 6.12.2006.
6    Kuwait to sign Nato agreement, Op. cit.
7    Pr. Michel Chossudovsky, «Weapons of Mass Destruction:» Building a Pretext for Waging War on Iran?, Centre for Research on Globalization (CRG), 1.11.2006.
8    Gulf states «can respond to attack,» Gulf Daily News, Vol. XXIX (29), No. 364, 19.3.2007.
9    B. Izzak, Kuwait prepared for any US-Iran war, Kuwait Times, 10.5.2007.
10    Robert M. Gates, Posture Statement to the Senate Armed Services Committee (Testimony, Senate Armed Services Committee, Washington, District of Columbia, 6.2.2007).
11    Vladimir Putin, Speech and the Following Discussion at the Munich Conference on Security Policy (Address, Munich Conference on Security Policy, Munich, Bavaria, 10.2.2007).
12    U.S. Anti-Missile Systems in Europe Threatens Russia-General, MoscNews, 9.2.2007.
13    U.S. Anti-missile Shield in Europe May Cause Arms Race-Russian General, MoscNews, 16.3.2007.
14    U.S. anti-missile shield threatens Russia-General, Reuters, 22.1.2007.
15    Mark John, U.S. missile plan triggers Nato tensions, Reuters, 5.3.2007.
16    Sarah Suk, U.S. admiral confident of missile shield effectiveness, Kyodo News, 1.5.2007.
17    Atul Aneja, «Pipeline should extend to China,» The Hindu, 7.5.2007.
18    Chinese object to climate draft, British Broadcasting Corporation (BBC), 1.5.2007.
19    Andrew Davies, The enemy down below: Anti-submarine warfare in the ADF (Barton, Australian Capital Territory: Australian Strategic Policy Institute ASPI, Février 2007), page 1.
20    Bill Gertz, China builds up strategic sea lanes, The Washington Times, 18.1.2005.
«China is building strategic relationships along the sea lanes from the Middle East to the South China Sea in ways that suggest defensive and offensive positioning to protect China’s energy interests, but also to serve broad security objectives,» said the report sponsored by the director, Net Assessment, who heads Mr. Rumsfeld’s office on future-oriented strategies.
21    Pallavi Aiyar, India to conduct naval exercises with China, The Hindu, 12.4.2007.
22    Ibid.
23    Ibid.
24    Luan Shanglin, U.S. to stage large-scale war games near Guam, Xinhua News Agency, 11.4.2007.
25    Naval chief: U.S. has no plan to attack Iran, Xinhua News Agency, 17.4.2007.
26    Thom Shanker, U.S. and Britain to Add Ships to Persian Gulf in Signal to Iran, The New York Times, 21.12.2006.
27    Ibid.
28    Ibid.
29    Malaysia in no hurry to join U.S.-led security pact, Reuters, 17.4.2007.
30    Mahdi Darius Nazemroaya, Global Military Alliance: Encircling Russia and China, Centre for Research on Globalization, 10.5.2007 

 

Merkel fournit malgré elle un «argument en béton» en faveur de la Crimée russe

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Comparant la réunification de l’Allemagne avec le rattachement de la Crimée à la Russie, Angela Merkel a involontairement fourni un «argument en béton» qui témoigne en faveur de la justice historique des événements. Ces derniers ont permis aux peuples de la Russie et de la Crimée de se retrouver au sein d’un même pays.

La porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova, a déclaré qu'Angela Merkel avait réussi à «résoudre le dilemme le plus complexe entourant la Crimée en mentionnant la péninsule à la lumière de la réunification allemande».

«Est-ce que quelqu'un aurait pu imaginer il y a quelques années que le Chancelier allemand résoudrait le dilemme le plus complexe au sujet de la Crimée en le mentionnant dans le contexte de la réunification de l'Allemagne? Quand en 2015, Sergueï Lavrov, se référant au référendum criméen lors de la conférence de Munich, a rappelé que "la réunification de l'Allemagne avait eu lieu sans référendum, et que nous l'avons soutenue activement", le public était indigné (…). Et maintenant la mention de l'histoire de la Crimée et de la réunification allemande, bien que faite maladroitement, représente le point de vue des autorités allemandes», a écrit Maria Zakharova sur Facebook.

La représentante du ministère russe des Affaires étrangères a souligné que la déclaration de Mme Merkel représentait un «argument béton» supplémentaire, qui témoignait clairement de la justice historique des événements:

«Ce ne sont pas les peuples de la Crimée et de l'Ukraine, mais les peuples de la Russie et de la Crimée qui ont été divisés contre leur gré, ce qui est confirmé non seulement par le référendum de 2014, mais aussi par plusieurs référendums, ainsi que par les tentatives de les tenir, observés depuis l'effondrement de l'URSS».

Auparavant, Angela Merkel avait établi un parallèle entre la Crimée et l'Ukraine, d'une part, et l'histoire de la réunification allemande de l'autre. Répondant à la question sur l'appartenance de la Crimée, la Chancelière allemande avait indiqué:

«Je me dis: que serait-il arrivé si à l'époque, la situation avec la RDA avait été traitée sous le slogan "L'Allemagne est divisée, rien ne peut être changé".»

La Crimée est redevenue russe après la tenue du référendum du 16 mars 2014 au cours duquel plus de 96 % des habitants de la péninsule se sont prononcés pour la réunification avec la Russie.

Cette consultation populaire a été organisée après le coup d'État de février 2014 en Ukraine, quand des politiques solidaires de forces nationalistes, y compris russophobes, sont arrivés au pouvoir à Kiev.

La Russie se prépare-t-elle à une guerre «continentale»? Il n'y a pas de fumée sans feu!

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La Main du Kremlin 1111869215128

Le Kremlin se préparerait minutieusement à «une guerre d’échelle continentale». En outre, la Russie serait soutenue dans sa démarche belliqueuse par la dangereuse de Biélorussie. Le Président ukrainien en a même des preuves alarmantes, que la Main du Kremlin vous invite à découvrir sans plus tarder.

Est-ce l'odeur des missiles balistiques nord-coréens et l'écho des déclarations des dirigeants internationaux à propos d'une éventuelle guerre nucléaire qui ont fait tourner la tête au Président ukrainien?

La Russie se préparerait à pas moins qu'«une guerre d'échelle continentale», assure Piotr Porochenko, probablement inspiré par «la Main du Kremlin » ou je ne sais pas quoi… Qui plus est, le «pays-agresseur» (vous avez deviné qu'il s'agit naturellement de la Russie) serait appuyé par la Biélorussie, un nouveau héros qui fait son apparition dans les contes de Kiev sur une apocalypse provenant de la Russie.

«Il y a de plus en plus de preuves de sa préparation à une guerre offensive à l'échelle continentale», prévient M. Porochenko, évoquant des manœuvres russo-biélorusses «Zapad 2017», alors que naturellement, quand l'Otan entreprend des manœuvres navales, aériennes ou terrestres à grande échelle aux frontières de la Russie, le tout en deux mois et parfois avec la participation de l'Ukraine, elle ne prépare rien du tout.

À force de rappeler aux Ukrainiens les dangers provenant de «l'État-ennemi», M. Porochenko aurait apparemment la mémoire courte lorsqu'il s'agit des appels constants de Moscou à respecter les accords de Minsk.

Évoquer l'ennemi commun serait ainsi plus commode pour étouffer les violences du conflit interne ukrainien dans le Donbass, cette région dont une grande partie des citoyens proclament leur indépendance vis-à-vis de Kiev… qui lutte contre son propre peuple depuis plusieurs années.

Les histoires sur une «menace russe» sont également plus passionnantes que la triste réalité dans laquelle se trouvent des Ukrainiens, mécontents de leur vie et des autorités, ce qu'a pourtant constaté le leader lui-même.

«Il n'en demeure pas moins que la société est insatisfaite de la vie et du pouvoir», avait ainsi avoué le Président, évoquant néanmoins une «agression externe», pour justifier tous les maux de Kiev.